‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 389 sur 656 · A. TRAITEMENT MEDICAL · texte numérisé non relu

A. TRAITEMENT MEDICAL

Les émissions sanguines générales, le repos absolu , la privation pour ainsi dire complète d’aliments solides, l’usage de l’eau pure ou d’une boisson rafraîchissante ont été essayés contre les anévrismes artériels ; mais cette méthode, préconisée par Valsalva et Albertini, et recommandée également par Lancisi, Guattani, Corvisart, Pelletan, Hodgson, Sabatier, Boyer, Andréini, M. de Reuze, est loin de donner toujours des résultats aussi avantageux que ceux consignés dans les Annales de Hecker.

Ce n’est pas qu’il n’y ait eu avantage réel à saigner tout d’abord le malade , car en agissant de la sorte on diminue nécessairement la force et la fréquence des pulsations du cœur, et on favorise ainsi secondairement la formation de coagulum dans la tumeur. Toutefois on ne peut se dissimuler que par ces saighées , qui permettent aux vaisseaux dilatés de revenir sur eux-mêmes et de reprendre leur tonicité et leurs dimensions normales , on affaiblit en même temps le sujet et on détruit la résistance que des tissus opposaient aux efforts du sang, indépendamment, d’ailleurs, de l’impossibilité où se trouve alors ce liquide, par suite de son défaut de plasticité, de former des concrétions fibrineuses, propres à produire la guérison spontanée des anévrismes. Suivant nous donc, la méthode de Valsalva doit être employée avec prudence, c’est-àdire que le praticien doit avoir recours aux boissons émollientes, à un régime sévère, au repos, aux évacuations sanguines générales modérées ; car ces moyens sont propres a diminuer l’état de pléthore générale du sujet et à donner lien à un mouvement circulatoire plus calme et plus lent, surtout si on y ajoute un peu de digitale. Pour notre part, nous avons eu extrêmement à nous en louer chez un comte allemand récemment entré depuis au grand séminaire d’Alger, et chez lequel en effet, sous l’influence des saignées générales et locales, de la diète, du repos et des préparations de digitale, nous avons obtenu pour un anévrisme de la sous-cla-

DE MEDECINE

vière des résultats vraiment étonnants. Ce fait peut figurer sans contredit avec avantage à côté de ceux dont la science s honore et dont on est redevable, en France, à WM. Pelletan, Sabatier, Delpech, Roux, etc., et en Angleterre à MM. ^attmaun et Broock.

OPERATOIRE.

B. STÏPT1QUES ET REFRIGERANTS.

La glace pilée, l’eau glacée, la neige ont été employées avec succès, ainsi que l’attestent les observations de Th. Bartholin et celles de Guérin de Bordeaux, qui s’en est occupé d’une manière spéciale. L’eau végéto- minérale froide, 1 eau vinaigrée, les dissolutions non irritantes de sels déliquescents, les dissolutions astringentes peuvent au besoin, alors qu’elles sont employées froides remplacer les premiers moyens ; mais dans l’un comme dans l’autre cas, il importe d’aider le traitement parles réfrigérants, par les saignées générales, le repos absolu et un régime sévère. Treyheran, Sabatier, Faucon (l), Hodgson (2), -Larrey (3) H. Martin (4), Giutrac (5), Bacqua (6), Ribes (7l , et plusieurs autres dont nous ne parlons pas, y ont eu recours avec succès. 11 importe seulement d’y recourir alors qu’ils donnent heu à des douleurs vives ou provoquent l’apparition de la toux, et à plus forte raison quand la tumeur prend plus de développement, devient plus irrégulière ou menace de tomber en gangrène. Du reste, M. Ribes ayant eu occasion de disséquer une tumeur delà nature de celle dont nous parlons et qui était située dans l’espace poplité, a trouvé la tumeur oblitérée et convertie en un noyau celluleux qui allait en s’amincissant vers ses deux extrémités. Quant , branches qui naissaient au milieu de anevnsme, elles étaient également oblitérées dans son voisinage et ffrace aux artères collatérales situées au-dessous et au-dessus de la tumeur la circulation s’était entretenue dans’ la

partie inférieure du membre ; à cette circulation avaient pris part plusieurs autres petites artères qui, bien qu’imperceptibles dans l’étal normal, avaient acquis peu à peu un volume considérable.

GazeUe médicale de Paris, p.313.

(2) Ouvr. cité.

(5) Ouvr. cité.

(4) Revue méd., t. ,U) p. *08. 1835 G) BriHeUu de la Faculté de méd. p.

7* année. 1 2 *

P-J33-140, 6- année.

( , Ibid., p. 30i, 4* année.

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