DEUXIÈME SECTION
IIYPOSTIIÉNISANTS Y ASCULO- VE INE UX.
ACIDES. ( Acida .)
On est convenu d’appeler acide tout corps solide , liquide ou gazeux , d'une saveur aigre , plus ou moins piquante, ayant la propriété de rougir la solution de tournesol , de faire disparaître , en
Giacommi.
tout ou en partie , les caractères des alcalis; de former des sels en se combinant avec certains corps acidifiables ; d’être décomposé par le courant électrique.
Tout oxacide qui est soumis à l’intluence décomposante de l’appareil élcclromoteur donne son oxygène au pôle positif
et sa base au pôle négatif. Le contraire a lien avec les hydracides. Les acides sont des corps composés. On croyait autrefois qu’ils renfermaient toujours de l’oxygène ; bien que ce principe , à dire vrai , se trouve dans le plus grand nombre d’acides, il en est pourtant qui ne sont formés que d’hydrogène ou de chlore, combinés à un ou à plusieurs corps simples.
La division des acides en organiques et inorganiques , en oxacides ou acides proprement dits, hydracides, etc., résultant de deux corps combustibles simples , n’est d’aucune utilité thérapeutique. Nous nous occuperons seulement des acides hyposlhénisants veineux.
[Acidurn sulphuricum.)
§ I'r. Caractères physiques. — Les anciens appelaient huile de vitriol l’acide sulfurique ou persulfurique. C’est un liquide incolore, inodore , de consistance oléagineuse, d’une saveur acide trèsprononcée. Il a été découvert par Bas.
"Valentini vers la fin du quinzième siècle.
§ II. Notions chimiques. — L’acide sulfurique du commerce est ordinairement plus ou moins impur. Il est mêlé soit avec un peu de plomb, soit avec de la potasse ou quelque terre. Distillé, cet acide contient un cinquième environ d’eau. 11 est formé de cent parties de soufre et de cent cinquante parties d’oxygène en poids. U est miscible avec l’eau, dont il élève sur-le-champ la température jusqu’à l’ébullition. L’acide sulfurique désorganise et noircit la plupart des substances animales et végétales qu’il louche ; il rougit le tournesol, s’évapore par une chaleur ordinaire , et éprouve une décomposition prompte lorsqu’on l’expose à toute l’action du calorique. Exposé à un froid de dix à douze degrés, il se congèle et se cristallise. Son poids spécifique est de 1 , S G , ce qui équivaut à G6° de l’aréomètre de Borné.
U se combine facilement avec les oxides et les alcalis. Ayant une forte attraction pour les bases su li fiables , il décompose presque tous les sels , en chasse les autres acides et forme des sulfates. L’acide sulfurique concentré , exposé à l’air humide, absorbe l’eau de l’atmosphère jusqu’à augmenter de la moitié de son poids.
Aussi doit-on le conserver dans des flacons bien clos.
§ III. Effets sur le s animaux. — Les efiets de l’acide sulfurique étendu de beaucoup d’eau échappent à l’observation ; il faudrait, pour les apercevoir, en continuer l’usage pendant long-temps.
Les chiens auxquels on en a donné à boire pendant long temps maigrissaient peu à peu, devenaient très - abattus , tristes, et finissaient par mourir lentement. Si on leur fait avaler par force de l’acide sulfurique concentré , tout l’intérieur de la bouche , de l’œsophage et de l’estomac devient blanc , comme s’il était recouvert d’une vessie; une énorme tuméfaction s’empare de toutes les parties qui ont été touchées par l’acide; le décollement de l’épithélium a lieu ; la surface du derme, étant mise à nu, présente une véritable gastro-œsophagite intense qui fait périr l’animal. L’autopsie cadavérique montre la membrane muqueuse entièrement désorganisée , quelquefois même comme charbonnée , des eschares, des ulcérations et la gangrène. L’acide sulfurique , injecté dans les veines, produit la mort sur-le-champ.
§ 1Y. Effets sur l'homme bien portant. — U y a une énorme différence sur l’homme entre les effets de l’acide sulfurique très-étendu d’eau et le même acide concentré. Dans le premier cas, savoir, quand une partie d’acide est délayée dans cent parties d’eau , on en fait usage sous forme de limonade rafraîchissante : il désaltère , aide la digestion et rend plus fréquent le besoin de manger. Bevan , cependant, dit que la limonade sulfurique est nuisible aux enfants à la mamelle si on en donne à boire à la nourrice, quoiqu’elle puisse s’en trouver bien (19). On ne doit pas non plus donner avec excès celte limonade minérale aux personnes adultes , car elle finit, à la longue , par produire des nausées, et même le vomissement.
