TUMEURS ERECTILES , VASCULAIRES, FON- GUEUSES
Ce nom, il faut l’avouer tout d’abord, est loin de s’appliquer à une seule classe de maladies, et il nous suffira sans doute, pour en convaincre le lecteur, de rappeler que les ncevi materai , les varices congénitales , les anévrysmes par anastomose, les tumeurs fongueuses sanguines en font tout aussi bien partie que le tissu érectile accidentel. Aussi M. A. Bérard a-t-il proposé d’en faire trois classes, en prenant pour point de départ de sa division la nature même du tissu vasculaire, c’esl-à-dire le système capillaire , le système veineux ou le système artériel. Malheureusement, il s’en faut que dans la nature les choses se passent toujours d’une manière aussi distincte; toutefois, la plupart des écrivains ont admis les variétés suivantes.
ART. Ier.
§ I*r. Fongus capillaires.
‘Occupant d’habitude la surface cutanée et connues plus généralement sous le nom de taches de naissance , ncevi malerni , ces tumeurs semblent avoir pour siège unique le tissu capillaire artériel, à en juger au moins par leur coloration vive et par la facilité avec laquelle elles se gonflent sous l’influence de certaines causes. Ce n’est pas qu'elles ne puissent se rencontrer ailleurs que sur le derme ; et la preuve , c’est qu’on les observe parfois dans la profondeur des membres , et au centre ou même à la surface de certains organes spéciaux.
§ II. Fongus veineux.
Formées en grande partie par des vaisseaux veineux , ces tumeurs en ont le caractère ; elles offrent en effet le plus souvent une teinte violacée livide ou bleuâtre , et sont en outre situées d’habitude au-dessous de la peau , dans l’épaisseur du tissu ou des organes. On les rencontre aussi , mais beaucoup plus rarement il est vrai , à la surface du corps. Elles s’affaissent d’ailleurs facilement , et elles sont ordinairement si mollasses que la moindre pression suffit pour en déterminer l’affaissement, JLa
position déclive en détermine le gonflement , ainsi qu on peut s’en convaincre en penchant l’organe qui en est le siège : le volume que la tumeur acquiert dans ce cas montre avec quelle rapidité elle s’accroît alors.
§ III. Fongus artériels.
Il est très-rare que les tumeurs dont nous parlons en ce moment soient formées par des vaisseaux purement artériels ; presque toujours en effet, alors, le système veineux y prend part , et au lieu de tumeurs artérielles on a des tumeurs mixtes , dans lesquelles il est difficile de faire la part de chacun des deux systèmes et de dire lequel prédomine , à en juger au moins par les caractères physiques : car, si nous nous en rapportons à ceux que nous avons vus, il y aurait autant de bosselures fongueuses livides que de plaques d’un rouge vif dures et homogènes , facilement dépressibles , tout en conservant néanmoins un certain degré de coloration.
§ IV. Fongus he'matodes.
Si les tumeurs érectiles ne perdaient jamais aucun des caractères que nous venons de leur assigner, rien ne serait plus facile que d'en établir le diagnostic ; malheureusement les tissus au milieu desquels elles se développent subissent quelquefois de profondes altérations, auxquelles leur propre tissu prend part, et alors l’opérateur ignore en réalité la véritable nature du produit sur lequel il opère, ce produit pouvant être de nature encéphaloïde, mélanique, fibrovasculaire, et surtout analogue à celui que les Anglais ont décrit sous le nom de fongus hémalodes , et qui est le nom sous iequel beaucoup de praticiens les désignent. — Sous le rapport donc des tissus envahis par la maladie , les tumeurs érectiles peuvent être divisées en fongus artériels (capillaires), fongus veineux , fongus mixtes, c’est-àdire participant à la fois de l’un et l’autre caractère, et enfin en fongus hématodes. — Voyous maintenant quels sont les différents traitements qui ont été conseillés contre ces diverses espèces.
ART. It. TRAITEMENT.
Les procédés employés pour la guérison des tumeurs érectiles, quelque nom-
breux qu’ils soient , ont tous pour but : 1° ou d’empêcher le sans d’arriver à la tumeur; 2° ou d’obtenir, par l’inflammation , l’oblitération des vaisseaux qu’elle a dilatés; 3° de détruire enfin ou faire disparaître la tumeur ellemême.
Art. ni. — empêcher le sang de pénétrer