CARIE, NÉCROSE
La carie, la nécrose du labyrinthe ne sont pas rares, consécutivement aux inflammations de la caisse. On a vu s'éliminer le limaçon en entier, et les malades guérir. Dans ces cas il faut que la nécrose suive une marche lente, l'inflammation de la partie osseuse qui entoure le sé-
questre créant une barrière à l'extension vers les méninges. 11 n'en est pas de même lorsqu'une inflammation aiguë de la caisse s'étend vers le labyrinthe ; elle gagne alors très rapidement la dure-mère.
HYPÉRÉMIE.
L'hypérémie du labyrinthe se rencontre particulièrement dans certaines pyrexies graves, fièvre typhoïde, scarlatine, oreillons, rougeole.
méningite cérébro-spinale. Elle peut encore reconnaître pour causes une aflection du cœur, des altérations vaso-motrices.
HËMORRHAGIES.
Elles peuvent accompagner les hypérémies de pyrexies, mais le plus souvent elles sont dues à des commotions quelquefois très faibles.
Urbantschitch cite le cas d'un malade qui devint complètement sourd d'une oreille à la suite d'un éternuement.
LNFLAMMATION DU LABYRINTHE.
LABYRINTHITE AIGUË.
La labyrinihUe est une affection qui n'est pas encore suffisamment étudiée.
Ganses.
Dans les observations connues on a trouvé soit un épanchement séro-sanguinolent, soit de la suppuration.
L'affection est généralement consécutive à une commotion, à une hypérémie ou hémorrhagie, à une otite violente de la caisse. En dehors de
ces cas, tous les auteurs considèrent la labyrinthite aiguë primitive comme très rare. Voltolini, au contraire, la considère comme fréquente chez les enfants.
Symptômes.
Les symptômes se confondraient, selon cet auteur, avec ceux d'une méningite cérébrospinale abortive, cédant au bout de quelques Jours et laissant après elle une surdité incurable.
L'inflammation du labyrinthe se propage facilement aux méninges.
P. GUERDER. — BLESSURES ET MALADIES DES OREILLES
LABYRINTHITE CHROffIQUE.
La labyrinthUe chronique n'est pas mieux définie que la labyrinthite aiguë.
On a trouvé dans certaines autopsies le labyrinthe membraneux épaissi, même calcifié. On a observé Tostéo- sclérose du labyrinthe avec rétrécissement de ses cavités, et des altérations histologiques du labyrinthe membraneux.
L'atrophie des parties molles du labyrinthe peut être le résultat d'une compression prolongée, tumeurs, enfonçure des fenêtres, peutêtre aussi par Taugmentation du liquide iabyrinthique admise par certains auteurs.
Sjrmptômes des lésions du labyrinthe.
Les divers symptômes qui se rapportent aux altérations du labyrinthe peuvent dépendre également de lésions du tronc du nerf acoustique dont il n'est que la terminaison et des centres auditifs cérébraux.
Troubles de Vaudition, — Les troubles de l'audition dans les affections du labyrinthe ne se bornent pas simplement aune diminution de la perception, mais cette diminution s'accompagne encore à'anomalies de la perception.
La surdité proprement dite a déjà été étudiée dans les chapitres précédents; nous avons également décrit les divers moyens de la constater : voix, montre, diapason.
La surdité peut être partielle, c'est-à-dire que le malade entendra bien une certaine catégorie de sons et n'entendra pas les autres ; tantôt c'est la perception des sons graves qui manque, tantôt celle des sons aigus, tantôt enfin; la surdité n'existe que pour une étendue très limitée des sons intermédiaires. On explique les surdités partielles par cette hypothèse physiologique
d'Helmholtz, d'après laquelle les différentes parties de la membrane basilcdre du labyrinthe sont accordées chacune à un son donné, et les lésions limitées des parties produisent la surdité des sons auxquels elles correspondent
Vhypéresthésie acoustique est un phénomèoe qui se présente dans certaines otites, dans la paralysie faciale, et se manifeste par une sensation douloureuse ou au moins désagréable qu'éprouve le malade à certains sons ou certains bruits, et qui accompagne le plus souvent une diminution véritable de la perception avec intégrité de l'appareil auditif. Moos rapporte un cas de lésion cérébrale grave qui a été précédée par une exaltation acoustique telle, que le malade entendait des mots prononcés à voix basse, d'un étage à l'autre. Certaines personnes nerveuses éprouvent une exaltation de l'ouïe à la suite d'une vive excitation morale ; le sommeil chloroformique y donne également quelquefois lieu. Les travaux intellectuels excessifs, la migraine, l'ablation d'un bouchon cérumineux sont encore des causes d'hyperacousie.
D'après Politzcr, ce phénomène peut accompagner une surdité totale.
Une variété d'hyperacousie consiste dans la prolongation de la durée de la perception sonore qui se continue quelquefois pendant plusieurs heures ; dans d'autres cas le malade entend une répétition du son, par exemple le dernier mot ou la dernière syllabe d'une phrase.
L'audition fausse, ou paracousie^ se présente particulièrement chez les personnes dont l'oreille est très cultivée, telles que les musiciens. La bonne oreille entend le son et généralement un son ou une série de sons déterminés à la hauteur normale, tandis que l'oreille malade l'entend plus haut ou plus bas, de sorte qu'il ya ane sensation double et dissonance.