UN GRELOT
Fig. 608.
LE MACRAME
de la dent ; cette ganse, mince au haut, grossira au fur et à mesure que l’on s’approchera de la pointe, où les fils seront disposés de manière à former un gland très volumineux.
On le garnira, de plus, de 6 à 8 glands faits isolément et que l’on attache par leur tenon ''mil à la partie enroulée. |alp|^
Entre chaque dent on voit encore de riches pendillons jj|
pour lesquels on fait d’abord un grand grelot avec 21 fils porte-nœuds d’après la fig.
Les 21 fils seront assemblés dès le commencement et les o |]j bouts portés sur l’intérieur du
. r - . Fig. 609.
grelot ^ puis on fait ? 2 tours petit pendillon
de nœuds sur 12 fils, 1 tour du gland de la
de nœuds sur 1 5 fils, 3 tours FIG' 6°4'
de nœuds sur 21 fils, 1 tour de nœuds sur i5 fils et 2 tours de nœuds sur 12 fils. On reporte encore les bouts à l’intérieur du grelot, que l’on bourre de ouate pour le rendre plus résistant, et qu’on ferme ensuite par quelques points.
Au bas de ce grelot on attache 5 grands pendillons et 6 petits. Les petits pendillons sont à commencer par le nœud chinois, fig.
607 et 609, dont la suite consiste en une chaîne avec laquelle on forme un grelot.
On coupe 3 fils de la chaîne, on cache les bouts à l’intérieur du grelot et on les y arrête par quelques points (Voyez le haut de la fig. 609).
Le quatrième fil est disposé en tenon dans lequel on suspend 3 grelots faits au ^ moyen d une petite ch.â.ine? fi^. 6o8? et dont dillon de la fig. 604.
LE MACRAMÉ
les deux fils sont arrêtés à l’intérieur après avoir formé une bouclette dans le haut et dans le bas.
Le grand pendillon, fig. 610, commence par une chaîne simple, transformée en grelot, au tenon duquel on attache successivement : 2 noeuds chinois, terminés par un grelot et par un tenon, puis 3 petits pendillons, composés de grelots et de tenons formés par une chaîne simple, tels qu’ils sont représentés dans la fig. 608.
Plus les glands, les houppes et les pendillons seront nombreux et riches, plus la frange aura de valeur.
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Bande au filet-guipure. — Dessin riche, a points variés.
Le Filet.
Le filet est un des ouvrages les plus anciens et il serait bien difficile de dire quel en est le pays d’origine, car nous le retrouvons chez tous les peuples primitifs employé comme engin de pêche et de chasse.
Composé d’abord de mailles simples reliées par des nœuds, le filet a été l’objet de transformations successives qui en ont fait une occupation des plus attrayantes. Les perfectionnements réalisés ont été tels, qu’on est arrivé à obtenir de véritables ouvrages d’art, grâce aux effets produits par l’ornementation du réseau, au moyen de broderies exécutées avec des matières précieuses ou autres.
Nous rencontrons, par exemple, en Perse le filet de soie brodé d’or et d’argent ; en Italie, le filet découpé ; en France, le filet de Cluny. La vogue de ces ouvrages est encore telle aujourd’hui que dans certaines contrées des populations entières sont occupées à la confection d’entre-deux, de dentelles et d’autres objets au filet.
Les ouvrages au filet peuvent se diviser en deux catégories bien distinctes : le filet proprement dit ou filet simple et le filet brodé appelé également filet-guipure ou filet artistique.
Mailles du filet simple. — En réalité, la forme qu’affectent les mailles du filet est toujours la même, celle d’un carré ou celle d’un losange.
Les dessins qui se produisent dans le filet simple ne pro-
LE FILET
viennent que de l’emploi de moules de différentes grosseurs ou de la manière plus ou moins compliquée d’enlacer les mailles.
Dans le filet on distingue cinq sortes de mailles : i° les mailles simples, 2° les mailles doubles, 3° les mailles allongées, 40 les mailles liées, 5° les mailles contrariées.
Outils pour le filet simple (fig. 61 1, 612, 61 3). — Pour former les différentes sortes de mailles, il faut des navettes et des moules.
Les navettes se font en acier, en bois ou en os ; les premières servent pour les ouvrages fins ; elles sont terminées aux deux extrémités par des pinces, au-dessous desquelles se trouve un chas pour fixer le fil, fig. 61 1 ; le milieu de la navette est pareil à l’aiguille à tricoter.
Les navettes en bois et en os ne s’emploient que pour les gros ouvrages; les pinces sont plus grandes (fig. 612), et la tige n’est pas percée.
Fig. 61 1. Navette pour filet en acier. Grandeur réduite.
Fig. 612. Navette en ivoire. Grandeur réduite.
Fig. 61 3. Moule pour filet.
Fournitures. — Le choix du fil dépend absolument de l’emploi auquel est destiné l’ouvrage. On peut faire le filet avec de la soie ou avec de la laine ; cependant toutes deux ont des inconvénients : la soie vrille facilement et produit des noeuds qui arrêtent la marche du travail, la laine par contre est trop élastique pour qu’il soit possible de serrer le nœud comme l’exige un filet soigneusement exécuté. Il est donc préférable de prendre du Cordonnet 6 fils D.M.C (*) ou du Fil à dentelle D.M.C (*) ou bien encore pour certains ouvrages du Coton à tricoter D.M.C (*) et même du Coton à repriser D.M.C (*).
