‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 85 sur 242 · SI · texte numérisé non relu

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guliers que nous voyons souvent se former au bord de la pupille ou sur l’iris lui-même.

3. Un autre symptôme que l’on remarque dans toutes les espèces d’iritis est la tendance au rétrécissement, à l’irrégularité et à l’immobilité de la pupille.

4. Nous remarquons souvent aussi un épanchement de fibrine dans la pupille et la chambre postérieure, et quelquefois dans la chambre antérieure. Cependant dans l’iritis rhumatismale l’effusion de fibrine est bien moins considérable que dans l’iritis vénérienne.

5. Une photophobie intense accompagnée d’une augmentation de la sécrétion des larmes est un autre effet de l’iritis en général, mais ce symptôme est bien plus marqué dans l’iritis rhumatismale que dans l’iritis vénérienne.

G. Dans toute iritis il y a disposition à la production d’adhérences entre le bord pupillaire de l’iris et la capsule du cristallin, et quelquefois entre l’iris et la cornée ou même entre la partie postérieure de l’iris et les procès ciliaires ; ces adhérences sont en général noires comme les bords de l’uvée.

7. En même temps que ces effets communs de l’iritis ont lieu, la vue du malade s’obscurcit et se perd quelquefois entièrement.

8. Les douleurs dans l’œil, l’orbite et le front, sont des symptômes invariables de l’iritis et souvent sujets à des exaccrbationsUa nuit.

Malgré ce qui vient d’être dit ici, l’iritis, ^si elle est compliquée d’amaurose, peut être accompagnée de dilatation de la pupille.

L’exposition aux vicissitudes atmosphériques, une lumière très-for!e, la maladie syphilitique, les scrofules, la goutte, les rhumatismes, les plaies de l’œil, pourront etre autant de causes de l’iritis, qui sera a'guë ou chronique. Quand elle est aiguë 1 inflammation commençant par le bord pupillaire de l’iris s’étend promptement à toute la surface, et affecte les tuniques externes de l’œil ainsi que les internes. Dans l’iri lis chronique l’inflammation commence au bord ciliaire de 1 iris, d’où elle peut se propager lentement à d autres tissus intérieurs. Cependant 1 iritis chronique produit quelquefois l'effusion de fibrine et l’adhésion du bord de l’iris à la capsule du cristallin sans aucune inflammation perceptible des autres tissus de l’œil. Entre celle iritis chronique lente qui se développe

sourdement et celle de la forme la plus aiguë, nous rencontrons un grand nombre d’autres cas dans lesquels on voit tous les degrés du travail inflammatoire.

La perturbation générale de l’économie diffère dans les cas divers. L’iritis aiguë est généralement accompagnée de céphalalgie, d’agitation, d’un pouls fort et plein, de blancheur de la langue, de soif, de perle de l’appétit, et de constipation.

Il faut avouer en même temps que dans quelques cas qui seraient classés parmi ceux aigus les symptômes dont il s’agit n’existent qu’à un léger degré.

Le pronostic est favorable quand l affection est récente et bornée à l'iris, sans resserrement trop marqué de la pupille, sans organisation de fibrine épanchée, sans extension de l’inflammation à la rétine et aux autres tissus placés derrière l’iris.

Viritis syphilitique esl souvent, mais non invariablement accompagnée d’effusion de fibrine sous forme de tubercules, d’une couleur brune, rougeâtre ou jaunâtre; elle est aussi caractérisée par une décoloration brun - rougeâtre du cercle interne de l’iris, par les exacerbations remarquables des douleurs la nuit (1), par l'occurrence d’une syphilis antérieure et dans la plupart des cas par la concomitance d’autres symptômes syphilitiques. Il y a alors une déformation angulaire de la pupille qui, d’après Beer, a ordinairement 1 air d Ctre attirée vers la racine du nez, mais selon M. Guthrie n’est pas plus fréquemment allongée dans ce sens que dans un autre. Il semble à M. Lawrence que la forme et la situation de la pupille dépendent des épanchements de fibrine. A l’égard de l’opinion qui attribue au mercure le développement de l’iritis, les observations de M. Lawrence en démontrent la fausseté. Sur neuf cas rapportés dans son.

Traité des maladies vénériennes de l’œil, l’iritis survint , bien que le mercure n’eùt jamais été administré avant son apparition. Dans quelques cas traités sans mercure par llose et lhompson, 1 iritis se présenta aussi.

