‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 55 sur 168 · ASPERGE · texte numérisé non relu

ASPERGE

( Asparagus officinalis. )

§ Ier. Caractères physiques . — Celte plante, de la famille des asparaginées (hexandr. monog. Linn.) , est une légumineuse dont la racine est vivace ; elle croît naturellement dans les endroits sablonneux , et est cultivée dans tous les jardins potagers comme un mets assez estimé. On ne se sert que des jeunes pousses. Les asperges cuites dans de l’eau ont un goût assez agréable, mucilagineux. Il n’y a pas long-temps que ce végétal est employé en médecine.

§ II. Notions chimiques. — Vauquclin et Robiquet ont trouvé que dansles thurions de l’asperge existe une substance particulière que les chimistes ont nommée asparagine ou asparamide\ ils y trouvèrent encore de l’albumine, de la mannite, de l’acide malique, des sels, etc. Dulong n a pu obtenir de la racine de ce végétal ni mannite ni asparagine. Witlitoch nCconsidère pas ccllesubstance azotée comme un principe immédiat, mais bien comme un aspartate d’ammoniaque ; Régimbeau pense qu'elle est le résultat delà décomposition des matières

des asperges.

L’asparagine cristallise en prismes rhomboïdaux. Elle est soluble dans, l’eau froide, mais plus encore dans l’eau chaude ; insoluble dans l’alcool.

§111. Effets sur l'homme bien portant.—T oui le monde peut rendre compte des effets des jeunes pousses des asperges, bien cuites et assaisonnées. Elles ont un goût très-agréable et sont faciles à digérer; elles augmentent la sécrétion de l’urine, qui acquiert une odeur particulière. Cette odeur simule celle dç la violette la plus suave, si on y mêle quelques gouttes de térébenthine. Ce végétal est généralement classé au nombre des remèdes rafraîchissants et apéritifs. Pourtant Quarin prétend que les asperges ont pu produire chez quelques individus l’hémoptysie (2), et Boerhaaye, quelles sont capables de provoquer les accès de la goutte (3). Ces craintes sont tout-àfait chimériques.

§ I V. Effets dans les maladies. — Les anciens ne faisaient d’autre usage thérapeutique des asperges que dans la gravelle et les calculs urinaires. Parmi les modernes, c’est .à Broussais que l’on doit d'avoir attiré l’attention sur l'activité médicale de ce végétal. Il rapporte qu’une personne de haut rang, affectée d’hypertrophie et de surexcitation du cœur, faisant un usage abondant d’asperges , s’est aperçue que les palpitations s’apaisaient ; et s’étant fait préparer du sirop avec les Unirions de l’asperge, elle parvint à arrêter les accès habituels du mal. Broussais et un autre médecin, auxquels on fil part de cette observation, ne manquèrent pas de faire des expériences avec ce sirop, et ils se sont convaincus que cette substance jouissait de la propriété de ralentir le pouls, sans occasionner la moindre irritation à l’estomac, et d’augmenter en même temps la sécrétion de l’urine. Aussi Broussais présumait-il que ce sirop possédait des propriétés analogues à celles de la digitale et du nitre (4). Barthélémy et Eusèbe de Salle confirmèrent par l'expérience que le sirop et l’extrait d’asperges étaient doués d’une vertu sédative (5). Gendrin on

(2) Animadvers. pract., p. 66.

(3) Aphor., § 1258. Van Swietcn, Comm., vol. iv, p. 506.

(4) Annal, de ined. physio)., juillet

(5) Gazette médicale, n. 22, 1831.

asperge.

convient , lui aussi , quant k la propriété diurétique, mais il n’admet pas dans l’asperge une action sédative sur le cœur ; il avoue pourtant que chez les individus affectés de maladie du cœur, la respiration et la circulation s’exécutent mieux sous l’influence de ce moyen ; il attribue cet effet à l’action diurétique qui, selon lui, diminue la sérosité épanchée dans le thorax (G).

