RÉTRÉCISSEMENTS DES FOSSES NASALES
selon le degré et la nature de Tobstacle. Envisagés à ce point de vue, il est facile d'en présenter une étude d'ensemble. Le rétrécissement Tarie depuis le léger obstacle qui empêche l'air de traverser librement les fosses nasales et qui produit une sensation de gêne, de malaise, jusqu'à l'occlusion complète avec tout le cortège symptomatique qui l'accompagne.
L'intensité des symptômes et la gravité des résultats varient selon qu'une seule narine ou les deux sont affectées. Fr8enkel(0 et d'autres auteurs ont étudié surtout le dernier cas. Quand l'occlusion est complète et, dans certains cas, quand elle est partielle, la respiration buccale devient habituelle et modifie par conséquent d'une façon fâcheuse la fonction respiratoire. Les effets ne tardent pas à se manifester non seulement par le trouble des organes respiratoires et des voies aériennes en général, mais aussi par celui de i'appareil circulatoire; la qualité du sang se trouve ainsi altérée, la nutrition générale s'en ressenL On peut se rendre compte de la dimioution d'air qui arrive aux poumons en auscultant allernativement un individu respirant par la bouche et un autre respirant par le nez, ainsi qae Berkart (2) l'a montré, la véritable fonction àJOL nez, en dehors de l'odorat, consistant à ècliaufrer, purifier, humecter le courant d'air iospiratoire avant qu'il n'arrive dans les voies respiratoires profondes. Aussi la perte de cette (onction aura pour résultat de laisser arriver aux poumons l'air brut, c'est-à-dire non échauffé et tenant en suspension une plus ou moins grande quantité de poussières contenant peutêtre des éléments irritants. La sécheresse de la bouche et de la gorge, l'hypérémie constante et la prédisposition à l'inflammation catarrhale de la muqueuse témoignent des résultats fâcheux que produit l'occlusion nasale et la respiration uniquement buccale. Les effets sur la voix sont bien connus et le timbre nasul si désagréable de la voix constitue un des symptômes saillants qui permet de diagnostiquer cet élat (3). Meyer (4) a remarqué que, quand l'obstruction est complète, les lettres m et n sont transformées en &et d,et Lôwenberg (5) insiste sur les causes de
(1) Frcnkel, Op. cit (Ziemssen), yoI. IV, p. 103. (î) Berkart, Aithma, Us pathology and treatment, UndoD, 1878.
(3) Voy. KuBsmaal, Les troubles de la parole, Paris,
(4) Meyer, Medico-chirurg . Transactions^ vol. III, p. 191. Londres, 1870.
(5) Lôwenberg, Les tumeurs adénoïdes du pharynx mal. Paris, 1879.
cette substitution. Le caractère de la voix se trouve donc subir la plus fâcheuse altération; le timbre en est tout à fait changé, les notes de tète sont tout à fait perdues et il devient complètement nasal. Toynbee a démontré le premier, je crois, par une série d'expériences bien faites, les modifications de la pression atmosphérique dans la gorge et dans l'oreille quand on avale, les narines bouchées, et Lucae (i) a appelé l'attention sur ce fait que, quand le nez est obstrué, chaque mouvement de déglutition produit les mêmes résultats que ceux que Toynbee a constatés dans ses expériences. Les membranes du tympan subissent une tension anormale et, si ce phénomène se répète d'une façon continue, la faculté de l'ouïe pourra être altérée. Roe (2) a également étudié le mode de production de ces différents troubles fonctionnels. L'occlusion ou le rétrécissement, chez l'enfant à la mamelle, a une importance toute spéciale, car un simple rhume de cerveau, avec la congestion et le gonflement de la muqueuse qui l'accompagnent, suffit à causer un danger réel. Billard (3) et Rayer (4) ont montré que, dans ces circonstances, la nutrition de l'enfant était presque impossible ; la respiration buccale étant la seule possible, toute tentative pour prendre le sein et le garder quelque temps devient irréalisable; si l'enfant persiste à vouloir téter, il arrive un mo« ment où la suffocation l'oblige à quitter le sein afin de pouvoir respirer par la bouche.
Ainsi, dans le coryza des nouveau-nés, il faut instituer de suite le traitement local, que nous avons exposé plus haut. Quand le rétrécissement n'est pas très accentué, Hoppe (5) se sert de bougies creuses, comme de dilatateurs, qui permettent à l'air de passer, ce qui rend l'allaitement possible. Il recommande aussi de distendre les fosses nasales à l'aide de petites pinces, procédé qui aura de la peine à se faire accepter. Kussmaul conseille, dans les cas extrêmes, de nourrir l'enfant artificiellement à l'aide du tube œsophagien. Fraenkel rapporte que Thiersch a employé ce moyen avec succès chez son propre enfant. Kussmaul fait aussi observer que l'enfant bien portant tient la bouche fermée, respirant par le nez et tenant sa
(1) Lacae, Archiv der Ohrenheilk., Bd. IV, S. 188, 1867-68.
(2) Roe, Médical record, 30 avril 1881.
(3) Billard, Traité de* maladies des enfants, 2* éd., p. 480.
(4) Rayer, Note sur le coi^za des enfauts à la mamelle, Paris, 1820.
(5) Hoppe, Neue Zeitung fur Medic, 1850.
