‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 446 sur 638 · RI1T · texte numérisé non relu

RI1T

Fig. 1825. — Dents temporaires du côté droit des mâchoires supérieure et inférieure (*).

(*) a, incisives centrales ; 6, incisives latérales ; c, canines; d, premières molahres; e, secondes molaires.

tiste n'est pas toujours aussi simple chez ceux d'une constitution chétive, dont le développement se fait avec peine et dont les mômes effets se reproduisent pendant le travail de la seconde dentition. C'est alors qu'il faut beaucoup de jugement et d'expérience de la part du dentiste pour intervenir erficacement, d'où la nécessité pour lui de connaître exactement les périodes normales de l'évolution dentaire et Tutilité d'examiner souvent la bouche de ces enfants.

Une trop grande précipitation dans l'extraction de ces petits organes peut amener un arrôt de développement dans les arcades dentaires qui tendent au contraire à s'élargir sous l'influence d'une pression modérée des dents entre elles. Kingsley fait observer que ce rétrécissement ne doit pas être à craindre, les

maxillaires se développant d'une façon indépendante des dents. Cependant nous pensons que le tissu osseux étant, à cette époque, â souple qu'une pression, si faible soit-elle, exercée sur l'arcade dentaire par la poussée des dents entre elles peut aider au développement de cette arcade.

Si l'extraction est jugée nécessaire, on devra avoir soin de ne pas blesser le germe de la dent permanente sous-jacente, ce qui entraînerait à tout jamais sa perte, et de respecter les os maxillaires. Ces accidents seront faciles à éviter, la force à employer dans ces extractions étant beaucoup moindre que pour les dents penntnentes, les premières dents ayant souvent subi une perte de substance plus ou moins marquée et à cette époque les procès alvéolaires étant peu résistants.

S'il est imprudent d'enlever une dent temporaire alors qu'elle n'est pas fortement ébranlée ou que la dent qui doit lui succéder n'est pas encore visible, il n'en est pas de môme alors que la dent de remplacement pousse en dehors ou en dedans de sa place normale : l'extraction s'impose le plus promptemenl possible .

Il peut être, môme, utile d'enlever deux dents pour une, principalement pour les dents antérieures, de l'une et l'autre mâchoire, qu'il importe avant tout de parfaitement régulariser ; nous ne saurions trop recommander d'avoir le soin de faire l'extraction toujours par paire, sous peine de voir la ligne médiane se porter du côté où l'extraction a été faite, ce qui imprimerait plus tard à la physionomie une irrégularité des plus désagréables.

Si, au lieu de se présenter de face, les dents permanentes poussent en rotation, c'est-àdire une de leurs faces latérales en avant, il faut pratiquer l'extraction des dents temporaires contiguës et presque toujours nous avons vu ces dents se redresser sans le secours d'aucun appareil. Il est rare de voir les petites molaires pousser en déviation par suite de leur position entre les racines des grosses molaires de lait; et si plus tard la place venait! leur manquer, on aurait encore la ressource d'enlever la première grosse molaire permtnente ou dent de cinq ans, dent si fréquemment atteinte de carie que certains praticiens la re* gardent comme une dent de transition et n'hésitent pas à l'extraire avant l'arrivée de U seconde grosse molaire ou dent de onxe ans, qui vient alors très rapidement combler le vide fait par l'extraction et desserrer très favorablement toute la dentition. Pour notre

EXTRACTION DES DEiNTS.

part nous avons suivi presque constamment cette ligne de conduite, et nous nous en sommes toujours très bien trouvé. Si au contraire la canine de lait a dû être sacrifiée pour la bonne régularité des dents antérieures et que, comme cela arrive souvent, sa place soit prise par la première petite molaire permanente, on pourra sans Irop d'inconvénient sacrifier cette première petite molaire, le vide trop grand pour la canine se comblant rapidement ,par la tendance inévitable qu'ont les dents à se porter toujours en avant de Tarcade dentaire ; dans l'extraction de ces petites molaires, il conviendra de savoir, à la mâchoire supérieure, que souvent les racines se bifurquent et que les plus grandes précautions sont nécessaires pour ne pas les rompre pendant leur avulsion.

