‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 113 sur 168 · SEMEN CONTRA · texte numérisé non relu

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mac. Le lendemain matin, étant encore à jeun, j’en ai avalé en une fois quatrevingts centigrammes ( 18 grains). Mon pouls, qui marquait cinquante-neuf, dixhuit minutes après était déjà descendu à cinquante-sept, et dans une demi-heure à cinquante -trois; mais de temps en temps il variait entre cinquante-trois et cinquante-six pulsations par minute. Eu attendant, la faiblesse d’estomac ell’ubbattement général m’étaient devenus si pénibles, que je ne pouvais plus y résister; j’ai dû prendre de suite des aliments, ce qui a dissipé sur-le-champ tout le malaise , à l’exception de l’état du pouls qui se tint encore pendant quelques heures au dessous de cinquante-huit, malgré le mouvement que je faisais. Je n’ai pas éprouvé la moindre douleur, ni chaleur à l’estomac, ni soif, ni chaleur à la gorge; seulement quelques rots qui avaientj’odeur et le goût du remède. Quant au phénomène de la vision, je n’ai pu m’apercevoir de la moindre coloration en jaune ou en vert. Je n’ai éprouvé non plus aucun obscurcissement dans la vue, comme je l’avais expérimenté avec l'absinthe. Cela prouverait encore plus -que la propriété du, seuien contra , de faire paraître les objets jaunes ou verdâtres, dépend du principe colorant qu'il contient. C’est là, par conséquent, un phénomène purement mécanique, qui n’est pas à comparer avec l’action dynamique.

§ Y. Effets dans les maladie v. — On a donné le nom de scmen-contra à ce remède, à cause de sa propriété généralement admise, de tuer les vers; aussi a-t-il conservé toujours la dénomination de sernen-conlra vernies. On ne l’a généralement employé que dans les cas seulement d’affection vermineuse; on s’en est cependant servi aussi quelquefois dans les dérangements d'estomac, nommés dyspepsie et langueurs. Ou l a employé également dans quelques , cas de fièvre. Quelques praticiens ont supposé que ce remède pourrait être indiqué dans quelque affection des yeux et notamment contre l’ambliopic et l’amaurose, à cause de la propriété qu'il a de faire voir les objets eu rouge ou en vert.

§ VI. Appréciai ion de l'action. — Contrairement à l’opinion généralement adoptée, je suis obligé de regarder le sernen-conlra comme un remède hyposthénisant gastrique, et non comme un anthelmintique. Nous ne saurions voir certainement une maladie dans la seule

présence des vers dans les voies gastriques. Ces hôtes sont ou la cause ou l’effet , ou ils font partie et complication de l’affection; mais à eux seuls, ils ne constituent dans aucun cas la maladie.

Envisageons d'abord les vers intestinaux comme cause de maladies, et voyons de quelle manière ils peuvent nuire. Ils n’ont pas avec eux un principe vénéneux, ils n’ont pas d’armes offensives. Les naturalistes parlent, il est vrai, d’une trompe et d'une double rangée de dents à crochets, comme dans le lœnia armé; mais ce sont des cas exceptionnels. Dans les affections vermineuses il n’est ordinairement-question que des ascarides ou des loinbricoïdes , animaux tout-à-fait désarmés, et par conséquent innocents.