§ Y. Appréciation de l'action. — D’après ce que nous lisons dans les ouvrages publiés en France sur ce sujet, on peut établir que le sirop d'asperges et leur extrait sont doués d’une propriété liyposlhénisante cardiaco-vasculaire.' JNous croyons cependant que cette action est très-légère, et qu’on ne doit pas avoir trop de confiance aux miracles proclamés par les journaux. 11 est néanmoins utile de savoir que dans les maladies dont les remèdes de celte série sont indiqués , les

asperges peuvent être administrées avec avantage, d’autant plus que comme secours diététique elles sont prises volontiers.

§ VT. Préparations , clc. — Il n’est pas à ma connaissance que l’asparagine ait été encore expérimentée. Au lieu de cette nouvelle substance , on a prescrit le sirop d’asperges préparé d’après la méthode ordinaire, et l’extrait. Gendrin observa que 48 grains d'extrait répondent, pour la quantité des parties actives, à 30 grammes (une once) de sirop, mais que ses effets thérapeutiques sont plus prononcés. Telle est sa dose ordinaire , mais on peut sans crainte la doubler, la tripler môme.

Le sirop de pointes d’asperges peut se faire de la manière suivante :

2J. Suc dépuré et filtré de pointes d’asperges, un demi-kilog. (une livre).

Sucre blanc, un ltilog. (deux livres).

Faites dissoudre au bain-marie et passez à la chausse.

(G) Id., n. 50, 1853.

ORDRE IIe

HYrOSTHÉNlSANTS VASCULAIRES ET CARDIAQUES

( VASCULO-CAUDIAQUES ).

Au milieu des progrès de l’anatomie et de la physiologie, l'appareil vasculaire reste dans son ancienne obscurité ; on dirait même qu’un voile plus dense encore l’enveloppe depuis que des problèmes nouveaux ont été ajoutés aux anciens , et sont comme ces derniers restés irrésolus. On met effectivement en question aujourd’hui le mouvement propre des artères, et l'on demande d’autre part si elles exécutent des mouvements divers, si elles communiquent avec d’autres vaisseaux, si leurs extrémités se terminent de telle ou telle manière, si l’on doit ou non admettre un système de vaisseaux capillaires dont l’action serait indépendante de celle des gros vaisseaux. L’on se demande, en outre, si les veines absorbent, si leslymphaliques absorbent, si ceux-ci communiquent directement avec celles-là, etc., etc. Des opinions diverses sont soutenues sur chacune de ces questions, et chacun se base sur des observations anatomiques et chimiques, et sur des expériences physiologiques particulières, pour soutenir sa manière de voir. Cet état de choses, celte espèce d’incertitude sur ces différentes questions jette l’obscurité sur d’autres questions importantes, dont celle de l’action des médicaments sur le système vasculaire n’est certainement pas la moins importante. Nous sommes, par conséquent, obligé de laisser de côté tous ces sujets, et de nous en tenir seulement aux

faits matériels les mieux connus pour apprécier l’action des remèdes hyposlhenisants, qui paraît porter de préférence sur le système en question.

Des différentes parties qui constituent le système vasculaire, la principale , la plus influente, eslsans contredit le cœur. Ses ventricules sont doués d’une trèsgrande force , vu l’ensemble des fibn s robustes qui les forment. La force si connue des muscles élévateurs de la mâchoire inférieure est fort au-dessous.

Elle produit ce mouvement qu’on appelle systole : le sang qui entre dans le ventricule stimule celui-ci, provoque son action et chasse le fluide avec une très-grande énergie dans le système aortique. La diastole qui lui succède est un autre mouvement que le ventricule exécute naturellement par la cessation du mouvement précédent ou par le relâchement qui succède à la contraction. Bien que passif, ce mouvement donne naissance â une dilatation plus ou moins grande du ventricule, selon l’énergie de la contraction elle-même. De là résulte un vide très-propre à rappeler dans l’oreillette une nouvelle quantité de sang qui donne lieu à une nouvelle contraction , et ainsi de suite. Cette dilatation ou diastole auriculaire pourrait être aussi regardée comme active, si l’on voulait considérer la tunique moyenne des sinus (oreillettes) comme formée d’un réseau de vaisseaux flasques et flexueux. Ces

