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Encyclopedie des ouvrages de dames

Jusqu’à ce jour il n’existait aucune publication contenant un recueil complet des ouvrages connus sous le nom de travaux à l’aiguille ou d’ouvrages de dames.

Désireuse de combler cette lacune, je me suis décidée à publier dans la présente Encyclopédie le résumé de connaissances acquises par une pratique constante, et j’ai la satisfaction de pouvoir ainsi offrir aux dames et aux jeunes filles qui ont du goût pour ce genre de travaux, le moyen de s’instruire par elles-mêmes dans tout ce qui y a trait.

L’ouvrage présenté aujourd’hui au public est, d’ailleurs, le fruit de persévérantes recherches et d’un travail qui, pour répondre complètement au but que je m’étais proposé, devait m’imposer des efforts peu ordinaires. Pour permettre d’en mesurer l’étendue, il suffira de faire remarquer que dans les figures qui servent à compléter les explications du texte, l’ouvrage modèle, la gravure, les clichés, tout est entièrement neuf et que rien n’a été emprunté à des publications antérieures. Aussi, n’est-ce que grâce aux soins particuliers donnés aux illustrations, que je suis parvenue à obtenir des dessins d’une exécution parfaite et qui, ne laissant rien à désirer sous le rapport de la

AVANT-PROPOS

fidélité de la reproduction, concourent, au degré voulu, à la clarté et à l’intelligibilité des explications.

Malgré la sollicitude vouée à ces détails, un travail comme celui-ci n’aurait pas échappé à une certaine aridité d’aspect ou de caractère, si je m’étais bornée à un simple exposé théorique. Je crois avoir heureusement évité cet écueil en enrichissant mon ouvrage d’un grand nombre de modèles, dont les uns ont été spécialement composés en vue de cette publication, et dont les autres, copiés sur des objets d’art d’une grande pureté de style, ont été empruntés aux pays et aux époques qui ont produit les ouvrages les plus remarquables par leur valeur et par leur perfection artistique.

Au premier abord, la reproduction de quelques-uns des dessins peut paraître soumise à des difficultés considérables, mais par une lecture attentive et une observation rigoureuse de mes indications et de mes conseils, on arrivera bien vite à se convaincre que ces modèles sont généralement d’une facilité d’exécution vraiment surprenante.

S’il m’a été donné de réunir dans ce recueil une aussi grande quantité de beaux dessins, je le dois, en partie, à la libéralité avec laquelle certaines collections particulières ont été mises à ma disposition. J’y ai puisé largement, tant au point de vue des modèles que des divers genres de broderie que j’y ai rencontrés. Que les bienveillants possesseurs de ces richesses artistiques me permettent de leur témoigner ici toute ma reconnaissance.

Par les indications qui accompagnent les modèles, je

AVANT-PROPOS

me suis attachée à faciliter à mes lectrices le choix des couleurs et des matériaux à employer, n’ignorant pas que ce choix est souvent, pour un grand nombre d’entre elles, un sujet de beaucoup d’hésitations et de difficultés. A ce propos, je crois devoir faire remarquer que l’exécution des modèles contenus dans cette publication sera toujours facilitée et rendue plus parfaite par l’emploi des articles de Coton, Soie, Laine, Lin et Ramie (*) portant la marque D.M.C; en effet, une longue expérience m’a prouvé que les produits qui sont revêtus de cette marque sont de qualité tout à fait supérieure.

Pour clore ces quelques réflexions, je me permets d exprimer 1 espoir que ce recueil sera accueilli avec faveur par le public auquel il s’adresse. Ce sera la meilleure récompense des soins que j’y ai consacrés.

( ) Pour ne pas compliquer le texte de cet ouvrage, j ai dû borner mes indications détaillées à l’emploi des fils de coton, mais, avec l’aide des explications et des tableaux comparatifs qui terminent ce volume, il sera toujours facile d’employer, suivant le but qu’on se proposera, des Fils de Soie, de Lin, de Laine ou de Ramie, au lieu de Fils de Coton.