Cela est si vrai, qu’on voit tous les jours des hommes pleins de santé en rendre plusieurs par les selles, sans avoir éprouvé la mo udre indisposition. Le mal qu’ils pourraient occasionner, d’après quelques personnes, serait de s’approprier une partie des aliments, mais c’est là trop peu de chose pour mériter l'attention. Quant au mal qu’ils pourraient oc casiomier par leurs excréments, il est tout-à-fait nul. En supposai! t que le lœnia pût mordre ou piquer, une pareille lésion serait bornée aux intestins. Le lœnia, cependant, ne donne pas lieu aux symptômes ordinaires de la vermination; tout son effet se home aux symptômes d’un corps étranger niché dans les intestins: mais tout le monde sait que c’est là une maladie mécanique qu’on doit combattre par des remèdes mécaniques. Les autres vers, notamment les lomhricoïdes , lorsqu’ils sont en très-grand nombre, peuvent, en sc pelolonnant, peser par leur masse sur les intestins , et en engorger en quelques points la cavité, ou irriter les nerfs de l'œsophage, ou ceux du rectum , et donner lieu par-là, aiusi que nous le voyons souvent chez les enfants, à des troubles mécaniques. Tel est le seul moyen par lequel les vers intestinaux peuvent déterminer une maladie. Mais dans ce cas même, où la maladie demenre purement irritative ou mécanique, et cesse avec l'évacuation de ces vers, ou bien clie devient dynamique, et dans ce cas, elle appartient aux intestins et elle s’y domicilie. C'est là ce qui constitue l’affection appelée hclininliasfe ou fièvre vermineuse. On voit d’après ce qui précède que la maladie n’est pasdans les vers, mais bien dans les dérangements qu’ils ont déterminés dans les in'eslins. Il est

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fort rare que les vers puissent se multiplier au point de déterminer par euxmêmes des accidents. La toux sèche, accompagnée de menace de suffocation , et les convulsions qui affectent les enfants , n’ont une longue durée (pie lorsque les vers sc fixent, soit «à l’œsophage, soit dans le rectum , qui sont les deux seules parties du canal intestinal dans lesquelles se ramifient des nerfs spinaux. Le reste de ce canal , qui est dépourvu de ces sortes de nerfs, tolère parfaitement leur présence , comme il tolère plusieurs des substances alimentaires qu’on introduit dans l’estomac. Les vers ont eux-mêmes une origine ou une cause; c’est ce dont nous allons nous occuper. IS'ous n’entrerons pas dans la discussion de la question de savoir si la génération des vers intestinaux est spontanée ou s’effectue par germe. Dans l’une et dans l’antre hypothèse, leur développement exige des conditions particulières dans le canal digestif. Quand on est assez heureux pouravoir un appareil gastrique bien portant et qu’on ne se nourrit que de bons aliments , en quantité convenable et d’une manière réglée , on peut être certain de n’è re jamais atteint d’affection vermineuse, tandis qu’on y est trèsexposé, au contraire, lorsque la digestion est difficile, pénible, soit par la mauvaise condition des organes, soit à cause de la nourriture ou trop abondante ou de mauvaise qualité, ou enfin des époques trop rapprochées entre les repas. C’est ce qui arrive souvent aux enfants, qui mangent à toute heure, et. ce qui plus est, qui sont très-friands d’aliments lourds et indigestes. Il ne faut certainement pas croire que les aliments en sc modifiant dans la cavité de l’cstoinac cl. des intestins, et en fermentant, puissent se métamorphoser en vers. Avantde fermenter ou de se gâter, les substances qui 11e sont pas chymifiées allèrent le tube gastrique, lequel s’en ressent nécessairement, et finit jiar s’enflammer. De là la perversion , ou la cessation de l’appétit; la langue prend alors une couleur écarlate;

I baleine devient fétide, le ventre tendu et légèrement douloureux à la pression; les évacuations alvims arrêtées ou augmentées (constipa ion ou diarrhée). A ces symptômes sc joint un mouvement fébrile d’abord très-léger, puis graduellement élevé. Telle est la maladie que les nosologistes nomment fièvre vermineuse. Ces phénomènes morbides, rapportés chacun à son organe, indiquent

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manifestement une entérite, qui peut comme on sait réagir sur les membranes de l’encéphale et de la moelle épinière, cl donner lieu à une enléro-méningile.

l.es signes précurseurs de cette dernière sont la dilatation de la pupille, la douleur à la tête, l’intolérance à la lumière, aux bruits, à tout; à ces symptômes on peut ajouter les convulsions et les spasmes , le strabisme, l’assoupissement. Il suit de tout cela, assez souvent, un épanchement séreux dans l'arachnoïde ou l’hydrocéphale, et la mort. Pendant ce temps on remarque quelquefois des vers dans les selles, mais le plus souvent elles n’en offrent point. Les individus qui succombent à celte maladie offrent à J’autopsie cadavérique des lésions encéphaliques tres-manifesles, une phlogose dans le canal gastrique, avec quelques légères ulcérations; et ce qui est encore plus caractéristique et constant, une espèce d’hypertrophie des glandes, ou cryptes muqueux de ce même canal, comme s’il y avait là nue sorte d’exanthème miliaire. Celte altération des cryptes paraît aussi lorsque l’affection, demeurant dans son étal primitif, ne se propage pas vers l’encéphale , et reste bornée aux dérangements des fonctions digestives, à une diarrhée chronique, etc. Cet étal des cryptes et des glandes de la muqueuse nous conduit à la véritable condition pathologique de l’affection.