GÉNÉRALITÉS

vaisseaux s’allongent, se distendent , se redressent au moment de l’entrée impétueuse du sang; de là une augmentation de la capacité des sinus. On comprend par là comment la diastole des sinus s allernc avec celle des ventricules et est contemporaine avec la systole de ces derniers; et comment aussi la dilatation active des sinus et le vide qui en résulte

est la cause principale du mouvement du

sang des veines vers le cœur. Nous pouvons donc reconnaître dans l’appareil vasculaire de l’homme adulte un mécanisme analogue à celui de deux pompes aspirantes et foulantes : l’une , destinée au sang veineux, est constituée de toutes Jes veines qui aboutissent dans les veines caves , de 1 oreillette et du ventricule droit du cœur et de l’artère pulmonaire : par elle, le sang des veines caves est aspiré vers le sinus et le ventricule, et de ce dernier chassé dans les poumons ;

1 autre, destinée au sang artériel, résulte des veines pulmonaires, de l’oreillette et du ventricule gauche du cœur et de 1 aorte avec toutes ses dirama-tions; elle aspire le sang des poumons par la dilatation de l’oreillette , et le pousse du ventricule à toutes les parties du corps.

Les veines ont une structure analogue à celle des siuus (oreillettes) dont elles font partie et continuation; elles jouissent aussi dans leurs extrémités de forces érective et de dilatation isochrones avec celles de l’oreillette, ce qui contribue à favoriser le cours du sang vers le cœur. Je viens de dire que les dernières extrémités des veines se contractent, taudis que leurs troncs se dilatent : j’ajouterai, ce qui paraîtra bien étrange, que cette contraction des extrémités est produite par la même force qui dilate les troncs, c’est-à-dire parle gonflement des petits vaisseaux qui sillonnent les parois des veines. Il est évident, en effet , que là où le volume des extrémités veineuses est devenu tellement petit, que son diamètre est égal ou inférieur à celui des petits vaisseaux qui les environnent , lorsque ceux-ci se gonflent, les extrémités veineuses doivent se rétrécir ou même s’oblitérer (I).

(1) La physiologie n’olTre aucun tissu qu'on puisse dire primitivement doué de la faculté de s’ériger et de s’épanouir. D’ailleurs cette faculté n’est point nécessaire, l’expansion et l'érection pouvant s’obtenir par un effet secondaire de Lof-

Quant aux artères, elles ne se dilatent que par l’impulsion du sang poussé dans leur intérieur par la systole du ventricule et par la cessation de la contraction de leur tunique moyenne. La diastole des artères est donc toute passive. S'il en était autrement, loin d’aider le mouvement du sang vers les rameaux, celte dilatation s’opposerait à la marche du fluide et attirerait ce dernier vers les troncs où le vide serait plus grand. On peut cependant regarder comme active au contraire la contraction ou la systole des artères provoquée par le stimulus et par l’impulsion du sang contre leurs parois : aussi est-elle alternative avec la systole du ventricule et contemporaine avec sa diastole. Cette systole artérielle influe puissamment à soutenir, à augmenter l’impulsion que le sang avait déjà reçue de la part du cœur, laquelle surmonte tant de résistance et se communique jusqu’aux derniers globules sanguins- et aux dirainations les plus lointaines du système artériel. Nous avons employé à dessein le mot impulsion (urto) de préférence à onde sanguine , dont on se sert communément, pour désigner le passage rapide du sang du cœur aux dernières diramations artérielles.

Nous ne pouvons en vérité assimiler le cours du sang dans les artères à l’eau d'un fleuve ou qui traverse des canaux, et nous ne saurions non plus admettre dans le cours du sang en circulation cette rapidité qu’on enseignedanslesécoles. Nousadoptons à ce sujet l’idée qu’on attribue à Richerand et à Bicbat, mais qui appartient plutôt à Giacomo Rezia, professeur à Pavie ( De ralione sanguinis motus per nrferîrtJ.Ticini, 1790), savoir, que la colonne sanguine remplit exactement et continuellement les artères, et que l'action duven-

flux des humeurs dans les canaux , cellules et cavités, comme dans les organes génitaux, dans l'agrandissement de la cavité do l’utérus, dans la distension de l’iris sous t'influence de ccrtaius stimulus. Tel est aussi, à mon avis, le mécanisme de l'action vitale des troncs veineux cl des oreillettes du cœur. Ce qui le prouve, c’est la quantité énorme des petits vaisseaux dont les parois des veines sontpourvues (vasavasorum), la cause et la condition des varices, et la facilité avec laquelle les veinés se dilatent considérablement lorsqu’on applique une ligature sur un membre et qu'on le frictionne pour pratiquer la phlébotomie.

