EMPHYSÈME
Delestre (2) cite le cas suivant : La muqueuse avait été éraiUée par les mors de la pince et l'air, violemment poussé pendant les cris, avait passé dans le tissu cellulaire. Cet accident est fort rare.
UÉMORRHAGIES.
Une des complications les plus fréquentes ; elle peut être immédiate ou consécutive, et tenir à des causes multiples parmi lesquelles les prédispositions individuelles jouent un rôle important.
Le sang peut provenir, soit des vaisseaux de la gencive, soit de ceux de la dent déchirés et ouverts au fond de l'alvéole. Les dents mobiles accompagnées de fongosités du périodonte alvéolodentaire déterminent souvent un état congestif et sub-inflammatoire de la gencive qui prédis-
(1) Courtois, Le dentiste observateur, 1775, p. 327. (?) Delestre, OQTrtge cité, p. 44.
pose à une grande perte de sang. Q peut y avoir un anévrysme de l'artère dentaire inférieure; l'extraction, dans ce cas, entraînerait la mort (1). Le pronostic est toujours grave chez les hémophiles.
Traitement.
Le traitement des hémorrhagies consécutives à l'extraction peut être local et général.
Nous nous servons d'ordinaire d'eau tiède additionnée d'eau de Cologne, mais on a un meilleur hémostatique dans l'eau chloroformée qui calme en même temps la douleur de l'extractioQ.
Chloroforme 2 grammes.
Eau simple 10 —
Ce liquide agit avec rapidité, n'a pas le moindre goût désagréable, ni aucune action escharotique, se trouve à la portée de tout le monde, et se fabrique instantanément.
Si malgré ces moyens, qui d'habitude suffisent, le sang continue à couler, la compression sera le moyen le plus utile et le plus efficace ; mais auparavant il convient d'abord de laver l'alvéole pour le débarrasser du caillot sanguin, puis de le remplir d'une boule de coton imprégné de teinture de noix de galle, qui n'a pas les inconvénients du perchlorure de fer ; à son défaut, du vinaigre que l'on a toujours sous la main ou d'alcool. On recouvre ce bouchon de ouate par un fort tampon imprégné d'une teinture résineuse fortement concentrée. Le tout sera maintenu à l'aide d'un fragment de liège sur lequel viendront presser les dents correspondantes (à leur défaut la pression du doigt suffira), afin d'amener une forte compression. Au bout de quelques heures, quand le sang sera bien arrêté, on pourra retirer le bouchon et le premier tampon sans toucher à celui qui est dans l'alvéole et qui s'éliminera plus tard.
A côlé des slyptiques, il faut aussi ranger le cautère électrique ou actuel qui dans ce cas doit être seulement porté au rouge sombre (2).
A côté de ces moyens, M. Andrieu (3) en signale un qui, dit-il, ne lui a jamais fait défaut depuis plus de vingt ans. Une dent qui résiste aux lotions astringentes (eau de Cologne dans de l'eau additionnée de vinaigre ou d'ergotine) vient-elle à causer une perte de sang, il suffira de rem-
(1) Bulletin de la Société de chirurgie, 1856, t. VII, p. 190.
(2) E. Brasseur, Études de chirurgie dentaire.
(3) Harris, Austen et Andrieu, Traité de Fart du dentiste, 1884, p. 484.
NÉVRALGIES
plir la bouche d*eau aussi chaude qu'elle pourra la supporter; puis, à Taide d'un grand verre, faire gargariser rapidement à Tendroit où le sang s'écoule.
La chaleur amène forcément la turgescence des vaisseaux de la région et augmente momentanément l'afflux du sang (1). Aussitôt après, mettre dans un grand verre d'eau glacée ou très froide une cuillerée d'alcool et se gargariser vivement. L'hémorrhagie s'arrête presque instantanément.
Dans des cas fort rares, on a été obligé de pratiquer la ligature de l'artère maxillaire, mais c'est là une opération de grande chirurgie qui sort de notre cadre.
Dans certains cas, où il est permis de rattacher l'hémorrhagie à une cause générale {anémiey hémophilie)^ on doit recourir à un traitement général ainsi qu'à des injections sous-cutanées d'ergotine.
Grâce à ces indications, il est rare que les hémorrhagies ne cèdent pas; cependant la science relate des cas de mort heureusement fort
rares.
FLUXIONS, ABCES, PHLEGMONS.
A la suite d'extractions pénibles, contusions des parties molles, délabrement causé par les instruments ou de froid subit après Topération, il peut se manifester des abcès.
L'inflammation peut rester limitée à la gencive, il se forme alors un petit abcès qu'on nomme parulie. Cef)endant les accidents peuvent s'étendre, le pus fuser au loin, passer dans le tissu cellulaire, arriver dans la fosse temporale ouptérygoïdlenne, dans certains cas même gagner l'orbite (2), pour la mâchoire supérieure, et fuser le long des muscles du cou pour la mâchoire inférieure et venir s'ouvrir soit à langle de la mâchoire, soit au sternum ou au sein (3)
Au lieu de suivre le tissu cellulaire interstitiel, la suppuration peut se propager le long du périoste, produisant des décollements parfois étendus et provoquer diverses lésions osseuses aboutissant à la nécrose de l'os.
(1) P. Reclus, L'eau chaude en chirurgie (Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 6 décembre 1881).
(2) Fischer, Klinischer Unterricht inder Augen Heitlunde, Prague, 1832, cilé par Mackenzie, Traité des maladies de Cœil, traduction Warlomont et Testelin, t. I, p. 440.
(8) Daly, Communication faite à la Société odontologique de France {Gazette odontologique^ 1880, p. 120).
Encycl. de chirurgie.
Burggrœve cite le cas d'une méningo-encéphalite à la suite d'une avulsion d'une dent molaire inférieure (1).
Généralement la marche des abcès dentaires est rapide; le pus se forme de bonne heure et vient proéminer dans le sillon gingivo-labial ou la voûte palatine.
Les symptômes généraux senties mêmes que pour tout autre abcès développé dans l'économie.
Le traitement doit être antiphlogistique : bains de bouche prolongés avec eau de guimauve et eau chloroformée ; jamais de cataplasme sur la joue. Dès que le pus «est formé, ouvrir l'abcès avec la lancette ou mieux avec le galvano -cautère ou thermo-cautère, par ce procédé la plaie se referme beaucoup moins vite par suite de Teschare et l'abcès se vide complètement; au besoin, on injecte de la teinture d'iode dans la poche.