‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 34 sur 452 · HUMIDES · texte numérisé non relu

HUMIDES

Quant aux effets fâcheux, au même point de vue, de la macération^ nous en avons des exemples dans l'action des pansements humides et des cataplasmes sur beaucoup de peaux. L'eczéma dû à cette cause débute généralemeDt sous la forme d'une simple foUiciilîte, qui peat se transformer en une dermatite ecrtmateuse continue de la variété madidans ou piistuleuse ou se propager aux tissus péri-gtandnlaires profonds, sous la forme d'une inflammation furonculeuse. C'est ainsi que l'on fiûl souvent beaucoup de mal par l'usage irrationnel des cataplasmes sur la peau qui enyiroDne des points flîffectés de diverses maladies. Ausàlei cataplasmes ne devraient-ils. jamais être plus grands, ni être maintenus plus longtonps que le mal en traitement ne l'exige absolamenL L'action émoUiente légitime des cataplasmes peut, dans beaucoup de cas, être obtenue sans risquer de faire le moindre mal à la peau la plus disposée à cette forme d'inflammation, en y appliquant une couche épaisse d'axonge. Les mêmes effets résultent souvent de l'application d'un bandage en caoutchouc, lequel, outre la pression constante qu'il exerce sur les parties malades, les maintient dans une sorte de bain continu formé par la transpiration. En pareils cas, également, on peut, en enlevant le bandage pendant la nuit et en appliquant à ce moment un traitement convenable, en rendre supportable l'application ininterrompue pendant la journée. Les pansements humides prolongés produisent parfois de profondes inflammations furonculeuses des tissus cutanés, ce sont les mêmes que celles qui résultent de l'action du traitement de Priessnitz sur la peau, et qu'on appelait les éruptions critiques.

Dans l'autre catégorie d'applications (celles qui, par leurs effets irritants sur la peau, sont le plus aptes à produire ^ l'eczéma), les plus usitées en chirurgie sont les liniments ammoniacaux, les préparations mercurielles, les pansements phéniqués et l'arnica. Ces moyens donnent ordinairement naissance aux formes érythémateuses ou papuleuses, bien rarement à des degrés plus élevés d'inflammation, si l'on ne

SUITES GHIRURGlCALt:S DE L'ECZÉMA.

continue pas Tusage de l'irritant. Les applications répétées d'onguent inercuriel sont souvent troublées par la foUiculite ou la dermatite plus étendue qu'elles produisent ; mais, dans le traitement de la syphilis par les frictions, ces fâcheux effets peuvent presque toujours être prévenus en faisant les frictions, le premier soir sur les jambes, le second sur les cuisses, le troisième sur l'abdomen, le quatrième sur les côtés de la poitrine, le cinquième sur les bras, le sixième sur les avant-bras, le septième sur les jambes, et ainsi de suite. Grftce à ce roulement, le mode de traitement peut être continué pendant des mois sans amener d'eczéma. L'acide phénique, en solution concentrée sur la peau, peut occasionner une dermatite intense ou une eschare qui varie en profondeur, et les solutions faibles de la pratique chirurgicale elles-mêmes peuvent susciter un eczéma léger sur les mains des aides. L'arnica, bien rarement employé par les chirurgiens, mais d'un usage presque universel dans la médecine domestique, est la cause fréquente d'un eczéma artHidel (I).

Keu qu'dles soient ordinairement limitées à la partie du tégument externe soumise à l'action de l'agent irritant, toutes ces formes d'eczéma provoqué peuvent affecter plus tard une distribution plus étendue et passer môme à l'état chronique chez les personnes sujettes à la maladie.

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