Van-Sviéten (20) et Gaubius (21) ont remarqué qu’à la longue elle produit un froid général , de la pâleur et un abaissement dans la force de la circulation.
Telle est la véritable action dynamique de l’acide sulfurique , c’est à-dire hyposthénisante vasculaire. On détruit scs
(19) The London mcd. Gazelle. May
(20) Comrn. in Bocrh., t. i, § 65.
(21) luslil pathol., p. 308.
ACIDE SDLPÜRJQÜE. 387
effets avec le vin; et vice versa, les effets du vin sont également dissipés avec l’acide sulfurique. Aussi W. D. Brinckle , à l'exemple de Brühl Cramer (22), donnat-il aux ivrognes de l'eau-de-vie mêlée avec un peu d’acide sulfurique, dans la proportion de -1 grammes (1 gros) de ce dernier par kilolitre d eau-de-vie. 11 produisit chez trois de ces individus , non-seulement un affaiblissement notable des effets de l’alcool , mais encore un dégoût très-prononcé pour toule sorte de boissons alcooliques (23). Althof observa , lui aussi , une action opposée entre l'opium et l’acide sulfurique, il le prescrivit avec succès pour combattre les tremblements et autres effets de l’abus de l’opium.
L’acide sulfurique concentré présente des effets tout-à-fait différents. Appliqué légèrement sur la peau , il y détermine des phlyctènes et de la phlogose. En en continuant l’application , il cautérise , brûle , noircit et réduit en bouillie les parties animales qu’il touche.
L’acide sulfurique concentré , pris par la bouche, même en petite quantité , détermine des effets fort graves. Oriila (24), Genonville (25), Mérat (26), Martins
(27) , Broxvne (28) , Klose (29) , Graffenauer (30) , Correa de Serres (31), Robert (32), rapportent plusieurs faits de ce genre , arrivés soit accidentellement, soit par suicide volontaire. L’individu éprouve d’abord une chaleur aigre, cuisante, dans la bouche , le long de l’œsophage et dans l’estomac ; il ressent ensuite une douleur sourde au gosier , puis après un resserrement. Toutes les parties, en effet, qui ont été touchées par l’acide sont vé-
(22) Medico-chir. Review., t. v.
(25) The norili. Amer. med. and cliir.
Journ. , 1828. Revue médic., avril 1828.
(24; Toxicologie, t. i, p. 80.
(25) Journal général de médecine, J. lvii, p. 189.
(20) bibliothèque médicale, vol. lu,
(27) Revue médicale, 1832, vol. iv, p. 53.
(28) Med. and phys. Journ. July 1818.
(29) Bibliothèque médicale, t. lxxv, p. 392.
(30) Journ. des sc. agr. et arts du Bas-Rhin, 1825, p. 78.
(31) Journal de chimie médicale, mai 1826, p. 209.
(32) Nouvelle bibliothèque médicale,
*827, t. JY, p. 4*2.
siquées, ou bien elles se gonflent. La mort arrive 'promptement quelquefois.
On a cru que celle mort prompte était l’effet de l’asphyxie ou de l’empêchement mécanique du passage de l’air , par suite du gonflement des parties. Pour l’ordinaire , un vomissement violent fait expulser des matières de couleur brune , mêlées parfois à un peu de sang ; des douleurs atroces se font sentir vers la région de l’estomac et dans le thorax , avec resserrement, anxiété, toux opiniâtre et voix croupale. Au milieu d’une chaleur brûlante, que les malades ressententdans leur intérieur, les extrémilés deviennent froides , la physionomie s’altère et prend le cachet cadavérique , le pouls devient petit , irrégulier, défaillant , et la mort survient en quelques heures par la progression de ces phénomènes. Plus souvent pourtant ces symptômes s’apaisent , mais les douleurs continuent à l'estomac et à l’œsophage, une lièvre continue se déclare , et la mort n’arrive que vers le sixième ou le huitième jour. Le cadavre présente des altérations variables , selon que la mort a eu lieu subitement ou après plusieurs jours. Dans le premier cas, la surface interne du tube digestif ne présente qu’une couleur blanche ou jaunâtre tendant vers le noir, et les parois de l’arrière-bouche , du pharynx , de l’œsophage et de l’estomac sont épaissies. Dans le second cas , il y a des traces d’une destruction plus ou moins prononcée de toutes les parties qui ont été touchées par l’acide sulfurique. Cette destruction pourtant ne s’étend pas au-delà de la membrane muqueuse, à moins que la quantité de l’acide n’ait été assez considérable pour continuer son action corrosive après la mort ; alors l’estomac se trouve réduit en une bouillie noirâtre. Le plus souvent cependant il ne s’agit que d’une rougeur plus ou moins vive, de quelques excoriations superficielles , de taches blanchâtres ou livides , ou même gangréneuses, à l’œsophage et à l’estomac.
