‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 111 sur 656 · TRAIT K · texte numérisé non relu

TRAIT K

ment, sous le titre il e Nouvelle, méthode cl’ amputation , le procédé suivant, pour pratiquer la désarticulation du pied.

Le patient doit être placé sur une table, comine s’il s’agissait de l’amputation de la jambe, l’artère crurale est comprimée sur l’arcade pubienne et en même temps au creux du jarret, par la main d’un aide intelligent.

Dans le premier temps opératoire, le tranchant d’un petit couteau, tenu de la main droite, est appliqué avec force derrière le talon sur l’insertion du tendon d’Achille au calcanéum, pour être ramené ensuite, en coupant les parties molles, jusqu'aux os; d’arrière en avant, sur la limite de la ligne de démarcation des faces plantaire et dorsale du pied , jusqu’à quelques millimètres de la membrane interdigitale, de manière à découper une vaste guêtre. Toutefois, sur le bord interne du pied, l’incision devra tomber un peu moins bas qu’eu dehors, pour éviter de comprendre dans le lambeau un petit trousseau de fibres musculaires appartenant à la face plantaire. Le sommet de ce vaste lambeau sera arrondi, et, si le chirurgien manquait d’habitude, il ferait bien d’en décrire au préalable le tracé avec une plume.

Dans le deuxième temps , l’opérateur saisit vivement de la main gauche, le lambeau par son sommet, le soulève avec assez de force, pour le disséquer à grands traits, et l’isoler de ses adhérences avec le tissu osseux. Ce tissu ne doit conserver que ses ligaments, afin que le lambeau soit épais et formé par la peau, les tendons des muscles qui proviennent de la jambe, le muscle pédieux en totalilé, par des tissus aponévrotiques et cellulaires , des veines , des nerfs , et surtout par l’artère pédieuse qui règne dans presque toute l’étendue du lambeau, pour lui porter les éléments nutritifs. Le lambeau doit avoir sa base au niveau de l’articulation tibio-tarsienne, et immédiatement au-dessus des saillies malléolaires. Arrivé à ce temps de l’opération, il convient de couper les fibres minces et transparentes du ligament articulaire antérieur et celte section laisse voir un tissu transversal qui pénètre dans l’articulation.

Dans le troisième temps, un seul trait de scie est porté, en travers, dans le sillon même, pour abattre les malléoles et mettre sur un plan uniforme les os qui plus tard supporteront le poids du corps. Mieux vaut agir ainsi que de couper les

malléoles, après le retranchement du pied.

Dans le quatrième temps, on porte le couteau sur les parties respectées par la scie, afin de couper d’avant en arrière les tissus ligamenteux et l’artère tibiale postérieure dont un aide s’empare à l’instant, comme il l’avait déjà fait pour la pédieuse. Plusieurs tendons sont alors divisés, puis on termine par la section de celui d’Achille, en ayant bien soin de raser la surface postérieure du calcanéum, afin d’en conserver le plus possible.

Ce procédé, que l’auteur paraît vouloir élever à la hauteur d’une méthode, nous semble à peu près inutile et peut être même dangereux; inutile, car l’amputation sus-malléolaire lui serait dans tous les cas préférable, attendu qu’elle présente moins d’inconvénients : peut être dangereux et en lout cas plus dangereux que l’amputation sus - malléolaire pratiquée avec les précautions convenables. La plaie, dans le premier cas, est en effet plus étendue, et le malade se trouve de plus exposé aux accidents qui suivent les amputations dans la continuité et dans la contiguïté. Nous ajouterons enfin qu’elle ne saurait convenir dans tous les cas, notamment dans ceux de carie ancienne des os du tarse, avec perforation fistuleuse de la peau et destruclion des tissus cellulaires sous-cutanés. Aussi, malgré le succès obtenu par’ M. Baudens, sommes-nous disposé ài penser que celte méthode rencontrerai peu de partisans.

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