GÉNéRALItÉS.

tricule en poussant l’onde nouvelle est ressentie au loin comme si elle avait lieu sur un corps solide, de sorte que la môme onde sanguine doit encore recevoir d'autres impulsions et chasser peu à peu toute la colonne qui la précède avant d’arriver aux dernières diramations. De la sorte, le même sang séjourne dans l’artère bien plus long-temps qu’on ne le croit, il s’élabore, s’entremêle, et a le temps d’accomplir ses importantes fonctions et de subir les transformations qui lui sont propres.

Quelque délicates et fines que soient les préparations des anatomistes, elles ne nous montrent que fort imparfaitement les dernières ramifications artérielles dont le nombre, la finesse, les divisions et les subdivisions sont presque infinis, ainsi que nous l’enseigne l’induction physiologique. La même induction nous apprend qu’elles n’ont pas la même terminaison. Pour nous en former une juste idée, il faut distinguer le système aortique de l'artère pulmonaire , dont les offices et les conditions sont très-différents. Une quantité innombrable des extrémités du système aortique se terminent avec des bouches libres et béantes dans les interstices de la substance de tous les tissus et de tous les viscères, où elles déposent les matériaux réparateurs et accomplissent la fonction de là nutrition organique. D’autres aboutissent de la même manière à la surface du. derme, des cavités internes et des membranes-, et exercent la fonction d’exhaler des substances sous forme liquide on gazeuse.

D’autres se termihent dans les organes sécréteurs proprement dits où elles apportent les matières pour la composition des humeurs particulières, et cbmmuniquent directement ou indirectement avec les conduits exbréleurs des mêmes organes. D’autres enfin s’anastomosent et communiquent directement avec les veines, ainsi que le démontrent les injections anatomiques ; elles continuent ainsi la circulation du sang avec le cœur.

L artère pulmonaire n’a qu’un mode de terminaison avec ses ramuscules : c’est l’anastomose de ces derniers avec les veines pulmonaires; de sorle que tout le sang qu’elle transporte passe dans les veines, et aucune parcelle de ce fluide ne reste dans les poumons ; il retourne au cœur avec l’addition de ce qu’il a reçu parla respihltion.

Tant dans l'es troncs que dans les rameaux , les veines surpassent les artères pour plus du double en hombVc et eh

capacité. Leur origine n’est pas la même dans leurs racines. Encore ici il faut distinguer les veines pulmonaires des veines caves : les unes, parmi ces dernières, sont continues avec des rameaux artériels, ainsi que nous venons de le dire; leur nombre est infiniment moindre que les autres; les autres ont toutes un commencement libré , ou bien sont en communication avec les vaisseaux lymphatiques, lin effet, ce sont les extrémités veineuses ou les vaisseaux lymphatiques, communiquant avec ces dernières, qui prennent des interstices ci du parenchyme des organes les matériaux désassimilés ou les molécules qui doivent faire place aux nouvelles particules de la nutrition pour les transporter de nouveau dans la circulation. Ces lymphatiques ou veines ont certainement leurs bouches vides et béantes, et në doivent point avoir de communication avec les artères, autrement la nutrition organique ne pourrait se faire. Sont également libres les extrémités veineuses ou des lÿmphatiqùès communiquant avec ces dernières qui , à la surface des membranes, des cavités ou du derme, reçoivent les substances appliquées ou déposées pat les artères, sans être éliminées par excrétion. Sont fehfin libres les vaisseaux lymphatiques ou les Veines qui reçoivent des orgàties séchéteürs tous les éiémefits de sang qui nb sont paS nécessaires à la sécrétion , fe‘t tfùssi l’Iuihieur sécrétée alors qu’elle h’ést pàs employée à ses offices particuliers. En 'cohs'éqheiVc'c, le nombre des bouches ouvertes des vaisseaux lymphatiques et des veines non communiquantes avec les artèrbs, et qui se terhiinent dans les veines 'CâveS ; paraît infini.