Notre conviction à ce sujet est qu’à l’origine la maladie n’est autre qu’une acle/10-enlei'iie aiguë. Une fois la condition pathologique établie de la sorte dans le tissu glandulaire de la muqueuse gastrique, il s’ensuit que la mucosité excrétée par ces glandes doit être viciée, morbide. De là la source de la fétidité dç l’ haleine , des diarrhées chroniques, et du développement des vers. Ajoutons que l’écoulement muqueux abondant, et la présence des vers, n'ont pas lieu eu même temps ; car là où il y a flux de mucosité , il n’y a pas d’entozoaires. Ces derniers ne , paraissent que lorsque le mucus est sécrété et qu’il s’arrête quelque temps dans les intestins; ils se montrent ordinairement vers la fin de la maladie, lorsque les symptômes les plus graves ont disparu. En conséquence, les vers intestinaux sont un effet, un produit de la maladie des intestins, comme la mucosité viciée elle-même.

En leur qualité de produits résultant du trouble gastro-entérique, les vers deviennent partie, ou, si l’on aime mieux,

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complication mécanique de la maladie.

En les envisageant sous ce dernier point de vue, il est évident qu’ils n’en changent pas la nature, et ne la font pas empirer de beaucoup. Effectivement , si l’on parvient à les expulser avant que l’adéno-enlérite soit combattue, le malade n’en retire pas un grand soulagement. Les praticiens observateurs ont dû remarquer que, dans les fièvres vermineuses, les plus abondantes évacuations de ventre , déterminées au moyen des drastiques, après l’administration "des anlhelminliques les plus énergiques, la maladie continue sa marche, et bien souvent elle empire. Tandis qu’une fois l’adéno-entérite combattue, si des vers existent encore dans les intestins, ils ne sont d’aucune gêne pour le malade; mais ordinairement ils en sortent avec les fèces, durant la convalescence.

Je ne doute point que les médecins qui voudront rapporter les souvenirs de leur pratique aux idées ci-dessus ne reconnaissent avec nous que l'helminthiase, envisagée sous sou véritable point de vue, n’est au fond qu’une adéno-éntérile vermifère, et que les vers n’en sont que l’effet, le résultat, ou tout au plus qu’une partie de l’affection ; et enfin qu’on ne peut la guérir qu’en combattant la source, l’adéno -entérite. Il suit de là qu’il n’y a d’autres remèdes véritablement anthelmintiques que les hypostliénisants glandulaires, soit gastriques, soit entériques. De ce nombre est le semeoconlra, à cause de sa qualité hyposthénisanîe gastrique. On ne doit conséquemment pas borner son administra lion aux seuls cas d’affection vermineuse. Toutes les plilogoses chroniques dont le siège est dans l’estomac, et les gastrites, même les plus aiguës, qui cèdent promptement à l’action de la saignée (t aux hyposthénisants les plus énergiques, trouvent un remède très- propre dans le semen-contra ou dans la santonine, ainsi que nous 1 avons expérimenté. — Le système sanguin éprouve, lui aus-i, l’effet hyposthenisant du .semen-contra et de la santouine, ainsi que cela résulte de l’abaissement et du ralentissement du pouls.

On peut conséquemment s’en servir avec succès dans les artëritcs chroniques, et dans les sub-arljériles soit inlermiltentcs, soit conlinues. Quant à l’aclion particulière sur la rétine, qu’on a tribue à la sémcncinc, on ne pourrait la prouver par le phénomène de ta teinte jaune qu’offrent les objets à ceux qui en ont pris

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