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langue collée à la voûte palatine ; si donc il y a occlution des fosses nasales, il survient des attaques de suiïocation dès qu*il voudra dormir ; dans ces circonstances, quand il fait des efforts énergiques d'inspiration, il se produit une dyspnée violente par suite du phénomène qu'on appelle <c la déglutition de la langue ». Cohen et Slammer ont rapporté des cas de cette nature el Bouchut (I) a aussi appelé Tattention sur eux. Hauner (2) affirme que ces cas ont été non seulement la cause d'erreurs, mais même qu'on les a traités comme le croup véritable. L'asthme paroxystique et les attaques soudaines de suffocation surviennent aussi hien chei l'adulte que chet TonOàUt, dans le casde rétrécissemeat nasaL
Roa (9) fkit r«inan)U«r qae rUTectioii aasala pmt provoquer l*«ttaqa« dt suffocatka d« d««a frcoas : t* La niod« la plus fViqaeiii «ai caluî q«i recoAoalt pour cauao aa r4inkis»em«»t ou «aa occlasiiMi das fMtat nasilos daa à It^yptrirophla d«a Um^s •• à U prétaaca d'au palypa ; t* la «Kood loda cMipraad ba afl^lUMit da U maqaaaa** «a daàara dta étala préoédaala. l» praoïitM' «at ta Mtea tasf» Mie»alqua al r4ftM«)k U wcivêA tat parafât rétaïa. iV^tki Xkw tk\\ %nMs qaa l«a palyp«a d« mi ai rhy^ p«>ririkphW da« iU»a^ qaaad ils caiim»! da U taffaçaliou» «Mil l<^ar si^ à IVxir^Mitié piMtéri««ra das (>ar4i<^is« t^Mia qu» MacàtaiW a caMparéa ««i canines •aasIUlb da la Idui, sifpialiéa dans la pharrmi et du» la Uryiit^ CeU aipliq^a povrqvai la saffbcatioa survlam piQlùl U naîi ch«i l<« iadîvîdvi attatau ée caurrti« nasal hypartrophiqai^. A reitréfliitâ po«térti^urt» du comei inférieur, le lissa éractile caveriieui esl plus épais el plus dilatable qa'à la partie •ultérieure; par cunséquem. djins le décabitus diynal, U pesanteur fait accumuler les liquides daiks c<ti« partie I co qui. Joint à raggtooiéraiion des sécrétlAos, iiUalrue la fosse nasale, ou bien encore il en rHnlUi une Irritation réflexe qui provoque l'auaque da •00!»' (Hkllun. Hoe ciie plusieurs cas où le iraitement local a pu faire Ulsparallre ces attaques; il conseille d^enlever lot oomeis hypertrophiés arec des ciseaux ei lt»i tUsus hypertrophiés avec llosiniaieot de Jarvis.
Traube (I) rapporte deux obeenrmtioiis dans lesquelles chaque inspiratioD s'accompagiiait de raffaissement des ailes da oei an lîea de leur dilatation, déterminant ainsi une respiration difficile et striduleuse : il attribue ce phénomène à un commencement de paralysie da système nerveux respiratoire et regarde cet élit comme mortel, k moins d'être traité convenablement.
On constate des manifestalioos analogues, quoique moins graves, quand les fosses nasales sont devenues plus ou moins impennéables. Le courant d'air inspiratoire, en raiaon de l'obstacle qu'il rencontre, ne peut pénétrer jusqu'à la partie supérieure des fosses nasales, ni par conséquent arriver juqu'aux expansions terminales du nerf olfactif. Le goût se trouve ansai émonssé proportionnellement au degré d*obstnictîon qui existe. Celle-ci, en outre, en mettant obalade à la force expulsive du courant expiratoiie^ empêche les sécrétions, accumulées d'une façon anormale, de trouver une issue soit par Fade de se mouchée, soit autremenL Les svmplùoies du rétrécisaement nasal peuvent donc se résumer ainsi : impossibilité de respirer par la net. el par suite perte de l'odorat, raudté de la voix, tr««bles de la prononciation des mots» obfilmelîon respiratoire, suffocation, impossibilité de se débarrasser des sécrétions nasales, sécheresse du pharynx, sensation de plénitude et de pesanteur an niveau de la région naso- frontale, céphalalgie plus ou moins persistante, affaiblissement de la conjonctive, prédispositio n au catarrhe nasal an moindre refroidissement. Xouâ pourrions enumérer un grand nombre de causer parmc celles qui donnent lieu à ces conditions physiques, qui produisent les mêmes résultats. Certains d'entre eux, surtout ceux qui sont dus au calarriie nasal, ont déjà été eiposés; nous allons examiner les autres en détail.
OCCLUSION DES N.AJILNES.
l'VtH^Utttiuii des narines peut résulter d'une Uti4ll\initatiua congénitale, de maladie ou d acvlUi^lU l.ti première de ces causes est rare, tan- ^Ua 4M'hu contraire on l'observe plus souvent
\\> UuuvUu^, hHiitè pt'Qtique des maladies des nou- *'<r^a-'4«^, *• ^^ l**ris, 1883.
(^ IUuuui\>rtVAarA fur Kinderheiikunde, V . àsihrg.
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pour Tan us ou le vagin. Dans les observations qui m*ont été rapportées, on a noté soit une adhérence de l'aile du nez à la cloison, soit une descente de celle-ci qui est venue se fixer à la lèvre supérieure ; le tégument normal est venu ensuite recouvrir la ou les narines, ou bien celles-ci ont été obstruées par une membrane
J) Traube, VerhamM, der Beriiner med, Geselisch,, Bd U,S. 141, 18e»-TI.