Il faut convenir néanmoins que l’acide sulfurique , même concentré , qu’on prend en grande quantité, ne produit pas toujours des effets aussi funestes.
Brande dit l’avoir observé séjourner pendant une heure dans l’estomac, ensuite en être expulsé par le vomissement sans que l’individu en ait éprouvé de graves conséquences (33). Klose rapporte un
(33) Mater, med., p. 10.
388 ACIDE SüLFüAlQDE.
fait semblable (34). Bi'ande pense que , dans ces cas, la mucosité de l'œsophage et de l’estomac a pu empêcher les effets corrosifs de l’acide. — Si nous faisons une comparaison entre les effets de l’acide sulfurique très -étendu d’eau et ceux de l’acide sulfurique concentré, il est évident que l’action dynamique hypostliénisnnte de ce dernier est tout-àfait masquée , ou troublée par l’action physico-chimique très-énergique qu'il exerce sur les tissus qu’il touche. Pour peu qu’on ait l’habitude d’observer et d’apprécier les effets dynamiques des substances médicinales, on reconnaîtra dans le tableau ci-dessus que le vomissement, le froid aux extrémités, l’altération dans les traits de la physionomie et la faiblesse excessive du pouls appartiennent à l'action dynamique, et les autres phénomènes à l’action mécanicochimique. On reconnaîtra en outre que les premiers ne peuvent nullement dépendre de l’inflammation ni de l’érosion de l’œsophage et de l'estomac , et que la mort arrivée aussitôt après l’ingestion de l’acide dépend de l’action dynamique et non de la suffocation , ainsi qu’on l’avait cru , puisque le gonflement des parties ou n’existait pas sur les cadavres , ou bien n’était pas assez fort pour produire l’asphyxie. L’extinction de la vie a donc lieu par l’action hyposthénisante que l’acide sulfurique exerce rapidement sur tout l’organisme. Telle est, selon nous, la véritable action de l’acide sulfurique. L’action d’une substance hyposthénisante , quoique très-énergique , ne suffit pas toujours pour produire la mort ; ce sont alors les effets mécanico-chimiques qui entrent en action : au lieu du froid aux extrémités , de la faiblesse et de la petitesse du pouls, on a une forte fièvre, puis une gastro-œsophagite , qui peut guérir, ainsi que nous l’avons vu quelquefois ; ou bien, si elle finit par la mort, c’est seulement (d’après l’observation des toxicologistes ) après qu’elle a duré six à huit jours. Nous ne saurions voir dans cette dernière action de l’acide sulfurique qu’une simple brûlure, analogue à celle qui aurait été faite par de l’eau ou de l’huile bouillante ou du plomb liquéfié. Nous ne voyons en cela aucune action toxique , à moins qu’on ne veuille appliquer ce mot à toute espèce de lé-
(34) Ilufeland’s Journ., El Bd.> 5 st.>
sion traumatique. Nous n’y voyons qu’une affection ayant sa marche régulière et qui peut, tout au plus, provoquer une enquête judiciaire. Que le médecin légiste la place , s’il le veut , dans la catégorie des empoisonnements plutôt que dans celle des blessures , cela nous importe peu ; mais le thérapeutiste ne peut aucunement la considérer sous un tel point de vue, puisqu’elle n’est réellement qu’une maladie mécanico-chimique ; il ne saurait la confondre avec la maladie dynamique , qui seule constitue l’empoisonnement hyposthénique , puisque les deux actions suivent des lois diamétralement opposées. Il est vrai de dire néanmoins qu’il y a plus à craindre, dans l’acide sulfurique concentré, de l’action mécanico-chimique que de la dynamique, puisque la mort est le plus souvent l’effet de la première que de la dernière. De sorte que l’on doit placer l’acidesulfurique concentré plutôt parmi les agents physicochimiques que parmi les remèdes.
