‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 57 sur 452 · PARASITES DU TISSU CELLULAIRE · texte numérisé non relu

PARASITES DU TISSU CELLULAIRE

Les parasites que l'on rencontre d'ordinaire ■ également sous les noms de Draamculm A dans le lissu cellulaire sous-cutané sont : te Filaria medinensis, et la dikpu ou Puter pew- Cyiticercus cellulosœ, le ver de Guinée, connu I Crans.

CYSTJCERCUS CELLULOSAI.

Ce parasite (flg. 830) se trouve ordinairement 1 rarement il occupe les faisceaux du tissu ccDudans le tissu cellulaire inter-musculalre ; plus I laire sous-culané. On le rencontre parfois dans

Flg. 830. — Lysiicerque (*).

(') a, vdaicuia d'envoloppo trtngparoiUo remplie de liquide ; bb, oriflco de la vdsicnie ; ce, aa pourtour de l'«-

rlflco est une rdsiculc pirirorme au fond de («quelle, en /, est atliclié l'animal ; d, l'aDimal as flie tu fond de U

véaicule pirifopmo ; f , sa léie repliée sur elle-m6me s'allonge et sort en i par l'ouverLure ; 2, tête d'uD cjs-

llcerque. — A, couronne de vingt-quatre k vingt-huit crocliels ; e, vonlousea ; A, la t6le ; 3, croclieu itol*)-

le tissu aréolaire délicat qui tapisse la conjonc- [ loppé. 11 consiste en une petite vésicule, d'enlive, dans l'humeur aqueuse ou l'humeur vitrée viron deui lignes de diamètre, dans laquelle et dans quelques-uns des organes internes. C'est est suspendu le ver embryonnaire. 11 n'est susune espèce d'hydatide, un ténia solium non dëve- ' ceptible d'aucune manifestation spéciale signa-

PULEX PENETRANS.

lant sa préaence, tant qu'il est enrermé daiii le { tissu cellulaire Bous-culané ou intermusculaire, Même dans la couche sous-conjonctlvale, pourtant ai délicate, il ne provoque qu'une conjonc- '

tivite légère. Ce n'eal que dans l'humeur aqueuse ou dans l'humeur vitrée ou dans quelque organe inlerae, que sa présence amène quelque danger.

FlURIA HEDINENSIS.

La fitaire de Médine (Sg. 831), ou ver de Gniaëe, infeste les pays placés au sud de l'équateur (1). Hai«inent, elle s'observe dans les cli- Diats tempérés, et seulement quand elle ; est

Flg. 831. — Jeune /iluiie de Uédine (').

l'j A, Individu enroulé prii la corps de It mère ; B, It mime, déroulé dani une goutte d'siu ; a, eitré- ■>ii( ctphkiiqne, svec lei trois nodulei et U bouclie ; ^orifioe d« U qoeue, avec l'anui.

tppartée dans les tissus de quelque vojageur tnitiint des pays méridionaux.

A ion état larvaire le ver de Guinée mesure IflO* de millimètre de diamètre. A celle épo- <P>e de son existence, il pénètre dans la peau Pv les glandes sudoripares ou leurs foUicules et le loge dans le tissu cellulaire. Alors vient

une période «d'existence latente* (Busk), qui varie de six à dix-huit mois, et pendant laquelle le parasite donne peu ou point de signes de sa présence. Au bout de ce temps, il mesure O" ,60 à 3 mètres de long une Tois déroulé. 11 Tait alors des efforts pour gagner le monde extérieur et suscite ainsi l'inflammation circonscrite de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané qui décèle son existence. Une petite élevure se produit sur la peau au point même où habite le parasite. Ce point présente une couleur rougeâtre, il est le siège de démangeaisons, il est douloureux quand on le presse. Le point gonflé devient bientôt plus dur et plus rouge, et ressemble beaucoup à un petit furoncle ; du pus se forme au sommet et la tète du ver apparaît. Une ulcération s'établit autour de ce point et s'étend à quelque distance dans les tissus voisins ; il peut y avoir également quelques points de suppuration situés profondément.

Lorsque le malade présente un grand nombre de ces vers à différents degrés de dévoloppemeiit, l'inflammation locale s'accompagne de douleurs dans les membres affectés et d'une excitation fébrile considérable.

Traitement.

Le traitement consiste en une incision pratiquée avec précaution sur le point enflammé et dans l'extraction du parasite, au moyen d'une pince qui le saisit par le milieu du corps. Busk recommande de l'enlever lentement en l'enroulant sur un tuyau de pipe, une bougie, une brindille : on en extrait ainsi chaque jour une portion jusqu'à ce que le sac soit entièrement vidé.