Qhaùt aux vélnés pfilmonfiSres , il y à pour chaque éicl rémité artérielle une extrémité Veineùsb correspofidanté qùi s’a bouche et, communiqué avec elle, de maniéré à Tonner un seul canal continu, ainsi que nous l'avbtis déjà dit. Mais il existe dans les cellules du poumon d’autres extrémités veineuses à bouche isolée et libre, lesquelles ne sont pas accompagnées d’artèrbs. En conséquence ’, si, d’une part , l’artère pulmonaire ne peut rien laisser dans les poumons, de l'antre-, les veines pulmonaires peuvent au contraire recueillir beaùcbup de matière nouvelle. Â chaque artère, en effet, nous voyons répondre quatre h six Véihbs, et le sang même changer d’à'pparehce dans ces dernières par les nouveaux principes

généralités.

qu’il s’approprie en devenant artériel.

En conséquence, les physiologistes donnent une fausse idée de la respiration lorsqu’ils enseignent que le sang de l’artère pulmonaire acquiert l’oxygène dans les poumons et dépose en même temps l'humidité ou l’hydrogène et le gaz acide carbonique. Celte doctrine est fondée sur la qualité de l’air atmosphérique expiré qui présente peu d’oxygène et un excès de gaz acide carbonique et d’hydrogène. Si je ne me trompe, les physiologistes confondent ici deux fonctions bien distinctes , car ce changement de principes n’a point lieu dans le même sang ni dans les mêmes vaisseaux. Le sang des veines pulmonaires reçoit l’oxygène de l’air atmosphérique; mais ni ce sang ni celui du même nom ne donne à l’air atmosphérique ni ne peut donner aucun principe. La surface des cellules pulmonaires exhale, elle aussi, du mucus et de la vapeur séreuse et hydrogénée, et du gaz acide carbonique, ainsi que le font aussi les autres membranes muqueuses et le derme: ces matériaux peuvent se mêler et se mêlent en effet avec l’air qu’on expire; maisilsproviennentsansaucun doute du sang artériel que les artères bronchiques apportent aux poumons. En conséquence, les changements de l’air ex pire ont lieu dans les poumons par deux fonctions distinctes et par deux ordres de vaisseaux, savoir : par l'absorption de l’oxygène opérée par les radicules des veines pulmonaires, et par l’exhalation et les excrétions d’autres principes exécutées par les extrémités des artères bronchiales (I).

(1) Les personnes qui n’admettraient pas que la vapeur séreuse hydrogénée et îe gaz acide carbonique qui s'exhalent de la surface pulmonaire, se dégagent également de la surface externe du derme, et qu’en conséquence le même procédé, la même source doivent les fournir dans les deux cas, c’esl-à-dire le sang artériel des dira mations de l’aorte, auront de la peine admettre notre nouvelle doctrine sur la respiration , et n’en verront certainement pas l’importance. Si l’on ne réfléchit point que l’artère pulmonaire n’est point une artère véritable, mais bien un simple canal de communication et de transport entre le ventricule droit et l’oreillette gauche du cœur, on ne concevra pas que celle artère ait un mode unique de terminaison,. tandis que les autres en ont plusieurs. Nous ne faisons qu’cfileurcr ces questions, leur développement complet étant ici déplacé.

Par la même raison , il est faux de dire avec la généralité des physiologistes que, chez le fœtus, la petite quantité de sang qui parcourt l'artère pulmonaire pour la maintenir ouverte sert à la nutrition des poumons. Ce viscère a, comme les autres, ses artères nourricières particulières : ce sont les artères bronchiques ; les vaisseaux qui portent le nom du même organe ne servent point particulièrement au poumon , mais bien à l’organisme entier.

