DE LA COMPRESSION
Pendant long-temps, considérée comme un moyen purement palliatif et exécutée par de simples bandages, la compression a fini par prendre rang parmi les méthodes les plus recommandées.
On la pratique ou avec un bandage roulé ou avec des bas lacés en coutil, en toile, en peau de chien, ou avec des bandelettes agglutinatives. Elle compte du reste plusieurs procédés.
Procède de M. Sanson. Feu ce professeur faisait usage d’une pince composée de deux plaques métalliques ovalaires, l’une et l’autre garnies de peau et d’une longueur de 34 millimètres sur 11 millimètres de hauteur. — Deux branches d'une largeur de 8 à 9 millimètres partent à angle droit de chaque plaque, et, après un trajet horizontal d'une égale étendue, se courbent de nouveau à angle droit pour se diriger directement en haut, et ont une hauteur de 31 millimètres environ. Une lige métallique se trouve soudée au milieu d’une de ces branches verticales et se porte transversalement dans une ouverture pratiquée sur le milieu de l’autre branche et h travers laquelle elle glisse avec facilité. Enfin, grâce à ces deux vis de rappel, placées l’une à 13 millimètres au-dessus, l’autre à 13 millimètres audessous de la tige transversale et tournant en sens opposé, l'opérateur peut rapprocher les deux plaques ovalaires et saisir avec elles le vaisseau veineux.
Reste ensuite à soulever le tronc veineux destiné à être oblitéré et à le serrer entre les deux mors de la pince, à changer ensuite les mors de place toutesles vingt-quatre heures ou plus souvent si on le juge convenable, afin d éviter la mortification de la peau. Du reste, hâtons-nous de le dire, l’apparition; d’une eschare n’est point un obstacle; à la guérison, et nous n’en voulons pour preuve que les trois cas do guérison ob-< tenue par M. Bonnet.
Procède de M. Brcschct. Le chirurgien dont nous parlons a proposé de tl
TRAITÉ DE MÉDECINE OPERATOIRE
saisir les varices dans un repli tégunienlaire et de les comprimer jusqu’à ce qu’on en ait obtenu la modification. 11 se sert même à cet effet de pinces que M Landousy a modifiées, et dont les branches parallèles sont rendues mobiles par des vis de rappel : elles sont de plus garnies de dentelures très-fines et peuvent être ramenées au besoin au contact, de manière à produire la gangrène des parties du huitième au douzième jour, et donner lieu à une plaie suppuranteet qui guérit par seconde intention. M.
Landousy a rendu les mors de ces pinces beaucoup plus courts et les a fait précéder de tiges également parallèles, mais plus espacées, de telle soi te que la base du pli des téguments est seule comprimée et que le sommet reste libre dans l’intervalle des branches, d’où il suit qu’à l’aide de cet instrument comme avec celui de Sanson on pourrait, si on le désirait, obtenir la mortification des parties : il suffirait eu effet d’en continuer l’application.
Procédé Delpech. Une fois la veine mise à nu à l’aide d’une incision de 3 centimètres environ et le vaisseau disséqué et soulevé, l’opérateur glissait au-dessous un morceau d’amadou de un centimètre et demi de largeur sur 6 centimètres de longueur, puis il assujettissait ensuite le tout à l’aide de bandelettes agglutinatives. — Restait ensuite à recouvrir la plaie d’un plumasseau de cérat.
Procédé Davat. M. Davat a essayé sur des chiens de soulever la veine dans un pli de la peau et de percer ensuite ce pli à sa base avec une aiguille de façon à faire reposer le vaisseau sur cette dernière. Reste ensuite, à l'aide d’un fil ciré, à pratiquer sur les deux extrémités de l’aiguille plusieurs 8 de chiffre, comme dans la suture entortillée.
Procédé Velpeau. M. Velpeau a eu occasion de mettre ce procédé à exécution sur l’homme; seulement, au lieu d’avoir recours aux 8 de chiffre, il s’est servi de tours circulaires qu’il a placés autour des extrémités de l’instrument.
Dans la nouvelle édition de sa Médecine opératoire (1) il a divisé celle opération en cinq temps, et, à l’en croire, celle opération aurait presque toujours été couronnée de succès.
Procédé Raynaud (1). M. Raynaud de Toulon s’y est pris un peu différemment : ainsi, après s’être emparé d’un fil ciré, il a passé ce dernierà l’aide d’une aiguille au-dessous de la veine et à travers la peau, puis il en a noué les deux bouts et il est venu les fiver par une rosette sur un rouleau de diachylon ou une petite compresse graduée.