PULEX PENETRANS.

La cfit'gue (flg. 832 et 833) ou puiez pénétrons tit un autre désagréable parasite spécial aux cU-

|1) U ver de Hédine t'observe dans toute la lone ^uuriale, an nord comme aa sud de l'éqaateur.

(Ind.)

mats méridionaui. Le mAle est inoffensif. La femelle n'essaie de pénétrer dans la peau que lorsqu'eUe a été fécondée. Elle cherche alors à se faire, dans le tissu cellulaire sous-cutané ou la peau, un nid au fond duquel l'incubation de ses œufs puisse avoir lieu sans entrave.

JOSEPH W. HOWE. — MALADIES DU TISSU CELLULAIRE

Le parasite pënètre la peau bous les ongles, entra les orteils el en divers autres points du

pied. Dès que tes œufs distendent l'abdomen de la chique, un petit gonflement blanchAlre nppa-

Fig. S3!. — Puce cbique.

rail (Busk), g'accrott rapidement et provoque une inflammation qui peut amener la formation d'ulcires rebelle?.

Traitement.

Le traitemmt consiste à élargir .l'ouverture

Fig. 833. — Cliiqae gorgée.

par laquelle l'insecte a pénétré et à l'enlever avec la pointe d'une aiguille. Après quoi, on lave Tréquemment la cavité devenue libre avec une forte solution d'acide phénique, de térébenthine ou de jus de tabac.

PAU CHARLES B. NANCREDE, M. D.,

Chirurgien de TbôpiUl épiscopal et do Tliôpital Saint-Christophe pour les enfants à l'hiladelphie (1).

Le nombre des bourses séreuses que Ton rencontre dans le corps humain est si considérable, la facilité avec laquelle leurs maladies sont susceptibles* d'être confondues avec des affections plus sérieuses est si grande, et l'origine de la plupart, sinon de tous les cas de suppuration péri-articulaire, peut être si généralement rattachée à une inflammation antérieure de Tun de ces sacs, que l'étude de leurs lésions nécessite des développements plus étendes que ceux qu'il est d'usage de leur donner dans le plus grand nombre des ouvrages de chirurgie.

En outre de celles qui sont habituellement décrites par les anatomistes, d'autres bourses séreuses peuvent se développer accidentellement partout où des saillies osseuses, recouvertes d'une couche mince de parties molles, sont soumises à des pressions et à des frottements prolongés. Ces bourses séreuses accidentelles se forment ordinairement sur les saillies anormales du squelette, sur celles, par exemple, qui se produisent sur les gibbosités de la colonne vertébrale >ou sur le bord externe du pied- bot talus varus, où la structure des parties molles n'est point calculée pour subir sans inconvénient une pression constante, si quel« que coussin élastique, tel qu'une bourse séreuse, ne vient s'interposer entre les téguments et les saillies osseuses sous-jacentes. Ou a pris pour des anévrysmes des bourses séreuses d'un développement exagéré, et beaucoup d'en-

(1) Traduit par le D' Eugène Rochefort, médecin de la marine.

tre elles communiquent avec les articulations qu'elles avoisinent : tels sont les motifs pour lesquels les lésions de ces organes, soit accidentelles, soit opératoires, ont été quelquefois suivies de la perte des fonctions du membre ou même do la mort du malade.

Développements et rapports anatomiques des bourses séreuses.

Une élude allentive du mode de développement des bourses séreuses et de leurs rapports anatomiques est de la plus haute importance : elle éclaircira certains points de leurs maladies qui seraient sans elle difficiles à comprendre.

Les anatomistes ont l'habitude de décrire deux variétés de bourses séreuses, — les bourses séreuses proprement dites et les bourses synoviales^ — ces dernières sont des gaines ligamenteuses tapissées d'une mince membrane sécrétante et dans lesquelles glissent les tendons, tandis que les premières ne sont que de simples sacs séreux qui peuvent n'avoir aucun rapport avec les tendons. Certaines bourses séreuses présentent des franges vasculaires, mais il n'existe aucune différence histologique réelle entre les deux variétés.

Ce sont les maladies des bourses séreuses proprement dites qui fixeront surtout notre attention, bien que, cependant, nous décrirons celles de certains sacs séreux qui ont été classés par quelques anatomistes au nombre des bourses synoviales.

Au point de vue clinique, les bourses séreuses peuvent être encore subdivisées en deux

classes : i<^ les bourses séreuses sous-cutanées ; et 2® celles qui sont en relation avec des tendons placés à une plus grande profondeur, et qui, par conséquent, sont souvent en rapport avec les jointures.

