DIAGNOSTIC
On croirait difficilement, si on n’en avait été le témoin, qu’il est parfois
(1) Ouv. cité, p. 85.
(2) Leçons sur le strabisme, p. 52.
(3; Ouv. cité, p. 19.
très -difficile d’établir l’existence de certains strabismes. — Sans doute, le strabisme double, a un certain degré, saute aux yeux; mds s’il est moins prononcé alors la difficulté commence , et il n’est pas aisé alo -s de déclarer si 1rs deux organes sont tous deux déviés. — Je n’ignore pas que l’on a conseillé de placer le doigt alternativement devant chaque organe, et de ne pas hésiter a se prononcer pour l'affirmative, quand tous deux se tournent en dedans pendant que l’un regarde l’objet; mais, pour se convaincre de l’inefficacité du moyen, il sulfit de répéter l’expérience sur ceux dont les yeux sont sains, et ou verra se produire le même phénomène. — D’autres moyens ont été proposés, il est vrai, par M. Bonnet (I). Ainsi, il recommande 1° de faire tenir au malade la tête fixe, en l’engageant à regarder ensuite un objet que l’on a soin de placer alternativement à droite et à gauche; et, suivant le praticien de Lyon, on n aura plu- de doute sur la réalité de l’affection , si l'œil qui paraissait droit s’enfonce plus qu’il ne devrait le faire, et si la pupille se perd dans l’angle interne de l’œil, alors qu’il se tourne en dedans pour regarder l’objet. Dans le cas où ce procédé paraîtrait insuffisant. M. Bonnet conseille de faire fermer l’œil qui paraît droit, et de faire mouvoir seulement l’œil dévié; alors, dit-il, en faisant placer les doigts du malade sur l’œil nqn découvert, il est impossible, en y prêtant quelq ie attention, de ne pas sentir cet organe rouler1 sous les paupières pendant que l’organe1 reste libre, se redresser. — Nonobstant l’estime que nous professons pour M. Bonnet, il nous est impossible d'ajouter nue confiance entière à ces moyens diagnostics, car, pour qu'ils fussent infaillibles, il faudrait connaître au juste les limites des mouvements en dedans de l’organe pour une organisation donnée, et pouvoir s’eu rapporter, pour le: diagnostic, aux sensations du malade,, moyen pour le moins irijidùlc.
étiologie.
Le strabisme peut être congénital, cc qui est rare. On en compte, en effet, ài > peine quatre sur cent (2) , différence:
énorme, alors surtout qu’on les compare:
(1 ) Ouv. cité, p. 64.
(2; Phillips, ouv. cité, p. 211.
DE MÉDECINE OPERATOIRE.
aux difformités produites par la coniraction musculaire de naissance. — Le plus souvent donc cette difformité succède aux con'ulsions; elle apparaît en effet ordinairement dans le cours d’un accès, et, persistant après la cause qui y a donné naissance, elle peut aussi acquérir une intensité plu - grande que celle a^ec laquelle elle s’était manifestée d’abord. Du reste, il n’est pas rare non plus de l’ob-, server pendant la durée de la méningite; mais d’habitude elle disparaît alors, une fois la maladie elle-même terminée.
— On l’a vue suivre aussi la paralysie de quelques uns des muscles de l’œil, à la suite de la compression ou de la destruction des nerfs qui se rendent à ces organes; et on comprend qu'il en doit être ainsi, les muscles non paralysés ne trouvant plus alors d’antagonisme. — Il va sans dire que l’œil peut également se déviera la suite d’une tache sur la cornée située en devant de la pupille, l’organe de la vue cherchant instinctivement alors la position la plus favorable à la pénétration des rayons lumineux :
cependant, il faut en convenir, combien de taies qui, par leur position, auraient dû donner lieu à des strabismes et n’en ont pas produit!!! — Dans quelques cas rares enfin, des adhérences s’établissent enlre la partie interne ou externe de l'œil et la paroi correspondante de l'orbile, et il en résulte un strabisme. M. Velpeau (l) a eu occasion d’observer un fait semblable chez un malade atteint d’un abcès qui avait suppuré pendant long-temps, et un autie chez lequel le strabisme était survenu à la suite d'une phlegmasie déterminée par une baguette de fusil. — Quoi qu’il en soit, ce qu’il importe surtout au médecin opérateur , c’est que le strabisme paraisse reconnaître pour cause la contraction musculaire. Aussi ne mentionnerons-nous que pour mémoire la division établie ou du moins proposée par M. Guérin, savoir, le strabisme optique et le strabisme oculaire , ce te division paraissant principalement établie, comme le dit M. Phillips (2), dans le but de cacher les blessures faites à l’amour-propre. — Maintenant, quant aux causes qui mettent vicieusement eu jeu les organes musculaires, nous ne nous en occuperons pas, laissant à d’autres
/V de méd- en 50 vol.