Liai ment
2J. Acide sulfurique , 30 gram. (t once). Huile d’olives, 90 grammes (3\onces).
Mêlez.
Brodie se louait beaucoup des frictions avec ce liniment, dans les cas de rhumatisme chronique des articulations et dans les tumeurs blanches,
ACIDE NITRIQUE ou azotique.
[Acidum nilricum seu azoticum.)
§ Ier. Caractères physiques. — Cet acide, désigné autrefois sous le nom d’eau forte , d’esprit de nitre, est un liquide incolore , transparent , très acide , d’une odeur piquante, répandant au contact de l’air des vapeurs blanches. On n’a pu encore obtenir cet acide privé d’eau, ni le rencontrer à l’état libre dans la nature. On le rencontre souvent combiné à la chaux , à la potasse , à la soude , à la. magnésie. Son poids spécifique est, selon Thénard, 1,513. Exposé à un froid de 50° il se prend en une masse de con sistance butireuse. Il se laisse décomposer en partie par la lumière solaire qui en dégage du gaz oxygène.
§ II. isolions chimiques. — On ne doit pas confondre l’acide nitrique avec l’acide hypo-azotique ( acide nitreux des anciens), ni confondre ses vapeurs avec l’acide nitrique concentré (gaz nitreux , oxide nitreux, etc.). Cet acide est composé de deux atomes d’azote et cinq d’oxygène. L’eau se combine facilement et en toutes proportions avec cet acide, en dégageant du calorique. Il jouit des propriétés des autres acides à un trèshaut degré, mais il se laisse facilement décomposer.
§ III. Effets sur les animaux et sur l'homme bien portant. — En général les effets de cet acide sont analogues à ceux de l’acide sulfurique; car à l’état de concentration il produit les mêmes effets physico-chimiques , et, étant étendu d’eau, il détermine des effets dynamiques à ceux de l’acide sulfurique; c’est-à-dire il tempère la chaleur animale, apaise la soif, calme la fréquence et la force du pouls. La vertu diurétique n’est pas plus prononcée que dans d’autres acides, car elle est toujours en raison de la lenteur qu’il apporte dans les contractions du cwur.
392 ACIDE NITRIQUE
Donné à limite dose , ou pendant longtemps, il produit la salivation et même le vomissement, non à cause de son action locale, mais par son aclion dynamique; car ces phénomènes arrivent également et même plus promptement si l’on verse une certaine quantité d’acide azotique dans un bain d’eau simple. — Les soldats russes nous offrent un exemple remarquable de l’action contro-slimulante de cet acide, car ils boivent impunément des quantités énormes d’eau-de-vie mêlée à de l’acide azotique. Dans ce cas l’un de ces agents adoucit , modère l'action de l’autre. Nous n’admettons pas l’opinion hypothétique deRicliter, qui pense qu’il se forme dans l’estomac de ces soldats de l’éther azotique (67). Si l’alcool est hypersthénisant, à ne pas en douter, il faut bien admettre que l’acide azotique soit hyposlhénisant puisqu’il empêche celuilà d’enivrer.
(Noie de M. Mojon .) [Nous ne saurions pas admettre l’opinion de l’auteur, car il n’y a pas de doute qu’en versant de l’acide azotique sur de l’eaude-vie même à froid dans un flacon ouvert, il ne se forme un mélange qui, sans être de l’éther, n’est pas non plus de l’alcool, ni de l’acide azotique. 11 en résulte un qiiid terlium , dont les effets sur l’estomac nous sont encore inconnus. Il n’est donc pas nécessaire de supposer que l’action hypersthénisante de l’alcool est neutralisée par celle de l’acide pour expliquer le phénomène. L 'esprit de niire dulcifie qu’on prépare dans les pharmacies n’est formé que de l’union de l’acide azotique avec l’alcool. Est -ce alors l’action hyposthénisante de l’acide qui contrebalance l’action enivrante ou hypersthénisante de l’alcool?]
L’acide azotique concentré agit sur l’organisme en suivant d’autres lois. Il tue comme l’acide sulfurique; c’est-à-dire que les tissus qu’il touche sont brûlés, détruits, et acquièrent une couleur jaune. Les vapeurs nitriques agissent sur l’économie animale , notamment sur les organes de la respiration, comme les substances délétères, et produisent la mort. Desgranges (08) et Chernier (G9) eurap-
(67) Àusfülir, Arzn., 4 Bd., p. 42.