Certaines dents de lait restent solides, alors môme que l'époque de leur remplacement est passée, il peut être préférable de les conserver ou de les extraire. C'est principalement sur les canines et les premières molaires de lait que nous avons vu cette anomalie se manifester.

Si Ton se trouve en présence d'une bouche étroite où les dents sont fortement juxtaposées les unes sur les autres, il ne faudra pas hésiter à pratiquer l'extraction ; les dents avoisinantes ont vite comblé le vide en vertu de la tendance si marquée qu'elles ont à se porter toujours en avant, semblables aux plantes qui se portent sans cesse, et malgré tout obstacle, du côté de l'air et de la lumière ; de cette façon on évitera un vide toujours regrettable qui se ferait dans l'arcade dentaire vers vingt-cinq ou trente ans par la chute prématurée de ces dents de lait persistantes.

D'autres fois les dents de lait persistent et la bouche est cependant large et bien développée, aucun symptôme n'indique la présence future

de la dent permanente ; dans ce cas il y aura intérêt à la conserver, car cette dent, n'étant pas serrée par ses voisines, pourra persister jusqu'à un âge avancé.

Ces persistances de dent de lait sont souvent dues soit à un manque de germe de la dent permanente, soit à une implantation vicieuse de ce même germe, ainsi que nous l'ont prouvé des pièces anatomiques que nous avons examinées et dans lesquelles on voit des canines, par exemple, couchées au milieu du maxillaire dans une position horizontale.

L'irrégularité des dents n'est pas toujours la seule raison pour laquelle il soit nécessaire de pratiquer l'extraction ; les dents temporaires étant très fréquemment envahies par la carie avec tout son cortège d'abcès alvéolaires, de périodontite et de violentes odontalgies, sont autant de causes pour lesquelles, à la suite de longues nuits d'insomnie, l'extraction s'impose. C'est au chirurgien dentiste de savoir juger s'il est plus opportun de traiter ces dents ou de les extraire ; toutes les fois qu'il y a chance de guérison nous n'hésitons pas à tenter la conservation d'organes aussi précieux au point de vue de la marche régulière de la seconde dentition que de l'alimentation.

L'extraction des dents temporaires nécessite les mêmes instruments que pour les dents permanentes; seulement ils auront une forme moindre, beaucoup plus délicate; car les mors des daviers ordinaires étant beaucoup trop gros, on risquerait d'enlever plusieurs dents, surtout quand il s*agit des incisives du bas, qui ont parfois une dimension si étroite; enfin souvent un simple petit pied-de-biche ou un petit levier suffira pour extraire les racines de ces dents en partie déjà résorbées.

EXTRACTION DES DENTS

L'extraction des dents est une opération de la petite chirurgie que bien peu de médecins connaissent; elle est cependant rarement difficile pour celui qui possède la connaissance parfaite des parties anatomiques adjacentes. Quoi qu'il en soit, on ne peut nier qu'il y ait certains cas où cette opération, d'ordinaire assez simple, ne présente de réelles difficultés, comme dans les dents adhérentes et dans celles dont les racines offrent des anomalies parfois terribles à surmonter. Cette opération, pour être bien faite, réclame de la part du spécialiste plus de sûreté

et d'habileté de mains que de force et de violence. Plus l'opérateur rencontrera de résistance, plus ses mouvements devront être lents et doux, sous peine de voir la dent se rompre entre ses doigts.