Effectivement, lorsqu’il s’agit d'adoucir ou de guérir les accidents produits par l’acide sulfurique concentré , on s’adresse plus volontiers aux remèdes mécaniques qu'aux agents dynamiques :
aussi, après avoir obtenu de suite un copieux vomissement, on fera prendre au malade en abondance des liquides aqueux, mucilagineux et oléagineux ; on lui administrera de la magnésie. Que s’il présentait par la suite des symptômes de phlogose gastrique, on doit les combattre par les moyens ordinaires. Si les secours sont arrivés à temps pour empêcher que l’acide ait phlogose la muqueuse gastrique, il ne resterait alors qu’à combattre les phénomènes hyposthéniques, ce qu’on obtiendra par le vin, l’alcool elles autres moyens hyperslhénisants connus.
§ Y. Effets dam les maladies. — On ne saurait s’expliquer comment les auteurs de matière médicale , tout en admettant dans l’acide sulfurique une propriété réfrigérante sédative , le préconisent en même temps comme moyen capable d’élever, d’exciter les forces, de s’opposer à la putréfaction , etc. Cette manière d’envisager l’acide sulfurique lui suppose des vertus diamétralement opposées, ce qui est absurde; cela peut s’accorder néanmoins avec la logique de ces thérapeutistes. Il s’agit seulement d’admettre la fausse explication qu’ils donnent des faits. Au fond cependant ,
ce ne sont pas les faits qui se font la
guerre, ce sont au contraire les doctrines. Effectivement tous les effets produits par l’acide sulfurique dans la cure de plusieurs affections prouvent son action hyposthénisante vasculaire. Je crois inutile de faire observer qu’il n’est question ici que de l’acide sulfurique trèsétendu d’eau, tel qu’on le prescrit comme remède. — L’acide sulfurique est assez généralement prescrit contre les fièvres aiguës et les fièvres ardentes pour apaiser la soif qui accable Jes malheureux patients, pour tempérer la chaleur, pour calmer l’orgasme circulatoire. Siglicius
(35), Minderer (3G), Riverius (37), Hirschel (38), Sydenham (39) , Tissot (40) , Juncker (41), Spielmann (42), Ludvig
(43) , firent l’éloge de l’acide sulfurique contre ces fièvres, même dans les cas où elles seraient malignes, putrides, ou typhiques. C’est pour cela qu’on donne à l’acide sulfurique l’épithète d’anti-septique ou anti-putride. On fit à ce sujet des expériences sur des chairs mortes , et l’on s’est assuré que l’acide sulfurique en les modifiant à sa manière empêchait leur putréfaction. Nos lecteurs savent déjà en quoi consiste ce pouvoir antiseptique des remèdes, nous en avons parlé à l’article camphre. Ils savent aussi que le typhus et les fièvres malignes sont des maladies d’un caractère phlogistique. Parmi les auteurs ci-dessus , Sydenham est celui qui a le mieux compris cette question, il asavammentcombaltula prétendue malignité des fièvres. Tout cela vient à l’appui de l’opinion que nous avons émise sur l’action hyposthénisante de l’acide en question.
On peut aussi ranger dans la même catégorie la scarlatine, la variole , etc., qu’elles soient ou non malignes. Dans ces maladies l’acide sulfurique a été vanté non-seulement par Sydenham, mais aussi par Monro (44) et par Mellin (45). Les
(35) Diss. de febr. mal., 4616.
(36) Medic. milit., 1034, p. 42.
(37) Op. med. univ. Frank., 4669,
(58) Medic. Nebenstnnd Ber. , 1772.
(39) Oper. medic. sect. v, c. n.
(40) Avis au peuple, § 27, 213, 280.
(41) Consp. cliem., tab. 80.
(42) Institut, cliem., p. 140
(43) Inslit. clinic., p. 191 et 247.
(44) Oper. mcd., cap. m, sect. m, p. 75.
(45) Praçtiüçh. mat, mçd., 1778, p.
fièvres étiques et la phthisie ont été traitées par "VVindorf (40), par Reid (47) et autres avec l’acide sulfurique , dans le but d’apaiser la chaleur intérieure et de diminuer les sueurs colliqualives.
Les hémorrhagies actives ont été arrêtées promptement à l’aide de cet acide.