(*) Voir, à la fin du dernier chapitre, le tableau des grosseurs et la liste des couleurs des fils et cotons D.M.C.
Th. de Dillmont, Encyclopédie des Ouvrages de Dames. In-8", rel. anglaise, tranche dorée. — Prix: Fr. 3.75
Tous ces fils sont d’une grande égalité de torsion et ils ne se nouent pas, ce qui contribue notablement àlaréussitede l’ouvrage.
i° Mailles simples. Première position des mains (fig. 614). — Pour faire un filet, on commence par former une boucle longue de 10 à 20 c/m., pour laquelle on prend un fil très fort ; on la fixe à une pelote ou plomb avec une épingle. On attache le fil découlant de la navette à la boucle fixée au plomb. Puis on prend le moule dans la main gauche entre le pouce et l’index et on raidit les doigts. On passe le fil par dessus le moule et par dessus le 2me, 3me et 4me doigt, on le ramène vers le haut, derrière ces 3 doigts, et on le place à gauche où il est retenu par le pouce.
LE FILET
Fig. 614. Mailles simples. Première position des mains.
Deuxième et troisième position des mains (fig. 61 5, 616). — On fait redescendre le fil derrière les 4 doigts et l’on fait passer la navette par la boucle qui se trouve sur les doigts et derrière le moule, donc par la boucle à laquelle le brin est attaché ; une seconde boucle se forme ainsi sur la main gauche ; le petit doigt retient cette boucle.
4^4 LE FILET
On serre peu à peu le fil, on dégage les doigts de la boucle retenue par le pouce, puis on serre la boucle passant par dessus le 2me, 3me et 4me doigt. La dernière boucle sera maintenue sur le petit doigt jusqu’à ce que la première soit entièrement fermée. Alors seulement on dégage le petit doigt de la boucle et l’on termine le nœud et, en même temps, une maille. Les mailles suivantes se font de la même manière, qu’elles servent à monter l’ouvrage ou à faire un fond de filet.
Fig. 6i5. Deuxième position des mains.
Lorsqu’un nombre suffisant de boucles est monté, on retire le moule, on tourne l’ouvrage, et pour commencer un nouveau tour on pose le moule contre le rang de mailles terminé.
La navette passe alors par la dernière maille du tour précédent et l’on fait autant de nœuds qu’il y a de boucles.
Ces boucles forment le filet simple ou biaisé pour lequel on retourne l’ouvrage après chaque tour, puisqu’on le fait en allers et en retours.
2° Mailles doubles. — Pour faire une maille double, tourner deux ou trois fois le fil autour du moule.
3° Mailles allongées. — Pour les mailles allongées, ne pas arrêter le nœud tout près du moule.
40 Mailles liées. — Faire une maille allongée, passer le fil autour des doigts, mais non pas par dessus le moule comme pour une maille simple, conduire la navette au travers de la maille formée en dernier, au lieu de la faire passer par la maille du dernier tour.
Arrêter le nœud tout près du moule ; les deux fils, formant la maille, doivent être placés parallèlement sur le moule.
Ces mailles produisent des ouvertures hexagonales.
Fig. 616. Troisième position des mains.
5° Mailles contrariées. — Passer le fil comme pour la maille simple par dessus le moule et les doigts, mais avant de lâcher le fil retenu par le pouce, faire aller la navette de droite à gauche sous la maille en voie d’exécution et sous le fil, puis seulement serrer le nœud.
Filet façonné par l’emploi de moules de grosseurs différentes. — On peut varier le filet simple en utilisant des moules de grosseurs différentes. Dans ce cas, on fait un ou deux rangs par dessus un moule fin et autant de rangs par dessus un moule plus fort. On alterne régulièrement les deux moules.
Filet façonné par des augmentations et des diminutions
LE FILET
(fig. 617). — Les dessins les plus jolis et les plus variés se
produisent en réunissant plusieurs
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mailles par un nœud, dans un premier tour, et en refaisant dans un second tour autant de boucles qu’on en avait diminuées.
Les augmentations et les diminutions des mailles peuvent se reproduire dans un même rang de mailles ou après un nombre déterminé de
Fig. 617. Filet façonné produit par des augmentations et des Dans la fig. 617, on remarquera
diminutions. l’emploi de deux grosseurs de fil.
Trois rangs de mailles simples sont faits avec le fil fin, un rang de mailles simples avec du fil plus gros et un moule proportionné, un rang dans lequel on fait des diminutions en réunissant deux mailles par un nœud, avec le fil et le gros moule, un rang dans lequel on fait des augmentations en plaçant deux nœuds dans une boucle, avec le fil et le gros moule.
Mouches bouclées (fig. 618, 619). — Fig. 618. Les boucles pour mouches se font dans le
Mouches bouclées. ^ de manière suivante ;
ier tour. — Commencer par une maille dont le nœud ne touchera pas le moule ; passer le fil par dessus le moule et la navette par la maille dans laquelle se trouve le nœud, répéter le même procédé trois à quatre fois et veiller à ce que toutes les boucles soient de longueur pareille.
Puis faire un nœud par dessus „ toutes les boucles, en passant la
Fig. 01 9. Formation des mouches. . r
navette, de droite à gauche, autour des boucles au lieu de la passer par la maille du tour précédent.