Bande aux points coulé, piqué, croisé et de boutonnière.

La Couture.

La plupart des personnes qui ouvriront l’Encyclopédie des Ouvrages de Dames se diront, en voyant le titre de ce chapitre, que ces détails de couture sont bien superflus, aujourd’hui surtout que la machine remplace si souvent le travail à la main.

Je m’empresse de leur répondre que parmi les ouvrages de dames, il n’en est pas qu’il soit aussi important de connaître à fond que la couture proprement dite, qui est la base de tous les autres travaux à l’aiguille.

Une main qui exécute bien les différents genres de couture surmonte aisément les difficultés que présente n’importe quel ouvrage d’agrément.

Quelles que soient du reste les conditions de fortune dans .lesquelles on se trouve placé, il sera toujours utile de savoir bien coudre, car, si d’une part la connaissance de la couture permet d’apprécier la valeur d’un ouvrage exécuté par des mains étrangères, d’autre part on sera à même de produire un travail solide et durable lorsqu’on se trouvera dans la nécessité de l’exécuter soi-même.

Avant de passer à l’explication des points et des coutures, je ferai observer que, quel que soit le genre d’ouvrage qui vous occupera, il faudra soigner votre maintien. Je puis affirmer par une longue expérience qu’il n’existe aucun genre de couture, ni de broderie, obligeant à se tenir mal.

LA COUTURE

Pour éviter ce travers il faut, pour la couture, que la hauteur de la chaise soit bien proportionnée à celle de la table. Les bras doivent tenir l’ouvrage à une hauteur suffisante pour qu’on ne soit pas obligé de baisser la tête, qui doit rester droite autant que possible, et peut, tout au plus, pencher légèrement en avant.

Il ne faut jamais fixer l’ouvrage au genou ; la position que prend le corps est disgracieuse et peu hygiénique. L’ouvrage doit être épinglé à une pelote (plomb) assez lourde pour ne pas céder lorsqu’on tire le brin.

Aiguilles. — Pour coudre il ne faut employer que des aiguilles de premier choix et bien trempées. Pour voir si elles sont de bonne trempe, il suffit d’en casser une entre les doigts. Si la trempe est bonne, une résistance assez forte se fera sentir avant la rupture et la cassure sera nette. Si, au contraire, l’aiguille se brise comme du verre ou se plie comme du fer, elle devra être rejetée comme mauvaise. Il ne faut jamais coudre avec dés aiguilles courbées, car, en employant de pareilles aiguilles, on exécute des points irréguliers. Le chas ou trou de l’aiguille doit être bien poli, pour ne pas érailler ou couper le brin.

Les coutures de la lingerie se font avec des aiguilles courtes ou demi-longues ; les autres ouvrages, avec des aiguilles longues. On emploie des aiguilles spéciales pour les reprises ; elles ont un chas très profond afin de pouvoir y loger le brin plat qui sert à repriser. Il sera donc utile d’avoir un assortiment des quatre sortes d’aiguilles dans les numéros 5 à 12.

L’aiguille doit être choisie un peu plus grosse que le brin à coudre afin de préparer à ce dernier un passage suffisamment ouvert dans l’étoffe.

Il est bon de mettre dans les paquets d’aiguilles un peu d’amiante en poudre, afin de les préserver de la rouille. Il sera également bon d’en conserver dans une petite boîte dans laquelle les personnes qui oxydent les aiguilles en les touchant pourront, de temps en temps, tremper leurs doigts.

On pourra se confectionner aussi une petite pelote, qu’on remplira d’émeri fin et qui servira à rendre le poli aux aiguilles rouillées.

