‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 485 sur 656 · TUMEURS CELLULAIRES · texte numérisé non relu

TUMEURS CELLULAIRES

Plusieurs tumeurs , confondues jusqu’alors avec les kystes , ont été considérées depuis par M. Lisfranc comme le produU d’une hypertrophie du tissu cellulaire succédant à des orgelets que

(1) Obs. ebir,, p. 112. 1077

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n’avait point atteint la suppuration , ou du moins (jui n’avaient point" été envahis complètement par la suppuration :

car on voit souvent apparaître au centre de la tumeur un trajet fistuleux qui vient s'ouvrir sur la conjonctive , et principalement vers le rebord interne du cartilage tarse. — On sait nue Demours a vanté l’emploi des fondants et de l'acupuncture contre certaines tumeurs des paupières, et que Jacquemin dit avoir retiré d’excellents effets de celui d’une aiguille fixée comme un séton à travers leur épaisseur. Ne serait-ce pas par hasard à des tumeurs semblables à celles dont nous venons de parler que ces praticiens auraient eu affaire? En tout cas devons-nous dire que M. I.isfranc a eu à se louer beaucoup de la cautérisation du trajet fistuleux à l’aide d’un crayon de nitrate d’argent à pointe très-aiguë. Depuis, M. Carron du Yillards a mieux fait encore, et aujourd’hui nous conseillons à nos lecteurs de recourir au procédé préconisé par cet oculiste. A cet effet, ils commenceront par reconnaître le trajet fistuleux , puis y introduiront , une fois la paupière renversée, un stylet de Méjean , sauf à dilater au besoin î’orificc avec l’instrument tranchant dans le cas où cet orilice serait plus étroit que le trajet. Gela fait, l’opérateur introduira jusqu’au fond du trajet une sonde cannelée très-fine , effilée à la pointe et chargée de nitrate d’argent, qu’il laissera appliquée pendant une minute ; après quoi il la retirera et lavera l’œil à l’eau froide. Une irritation plus ou moins vive succédera à cette application , puis viendra ensuite la suppuration et enfin la résolution; et à supposer qu’une seule application n’ait pas suffi , le chirurgien ne devrait pas hésiter à recommencer.

Il J . tumeurs cancéreuses.

La cautérisation, naguère recommandée pour les tumeurs cancéreuses des paupières , n’est plus guère usitée de nos jours. A peine conviendrait-elle aux plaques peu épaisses qui auraient respecté le bord libre de la paupière ; et encore nous ne savons jusqu’à quel point la cautérisation avec les divers acides usités en pareil cas , la poudre de Vienne et la pâte de zinc, serait ici préférable à l’instrument tranchant, qui est sans contredit le moyen qui con-

vient le mieux aux tumeurs de la nature de celles dont nous parlons. L’0.

pérateur peut se servir, du reste, indifféremment des ciseaux ou du bistouri, seulement il convient, suivant la forme de la tumeur, d'avoir recours tantôt!

une incision en V, dont les bords son ensuite réunis à l’aide de la suture tantôt à une incision d’une certain!

étendue et qui permette à l’opérateu; d’exciser le bord palpébral en demi lune, sauf ensuite à laisser cicatriser li plaie.

§ VIII. De V adhérence des paupière

cuire elles , ou aiikyloblépharon.

Tantôt congénitale, mais le plus sou vent accidentelle , l’adhérence des pau pières , ou ankyloblépliaron , réclame suivant qu’elle est plus ou moins éten due, des moyens divers. Rarement 1 rebord libre des paupières est soud* dans toute son étendue ; le plus souvent en effet, on trouve à l’angle interne 01 externe un petit point non réuni. Dam d’autres circonstances , c’est aux deu> angles qu’existe l’adhérence : le centri alors est libre et le malade voit très bien. L’adhérence des paupières si complique quelquefois de l’adhérenc de ces voiles au globe oculaire, qu s’oppose alors à la mobilité de l’œil e empêche de distinguer le jour de h nuit ; et ce sont là autant de points im portants à établir avant de s’occuper di traitement.

TRAITEMENT

La maladie est-elle récente et suM cède-l-elle à une ophthalmie purulente, à une brûlure ou à une blessure imparn faitement cicatrisée , l’opérateur cherche à rompre les adhérences en tirant sur les deux paupières et en cherchant à faire passer sur chacun de leurs boni un crayon de nitrate d’argent. La m»ladie , au contraire , a t-elle une certaine durée, l’instrument tranchant p*< seul la guérir ; et encore , pour cifci faut-il que les adhérences au globe|le l’œil soient peu nombreuses. Dans « premier cas , c’est-à-dire quand rien nf s’oppose à ce que la maladie soit traitée par l’instrument tranchant, l'opérateur pour peu qu’il existe un hiatus à un de angles du globe de l'œil , y introdui une sonde cannelée , et glisse ensuit»

dans la cannelure un petit bistouri bici

DE MÉDECINE

tranchant ou les ciseaux coudés «1e Bell ; puis, faisant agir l'instrument , il rétablit aussitôt l’ouverture naturelle.

N existe-t-il aucun hiatus et l’adhérence est-elle complète, l’opérateur alors fait un pli au centre de la paupière et y pratique une petite incision qui lui sert a introduire la sonde jusqu’au grand angle de .l’œil. La sonde une fois introduite, l’opérateur, après y avoir glissé le bistouri ou les ciseaux , divise l’adhérence de ce coté, et en fait ensuite autant pour le côté opposé, après y avoir au préalable introduit la sonde. Un écoulement sanguin survient immédiatement après l’opération, mais l’opérateur s en rend facilement maître ; puis, pour s’opposer à la réunion des bords divisés, il a soin de les cautériser avec le nitrate d’argent ou un autre caustique.

aux voies lacrymales, ont été observées au grand angle de l’œil, les unes sous la caroncule lacrymale , les autres entre les téguments et le tendon direct. Traitées du reste par l’extirpation , ces tumeurs ont parfaitement guéri.

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