Nous parlions tout à l'heure indistinctement des extrémités veineuses et des vaisseaux lymphatiques; il n’est pas sans importance cependant, avant d’aller plus loin, de chercher quelles relations ont entre elles ces deux familles de vaisseaux. On admettait déjà que les lymphatiques, dont le nombre est incalculable dans tout le corps, font centre dans le grand canal appelé thoracique, lequel, communiquant lui-même avec la veine sous-clavière gauche verserait dans le torrent veineux tous les matériaux recueillis par le système en question. On découvrit plus tard que ia sous-clavière droite offrait aussi assez souvent une communication avec le système lymphatique. D’autres observèrent d’autres communications enlreles lymphatiques et les veines. Ces communications cependant avaient été regardées comme accidentelles , jusqu’à ce que M. llegalo Lippi, non-seulement en découvrit de nouvelles , dont il fit voir la constance, mais encore parvint à fonder une nouvelle doctrine de l’absorption , doctrine qui éclaircit beaucoup de questions et dissipa beaucoup d’erreurs régnant dans les écoles. La doctrine de M. Lippi a été attaquée; mais ses adversaires, en voulant détruire les faits de cet anatomiste par de nouveaux faits, n’ont fait que les confirmer, car ils ont démontré que d’ordinaire les lymphatiques, avantdese rendre dans les veines, s’agglomèrent et forment les glandes conglobées (l).

(I) Pour prouver la communication directe des lymphatiques avec les veines, les auteurs u’ont pas tiré tout le parti qu’ils auraient pu de l'anatomie pathologique ; l'inflammation en effet , par le privilège qu'elle a d'agrandir et de développer les tissus quelle attaque, peut rendre visibles certaines parties qui ne l’étaient point à l’état normal. Un fait qui s'est présenté à notre clinique nous a montré, sans aucune injection artificielle, la communication en question. 11 s’agit

GÉNÉRALITÉS

On peut déduire de là que les veines communiquent avec les lymphatiques dans toutes les régions, dans lous les coins du corps, car elles rencontrent partout des lymphatiques ou des glandes conglobées , avec lesquelles elles se joignent et reçoivent immédiatement, pour les verser dans le sang , les matériaux absorbés. Le conduit thoracique, qu on regardait comme l’unique point de passage, ne serait en conséquence qu’un des innombrables points de communication, bien qu’à la vérité plus vaste et destiné, à ce qu’il parait, à servir de réservoir à une grande partie de la substance absorbée des intestins après la digestion , età en retarder le mouvement, afin qu elle n’arrivât pas tout d’un coup dans la masse sanguine. Une autre déduction qu on pourait tirer des faits ci-dessus, c’est que les vaisseaux lymphatiques et les veines ne forment qu’un seul système. Leur structure et leur oilice paraissent d’ailleurs les mêmes; ils reçoivent les principes nouveaux , les élaborent, les assimilent et les dirigent vers le cœur. Il y a toutefois une certaine différence entre ces deux ordres de vaisseaux; les lymphatiques étant çà et là interrompus par les pelotons glanduleux, d’où il résulte que le mouvement du fluide qui les parcourt est beaucoup plus lent. On voit enfin le but que la nature s’est proposé dans cette différence de disposition et de vélocité dans le cours des humeurs : plus les substances sont éloignées de l’assimilation organique, plus elles ont besoin d’être retenues et élaborées dans les ganglions ; plus elles sont voisines de la parfaite assimilation, plus promptement

d’une femme reçue, le 25 décembre 1833, pour être traitée d’une aoriile; elle succomba huit jours après. Une saignée qui avait été pratiquée au bras, avait donné lieu à uné phlébite partielle de la céphalique, laquelle avait affecté la forme d’un phlegmon. A l’autopsie, nous avons disséqué attentivement le membre malade, nous avons trouvé la veine céphalique gonflée et épaissie dans une grande étendue; sa cavité contenait.au lieu de sang, une substance presque lurdneéc qui l'oblitérait presque; à scs côtés, on voyait comme des espèces de petites racines pendantes, beaucoup de vaisseaux lymphatiques également boursouflés qui offraient d’espace eu espace des nœuds ou ganglions endurcis , et communiquant manifestement avec la veine.

elles sont transportées dans le torrent sanguin.

