III. OPERATION de la cataracte
Comme dès la plus haute antiquité, cette opération n’a pas toujours été pratiquée de la même manière ; de nos jours elle compte encore plusieurs méthodes, savoir : l’abaissement, l’extraction, le kératonyxis et la méthode mixte proposée par Quadri. Mais avant de les décrire, nous croyons convenable de nous occuper d’abord de ce que l’on .peut appeler les préliminaires de l’opération, auxquels on a recours quelle que soit la méthode que l’on choisisse.
A. POSITION DU malade.
De l'opérateur et des aides.
Quelques chirurgiens recommandent d’opérer le malade en le faisant asseoir sur un siège peu élevé en face du jour, en cachant l'œil sain avec un bandage et en faisant tenir la tète par un aide qui l’appuie sur sa poitrine. Quant au chirurgien, il s’assied, dans ce cas, devant le malade, mais sur un siège un peu plus élevé, afin de ne pas êlre obligé d’élever la main. Scarpa recommande même d’appuyer le pied sur un tabouret, afin que le coude puisse au besoin trouver un point d’appui sur le genou.
D’autres, au contraire, préfèrent opérer debout, le malade placé sur une chaise suffisamment élevée. Dupuytren, on le sait, avait l’habitude en pareille circonstance de conserver le malade au lit dans une position presque horizontale, et de se placer debout, courbé vers l’œil malade, et le coude appuyé sur le lit. La plupart des chirurgiens se servent de la main droite pour agir sur l’œil gauche, et de la main gauche pour attaquer l’œil droit. Quelques-uns seulement préfèrent imiter la conduite de M. Malgaigne, qui, jaloux de. se servir toujours de la main droite, se place dans cette intention et suivant qu’il en sent le besoin devant ou derrière le malade. Reste maintenant à placer les aides et à fixer l’œil : il existe un assez grand nombre de procédés pour maintenir en position fixe l’organe de la vue. Il est des praticiens, en effet, qui écartent eux-mêmes avec les doigts les deux paupières, et il est facile d’en agir ainsi alors qu’on opère sur l’œil droit et qu’on se place en arrière du malade. M. Roux, au contraire, a recours aux doigts d’un aide pour faire relever la paupière supérieure : pour notre part, nous préférons en général le procédé de Peltier, c’est-à-dire que nous abaissons la paupière inférieure avec l’index et le médius de la main gauche, et que nous avons soin de presser un peu sur le globe oculaire, eu même temps que nous recommandons à l’aide place derrière lui d’appliquer une main sous le menton, et de se servir de l’autre pour glisser la courbure de l’élévateur de Peltier immédiatement au-dessus du tarse de la paupière supérieure, et de presser doucement et par degrés de ma nière à faire rentrer pour ainsi dire cette
DE MÉDECINE OPE U ATOIRE
paupière sous l’orbile. Agit-on sur une cataracte congénitale, il convient dans ce cas, à raison de la mobilité de l'œil, d’appliquer et l’index et le médius pardessus le bord libre de la paupière, en ayant soin en même temps, ainsi que le recommande Middlemore , d appliquer l'index et le médius par-dessus le bord libre de la paupière inférieure, et de presser fortement avec l’un de ces organes sur le globe oculaire et du côté du nez, e't avec l’autre du côté de la ! tempe. Peut-être, maintenant que l’exipérience a démontré la presque innocuité des piqûres de la conjonctive , peut-être, dis-je, serait-il bien à l’avenir de fixer l’œil, dans des cas difficiles, avec une érigne ou avec des pinces. L operateur devrait, ce nous semble, retirer quelque avantage de ce précepte, principalement surtout quand il a recours à l’extraction.