DE COULEURS
Fig. 47. Fig- 4® ■
Reprise damassée sur Reprise damassée sur FOND FAIT A l’aiguille. FOND FAIT A l’aIGUILLE.
4° Reprise perdue (fig. 5o). — On se sert de cette reprise lorsqu’on a à réparer un accroc et que l’on peut encore en raccorder les bords. On ne coupera pas les fils rompus qui doivent remplacer la chaîne.
Après avoir bâti les deux bords sur un morceau de moleskine ou de toile cirée, on les relie par des petits points allant et revenant.
Reprise perdue dans le drap (fig. 5i). — Malgré son incontestable utilité et son importance, l’art de faire une reprise invisible dans le drap n’est connu que de peu de personnes.
C’est un travail minutieux, qui exige beaucoup de patience et de régularité, mais qui est très facile a comprendre.
Fig. 5o. Reprise perdue
Fig. 5i.
Reprise perdue dans le drap,
LE RACCOMMODAGE
On prend une aiguille très fine et on se sert de cheveux, qui sont plus forts que les fils tirés du drap et moins visibles que la soie ou tout autre brin.
Les cheveux roux ou blancs sont plus forts que les autres. Inutile de faire remarquer qu’ils doivent être soigneusement dégraissés avant leur emploi. On coupe d’abord le drap sur l’endroit avec un rasoir en une ligne absolument droite. Les ciseaux enlèveraient trop du duvet qui doit retomber sur la couture et la rendre invisible.
Lorsque les bords sont préparés on y applique le morceau à ajouter au fond et on le fixe par des points de surjet assez espacés. Puis on prend une aiguille, on enfile le cheveu par la racine, on la fait entrer à 2 ou 3 m/m. du bord et, sans la faire ressortir à l’envers de l’étoffe, on la fait passer dans l’épaisseur même du drap.
Le cheveu est donc enfermé pour ainsi dire entre deux couches d’étoffe.
L’aiguille traverse la partie faufilée et reparaît de l’autre côté de la couture à 2 ou 3 m/m. du second bord. Pour le retour de l’aiguille, on la fait entrer exactement dans l’ouverture par laquelle on l’a fait sortir. On oblique légèrement l’aiguille dans le drap pour l’empêcher de prendre la même voie qu’elle avait suivie, ce qui détruirait le premier point.
Il ne faut pas trop tirer le cheveu, qui doit toujours conserver un peu de jeu.
Lorsque la couture est achevée, on la repasse sur une planche nue, en bois dur, en posant un linge humide sur l’envers de la reprise.
Si cette reprise est bien exécutée, l’œil le plus exercé ne pourra la découvrir.
Du rapiècetage. — Comme il est dit plus haut on doit couper la partie d’un objet trop usé ou trop déchiré pour être réparé au moyen d’une reprise, et remplacer cette partie par une pièce nouvelle.
Si la nouvelle pièce doit être appliquée à un objet de lingerie, on choisira un tissu un peu plus léger que celui qui a servi à la confection de l’objet.
On coupera le morceau à poser, exactement de la forme du
LE RACCOMMODAGE
vide qu’il doit combler en lui donnant en tous sens des dimensions de 2 à 3 c/m. plus grandes, de façon à pouvoir faire un rempli de chaque côté.
Les bords du trou qu’on a l’intention de boucher doivent être coupés à fil droit comme pour tous les autres rapiècetages ; on fixe la nouvelle pièce par une couture rabattue ou par un surjet.
Pièce posée avec une couture rabattue (fig. 52). — On bâtit la nouvelle pièce de manière à ce que ses bords dépassent un peu ceux du vide produit par la partie enlevée.
Les arrière-points seront faits sur l’objet même, ce qui facilitera beaucoup l’exécution des coins. On rabat ensuite l’ourlet sur le morceau neuf.
Il faut éviter de faire froncer les tissus dans les coins; au moyen Fig. 52. Pièce posée avec une d’une petite entaille dans le rempli C0UTURE RABATTUE'
de l’ourlet on arrive à poser la pièce correctement.
Les arrière-points doivent être poussés assez loin au-delà du coin, pour que le dernier point de la couture terminée et le premier point de la couture suivante forment un angle droit.
Pièce posée avec un surjet (fig. 53). — Lorsqu’on pose une pièce à l’aide d’un surjet, on fait d’abord un repli aux deux parties, puis on les réunit.
Pour empêcher les bords de s’effiler on peut aussi faire un ourlet aux deux pièces avant de les réunir par le surjet.
Pose d’une pièce avec des - 1
fils ooulés (fig. 54). — On prend Fig. 53. Pièce POSÉE AVEC UN SURJET.
un morceau du tissu de l’objet
endommagé de 5 à 6 c/m. plus grand que ne l’exige le vide qui doit être comblé. On effile le tissu des quatre côtés de façon à ne laisser au milieu de la pièce qu’un carré d’un nombre de
LE RACCOMMODAGE
fils égal à celui des fils à remplacer et on bâtit ce carré à fil droit sur le vide à remplir.