Reid , Mellin et d’autres combattirent avantageusement l'hémoptysie ; Crelf.
(48), la métrorrhagie ; Lœftler, le vomissement et l’hématurie (49); Fowler et autres, toute espèce d’hémorrhagie et notamment les pertes sanguines chez les scorbutiques (50). On sait combien l’acide sulfurique a été vanté contre le morbus maculosus hæmorrhagicus , par Werlhof , par Klinge, par Hening, par Wagner, par Krügelstein (51) et par Bensheim (52). Cette maladie, et les hémorrhagies scorbutiques qui ont tant de rapport avec elle, sont communément rattachées à l’état de faiblesse des solides. C’est une erreur, ainsi que nous le verrons en parlant du scorbut. — Ce qui prouve encore d’une manière incontestable l’action hyposthénisante de l’acide sulfurique c’est qu’un très -grand nombre de praticiens l’ont prescrit avec avantage contre l’anasarque et la fièvre intermittente (54) , contre le delirium tremens des ivrognes (65) , contre l’épilepsie et la danse de Saint -Guy (56),
(46) De acid. vitr. in morb. med. us.
et abus., 1795, p. 15.
(47) An. Ess. on the nat. and cur. of the plitli. pulm. Lond., 1765.
(48) Samml. v. Huiliers Acad, streitichr., 2 Bd., 1779, p. 125, 200 ; 1 Bd., p. 467.
(49) Beytr. z. Arzneygelehr. Leipz., 1 Bd., p. 179.
(50) Duncan, Med. comment, for 1789, t. iv, 1790. — Juncker cil. — Whyt, Treat. on nerv. diseas., p. 502. — Ilamilton, De rcg. pract., t. m.
(51) ITufeland’s Journ., 5 Bd., p. 180; 10 Bd., 1 st„ p. 201; 30 Bd., 5 st., p. 112.
(52) Ileid., Klin, ann., 4 Bd., p. 226.
(54) Carminati, Brugnatelli, Bibl. fis.
d’Europa, vol. n, n. 13.
(55) Brühl Cramer, Brinkle cités, Rotlx Rusl’s Magasin, 13Bd.,p. 352.
(56) Altliof. cit. — NVeickard, Observ.
med., 1775. — ïimtuQrmann , Hannpy.
Magaz., 1776.
contre la diarrhée (57) , la blennorrhée
(58), la goutte et l’arthrite (59), contre la pneumonie môme, la méningite (GO) , etc. On l’a prescrit aussi avec avantage contre la scrofule : cela ctonnera sans doute : nous verrons bientôt cependant que les autres remèdes donnés avantageusement dans le traitement de cette maladie sont tous hyposthénisants , et que tel doit être aussi l’acide sulfurique. On peut en dire autant de la syphilis qui a été traitée d’abord par le mercure et ensuile par l’acide sulfurique , par Remer (Gl) et par d’autres. Cet auteur considère l’action de l’acide sulfurique comme analogue à celle de l’aconit, de la salsepareille et d’autres substances hy- ■posthénisantes. Les guérisons, enfin, de certaines dartres et notamment de la gale , enregistrées dans les ouvrages de Buchner (G2), de Selle (G3), de Kinglake (G4), de Salz, de Rasori, de Bry (G5), de Batemann (6G), etc., démontrent la similitude qui existe entre l’action de l’acide sulfurique et celle des autres préparations du soufre.
§ VI. Appréciation de l'action. — La raison pour laquelle nous avons placé l’acide sulfurique parmi les hyposlhénisants vasculaires veineux sera mieux appréciée lorsque nous parlerons des autres acides avec lesquels il a des propriétés communes. Les faits que nous avons allégués ne laissent pas le moindre doute sur l’action hyposthénisante de cet acide, puisque tous ses effets peuvent s’expliquer par celte seule et unique action. Ainsi les contradictions dans lesquelles paraissent être tombés les auteurs de matière médicale ne sont pas dans les faits,
(57) Sydenham, cit., t. r, p. 142.
(58) Richter , Spcc. Ther. , 5 Bd. , p. 749.
(59) Crato cons. et epist. lvii, p. 826, cd. Scholz, 1614. — Wurdrop, Med. chir.
trans., t. x. Lentin, Hufeland's Journal , 1 Bd., p. 102; 2 Bd. , p. 92.