(68) Dict. des sc. méd,, vol. n, p. 288.
(69) Bullet. de la soc. médiç. d’émul., ocl. 1828.
portent deux exemples. Cependant aucun des cas connus de mort produite par l’acide azotique concentré pris par bouche ne peut être considéré comme un véritable empoisonnement, puisque la mort n’a pas été le résultat de l’action immédiate de l’acide , mais bien d’une maladie déterminée parson action mécanique dont la durée a été de plusieurs jours. Il s’agit tout simplement d une brûlure analogue à toute autre brûlure ou blessure mortelle.
§IV. £ffcls dans les maladies. — Les auteurs préconisent l’acide azotique dans les mêmes maladies que nous avons indiquées à l’article de l’acide sulfurique; savoir, dans les fièvres aiguës, inflammatoires , ardentes , malignes , pétéchiales, varioleuses (70) , dans la fièvre jaune (71), dans les hémorrhagies (72), dans le morbus inaculosus de Werlhof , dans le scorbut (75), dans l’hydropisie
(74), dans les fièvres intermittentes (75), dans l’épilepsie (76), dans les flux de ventre dysentérique ou cholérique (77), dans la goutte et dans l’arlhritis (78), dans la syphilis (79), dans le scrofule
(70) Tissot, Epist. med. pract.,p. 252.
— Ferrier S a qui) 1. auserl. Abh. z. Geb. f. pr. Aerzte, 19 Bd., p. 166. — Dürr, Ilufeland’s Journal , 25 Bd., 2 St., p. 18. • — Hahnemann, Trad. de la mat. medic.
de Cullen, nota 2.
(71) Palfoni, Oss. med. sulla malat.
dom. i. Livorno, 1804.
(72) Thomson, Lond. dispens., p. 583.
(75) Kœchtin, Ueb. d. Scharboch. u.
d. Ileil. d. Ers-, 1821.
(74) Lauis, Journal de mèdec. Janv.
4808 , p. 57. — Ilanhemann , Journal do médecine de Leroux, t. xv, p. 31.
(75) Hoffmann, Med. rat. syst., t. iv, p. 20.
(76) Dit. ouvrag.
(77) llope, The Edinb. med. a. surg.
journ., 1826, July. — Bowes, The Lond.
med. surg. a. pharm. Reposit. Jan.
(78) Ritter, Ilufeland’s Journ., 10 Bd., 5 St., p. 197.
(79) Scott, Edind. med. cointu. , dec.
ni, vol. i, p. 181. — Beddoes, Reports, concern. tho eff. of the nitric. acid in tho vener. dis. London, 1797. — Rehmann, Russ. Samml. f. Nat. u. Heilk., 1 B. , p. 4t8. — Oppcrt. Hufeland’s Journal , 56 Bd. ,3 St., p. 97. — Appenheim. D.
Behandl. d. Lust. ohno Queçks. llamb.,
ACIDE NITRIQUE
(SO), dans les impétigo (81), dans les phlogoses chroniques du foie (82) , dans la jaunisse (83), dans lu leucorrhée (84) , dans l’arlhrocace (85), et dans la gangrène nosocomiale , comme topi-
que (S6).
§ Y. Appréciation de l'action. — D'après les faits précédents nous ne pouvons admettre dans l’acide azotique qu’une seule action, laquelle est semblable à celle de l’acide sulfurique , c’est-à-dire liypo-
sthénisante vasculo-veineuse.
§ YI. Action mécanique. — • L’uctiou mécauico-chimique de l’acide nitrique est pareille à celle de l’acide dont nous venons de parler , savoir : très-caustique lorsqu'il est concentré, légèrement asiringentlorsqu’il esttrès-délayé.En conséquence, on peut s’en servir également à l’extérieur pour arrêter les hémorrhagies, comme collyre dans certaines ophthalinies, en injection dans le catarrhe vésical ou vaginal chronique; pour blanchir les dents , si on s’en sert avec précaution et de temps en temps. S’il est concentré, il peut convenir de même que l’acide sulfurique, pour soulever et détacher l’épiderme, pour appliquer des exutoires, pour cautériser certaines parties , pour détruire les condylomes, les verrues et autres excroissances morbides, pourcalmerl’odonlalgie due à la carie des dents, comme aussi pour arrêter, borner et séparer la carie des autres os, ainsi que cela résulte des observations de Bauer (87), de Mursinna (88), de Werdermann (89).
