‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 488 sur 656 · C. extirpation · texte numérisé non relu

C. extirpation

L’extirpation peut être complète ou partielle. La première a été conseillée par Monteggia; mais on conçoit qu’elle ne peut être mise en usage que pour les cas d'hypertrophie ou de fongosités bénignes. D’un autre côté, il est vrai, on a dit qu’en recourant à l’extirpation complète on s’exposait à léser les conduits lacrymaux, le muscle de Horner , le tendon de l’orbiculaire palpébral , la paroi externe du sac lacrymal et l’artère palpébrale; mais, en y prenant garde, on peut facilement éviter ces lésions.

Ainsi, le malade sera couché sur un lit de hauteur convenable; un aide écartera les paupières et fera saillir la tumeur , puis l’opérateur s’en emparera avec une érigne ou une pince à dents de souris; confiant alors cet instrument à un aide , il lui recommandera d’exercer de légères tractions sur la tumeur ; puis il disséquera ensuite la tumeur avec un petit bistouri droit, en ayant soin d’inciser d’abord en bas, puis en haut, et successivement de dedans en dehors , en se dirigeant vers le globe oculaire, qu'il a soin de respecter. Pendant qu’il agi', enfin, un troisième aide, la main armée d’une petite seringue , injeclera continuellement de l’eau fraîche sur les points divisés , afin d’absterger convenablement la plaie et de faciliter de la sorte les différents temps de l’opération. Dans le cas où l’artère palpébrale donnerait lieu par sa division à une hémorrhagie , il suffirait de remplir la plaie de boulettes de charpie pour exercer un point de compression sur elle ; puis, une fois le sang arrêté, il suffirait de panser la partie avec un linge fin criblé de trous et enduit de cérat , et de le recouvrir d’un plumasseau de charpie et de quelques tours de bande. Quinze ou vingt jours suffiront ensuite pour la cicatrisation complète de la plaie.

§ XI. De l'epicanlhis.

Décrite pour la première fois par Amtnon , celte maladie consiste dans

(I) Guide pratique pour l’étude des ma), des yeux, i. i, p, 402.

deux rebords semi-lunaires de la peau au grand angle de l’œil , et qui arrivent parfois à recouvrir ce dernier au point d’empêclier de voir la caroncule et la commissure interne lorsqu’on examine l'œil en face. Elle peut , du reste , être congénitale ; mais on la voit survenir souvent aussi a la suite d’ophlhalmies scroluleuses long-temps suivies de blé— pharospasme et de photophobie. Elle peut se montrer aussi après l’ophthalmie variolique. Un de ses caractères est de donner au visage une physionomie particulière et qui rappelle jusqu’à un certain point la race kalmouke et mongole.

TRAITEMENT

Pour remédier à cette difformité, l’opérateur enlève à la racine du nez , à l’aide de deux incisions semi-elliptiques, un lambeau de peau ; puis il rapproche les bords de la solution de continuité, de façon que non-seulement les traces de cette solution de continuité, mais encore les replis semi-lunaires du grand angle de l’œil, disparaissent. Un soin qu’il faut avoir dans l'excision de la peau est d’en enlever plutôt trop que trop peu, rien n’étant plus facile à obtenir qu'une réunion complète avec la suture entortillée.

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