Cette division anatomique n'est pas d'une bien grande rigueur, mais elle a beaucoup d'importance pratique, puisqu'un traitement qui serait convenable et sans danger pour les bourses séreuses du premier genre pourrait être, et il l'est souvent, tout à fait désastreux s'il était appliqué à celles du second. Ce détail pratique qui résulte de la dififérence des rapports anatomiques des bourses séreuses, ne doit jamais être perdu de vue lorsqu'il faut décider ce qu'il est convenable de faire dans un cas donné.

Toutes les bourses séreuses sont des cavités closes qui, comme je le montrerai tout à l'heure, sont formées aux dépens du tissu cellulaire. Ce tissu est constitué par d'innombrables faisceaux conjonctifs qui se continuent avec la peau, le périoste, les aponévroses, etc. De l'entrecroisement de ces faisceaux résultent de petits espaces libres dans lesquels existe normalement un liquide séreux ou lymphoïde. On trouve ensuite, appliquées sur les faisceaux, de grandes cellules plates à noyau nucléole, qui ressemblent aux cellules endothéliales de toutes les membranes séreuses et qui leur sont pratiquement identiques. Par suite de leur arrangement mécanique» les faisceaux du tissu conjonctif peuvent se mouvoir les uns sur les autres, ainsi que le font les surfaces opposées de toute cavité séreuse : la plèvre, par exemple. Ces mouvements sont facilités par la présence du fluide séreux dont il a été question tout à l'heure. Et maintenant, il ne faut plus, pour constituer une bourse séreuse normale ou accidentelle, qu'une accumulation locale du fluide normal qui sépare les faisceaux du tissu conjonctif, les condense de manière à en former une paroi tapissée d'une couche plus ou moins continue de tissu conjonctif, c'est-à-dire par des cellules endothéliales. De pareilles cavités seront traversées, ainsi que le sont souvent, en efifet, les bourses séreuses, par des cloisons incomplètes, ou peut-être même, tout simplement, par des faisceaux de tissu fîbreux. Si, comme le conseillent Cornil et Ranvier, l'on examine le siège d'une injection hypodermique de sérum, on trouvera précisément ce que je viens de décrire sans qu'il soit possible de constater aucune différence microscopique ou macroscopique de quelque importance avec

ce que l'on rencontre dans le cas d'une bourse séreuse normale. Si Ton me demande quelle est la cause de l'accumulation primitive du fluide, je réponds que c'est le mouvement normal de pression et de frottement auquel la partie est assujettie. 11 en résulte aoe congestion locale, qui a pour conséquence un aHlux de liquide; la congestion, en se reproduisant, en empêche la résorption et il Onit par devenir permanent tout en subissant quelques modifications dans ses caractères. La traction, qui s'exerce incessamment sur les cloisons incomplètes et sur les brides qui lraTe^ sent la cavité, a pour résultat de les allonger '] ou de les rompre et de permettre ainsi la mise en communication de plusieurs lacunes, ouli fusion de plusieurs d'entre elles en une seule. Qu'elles soient, au point de vue de leur origine, produites dans le cours de la vie intrautérine, — car quelques-unes paraissent dès la fin du troisième mois, — ou dans le cours de la vie ultérieure, je crois que le mécanisme de formation est le même pour toutes les variétés de bourses séreuses.

Si l'on ne perd pas de vue que les espaces qui existent à l'état normal entre les faisceau du tissu conjonctif sont en communication directe avec les vaisseaux lymphatiques, il devient évident qu'une bourse séreuse n'est rien autre chose qu'un espace lymphatique agrandi et devenu permanent. Comme, par conséquent, une bourse séreuse fait partie intégrante do tissu conjonctif, rien ne garantit que l'inflammation de l'un de ces sacs restera localisée. Au contraire, l'inflammation traumatique d'une bourse séreuse, celle de l'olécrftne, par exemple, a parfois pour conséquence une cellulite étendue du bras et de l'avant-bras. D'un autre côté, une affection intéressant primitivement la peau et le tissu cellulaire sous-cutané peut déterminer Tinflammation d'une bourse séreuse contiguë. Ces connexions lymphatiques, — les bourses séreuses faisant en effet partie, comme on l'a vu, du 'système lymphatique — rendent aisément compte des troubles généraux graves qui s'observent dans l'inflammation aiguë de quelques-uns des plus importants de ces organes. Comparant les petites choses ^nx grandes, on peut dire que les conditions sont ici les mêmes que celles de la péritonite, dans laquelle le sac péritonéal n'étant à proprement parler qu'un énorme espace lymphatique, les produits septiques sont absorbés avec rapidité et produisent, par leur soudaine irruption dans le torrent circulatoire, les phénomènes géoé-

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