Tels sont les principes et les fûts que nous devions rappeler à propos des médicaments dont l’action se déclare principalement dans le système vasculaire.

Abordons maintenant l’élude de ces mêmes remèdes que nous avons appelés vasculo-cardiaques. Sous ce litre nous comprendrons toutes les substances qui, en entrant dans l’assimilation organique, exercent une action plus marquée ou plus prompte sur les extrémités des vaisseaux sanguins, et abaissent le rhythme de leur énergie vitale; d’où il résulte des effets sensibles , des modifications dans les fonctions connues de ces vaisseaux.

Disons quelques mots sur ces modifications.

Des fonctions importantes sont confiées à l’appareil vasculaire. On sait, en effet, que les troncs arlériels sont destinés à élaborer, eux les premiers, la masse sanguine et à lui imprimer ce degré de perfection nécessaire pour arriver à sa crase parfaite. Celte fonclion, cachée comme elle est sous le secret de l’intime mixtion organique des parties constituantes de ce liquide , ne se manifeste pas à nos yeux par des changements susceptibles d’être calculés. Les troncs arlériels sont en outre destinés à transmettre le sang aux branches sous l’impulsion du cœur.

Cette fonction, qui peut être connue et mesurée principalement par l’état du pouls , s’affaiblit et s’affaisse sous l’influence des remèdes hyposthénisants vasculaires. Le propre de ces remèdes n’est pas de la ralentir, à moins que leur influence ne s’étende sur le cœur; car le rhythme du pouls, le temps et le nombre de ses pulsations dépendent entièrement du cœur. Sous l’influence des remèdes en question, le pouls devient donc, en général, plus faible, plus flexible, plus mou , ou , pour mieux dire , sa systole devient moins énergique, car c’est elle qui représente le mouvement actif. Cela n’empêche pas que, dans certaines circonstances, la diastole ne devienne aussi plus libre, plus franche, ainsi que nous le verrons.

Quant aux extrémités artérielles, elles exercent des fonctions plus déterminées et plus claires, car elles sont chargées principalement de la nutrition des organes. 11 est indubitable que les substances liyposlhénisantes vasculaires influent sur celte fonction : mais les modifications qu’elle en éprouve sont (rop peu saisi-

CÉNÉhALnlÉS.

bleà el d’une marche trop lente pour fournir les éléments du critérium sur l’action des remèdes. Lès extrémités vasculaires cependant sont chargées en outre de la sécrétion glandulaire, de l’exhalation deà surfaces, de la coloration et de la calorification des parties : celles-ci rougissent et s'échauffent, ou bien pâlissent, grelottent ou se refroidissent, selon que le sang est plus ou moins abohdant dans les extrémités artérielles. Oh verra donc, parmi les phénomènes produits par les médicaments vasculo-cardiaques, des changements datis les exhalations , dans les Sécrétions, dans la couleur el dans la température externe du corp3. Cés phénomènes se rattachent, surtout au premier abord, aux membranes muqueuses et au derme externe. Si l’on s’en tenait à ces simples apparences, on regarderait sans aucun doute ces remèdes plutôt comme cutanés que comme vasculaires, leurs effets les plus visibles effectivement appartenant au derme externe ou à ses prolongements muqueux. On verra cependant, dans l’étude àpprofohdie de chacune de Ces substances , que leur actibh remonte précisément au principe que nous venons d’énoncer. Disons seulement pouf le moment qde le derme est un Ôrgahe complexe composé d’aiitant d’organes divers qu’il exécute de fonctions.

Nous distinguons pour des motifs importants les exhalations des sécrétions proptement dites. Non-sedlèmerit lé mécanisme dé chacune de ces foliotions est différent, mais les offices que chacune des humeurs remplissent sont divers.

Les sécrétions, en effet, supposent üti Viscère ou un organe spécial , soit une glandé, soit uri crypte, un follicule, un grâiii , et qüi est charge d’élaborer la matière d’ürie manière particulière.