Au point de vue anatomique, il est hors de doute qu'une des parois alvéolaires doit céder pour laisser sortir la dent; or il ne faut pas oublier qu'à la mâchoire inférieure, la paroi alvéolaire interne est la moins épaisse au niveau des molaires, que c'est au contraire l'externe qui cède le plus facilement au nivcHU de toutes les

E. BRASSEUR. — CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES

Lio

denU antérieures. A la mâchoire supérieure, c'est toujours la paroi externe qui cède le mieux ; à cette mâchoire, on doit se souvenir : que le sinus maxillaire est en rapport plus ou moins immédiat avec le sommet des racines des petites et des grosses molaires, et qu'une pression trop violente peut enfoncer le plancher de cette cavité, y faire pénétrer la dent que Ton veut extraire ; enfin lorsqu'il s'agit de la dent de sagesse, que la tubérosité maxillaire est très fragile et très facile à être fracturée.

Avant de pratiquer une extraction (i), l'opérateur doit, d'après l'aspect de la mâchoire et des dents, se rendre compte de la force qu'il doit employer, puis examiner la dent en la sondant, si elle est creuse, pour juger l'état des racines ; savoir si elles permettent un effort capable de les faire sortir de l'alvéole ensemble et d'un seul coup, ou si, au contraire, il doit réséquer la couronne restante et extraire chacune des racines séparément.

Dans ces dernières années, la chirurgie dentaire a fait de grands progrès et nous sommes loin de l'époque où nos pères ne connaissaient guère que le pélican d'Ambroise Paré et la def de Garengeot.

La clef (fig. 1826), dont quelques praticiens se servent encore, peut rendre de très grands services en des mains habiles, mais c'est un instrument dangereux dans des mains inhabiles et inexpérimentées. Avec la clef, on ne saurait mieux comparer l'extraction qu'à un ouvrier qui, pour enlever un clou d'une planche, arracherait à la fois et le clou et la planche. En raison môme de sa puissance, elle réclame plus d'attention.

La clef se compose d'une tige longue de iO à 12 centimètres montée à l'une de ses extrémités sur un manche transversal et supportant à l'autre un renflement quadrilatère, aplati sur deux de ses faces, arrondi à son bord libre, lisse et poli dans toutes ses surfaces. Une mortaise creusée près de l'extrémité de la tige correspond au milieu du renflement ou panneton de la clef, et reçoit un crochet courbe demi-circulaire, plus ou moins ouvert selon le volume de .la dent à extraire.

Cet instrument représente un levier du premier genre avec toute sa puissance; aussi Topérateur possédant une force brutale peut enlever a dent d'un seul coup et d'un seul mouvement,

(]] Andrieu, Des indications de rextraction des dents. Leçons faites à TÊcole dentaire de France, Hevue odontologique, mai Juin, Juillet, août 1884.

mais il peut aussi occasionner des désordres graves, comme l'extraction delà dent voiâne,8i le panneton vient à glisser, par suite d'un moavement involontaire du patient, ou la fracture de la mâchoire quand, par exemple, le panneton de l'instrument (puissance) se trouve placé vis-

Fig. 1826. — Qef de Garengeot f).

(*) Les crocheto sont fixés par divers mécaniamei, soit par une simple vis comme en C (I) ou par une tige montée en pompe dans l'intérieur de la tige B (3) ; d'autres fois la tige elle-même est centre-coudée (3) ; une courbure spéciale est donnée au crochet qui doit servir à l'extraction des dents de sagesse (4).

à-vis de la dent [résistance) et non pas au-dessous (I).

Avant d'appliquer la clef, il faut avoir soin de déchausser la dent au moyen d'un déchaussoir ou d'un bistouri en séparant la dent à son collet de la gencive. La dent ainsi préparée, on prend le crochet le plus convenable, puis on fixe sur elle le panneton, préalablement recouvert d'un linge, à l'intérieur de l'arcade alvéolaire pour les dents de la mâchoire inférieure, et à l'extérieur pour celles de la mâchoire supérieure, à moins de contre-indication par suite de la lésion de la couronne, et l'extrémité de la grifi'e du panneton saisit le collet de l'autre côté.

