‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 78 sur 452 · BOURSES SÉREUSES DU COUDE ET DES RÉGIONS VOISINES · texte numérisé non relu

BOURSES SÉREUSES DU COUDE ET DES RÉGIONS VOISINES

Di talion, qui se fait sentir et entendre le plus iislinctement au ni?eau de l'angle inférieur du icapulum, se propage jusqu'à la pointe de l'épaule et même le long du bras. Cette pseudocrépitation a été prise par des observateurs inattentifs ou peu expérimentés pour le signe d'une fracture de côte ou de l'omoplate, ou pour une arthrite sèche de l'articulation de l'épaule. Boinet est le premier qui ait fait remarquer ce symptôme et Terrillon a écrit à ce sujet deux mémoires remarquables (1).

A un moindre degré, ce symptôme peut se défelopper chez des individus bien portants en apparence quand on presse fortement l'omoplate contre le thorax en imprimant à l'os divers mouvements. Pour cela, il faut que l'omoplate soit placée dans une position telle que l'angle inférieur s'applique exactement contre la paroi thoracique. Ce phénomène est dû à l'une des trois conditions suivantes : I* une exostose des côtes ou du scapulum avant amené une résorption partielle des muscles grand dentelé et sous-scapulaire et periDettant, par suite, aux deux surfaces osseuses de se trouver en contact ; 2° à une saillie iocalisée des côtes due au retrait de la poitrine, à la suite d'une pleurésie, par exemple, et avec la même atrophie musculaire que plus haut *, ^ ou enfin à l'atrophie primitive des muscles, elle que celle qui se produit souvent dans l'anrylose de l'articulation scapulo-humérale, et {oî permet aux côtes et à l'omoplate de se troureren contact sans cesser d'être dans leur état lormal. C'est cette dernière condition qui, plus {ue toutes les autres, donne lieu à un mouve- Ddent exagéré du scapulum, et ce mouvement est un facteur important dans la production de celte bourse séreuse. Toutes ces conditions ont été vérifiées par l'examen nécroscopique.

Sympt6mes.

L'angle inférieur de l'omoplate est soulevé

par une tumeur fluctuante qui bombe de chaque côté de l'os, près du bord axillaire et près du bord spinal. Les mêmes parties de l'os sont légèrement soulevées dans les cas où l'épanchement n'est pas assez abondant pour être reconnu, comme s'il y avait parésie musculaire. Il y a faiblesse marquée de l'épaule, surtout lorsqu'on élève le bras. Il n'y a aucune sensibilité, aucun signe d'une maladie des côtes sous-jacentes, ni des vertèbres voisines. Les craquements ordinaires produits par les corps hordéiformes se retrouvent facilement, mais quand il y a un épanchement abondant, la crépitation spéciale ne se perçoit plus, à cause de l'éloignenient des deux surfaces osseuses.

Diagnostic.

Il peut être fait aisément, en se rappelant que toute position du membre supérieur qui empêche le contact immédiat de l'angle inférieur de l'omoplate avec le thorax empêche, soit de sentir la crépitation, soit de l'entendre, — car elle est souvent assez bruyante pour cela. En portant le bras élevé au devant du thorax, la crépitation ne se produit pas, ce qui écarte définitivement toute idée de fracture. Fixant alors l'omoplate dans cette position par le secours d'un aide, on s'assure rapidement, en manipulant l'épaule, qu'il ne s'agit pas d'une ankylose vraie ou fausse, que l'articulation est restée parfaitement saine.

Traitement.

Le trapèze, le rhomboïde, l'élévateur de l'angle de l'omoplate et le grand dentelé sen\blent être les muscles affaiblis. L'électricité parait n'avoir aucune utilité. Terrillon a, par suite, été obligé de recourir à un appareil fixant très solidement l'omoplate contre la paroi de la poitrine. C'est le seul moyen qui ait été couronné de succès.

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