(60) Sydenham, cit., sect. v, cap. ii , p. 238. — Tissot, op. cit., pag. 84,
(61) Hufeland’s Journal, 58 Bd., 1 St., p. 74.
(62) Ilchvig, Diss. de usu inlerno ol.
Vilr. liai., 1762.
(63) Med. clinic., p. 247.
(64) The London phys. and mcd. journal. Aug., 1801, p. 014.
(65) Giornale délia socielà med.-chir.
di Parma, t. xu, p. 80.
(66) Malad. délia pelle, p. 40.
mais bien dans la fausse manière de les expliquer et dans les déductions absurdes qu’on en a tirées.
§ \1I. Action mécanique. — L’action physico-chimique de l’acide sulfurique très-étendu d’eau est presque insensible , ou tout au plus légèrement astringente. C’est pour cela qu’on s’en sert pour nettoyer les ulcères sordides. Les hémorrhagies qui accompagnent certaines blessures peuvent être arrêtées par l’acide sulfurique; les oculistes s’en servent souvent contre les ophlhalmies chroniques , les ophlhalmo - blennorrhées (adéno-ophthalmites). Dans ce cas, on produit une action hyposthénisante, et l’inflammation de la conjonctive décline promptement. — L’acide sulfurique agirait aussi d’une manière chimico-physique , lorsqu’on le donne dans le but de s’opposer à la formation des calculs vésicaux. Lorsque, par exemple, l’urine manque d’acide phosphorique , d’acide urique ou carbonique pour dissoudre les principes terreux qu’elle renferme, l’acide sulfurique s’y combine en formant, d’après ce qu’on croit, des sels solubles qui sont ensuite expulsés avec l’urine.
D’après notre théorie sur les fonctions des reins , on peut concevoir fort bien qu’un acide, qui a été assimilé imparfaitement dans le sang, puisse se déposer dans les reins , reprendre sa forme , sa nature primitive et se mêler à l’urine; de sorte que cet acide pourrait devenir utile , sinon à fondre les calculs déjà formés, du moins à empêcher la formation d’autres calculs. — En frottant légèrement les dents avec un linge ou avec une brosse trempée dans une légère solution aqueuse d’acide sulfurique, on les nettoie assez promptement. Il faut pourtant prendre garde qu’en employant souvent ou trop long -temps cet acide, on n’enlève aux dents leur émail. — L’acide sulfurique concentré jouit de propriétés chimiques très - énergiques. 11 agit sur les tissus animaux comme un caustique , aussi les chirurgiens l'emploient-ils assez souvent. Ce pouvoir est pourtant borné à l’épiderme qu’il détruit entièrement , et ne détermine qu’une légère phlogose cutanée. Cet effet n’esl certainement pas comparable à celui qu’il produit sur les matières animales mortes qu’il noircit et réduit en bouillie. On conçoit par là que nous n’avons pas eu tort de distinguer l’action mécanico-chimique des corps , de l'action dynamique, et si on peut admettre, en bonne philosophie, la con-
ACIDE NITRIQUE
fusion ou le pêle-mêle qu’on trouve clans les traités de matière médicale.
§ VIII. Mode d administration. — Nous avons déjà dit que l'acide sulfurique, pour être pris intérieurement comme agent thérapeutique , devait être étendu dans cent parties d’eau. La dose de 1 acide peut aller depuis cinq jusqu’à quinze et vingt gouttes, dans un demi-kilogramme d’eau, auquel on ajoute un sirop agréable , ou du sucre ; on a par là une limonade sulfurique dont on peut se servir comme boisson ordinaire dans les maladies inflammatoires. En voulant se servir de cet acide comme remède , on peut le donner depuis 4 jusqu’à 8 grammes (1 à 2 gros). On parvient quelquefois jusqu’à en prescrire 1 , 2, et même 3 décagrammes (demi -once à 1 once), notamment dans le délire tremblant des buveurs , auxquels on le donne aussi mêlé avec du vin afin qu’ils en boivent une plus grande quantité et qu’ils éprouvent par la suite du dégoût pour les liqueurs alcooliques. — Carminali en composait un savon, en le mêlant avec de l’huile d’olive, qu’il réduisait ensuite en pilules , ou qu’il faisait dissoudre dans un véhicule approprié. — On compose avec une partie d’acide et cinq ou dix parties d’axonge un onguent, dont on se sert contre certains prurigo, les dartres, la teigne, etc.
Formules -modèlesi.