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OESOPHAGOSTOMIE EXTERNE.
rieur. Les seconds seraient, en fin de compte, des hernies de la muqueuse et du tissu conjonclir sous-muqueux à travers la paroi musculeuse. Elles siègent du reste surtout à la limite inrérieure du pharjnx. Dans l'un ou l'autre cas il se forme ainsi desculs-de-sac qui s'allongent soit entre l'œsophage et lu colonne vertébrale, soit sur les parties latérales du conduit.
Ces culs-de-sac deviennent des réservoirs formant tumeurs, quelquerois énormes, dans lesquelles se dérivent la majeure partie des aliments et qui compriment l'œsophage au point de l'obstruer et d'occasionner l'inanition.
Le diagnostic est dirodle ; il a pour éléments la cens la (ali on de la tumeur et surtoutlecathétérisme, qui conduit tantAl dans le cul-de-sac, large dans lequel la sonde se meut aisément sans pouvoir progresser plus profondément, tantôt dans l'œsophage perméable. Quant au traitement, sans parler de l'alimentation par la sonde, qui n'esl qu'un palliatif, la gastrostomie ou l'œsophagostomie, comme premier acte de l'extirpation, pourraient être pratiquées. Il est du reste aussi légitime de chercher ici un procédé curatit que dans le cas de sténose cicatricielle.
L'œsophagostomie externe consiste dans l'ouverture de l'œsophage à la région cervicale. C'est à Terrier (<j que l'on doit l'étude la plus complète sur cette opération. On la pratique,
Fig. :04!. — Sonde de Vacca.
soit pour extraire un corps étranger, soit pour inciser un rétrécissement cicatriciel, soit pour créer une bouche œsophagienne en dessous d'un rétrécissement de l'œsophage (œsophagostomie). Il faut distinguer l'œsophagostomie sur conducteur et l'œsophagotomic sans conducteur.
Pour l'œsophagostomie sur conducteur, on emploie lasonde de VaccaBerlinghieri (fig. 2042], qui présente vers son extrémité une fenêtre latérale, par laquelle on peut à volonté faire saillir un ressort, qui distend l'œsophage localement et le porte au devant du bistouri du chirurgien. I.b sonde à dard du frère C6me a également été utilisée à cet effet ; on l'emploierait, Taule de mieux.
Quand à l'œsophagostomie sans conduiteur, on ne la pratique que dans le cas de corps étranger volumineux, arrêté dans l'œsophage cervical, ou dans le cas de rétrécissement néoplasique infranchissable. Dans le premier cas, le corps étranger tient lieu de conducteur; dans le second il sera utile, toutes les fols que la chose sera possible, de glisser une sonde jusque sur l'ohstaclc.
Quoi qu'il en soit, l'incision k pratiquer est
(JESOPHAGOSTOMIE KXTERNE,
celle que l'on enipl(
(I) Terrier, Tbèae de Parti, iSTt.
pour la ligature de la cu-
l'ig. ion. — QEsopliigostomie (*].
(') A, Veine JugnUiro interne; B, irtère cirotl<le; ce, DD', Tiisieanx thyroldifrii lupérieur el inri^rlGar; E, Iracliée ; F, musclei soin-hyoIdiens; GC, «lerrn>inMloldien conpé ; H, Sonda de Vicca ; 1, resion de la «onde; L, tige de la sonde. (Sédillot, If^i^cinr ■ fiiraloire.)
rotide primitive : on cherche les vaisseaux, on
868 MAURICE JËANiNEL. — BLESSURES ET MALADIES CHIRURGICALES DU COU. [\Vt
n'ouvre point leur gaine, on les rejette largement et fermement en dehors en môme temps que le sterno-mastoïdien. On découvre et on suit la paroi trachéale; on attire en dedans ce conduit recouvert par le corps tyroïde : l'œsophage est derrière. La sonde conductrice est alors introduite s'il est possible, puis ouverte ; on y supplée, faute de mieux, par une simple sonde en gomme; ou bien encore on reconnaît le corps étranger ou le néoplasme. En tout cas, on incise couche par couche l'œsophage jusqu'à ce qu'on ait découvert soit le conducteur, soit le corps étranger, soit la muqueuse, et enfin un conduit dans lequel on puisse faire pénétrer une sonde cannelée (fig. 2043). Celle-ci sert alors à agrandir l'incision œsophagienne dont on saisira les lèvres avec des pinces ou mieux en y passant une anse de fil.
La blessure de l'artère thyroïdienne supérieure n'a pu être évitée dans les cas de Bégin, Cock, Arnold, de Lavacherie, Sonrier et Cheever ; ce futl'artère thyroïdienne inférieure qui fut blessée dans un cas de Cheever et dans un autre de Mac Lean.
Dans deux cas de Cock on put croire à une lésion du récurrent, en raison de l'altération consécutive de la voix.
S'agit-il d'une œsophagostomie, le chiror^ attire au dehors l'œsopbage incisé et sntoRa la peau les lèvres de rincision œsophagienne, en ayant soin d'affronter la muqueuse et la peau. S'agit-il d'une simple œsophagotomie, 1a plaie œsophagienne sera traitée suivant lesrègies que j'ai exposées plus haut au chapitre consacré aux plaies de l'œsophage : c'est bien ïd le cas d'essayer la suture perdue de l'œsophage [muqueuse et couche musculaire ensemble) et la suture surun drain de la plaie musculo-cutanée, en prenant la précaution d'alimenter artificiellement l'opéré. Ashhurst (1) a réuni 65 cas d'œsophagostomie externe, pour corps étranger de l'œsophage, sur lesquels 52 se sont terminés par la guérison. Le même auteur a analysé 38 cas d'œsophagostomie sur lesquels il y a eu 28 morts. Tel est le bilan actuel de ces deux opérations : la première estetsera toujours bonne, la seconde ne vaudra jamais qu'en raison de la lésion qui la nécessite ; bonne dans certains cas de rétif cissements fibreux de la portion cervicale, dt restera palliative et médiocre dans le cas df carcinome.
(1) Ashbarst, Principles and practice of surfr^, 4thed. PhiUdelphia, 1885.
TABLE DES MATIÈRES