Il faut appuyer sur la griffe avec l'index ou le pouce de la main gauche pour faire descendre le panneton et l'empêcher de glisser ; de la miiD

(1) Delestre, Accidents causés par Vextraction des dents. Paris, 1870.

EXTHACTION DES DESTS.

droile qui lient le manche àe l'inslrument, on soulève la dent de son ahéole par un mouvement de rotalion ferme et régulier du poignet.

A la mAehoire inTérieure, si la dent est située ducOté gauche de la bouche, l'opérateur doit se place; du c4lé droit de l'opéré ; mais si elle est dn cAlé droit il faut qu'il se mette devant lui ; à la mâchoire supérieure, il se placera du même côté de la dent & extraire et un peu en arrière.

Pour enlever une dent du côté gauche de la mftcboire inférieure ou du c6té droit de la supérieure, la paume de la main doit se trouver sous le manche de l'instrument. Du cAté droit de la mAehoire inrérieure ou du cAté gauche de la supérieure, elle doit Ëlre au-dessus (1).

Aujourd'hui, le dentiste possède des instruments dont la Terme est appropriée h chaque dent : ce sont les dmieri. Ces instruments ont l'avantage de ne pas prendre de point d'appui SUT les dents voisines, ni sur les os maxillaires.

On fait des daviers qui, par suite d'une artiadation tpéeiaie (2), présentent des mors complètement parallèles entre eux ; ils sont préférables, dans bien des cas, à ceux dont les mors sont recourbés l'un vers l'autre; ils saisissent la dent ■or une surface plus étendue et risquent moins, par conséquent, de la briser.

Les daviers, pour être d'un usage commode et pratique, doivent varier suivant la forme des roftcboires et des dents; aussi la série en estelle nombreuse.

Le praticien peut cependant, à l'aide de ceux que nous signalons, pratiquer toutes les opérations ordinaires. Avec ces instruments, l'opérateur peut facilement varier la direction et l'énergie de l'action dans l'opération.

Nous préférons les daviers de fabrication anglaise aux daviers américains, dont les branches contournées, suivant la position que doit avoir la main, peuvent dans certains cas en fausser la position.

En raison même de leur forme, les daviers, quand ils sont bienfaits et bien compris, doivent présenter des mors fins, effilés, qui permettent àl'opéraleurde faire glisserson instrument loin «ouB la gencive et sous le bord alvéolaire. C'est pour cette raison que les daviers à aile (flg. 1827)

[I] Harrii, Austen st Andrieu, Trailé ihinriqut cl prùliqut de l'art du ilenliitg, 1' Adiiion, Pirla, 1884.

(J) Ce lyitème d'an ieu talion appliqué aux différentes pinces en uiage dans les atelisn a'a encore Aé approprié aux davier* que sur des commandei spéciales; nous sipÉrons que les fabHcani* d'tnitrnments de chirurgie, aoucieux de suivre l« pivgrts, pourront bientét foarnlr MsaonTeaQX davier*.

de M. Andrieu ont leur raison d'être : ils permettent d'enfoncer vigoureusement, tout en opéraut doucement et non brutalement, comme

Fig. 1811. — Davier du doctear Andrieu ponr lei incisives et canines sapérleures (*).

(') La branche mtte C parle le crocliet sur lequel vleal ('ippujrer le petit doigt, aa-desins ae trouve une petite aile A destinée à donner un point d'appui aa pouce de l'opératenr; la brinehe feinelle placée directement dans la paume da la main s aussi une aile B snr laquelle vient porter la première phalmi^e de l'index.

des débutants pourraient le faire, en interprétant mal le mot vigoureutement, en appuyant les phalanges de l'index et du pouce sur ces ailes sans trop serrer la main. Cette pression

E. BRASSEUR. — CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES

amènerait cerlaînementte découronnement <te le dent.