On prend une aiguille très fine, on y enfile un brin de soie par les deux bouts, puis on la fait entrer dans l’un des coins de
la partie à repriser, exactement en regard du premier fil effilé ; on fait quelques points coulés, à peine visibles à l’endroit ; on fait ressortir l’aiguille et on entraîne le brin de soie jusqu’à moitié de sa longueur; on fait entrer dans la boucle formée par la soie, le premier des fils effilés et alors seulement on retire la seconde moitié du brin de soie, en entraînant en même temps le fil d’étoffe passé dans la boucle. On renouvelle la même opération pour les autres effilés jusqu’à ce qu’on les ait fait passer tous sur les quatre côtés de la pièce.
Lorsqu’on veut fixer de la même manière un morceau dans une étoffe transparente, il faut introduire les fils alternativement plus ou moins avant dans le tissu, pour mieux dissimuler les fils doubles.
Fig. 54.
Pose d’une pièce avec des fils COULÉS.
Bande au point coupé sur toile blanche.
Les Jours sur Toile.
Les vides que l’on produit dans la toile, en groupant par des points plusieurs fils isolés par suite du retrait de fils de chaîne ou de trame ou de l’un et de l’autre, portent le nom de jours ; les ouvrages pour l’ornementation desquels on utilise ces jours, celui d’ouvrages à jours.
Des différentes manières de grouper les fils, de les recouvrir de points divers, naissent les combinaisons les plus variées, les dessins les plus riches, que l’on peut employer comme unique ornement d’un ouvrage ou associer à des broderies de point de croix ou de tout autre genre.
Fournitures. — Les tissus à gros brins comme la toile de Rhodes, la toile Cuba, le canevas de lin et autres étoffes fabriquées en vue de l’imitation des broderies du moyen-âge, exigent, pour les points à jour, un fil de grosseur en rapport avec la composition du tissu employé. On fera son choix dans le Cordonnet 6 fils D.M.C Nos io, i5, 20 et 25 (*) et le Fil à pointer D.M.C N° 20 ou 3o (*).
Le Cordonnet 6 fils D.M.C dans les numéros plus élevés, 3o à 100, le Fil à dentelle D.M.C Nos 3o à 200 (*) et le Fil d’Alsace Nos 20 à 100 (*), seront à employer pour les tissus
(*) Voir, à la fin du dernier chapitre, le tableau des grosseurs et la liste des couleurs des fils et cotons D.M.C.
26 les jours sur toile
plus fins, comme par exemple la toile d’Espagne, la gaze de lin, la toile algérienne, etc.
Pour des dessins exécutés en couleur, on peut aussi se servir de fils de couleur pour les jours ; dans ces cas on prendra les cotons indiqués ci-devant ou le Coton à broder D.M.C et le Coton à repriser D.M.C.
Dans les ouvrages sur toile on distingue deux sortes de jours ; l’un est produit par l’extraction de fils soit de chaîne, soit de trame; on l’appelle généralement rivière (le punto tirato italien).
Le second exige l’absence simultanée de fils de chaîne et de trame et est appelé point coupé (le punto tagliato italien).
Rivières (punto tirato). — Les rivières se produisent, comme il a été dit tout à l’heure, par l’extraction de fils de tissu, dans l’un ou l’autre sens seulement. Les ourlets à jour sont le point de départ de ce genre d’ouvrage.
Ces ourlets remplacent souvent l’ourlet ordinaire, quand on ne le considère pas comme assez riche pour l’objet que l’on confectionne.
Ourlet à jour simple (fig. 55). — On retire, suivant le tissu
employé, deux ou trois fils, sous le rempli, puis on bâtit l’ourlet, deux fils au-dessus des fils isolés. On fixe le brin à gauche, puis on fait passer l’aiguille de droite à gauche sous deux ou trois fils isolés, on la retire et on la fait passer de bas en haut sous un ou deux fils du rempli.
Le même point sert aussi à consolider les franges des nappes et des serviettes.
Autre ourlet à jour (fig. 56). — On le prépare comme
l’ourlet précédent, on l’exécute également de gauche à droite, avec la seule différence qu’après avoir fait passer l’aiguille sous les trois fils en largeur, on la fait entrer dans l’ourlet du haut en bas, au dessus de deux fils, de manière qu’elle ressorte exactement à l’arête vive du pli.
Fig. 55. Ourlet a jour simple.
Th. de Dillmont, Encyclopédie des Ouvrages de Dames. In-8°, rel. anglaise, tranche dorée. — Prix: Fr. 3.75
LES JOURS SUR TOILE
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Fig. 58. Rivièke double.
Ces points, qui peuvent aussi être faits à l'endroit d’un ouvrage, forment au bas de l’ourlet une espèce de natté.
Point d’échelle (fig. 57). —
La première couture achevée, comme le montre la fig. 55, on extrait encore 5 ou 6 fils du tissu. Puis, on retourne l’ou- , D