Dans Y iritis idiopathique , ou bien il n’v a pas de déposition distincte sur l iris, ou cette matière déposée se présente comme un puint brillant et jaune , s élevant du tissu de la partie, augmentant

(1) Voyez Lawrence. Traité des maladies de l’œil, p. 517.

jusqu’à un certain degré, et se rompant alors de manière à permettre à une matière jaune de s’échapper et de s’enfoncer jusqu’au fond de la chambre antérieure.

Ces petits abcès de couleur jaune ne s’observent pas dans l’iritis syphilitique.

Dans Viritis arthritique, ou autrement dite liée à une constitution goutteuse, de la fibrine fournie par le bord de la pupille est épanchée, mais non déposée sous forme distincte, et les adhérences sont généralement blanches. Dans l’iritis idiopathique comme dans celle arthritique, la pupille esl contractée mais conserve généralement sa forme circulaire et sa situation centrale dans l’iris. Lorsque l’iritis est de nature goutteuse et rhumatismale, une zone blanche se fait remarquer entre la zone rouge et le bord de la cornée, mais souvent elle est incomplète et ne peut être aperçue que de chaque côté des limites de la cornée (i).

Il y a trois indications principales dans le traitement de i iritis.

1° Celle d'arrêter l’inflammation.

2» Celle de prévenir l’épanchement de la fibrine et de déterminer son absorption si cet épanchement a déjà eu lieu.

3° Celle d'empêcher la contraction de la pupille et la formation d’adhérences

(1) On distingue encore une autre variété d’iritis : c’est celle dite scrofuleuse ; elle n’affecte guère que des filles scrofuleuses , et se caractérise par des symptômes faibles, la lenteur de sa marche, le peu de photophobie qu’elle détermine, la coloration pâle de l’iris, joints à d’autres signes généraux qui appartiennent à la constitution strumeuse. Je ne parlerai point ici de la déformation ou plutôt du changement de situation que la pupille subirait dans cette affection d'après quelquesophlhalmologistes. Les mêmes modifications de l’ouverture pupillaire étant observées dans des cas de nature prétendue différente, et recevant suivant chaque chirurgien une interprétation diverse, je n’attribuerai pas tel ou tel changement de la pupille à telle ou telle variété d’iritis; et, sans nier le mérite des observations de plusieurs ophthalmologistes qui croient avoir recueilli à cet égard des renseignements probants et d'une importance définitive, je m’abstiendrai de me prononcer sur une question à 1 égard de laquelle Sanson lui-même ne s est exprimé que sous la forme du doute.

1 (ÿote du trad.)

DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE. 483

entre le boni Je l’iris et la capsule du cristallin.

La première indication , ou celle d’arrêter l’inflammation sera remplie au moyen des antiphlogistiques savoir, les saignées, les purgatifs salins et le tartre stibié. Si l’on n’arrête pas l’inflammation elle s’étendra bientôt à la choroïde et à la rétine, et mettra la vue en danger. ]\Tous devrons donc avoir recours à la saignée par la lancette, ou aux ventouses appliquées à la tempe ou à la nuque.

Quelquefois , on pourra opérer la guérison de l’iritis au moyen de saignées et en employant le' sulfate de magnésie et le tartre stibié ainsi que d’autres remèdes antiphlogistiques, si toutefois ce traitement est convenablement suivi ; mais le plus souvent il est nécessaire de mettre en usage des moyens auxiliaires. Le traitement antiphlogistique diminue la congestion du sang dans l’œil, affaiblit la rougeur cl fait perdre à la fièvre de son intensité; mais il ne réussit pas toujours à prévenir l’épanchement de la fibrine ou à déterminer l’absorption de celle quia été épanchée.