Nous avons cependant un reproche à leur Taire : les mors de ces daviers sont trop épais, comme la gânëralité de ceux fabriqués en France par des fabricants d'instruments de chirurgie et non par des ouvriers spéciaux. Il faut de vrais arlisles comme l'était Evrard, dont les daviers n'ont plus de prix, pour faire et comprendre habilement ces instruments.

Dans toutes les extractions, on doit observer trois temps :

1° L'application de l'instrument;

2° La luxation de la dent ;

30 La traction et l'enlèvement de la dent.

Fig. [g!8. — Daviers pour Fig. 18S0. — Davier pour

S'il s'agit d'extraire une des dents antérieures, il convient pour la mâchoire supérieure de placer le patient un peu haut, puis de saisir la tète entre le bras gauche et l'incliner, soit sur sa poitrine, soit sur la têtière du fauteuil, alln d'en Lien assurer la fixité ; à la mâchoire inférieure, il faut au contraire placer le patient un peu plus bas, de façon k utiliser la force du bras ; l'opérateur devra se mettre de trois quarts derrière tui;et appuyant la lete sur son propre estomac, 11 saisira le menton de la main gauche, dont le pouce, entrant dans la bouche, réprime la langue, pour éviter tout mouvement involontaire du patient.

Une bonne précaution est d'avoir toujours soin de placer entre le davier et les lèvres ane

serviette qui les protégera de toute lésion, «nt par un mouvement brusque, aoit par la presdon du davier.

On prendra pour les incisives du haut le davier (fig. t82H), pour celles du bas celui représenté par la figure 1820.

Une fois le davier placé, il faut se raf^ler ce que nous venons de dire : enfoncer, sans trop serrer, les becs du davier aussi loin que possible au-dessous du collet de la dent, puis serrer un peu plus fortement; pour graduer cette pression, on s'aidera du pouce qu'on laissera légèrement s'engager entre les deoi branches du davier de façon à se rendre compte.

Fig. 1830. — Divler pour petilei molaires inf'-

Flg. 1B3I. — Davier pmr petite» molaires *apé-

par la pression sur ce doigt, de la force employée; on imprimera des mouvements d'abord légers de rotation, enfla on tirera quand on sentira l'adhérence rompue.

Les canines sont d'ordinaire avec les bicuspides plus difficiles à luxer ; la difficulté des canines est due à l'exlrCme longueur de leurs racines. On se servira pour les extraire du même davier que pour les incisives. Pour les bicnipides inférieures, on choisira le davier (fig. t830}; et pour les supérieures le davier indiqué figure IB3I.

Les molaires supérieures nécessitent deux daviers, le droit et le gauche (flg. 1B32]. Dans l'extraction de ces dénis, on ne cherchera pas, en raison de la forme des racines, ii im

EXTRACTION DES DENTS

des mouvements de rotalion; mais, aucontraire, des mouvements de latéralité de dehors en dedans el de dedans en dehors; une Toislesadhé-

Fig. 1833. — Divier poar lei grosse» moluros sapârieurai, droit et gaacbe.

rences rompues, on tirera rapidement la dent en dehors.

Si, pendant le cours de l'opération, on s'aperçoit que la dent, bien que soulevée hors de

Fig. IS3S et 1831. — PiiiCOB k rcscciuer.

- son alvéole, oQ're encore une résistance inaccouh turnée, il faudra réséquer une des racines à

l'ûde de la pince ligure 1833 pour le haut et I celle figure <S34 pour le bas : la dent est dite

burrée, c'est-à-dire que les raciuea se recour-

lianl sur elles-mûnies embrassent une partie de l'os qui rempOthe de sortir.

Ce cas se présente le plus souvent dans les dents à arcades dentaires serrées, étroites, mal développées.

