III. PROCÉDÉ DE GRÆFE
On doit ii G æfe un serre nœud qui, nonobstant sa complication , n’en est pas moins des plus commodes. Il se compose d’une canule au centre de laquelle existe une vis d'une certaine étendue et fixe et qui y joue librement, Le fil, introduit par le sommet de la canule, est fixé à la tige, munie d’un pas de vis, et ses chefs sont attachés à un boulon placé sur le côté de la canule. Pour en opérer le resserrement ou le relâchement, il su (lit de faire monter ou descendre la vis , sans qu’il si-it besoin de dérouler les chefs du fil, fixés sur le bouton. Reste maintenant à passer le fil autour du pédicule du polype, et les procédés ici sont multiples et varient suivant l’endroit où siège la tumeur. Le polype est-il près de l’ouverture antérieure et y fait-il un peu de saillie, une simple pince à anneau ou une pince à disséquer suffisent pour l’embrasser avec l’anse du fil ; et dans le cas où on n’y parviendrait pas , on se servirait de l’a ig tille de 1 leisler . Le polype est-il situé au contraire plus profondément dans les fosses nasales , alors la difficulté commence ; et c'est pour la vaincre qu’ont été proposés les nombreux procédés que l’on trouve décrits dans les auteurs : celui de Faliope modifié par Levrel et Palluci , celui de Glandorp , celui de Hcisler, dont nous ne donnons pas la description, car mieux vaut sans contredit se servir de la sonde de Belloc , qui, glissée sur le plancher des fosses nasales, se développe ensuite dans la bouohc, et sur laquelle l’opérateur attache (sur l'extrémité de sa tige courbe) les deux chefs d'un fil ciré cl solide
de 6-i centimètres de longueur. Tirant ensuite le ressort de la sonde par la narine, ainsi que la sonde elle -même, il amène de la sorle les deux chefs du fil hors du nez, l’unse restant, elle , au contraire dans la bouche; avant de ramener cette dernière près de Üouvorture nasale postérieure , l’opérateur pose à son milieu un simple. fil, quiit laisse pendre hors de la bouche ; puis jl tirc lcs chefs cl u fil nasal de manière. à faire remonter l’anse buccale en arrière et en liant, laquelle doit embrasser le pédicule de la tumeur. Afin d’en faciliter le placement autour du pédicule , l’opérateur l’écarte et la tient écartée le plus haut qu’il lui est possible nx^ec l’index et le médius de la main droite ou l’indicateur de l’une cL l’autre main ; et pendant ce temps un aide lire sur les deux chefs situés hors de la narine, et dans le cas où le polype serait saisi, ce dont on s’apercevrait à la résistance que ferait éprouver le fil , il ne resterait plus qu’à appliquer le serre- nœud.
Dans le cas , au contraire , où on n'aurait pas été assez heureux pour réussir, ou ramènerait d’avant en arrière dans la bouche l’anse de lil au moyen de celui qu'on a d'abord fixé à sou milieu.
La ligature une fois faite , le chirurgien applique chaque jour le serre nœud , et en surveille L’application de manière à obtenir une conslriction graduée quoique prompte, afin de ne pas exposer le malade à un écoulement purulent fétide et plus ou moins abondant.
IY- PROCÉDÉ DE BRASDOR.
Brasdor , qui s'est occupé avec quelque soin de l’opération dont nous parlons , se montra jaloux de remédier à ce que le procédé de Lcvret offrait de désavantageux, c’est-à-dire la difficulté d’engager le polype au milieu «le l’anse que lui apporte le tube métallique , -et il pensa y parvenir eu entraînant un fil d'argent de coupelle plié en double pour former une anse , comme on entraîne ies bourdon nets d'arrière en avant dans le tamponnement- des fosses nasales. Une fois, en effet , les deux extrémités du lien ramenées au dehors par le ne?, l'opérateur s’en empare avec nue main, les attire doucement à lui, puis, avec les deux doigts de l'autre main , portés dans le pharynx , il tâche d-en diriger l’anse sur la racine du polype ; et, une fois qu'il les- a introduites dans
DE MÉDECINE
le serre-nœud, il recourt immédiatement ■ à l'étranglement de la tumeur. Reste ensuite à fixer un fil simple sur la partie moyenne du fil d’argent : ce fil reste libre dans la cavité buccale afin de pouvoir retirer la ligature en arrière et la replacer au besoin. — Cette manière de faire, bièn que préférable à celle de Levret, n’a cependant été adoptée que par peu de personnes , à raison de la nécessité où se trouve l’opérateur de tordre les ligatures sur elles-mêmes poulies resserrer ; et comme elles sont de matière métallique , elles peuvent se briser avant d’avoir agi sur le pédicule.