ANÉVRYSME DE LA TIBIALE ANTÉRIEURE
anatomiques. N'employer la compression directe, qui dans cette région est très douloureuse, qu'à titre d'essai; et, à moins d'une amélioration marquée, ne pas la continuer longtemps. La compression indirecte dans cette région est excessivement douloureuse, et, pour arrêter les battements d'une façon absolue, c'est la fémorale qu'il faut comprimer. Je conseillerais l'emploi, avec ou sans anesthésie , de la bande d'Eamarch, appliquée dans la station debout, de façon à ce que le sac puisse se bien remplir et sans recouvrir la tumeur, et ensuite, au bout d'une heure, la compression instrumentale de la fémorale avec le tourniquet de Signoroni (i ), alternant avec la compression digitale de l'artère pédieuse, au point où elle croise le bord de la trochlée astragalienne. Si ces moyens échouent, on peut choisir entre les injections coagulantes et la ligature. Aucune région du corps ne se prête mieux à l'emploi des injections coagulantes que le dos du pied : il existe, au delà du sac, peu de parties qui puissent souffrir de leur action; toutefois, il faut autant que possible arrêter tout d'abord la circulation dans les artères et comprimer aussi la fémorale, après avoir eu soin de laisser le S4C se bien remplir de sang. Les injections coagulantes se sont montrées relativement plus efficaces que la ligature ; mais quelques-uns des insuccès de cette dernière ont été observés à une époque où les éléments de sécurité nécessaires à de semblables opérations étaient fort mal compris. Ma préférence personnelle me porterait, après avoir essayé suffisamment la compression, à lier l'artère au-dessus et au-dessous ; si, au bout d'une semaine, les battements persistaient, je ferais avec précaution une injection de la plus faible des solutions indiquées page 537.
En cas d'insuccès, il reste à choisir entre l'amputation (de Chopart, de Syme ou de Pirogoff, suivant le siège de l'ahévrysme) et la ligature de la tibiale postérieure. Si, après la ligature de la tibiale antérieure, les battements qui persistent peuvent être supprimés par la compression faite en arrière de la malléole interne, c'est à ce moyen qu'il faut donner la préférence. Je suis peu disposé à conseiller la ligature de la fémorale commune, et je ne crois pas qu'il y aurait grand avantage à lier la fémorale superficielle.
(1) Voy. Encycl. de chir., tome II, p. 325, fig. 486.
ANEVBYSME DE L'ARTERE PERONIÉRE.
f Je ne connais aucun fsdt d'anévrysme occupant le côté externe du pied, aucun fait où l'artère péronière ait été liée pour une affection de ce genre, sauf le fait curieux cité dans le précédent tableau et dans lequel il semble y avoir eu une anomalie artérielle.
ANÉVRYSME PLANTAIRE.
L'anévrysme de la plante du pied siège sur l'artère plantaire externe et apparaît ordinairement au niveau du cuboïde, ou quelquefois à la base du cinquième métatarsien.
Traitement.
Ici encore la présence de branches de communication (perforantes) rend le traitement un peu difficile : les indications sont d'ailleurs les mêmes, mutatismutandis, que pour l'anévrysme de la pédieuse (i).