Les racines, au lieu de se réunir comme dans !arfe(i[tum!e,peuveolétre fortomenl divergentes et offrir également une grande diniculté pour terminer l'opération, Dans l'un et l'autre cas, plus la résistance sera grande, et plus les mouremenls de l'opérateur devront élre doux, s'il ne veut casser la dent ou occasionner quelque

Fig.

pouvuii pénéirer de cliaque cM àa l

tine et II sdsir isseï lolldeineiit pour l'ompociier ae

glisser.

Tracture. Il devra avant tout éviter ies mouvements nerveux ; c'est alors qu'il a besoii; de tout son sang-froid et de toute son habileté. Les daviers dont un des mors pénétre entre les racines lui seront d'un grand secours (6g. Il*3îi),

Les racines peuvent être encore normales, mais elles auront été envahies par une production osseuse, exostose ou ostéite condensante, et la difllcullé sera la même.

A la mflchoire inférieure, le davier recourbé à angle droit (Qg. 1830) servira pour le côté droit et le cûlé gauche. L'opéraleur se placera fi droite de l'opéré et un peu en arriére pour le côté

E. BRASSEUn. — CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES.

droit ; h gauche et un peu en avant pour le cAlé gauche. Avec le pouce de la main gauche, il aura soin d'appuyer fortement sur les more du davier pour les Taire pénétrer toujours aussi profondément que possible.

Une précaution utile avant d'enfoncer les

mors du davier dans 1a gencive est de veiner i ce que la joue, surtout chei les personnel grasses, ne soit pas prise en même temps qat la dent. Un s'exposerait à une déchirure pendant le dernier temps de l'opération.

Dans toute entracUon on ne craindra pas de

Fif. 1836. — Divier pour tM grouM molaires infé-

FifC-ItlST.— Davier h btlonnetta ponr rtclnei de la mlehdre sopéiieare.

Flg. 1 83B. — DiTÎer ponr ridnai du bu. Ce dtvler tn dlipoii de t»ton i bien éetrur la Joue M permet aasd ï l'op^ nieur de voir bellement la racin* qu'il vent ettnire.

saisir même le bord alvéolaire, alors qu'il ne s'agit que de racines à extraire. L'arrachement da twrd alvéolaire de ta dml seule, qui doit être eitraite, n'est jamais une lésion grave, puisqu'il est décliné ù être résorbé, quelquefois même il

est utile de le réséquer une fois l'eitractioD faite, pour en hfller la résorption, si l'on veut appliquer plus promplement un appareil de prothèse.

Si la couronne d'une grosse molaire manque,

fis. m

- Elévateur de Coleman.

il sera sage de diviser préalablement les racines enire elles au moven des pinces à réséquer, ou, à l'aide d'une fraise montée sur le loardentaire, on fraisera au centre un irou, dans lequel on enfoncera la pointe d'un élévateur afin de diviser les racines, qui sortiront ensuite facilement une à une à l'aide d'un davier assez em]é{Og. 1637 et 1838). Si elles sont enfoncées

trop profondément sous la gencive, on se sc^ vira simplement d'un élévateur (Bg. <S39}.

Pour les dents de sagesse, à la mâchoire supérieure, on choisira le davier en forme de halonnelte (Hg. <S40) ou bien la langue de carpe qae nous avons fait faire exprés (flg. l»i\), mais il faudra luxer celle deni avec tbtuceur, car sonvent elle est adhérente ii la lubérosité du maiil-

EXTRACTION DES DENTS

>érietir, lequel ofTre en cet endroit un s spongienx et fragile. Si pareil scciiTsit, U faudrait arrêter l'opéralion pour ', an moyen d'un bistouri (Toirflg. 1938), iseanx, U dent et la petite tubérosilé de érence avec le Toile du palais, aOn de I faire une déchirure regrettable et une tusi complèlement inulilc que doulou- )or le patient.

