C. LIGATURE DES ARTERES
Du moment où, à l’aide de la compression, on voyait les tumeurs érectiles cesser non-seulement de battre , niais encore devenir flasques et molles , on ueva,t nécessairement être un jour confit a pratiquer , pour en obtenir la
(Q «éd. opérât., t. ni, p. 38.
DE MÉDECINE OPERATOIRE. 535
guérison, la ligature des artères du second ordre. Malheureusement les faits n’ont pas répondu à ce qu’il était permis d’attendre de l’efficacité présumée de ce moyen; témoin ceux rapportés par Bell, Asti. Cooper, Roux, Velpeau, Syme , Ring , etc. : aussi n’est-il pas étonnant qu’on ait abandonné presque entièrement cette méthode pour recourir à la ligature des troncs principaux. Ainsi , M. Travers a lié avec succès, en 1809, la carotide primitive pour une tumeur de la tête, et M. Dalrymple n’a pas été moins heureux p'ius lard.
Sont venus successivement ensuite , et avec des résultats divers, MM. Wardroff, Walther , Davidge , Pâtisson, Maunoir , Macklachlan , Clel'an , Hall, Arendt, Delpech, Busk, Roux, Bernard, Rogers, Jameson, Kuhl, Mayo, Zeis , Peyrogolf , Martin , etc. , etc. ; d’où il suit que la ligature des troncs principaux, tout en offrant plus de chances de succès que les petites artères, est loin cependant d’offrir des résultats certains. — Peut-être est-il vrai de dire avec M. Velpeau que, pratiquer indistinctement, comme on l’a fait, la ligature de la carotide primitive pour toutes les tumeurs érectiles de la lace, est un moyen peu rationnel ; qu’ainsi il serait peut-être bien de se contenter , pour celles qui ont leur siège au menton ou aux lèvres, de la ligature des deux maxillaires externes, et de celle des artères faciales et linguales pour les tumeurs du plancher de la bouche et de la langue; réservant ainsi la ligature de la carotide primitive ou de la carotide interne pour les tumeurs de l’orbite , et encore ne nous y déciderions-nous qu’apres avoir au préalable eu recours aux autres moyens recommandés pour la curation de ces tumeurs. — Aux membres, la ligature des troncs principaux semble encore moins avantageuse, à en juger par les insuccès de Hodgson, de Chélins, de Dunuytren.
Ce n’est pas qu’on ne puisse aussi citer quelques faits heureux, témoin ceux de MM. Roux, Græfe , Lallemand, etc toutelois, il faut bien le reconnaître, les chances de succès dans ces cas ne nous paraissent réelles qu’autant que l’opérateur agit sur des tumeurs situées profondement. Lorsqu’elles occupent en etlel les téguments ou la couche sousputanee, il Cst si rare que le succès suive in ligature des troncs principaux , que nous hésiterions, pour notre part, à en donner le conseil.
TRAITÉ