‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 248 sur 638 · CAISSE DU T\MPAN. — EXPLORATION DE LA FONCTION AUDITIVE · texte numérisé non relu

CAISSE DU T\MPAN. — EXPLORATION DE LA FONCTION AUDITIVE

braUons qui leur sont transmises arrivent «Il partie directement au labyrinthe, en partie indirectement par le conduit auditif, la membrane du tympan et la chaîne des osselets. On «e sert habituellement pour cette exploration de la montre et du diapason. Ce dernier doit être préféré, car ses résultats sont plus nets que ceux que donne la montre. Les points sur lesquels le «liapason doit être appliqué sont la ligne médiane du crâne, le front, la racine du nez, les incisives supérieures et le menton. La perception peut varier d*une manière notable selon ces divers points et selon la hauteur du diapason. Ainsi, dans certains cas, le son sera perçu par l'oreille gauche, quand le diapason est appliqué sur la racine du nez, et à droite, s*il est placé sur le milieu du front ou sur le vertex. 11 est donc nécessaire non seulement de faire des applications multiples, mais d'employer successivement des diapasons de hauteurs variées.

Weber a démontré qu'un diapason ou une montre appliquée sur la boite crânienne est mieox entendue quand on se bouche les oreilles. Quand on ne bouche qu'une oreille, c'est encore de ce côté qu'on entend le mieux. Mach explique <re phénomène par ce fait, que les ondes sonores transmises à l'oreille par les os du crâne tke trouvent pas une issue aussi facile par un conduit bouché que par un conduit ouvert; d'après Politzer, il faudrait ajouter à cette cause la résonance de l'air du conduit et de la caisse.

Supposons maintenant que l'appareil conducteur de l'oreille soit altéré, il pourra mettre •obstacle à l'écoulement des ondes transmises et la perception crânienne sera augmentée. En e£fet, ce fait se prodnit généralement dans les bouchons cérumineux, les corps étrangers, Tobstruction de la trompe d'Eustache.

On peut donc conclure ^ une altération de l'appareil conducteur du son et à l'intégrité du labyrinthe, toutes les fois que la perception crânienne se fera mieux du côté malade, ou du côté le plus malade, quand la surdité est bilatérale. On peut conclure à une altération du labyrinthe quand la perception crânienne se Tait moins bien du côté malade que du côté sain.

Ces conclusions ne sont pas toutefois absolues ; et, sans que l'on sache encore pourquoi, la perception crânienne peut être très abaissée, tandis que la perception aérienne est restée bonne. Ainsi, très fréquemment, chez le vieillard, la perception osseuse disparait vers l'âge

de soixante ans, sans que l'audition soit abolie ni même très affaiblie.

OTOSCOPIE.

L'otoscope de Politzer est un appareil composé de trois tubes de caoutchouc réunis par une de leurs extrémités sur un embout triangulaire . Chaque autre extrémité est munie d'un embout en corne ou en ivoire destiné à être introduit dans le conduit auditif. L'une des branches, dont l'embout se distingue par sa couleur, est introduite dans l'oreille de l'explorateur, les deux autres dans les oreilles du malade. Ces dispositions prises, on place sur le crâne un diapason en vibration. Les ondes qui s'échappent des conduits du malade arrivent à l'oreille du chirurgien qui, comprimant alternativement les deux branches, se rend compte de la différence d'intensité.des sons qui lui arrivent. On se sert plus pratiquement d'un otoscope simple, composé d'un tube de caoutchouc muni de deux embouts, l'un pour l'oreille du chirurgien, l'autre pour celle du malade.

L'otoscope sert en outre à apprécier les bruits provoqués dans l'oreille, soit par l'administration d'une douche d'air, soit par les mouvements du tympan. Les bruits que produit l'entrée de l'air dans la caisse varient beaucoup à l'état de maladie, et l'otoscope fournit des signes diagnostics importants. On apprend ainsi à apprécier le degré de perméabilité de la trompe, l'existence et même la consistance d'un liquide épanché dans la caisse; le caractère doux ou rude du bruit que produit le frottement de l'air contre les parois tympaniques. Voici d'ailleurs l'énumération sommaire, avec leur valeur séméiologique, des bruits provoqués par l'échange d'air sous l'influence de la déglutition, de la douche ou du procédé de Valsalva.

1° Bruit du claquement tubaire^ produit par le décollement des lèvres du pavillon de la trompe, sous l'action d'un mouvement de déglutition, mais sans pénétration d'air dans la caisse. Ce bruit indique un état d'engouement et d'imperméabilité de la trompe.