Ciseaux. — Il convient d’avoir à sa disposition deux paires de ciseaux, pour travailler : une grande paire, avec une branche

Th. de Dillmont, Encyclopédie des Ouvrages de Dames. In-8°, rel. anglaise, "tranche dorée. — Prix : Fr. 3.75

LA COUTURE

pointue et une branche arrondie (cette dernière est à tenir toujours au dessus de l'étoffe lorsqu’on taille) et une petite paire pour couper les fils et l’étoffe extérieure des festons. Ces ciseaux serviront aussi pour bien des ouvrages décrits dans les chapitres suivants. Les anneaux des ciseaux devront être ronds et aussi larges que possible, car les anneaux trop petits fatiguent la main et laissent sur les doigts des empreintes difficiles à faire disparaître.

Dé. — Le dé en acier est préférable au dé en os, qui est trop fragile, et au dé en argent, dont les trous sont souvent trop peu profonds. Un bon dé doit être léger, un peu arrondi à son extrémité et ne pas avoir de bord saillant à l’entrée du doigt.

Longueur de l’aiguillée. — L’aiguillée pour la couture n’aura pas plus de 5o c/m. de longueur ; celle pour faufiler et bâtir pourra être plus longue.

Il vaut mieux couper le fil que de le rompre, ce qui l’affaiblit.

Arrêt du fil au ohas de l’aiguille (fig. i). — Lorsque le fil n’est plus bien long et qu’on ne veut pas encore le renouveler, on peut l’arrêter au chas de l’aiguille par une maille. Quant aux nœuds, | y

qu’il s’agisse de

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étant faits très soigneusement.

Il n’est pas Fig. *• Arrêt du fil au chas de l’aiguille.

aussi indifférent qu’on pourrait le croire de faire entrer le fil dans l’aiguille par l’un ou par l’autre bout de l’aiguillée ; il est même important d’enfiler toujours le bout détaché de la bobine. Lorsqu’on enfile le bout opposé, le brin devient pelucheux et perd de son brillant.

Fournitures. — Pour faufiler, il faut employer du fil bon marché, peu tordu et fabriqué tout spécialement pour cet ouvrage,

Fig. 1. Arrêt du fil au chas de l’aiguille.

LA COUTURE

tel que le Coton à coudre D.M.C qutë supérieure (en pelotes, étiquette noire et or), dans les numéros 2, 3, 4, 5 et 6. (*)

Pour la couture à la main, on se sert du Fil d’Alsace D.M.C et du Fil à dentelle D.M.C (fil d’Alsace quté renforcée) sur bobines et en pelotes dans les numéros 3o à 3oo. (*)

Pour la couture mécanique, on emploi le Câblé 6 fils pour machines D.M.C (étiquettes noire et Flanche ou blanche et bleue). (*) Ces câblés peuvent aussi être utilisés pour la couture à la main.

Ce sont surtout ce dernier fil et le Fil à dentelle sur bobines qui sont supérieurs à tous les autres. Les grosseurs moyennes sont les plus courantes ; pour les ouvrages dans des tissus très fins il n’y a que le Fil d’Alsace D.M.C dans les numéros très élevés, tels que 180, 200, 3oo, 400, 5oo, 600 et 700 (*) qui puisse parfaitement convenir.

Tous ces fils de coton se vendent en pelotes et sur bobines.

Il est indifférent de prendre des pelotes ou des bobines, car chacune de ces sortes a ses avantages et ses inconvénients; ainsi, si la pelote a le défaut de s’embrouiller plus facilement que la bobine, elle a sur celle-ci l’avantage de conserver au fil sa rondeur.

Jusqu’ici les articles en toile de lin étaient généralement cousus avec du fil de lin ; on le remplace aujourd’hui très avantageusement par le Fil d’Alsace D.M.C et le Fil à dentelle D;M.C.

Fig. 1. Position des mains pour la couture avec plomb.

Position des mains (fig. 2). — La main gauche tient l’étoffe fixée au plomb, sans s’appuyer ni sur la table ni sur le plomb. Le pouce et l’index de la main droite saisissent l’aiguille à la moitié de sa

(*) Voir, à la fin du dernier chapitre, le tableau des grosseurs et la liste des couleurs des fils et cotons D.M.C.

LA COUTURE

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