(80) Schmidt, Beitr zu. d. Resuit. u.
Vers, mit d. Salpeters. b. primit. u. sec. syph. Krankh. Wien, 1802.
(81) Frank, Rrax. med. univers, præc.
P. i, vol. u, p. 454. — Balfour, Ilufeland’s Journal, 28 Bd. , 6 St., p. 127.
(82) Scott, cit. — Chisholm. et André, Ilufeland’s Journal, 4 Bd., p. 350.
(83) Balemari , Ilall. Samml. asserl, Abh. z. Gebr. der prakt. Aerzle, 24 Bd. , p. 426. — Nægli, Med. Chir. Zeit., 1822, 2 Bd., p. 427. — Mac-Grcgor, N. Journal d. Ausl. med. Litcr., 6 Bd., p. 74.
(84) Pereyra, Compte rendu delà société dé méd. de Bordeaux, 1824.
. (85) Rust, Artrokakologie, 1817.
(86) Gerson , Ueber d. Hospital, llamb. , 1817. — Riberi, Sulla cancr.
contag. o nosol. Torino, 1820.
(87) Mursinna, Journ. f. d. Chirurg., 1 Bd., 4 St., p. 155.
(88) Idem, 3 Bd., 1 St., p. 72; 4 Bd., 1 St., p. 26.
(80) Ibid., 2 Bd., 3 St., p. 346.
En Angleterre on emploie cet acide comme topique sur les ulcères sordides ou dont la suppuration est de mauvaise nature. Astley-Cooper a l'habitude de cautériser les ulcères gangréneux avec l’acide azotique concentré, et les ulcères phacédoniques baveux avec une lotion composée de 50 gouttes de cet acide pour une pinte environ d’eau distillée. Plusieurs auteurs, entre autres Carmichael- Smith (90), Bill (91), Mac-Gregor (92), Patterson (93), Cabanella et Arejula (94), Becker (95), IJarless (9G) , accordent aux vapeurs nitriques la propriété de détruire les principes contagieux et miasmatiques; aussi les recommandent-ils pour désinfecter l’air des hôpitaux, des lazarets et des casernes, etc. Aujourd’hui cependant on préfère pour cela les fumigations de chlore.
§ VII. Mode d' administration. — On en prescrit depuis 30 gouttes jusqu’à 4 grammes (1 gros) dans beaucoup d’eau, en y ajoutant un peu de sirop et de miel. L’on a par là une limonade minérale très-agréable à boire. Dans quelques cas on a porté la dose de l’acide à 8 ou 12 grammes (2 a 3 gros), par vingt-quatre heures.
Quand on veut s’en servir comme topique sur les eschares de la gangrène d hôpital , ou en injection dans l’urètre en cas de blennorrhagie, on peut employer 4 grammes d’acide (1 gros) dans 18 décagrammes (G onces) d’eau de rose.
La pommade oxygénée d’Alioni est formée de 24 décagrammes d’axonge ( 8 onces ) , rendu liquide à l’aide d’une douce chaleur, et de 30 grammes (1 once) d’acide azotique, qu’on mêle petit à petit, ayant soin de bien remuer avec un pilon jusqu’à ce que la pommade commence à se fixer. On s’en sert sur les ulcères vénériens et scorbutiques , sur certaines affections cutanées, et sur les engorgements glandulaires. Les fumigations d’a-
(90) A descript. of lhe jail, Distemper. London, 1795.
(91) Dancan, Ann. of med., vol. i, p.
(92) Ibid., vol. ii, p. 388.
(93) Ibid. , vol. ni, p. 409.
(94) Corvisarl, Journal do médecine > an xi, nivôse.
(95) llufeland’s Journal, 24 Bd,, 4 St.,
(96) Ucb. d. Gefahr. d. Ausbr, d, Gelb, Fied., p. 162.