2° Bmit de souffle, accompagné de craquement éloigné, indique que l'air passe avec difficulté dans la trompe rétrécie; ce bruit est quelquefois accompagné de sifflement.

3*» Bruit de gargouillement avec râles sonores éloignés, disparaissant après quelques insufflations, annonce que l'air rencontre des mucosités sur son passage, dans la trompe. Si les râles sont fins, crépitants, rapprochés, ils indiquent

P. GUEBDER. -. BLESSURES ET MALADIES DES OREILLES

qu il existe un épanchement, dans la caisse, d'autant plus épais que les crépitations sant' plus fines.

4® Bruit superficiel^ léger, produit par la déglutition ou le procédé de Valsalva : claquement tympanique dû au redressement de la membrane sous la pression de l'air pénétrant dans la caisse.

5° Bruit de plissement d'étoffe lent, entrecoupé: indique que le 'redresse ment de la membrane du tympan se fait en plusieurs temps.

(}^ Bruit de pluie, indique que l'air frappe un tympan sec et rigide.

Tels sont les principaux caractères des bruits que fournit l'auscultation de Toreille à l'aide de l'otoscope. Notre énumération ne concerne que les bruits principaux sans tenir compte des nuances que l'babitude seule peut faire reconnaître. Nous rappellerons seulement pour mémoire le bruit de perforation dont nous avons déjà parlé.

MESUnE DES MOUVEMENTS DU TYMPAN.

Le tympan peut supporter des déplacements beaucoup plus considérables en dehors qu'en dedans, et celte disposition est heureuse, car elle évite les compressions trop fortes des fenêtres labyrinthiques. Pour étudier les déplacements du tympan, on se sert d'un petit manomètre de Politzer, endotoscope de Gellé. C'est un tube en U dont une branche horizontale plus épaisse s^introduit dans le méat, l'autre verticale contient une colonne liquide cinq fois plus mince que celle du tube horizontal (Gellé) ; de sorte qu'un déplacement du liquide en dehors de 1 millimètre, dans la grosse portion du tube, cause une ascension de I centimètre au moins dans le tube vertical qui est gradué. L'oscillation est positive quand le tympan est refoulé au dehors, comme dans l'épreuve de Valsalva, négative quand le tympan se déprime dans la déglutition le nez fermé.

Quand la trompe est engouée, imperméable, Tair ne pénètre pas dans la caisse, il n'y a pas d'oscillation, et il faut se servir du cathéter pour l'obtenir. L'oscillation négative ne se produit alors qu'avec lenteur, parce que l'air ne trouve pas une issue facile par la trompe.

A l'état sain, la hauteur de l'ascension est de 3 à 4 millimètres au plus (Gellé) ; elle est suivie d'une descente immédiate. Dans certains cas de relâchement du tympan, le niveau peut s'élever de 3 centimètres et plus; le retour se fait plus ou moins lentement suivant l'élasticité du tym-

pan et la perméabilité de la trompe. M. Gellé (1) conseille l'emploi de l'endotoscope pour se rendre compte de la force déployée dans Tadmiaistration des injections d'air.

Cet instrument permet encore de constater des pulsations du tympan, isochrones aux mouvements du pouls (état fluxionnaire ou inflammatoire, fongosités vasculaires), et d'autres mouvements isochrones aux mouvements respiratoires.

SPÉCULUM DE SIÈCLE.

Cet appareil a également pour but d'observer les mouvements du tympan, mais de vUu, sans mensuration, il est vraL 11 permet de se rendre compte si la mobilité de toute la membrane ou seulement de certaines de ses parties est augmentée ou diminuée, sUl existe des adhérences, dessynéchies, des plis, des formes anormales. 11 se compose d'un spéculum plein, garni de caoutchouc et muni, à la place du pavillon, d'une caisse métallique dont l'extrémité externe est fermée par une plaque de verre. Latéralement, la caisse est munie d'un ajutage auquel s'adapte l'extrémité d'un tube de caoutchouc dont l'autre extrémité est placée dans la bouche du chirurgien. Ce dernier aspire l'air et fait le vide dans l'appareil et dans le conduit auditif, ou bien souffle et produit une augmentation de pression de cette même colonne d'air et, par suite, sur le tympan. Ce dernier se trouve ainsi alternativement aspiré au dehors ou déprimé en dedans. A travers la plaque de verre, le chirurgien peut observer directement les mouvements qu'il provoque. L'instrument doit être préalablement chauffé, afin d'éviter la condensation de vapeur d'eau sur la plaque de verre.

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