D’après ce fait, il est nécessaire de considérer comment on doit remplir la seconde indication , c’est-à-dire celle de prévenir l’épanchement de la fibrine et de déterminer son absorption quand la déposition a eu lieu. L’expérience nous prouve que dans ce cas le remède souverain est le mercure employé rapidement et à hautes doses de manière à affecter l’économie. On doit en faire usage immédiatement après avoir pratiqué la saignée et avoiremployé d’autres moyens déplélifs. L’clïel de ce traitement ëst de changer tellement l’action des vaisseaux de l’iris qu’ils perdent la disposition qu’ils ont à laisser épancher de la substance plastique; et il détermine l’absorption de cette même substance lorsqu’elle a déjà été épanchée : l’iris revient à sa couleur normale, la cornée retrouve sa transparence, la zone qui l’entourait pâlit, et la vision se rétablit. Cet heureux changement s'effectue rapidement quand on soumet promptement l’économie à l’influence du mercure ; et dans ce cas on doit conseiller de porter son administration, et par conséquent son influence, plus loin qu’il n’est habituellement jugé nécessaire de le faire dans d autres cas de maladie ordinaire. On devra donner, à quatre ou six heures intervalle, deux grains de calomel avec Ua Uers de grain d’opium. Dans les cas

invétérés, il est quelquefois nécessaire de soumettre le malade à un traitement mercuriel pendant plusieurs semaines.

La troisième indication ou celle de maintenir la pupille dilatée , requiert l’application de la belladone. On pourra obtenir le même effet au moyen d’autres narcotiques, particulièrement le stramonium et la jusquiame ; mais la belladone est la substance la plus active. On devra faire dissoudre un scrupule d’extrait de belladone dans une once d’eau distillée et on fillrera ensuite. On doit faire tomber une goutte de celte préparation dans l’œil une ou deux fois par jour. Mais si l’inflammation est aiguë, il est préférable d’enduire la paupière supérieure, le front et le sourcil avec l’extrait lui-même, ramolli à l’aide d’une très-faible quantité d’eau. La première méthode est cependant plus prompte, lorsque l’œil peut la supporter malgré son état d’inflammation , ce qui n’a pas toujours lieu. Cet emploi de la belladone est très important non-seulement parce qu’il tend à prévenir l’occlusion de la pupille, mais parce qu’il maintient ses bords éloignés de la capsule du cristallin , et même qu’il fait s’écarter l’iris suffisamment loin de ce même cristallin pour que si des adhérences s’étaient déjà formées, et que la fibrine fût molle, ces adhérences cédassent, et la pupille retrouvât encore ses dimensions et sa mobilité naturelle. Ce changement heureux est assurément déterminé par l’usage simullané du mercure.

Tout le temps que l’iris est violemment enflammé, et que la maladie n’est pas enrayée, la belladone ne dilatera pas la pupille; cependant si on l’applique seulement à la peau et non à l’œil lui-même, M. Lawrence pense qu’elle ne fera pas le moindre mal et pourra peut-être meme empêcher le rétrécissement ultérieur de celte ouverture. D’autres applications localessont d’une importance secondaireles fomentations de pavots donnent généralement beaucoup de soulagement, mais les topiques froids peuvent être employés si on les préfère. Les vésicatoires ne pourront cire conseillés avant que la maladie ne prenne la forme chronique ou que des évacuations sanguines n aient été largement pratiquées et le mer

cure mis en usage.

Quand il y a de violentes douleurs autour de l’orbite pendant la nuit, le front et la tempe devront être frictionnés avec de 1 onguent mercuriel, auquel on aura ajouté de l’opium dans la proportion de

quatre grains du second pour un scrupule du premier.

Dans l’iritis arthritique ou goutteuse, le mercure est moins nécessaire que dans les formes idiopathique et syphilitique de la maladie. Le colchique et la magnésie, et dans la période chronique les vésicataires, le carbonate de fer et la quinine, sont des moyens auxquels quelques praticiens accordent le plus de confiance. jNous ne cherchons pas à établir que l’iritis syphilitique ne puisse absolument se guérir sans mercure. Quelquefois il cède au traitement antiphlogistique seul, et M. Iiugh Carmichaël de Dublin a publié une série de cas d’iritis syphilitiques incontestables qui furent guéris en donnant un gros de térébenthine dans une émulsion d’amandes, trois fois par jour; mais il ne recourait à cette pratique que quand le mercure ne pouvait être administré par suite de son effet nuisible sur

tion du mercure dans l'économie, et ou fera des applications de belladone comme dans l’iritis. Le traitement est essentiellement le même dans les deux cas.

Ayant maintenant achevé l’élude des principales inflammations de l’œil , je vais maintenant m’occuper de quelques autres affections qui sont les conséquences d’un travail inflammatoire dans cet organe.

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