C. TORSION
Nous avons parlé ailleurs de cette opération, imitée , comme nous l’avons dit, de ce qui a lieu dans les plaies par arrachement et de ce que font les animaux qui conlondent, en le déchirant, le cordon spécial de leurs petits, opération que M. Thierry a proposée pour la cure des anévrismes , en étayant son opinion d’un grand nombre d’expériences faites sur la carotide des chevaux. Cette opération, telle que l’exécute ce praticien , est on ne peut plus simple; elle n’exige, en effet qu’une pince à ligature ordinaire, mais dont les mors pourtant soient susceptibles d’être maintenus solidement rapprochés à l’aide d’un double bouchon, glissant dans une coulisse de leurs branches. Une fois l’orifice libre du vaisseau saisi , et les parties voisines convenablêment isolées,
j (U Boyer, Maladies cliir., t. n, p. 1?J7.
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opératoire. 001
l’opérateur ferme la pince et lui imprime un nombre variable de révolutions sur son axe , puis abandonne ensuite le vaisseau à sa rétraction. M.
Amussat, on le sait, agit différemment et préfère limiter la torsion : il se sert à cet effet de deux pinces solides à mors allongés et se fermant au moyen d un verrou placé sur une de leurs branches. Un de ces instruments a des branches arrondies qui se touchent facilement dans toute leur longueur et porte le nom de pinces à baguettes. L’autre au contraire ressemble beaucoup aux pinces à ligature ordinaire. Pour pratiquer l’opération, le chirurgien, la main droite armée de cetle dernière , saisit l’extrémité de l’artère et la débarrasse des tissus fibreux, des filets nerveux ou des veines dont elle peut être entourée; puis avec l'autre pince écarle et refoule les parties qui pourraient faire obstacle.
Une fois Tarière complètement isolée, l’opérateur applique en travers les pinces baguettes sur la portion saillante du vaisseau, afin de le comprendre entre les branches de l’instrument dont il se sert pour briser, à l’aide d’un mouvement brusque de pression, les tuniques interne et moyenne. Une fois ce résultat obtenu, et on s’en assure par une légère secousse ressentie par la main , l’opérateur presse moins, et, la pince transversale restant en place, il se sert de l’autre pour imprimer à l’extrémité artérielle la torsion jugée nécessaire. - — De cette façon, l’artère tordue se. trouve attirée de plus en plus au dehors ; mais la pince limitatrice est là qui refoule les tuniques interne et moyenne, à la manière d’un doigt de gant, dans le tube vasculaire qu’elles contribuent à oblitérer pendant que la tunique celluleuse obéit au mouvement de torsion qui lui est communiqué. La membrane externe du vaisseau tordue sur ellemême est ensuite abandonnée, et le tourillon qu’elle présente refoulé dans les parties.
Dans le cas où l’opérateur ne pourrait disposer que d’une pince , il limiterait alors la torsion avec le pouce et le doigt indicateur gauches, en ayant soin de briser, avec l’ongle du premier de ces orgaues, les tuniques internes contre le pulpe de l’autre, et d’opérer le refoulement à 1 aide des deux autres restés en place , la torsion étant exécutée , ainsi que nous l’avons dit, avec les pinces dont 1 opérateur a armé sa main
droite. Un autre soin que l’opérateur doit avoir en pratiquant la torsion, est de ne restreindre ni de multiplier le nombre des révolutions des pinces au delà de ce qui est rigoureusement nécessaire; ainsi, il peut se contenter de quatre tours 'pour les petites artères , tandis qu'il doit les porter jusqu'à huit pour lis vaisseaux d’un certain volume.
Pàs n’est nécessaire, je pense, de rappeler la manière dont agit la torsion pour guérir l'état morbide dont nous parlons, chacun devant comprendre que le refoulement des tuniques interne et moyenne dans le tube artériel doit donner lieu à une espèce de valvule circulaire épaisse, et que le tourillon de la tunique celluleuse ne doit pas peu contribuer à la formation du caillot et à rendre par conséquent toute espèce d’accident impossible. Quant au choix à faire entre ces deux procédés, il n’est pas douteux que le premier ne soit inférieur à T’autre, et qu’il ne faille dès lors préférer en général le second.