- Davier pour Fig. Igi.

iihiut; irbure permet à tear d'iitelndre I de II bouche et ire très facile- ■ dent

d« ctrpe spécikie \ Il dent de la^gse du haal, l'index de l« miln qui opère i'appuie aur la courbare de rinatruinent.

nâchoire inTérieure, il faut toujours se r que les racines des dents de sagesse lourbées en arrière, et que, si on leur > les mêmes mouTements de latéralité iir les autres dents, on est exposé b. ler. Nous conseillons de faire l'ope- !n deux temps, le preniier temps au l'un élévateur ou d'une langue de carpe, nd avec le davier. Presque toujours, 1 la pointe de l'instrument fortement e entre l'alvéole et la racine, l'ubaisse- I manche soulève 1b dent hors de son et suffit pour la faire sortir d'un coup; cas, elle est toujours luxée, et il ne is qu'à retirer la dent avec le davier

Pour M servîrdela langue de carpe DU de l'élévateur on aura soin de garnir son doigt, l'index de la main gauche, si c'est sur le cAlé gauche

de la mAchoire que l'on opère, et le pouce, si c'est aur le cfité droit ; on placera ce doigt

Fig. 1843. — Langue de carpe de M. Viiiat.

sur la surface linguale de la dent à extraire et de la deuxième grosse molaire, au niveau de l'interstice qui les sépare, dans le but d'ar-

E. BRASSEITB. — CaiRUBGlB DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES.

rtter l'instrument s'il venait à gli

fig- I8H. — Tire-nctae. Le» ailettes peuient »e replier pour permettra L l'inilrament de tourner stns blesser les tèTres, de plus li psr^e qui serre la vis peut l'ouvrir pour mettre des vis de grosseurs diffère ntes.

tenant l'élévateur ou la tangue de c*rpe de

façon k ce que sa pointe ne dépassa que futl peu le bout de l'index de la main droite, od i'inlroduira entre les deux dents, de haut en bat, de dehors en dedans, soit entre l'alTéole et h dent, si la grosse molaire manque.

Si la dent voisine manque, on peut cdcor remplir l'espace d'uti coin de bois résistât et sur ce coin la langue de carpe trouvera on point d'appui.

11 existe d'ailleurs une langue de carpe inventËe par un dentiste, H. Viiîos (Bg. 18i3), qui répond porrailement à ce besoin. Cette langne de carpe ne diffère de l'instrument ordinafae que par l'addition d'une petite plaque tnélitlique. II existe trois plaques de trois grandeus pouvant servir h tour de rAle selon qa*il manque une, deux, ou trois dents.

11 n'est pas rare de rencontrer des radnes tellement rongées par la carie et enfoncées si prorondémenl dans Is gencive qu'Q est impossible de les saisir au moven des daviers; il faut, surtout pour les denU anUrietaret, ne pas les extraire brutalement afin da ne pas déformer le rebord dentaire par une fracture trop grande des parties, l'our cette opération, nous avons fait construire un instrument qui nous rend de réels services (flg. tftU). 11 est aisé de voir, ainn que nous l'indique la figure ci-joiote, que la vis, au lieu d'Être conique, comme dans celles faites jusqu'ici, est d'un calibre égal dans toute sa longueur ; le pas de vis est semblable i celui des vu & bois, ce qui permet à l'instrument de pénétrer facilement dans le tissu ramolli de la dent.

Par suite d'un trop grand effort ou d'un défaut de rapport entre la grosseur de la vis et Is racine à extraire, il peut arriver que la racine se brise; mais précisément, en raison de Is force produite par l'instrument, la fracture se fait dans le sens du grand axe de la racine, au lieu de se fracturer transversalement ou obliquement, en bec de Qûte, comme cela arrive avec des daviers. Cette fracture n'est qu'un accident léger, car les adhérences étant ea partie rompues, il sera facile d'en saisir les h-agments à l'aide du davier efOlé (fig. l837J.Cel instrument a été depuis heureusement modifié paru. Saussine.

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