Les exhalations, au contraire, ont lieu par les extrémités des vaisseaux : ces dernières n’ont , pour les fournir, qh’à ouvrir plus ou moins leurs bouches , l'impulsion du sang suffisant pour les faire sortir presque passivement. Eh outre, l'humeur de la sécrétion est destinée à des usages particuliers, à des fonctions spéciales dans l’économie ; tandis gue la matière des exhalations n’est ordinairement qu’une simple excrétion. Le derme externe fournil des exemples de l’un et l’autre produit ; la matière qu’il fournit sous forme de transpiration ou de süctlr résulte du mélange de deux humeurs différentes, et de deux différentes fohclions : i’une est une secrétion seffiblublc h celle

que fournissent les glandes, elle provient des follicules sébacés épars sur toute la surface du derme, et plus abondants surtout vers lés régions garnies de poils ou de cheveux. Ces follicules donnent une humeur élaborée, onctueuse, odorante, qui se condense à l’air, se consolide sous la forme de vernis corné, et constitue l’épiderine , le furfum de la tête , etc. ; c’est cette humeur qui, à l’état morbide, donne naissance iiux écailles, aux squammes, aux croîtles , et à d'autres variétés d'affeètions connues sous le nom d’impétigo , lesquelles ne sdnt au fond que le produit d’une altération de sécrétion des follicules sébacés ou des glandes cutanées dans lesquelles la maladie a fixé son siège. L’autre est uhe exhalation simple, ou le résultat d’un simple pa-sage à travers les extrémités artérielles qui s’ouvrent pour donner passage à quelques pfitlcipes séreux du sang sous forme gazeuse, vaporeuse ou liquide, et constitue la traiiSjji ftttiotl insensible ou la sueur, à laquelle pourtant se mêle souvent l’humeur sébacée, et lui donne de l’onctuosité, de la viscosité et de l'odeur. Les impétigos otlt leur siège dans lés glandes ou follicules cutanés, tandis que les exanthèmes oht le léür dans les extrémités vasculaires, et sont par cela même accompagnées d’altérations particulières dahs les exhalations et dans la coloration du derme.

D’autres détails préliminaires sur ce sujet seraient superflus. Qu’il nous suffise de faifé remarquer pOilf le thdhteiU que les changements déterminés par les remèdes liÿpOsthénisâhts vasculaires sont relatifs surtout à i’exhâlâlioh j nous verrons sous peu cotnmebt Cela a liéu; nous verrous aussi quels changements éprouvent la sécrétion sébacée ou cuticulaire, la température Ct la chloration extérieure soUs l’iniluéhee dès thèmes agents. Les membranes muqueuses èltes-mênieS, qui sont fcbntihuès avec le dérffiè, et qui doublent les différentes cavités viscérales, coihnillhiqdii.nl AVeé l’eftérieur, exercent dans leurs sécrétions la doltble fonction que nous venons d’indiquer pour le derme j savoir : une véritable sécrétion par le ministère des cryptes, tirs lacunes ou glandes muqueuses * et une exhalation simple par les petits vaisseaux ouverts à leur surface. Nous aurons encore là des phénomènes dépendant de l’action des remèdes hypnsthénisants vasculaires, et que nous devons apprécier eh temps et lifeti.

Disons enfin un mol des vaisseaux lym-

ANTIMONIAUX.

phatiques. A cet ordre de vaisseaux nous consacrerons une section à part ; nous discuterons alors la valeur des phénomènes que certains remèdes y produisent. Di' o ns pour le moment qu’entre les lymphatiques et les artères est un autre ordre de vaisseaux , les extrémités veineuses et les veines, lesquels ont une action vitale différente de celle des artères, et exercent des fonctions différentes, ainsi que nous venons de le voie. Nous ne doutons nullement que certains remèdes exercent une aclion hyposthénisante particulière sur celte vaste por-

lion de l’appareil vasculaire. Nous essaierons de le démontrer; mais les fonctions des veines ne sont pas perceptibles à nos sens par des phénomènes particuliers pour être appréciés. L’induction seule et les effets négatifs ou complexes pourront nous éclairer à ce sujet , ainsi que nous le verrons plus loin. Abordons donc l’étude des remèdes hyposthénisants vasculaires en les divisant en deux catégories, les uns artériels, les autres veineux. Nous commencerons par les plus énergiques.

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