‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 377 sur 452 · CONGESTION DU COU ET DE LA FACE · texte numérisé non relu

CONGESTION DU COU ET DE LA FACE

Un des symptômes les plus importants est dû à la compression des veines, qui se traduit par la eongegtion de différentes régions, et souvent par resdstence d'un empdtement mollasse au-dessus d'une ou des deux clavicules, et par un oèdéme de la face ou des membres supérieurs. La signification à tirer du siège de ces phénomènes congestifs dépend en grande partie de leurs relations avec d'autres symptômes de compression. Certaines combinaisons sont singulièrement démonstratives au point de vue du diagnostic. Par exemple, quand la compression est limitée exclusivement à la bronche droite ; que la congestion occupe les deux membres supérieurs et les deux côtés de la tête et de la poitrine; que les symptômes appartenant à la tumeur se montrent surtout au niveau de la deuxième côte et du second espace intercostal, et fort à droite du sternum ; que le cœur est déplacé directement en dehors, si même il a subi un déplacement ; que les deux pouls sont égaux et que leur tracé sphygmographique présente des modifications très légères, peut-être une ligne d'ascension un peu inclinée, avec un sommet un peu arrondi, absence totale ou partielle de plateau, et un aspect ondulé de la ligne de descente, il y a lieu d'admettre que Taffeclion siège sur l'aorte ascendante. La congestion du membre supé-

rieur gauche, de la région sous-claviculaire du même côté et de la moitié correspondante de la tête; rallération caractéristique (anévrysmale) du pouls droit (radial et carotidien) ; l'existence des symptômes produits par la tumeur un peu à droite du sternum, et probablement un peu de dyspnée trachéale, tous ces signes sont symptomaliques d'un anévrysme intéressant à la fois l'aorte et Tinnominée. Les modifications du pouls radial gauche, les troubles de la corde vocale gauche, les signes de congestion veineuse s'observant à gauche; la dyspnée trachéale et la gêne respiratoire se faisant sentir dans les deux poumons, avec l'existence des symptômes produits par la tumeur au niveau et à gauche de la ligne médiane, indiquent une lésion de l'aorte transverse. On croirait à une lésion de la troisième portion du vaisseau, si l'entrée de l'air n'était empêchée que dans le poumon gauche, et si le malade accusait des douleurs violentes dans le dos et le long des nerfs intercostaux.

Il est inutile de multiplier ces exemples, qui n'ont d'autre avantage que d'indiquer brièvement les grandes lignes du diagnostic.

Traitement des anévrysmes de la crosse

de raorte.

Un certain nombre de malades affectés d'anévrysme de la crosse de l'aorte se sont incontestablement bien trouvés du repos et du traitement médical. Ces faits sont, toutefois, peu nombreux; la grande majorité de ces malades n'éprouvent aucune amélioration ou retombent très vite. 11 faudrait donc surveiller avec soin tous les faits de ce genre, pour pouvoir aussitôt reconnaître l'insuccès du traitement. C'est surtout le début de la compression du conduit aérien qu'il faudrait observer attentivement, parce que l'augmentation de la dyspnée n'indique pas seulement que l'anévrysme devient plus volumineux, mais annonce que le traitement par le repos n'est plus possible. 11 ne peut y avoir de tranquillité réelle pour quelqu'un qui est, de temps en temps, convulsé par une toux violente et pour qui chaque mouvement respiratoire est ùti effort. En outre, ainsi que l'a démontré si évidemment mon ami regretté, le D' Pearson Irvine, l'occlusion partielle du conduit aérien détermine une complication pulmonaire, de forme spéciale, et surtout due à la gêne que subit le rejet de l'uir (I). Cette com-

(I) Pearson Irvine, Pathological Transactions^ vol. XXVin, p. 67.

RICDARD BARWELL. — ANÉVRYSME.

plication entraînerait à elle seule la mort, alors même que Tanévrysme pourrait guérir. Par suite, une gène respiratoire marquée devrait engager le chirurgien à intervenir, à moins que les circonstances ne fussent défavorables.

Il nous faudrait cependant des règles précises pour reconnaître les cas qui pourront et ceux qui ne pourront pas bénéficier du traitement. En outre, nous devons distinguer, au point de vue de l'opportunité, entre deux opérations, savoir : entre l'opération faite à gauche et celle faite à droite du cou. Aussi, pour prendre moins de temps et de place, vais-je résumer, sous forme de sommaire, les signes qui doivent nous guider dans notre choix. 11 faut naturellement comprendre qu'un semblable résumé no peut donner que les traits principaux, mais non les petits détails, et que, dans ces ensembles, certains symptômes peuvent faire défaut, surtout au début.

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