‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 82 sur 452 · BOURSES SÉREUSES DU POIGNET ET DE LA MAIN · texte numérisé non relu

BOURSES SÉREUSES DU POIGNET ET DE LA MAIN

Les bourses séreuses de cette région, ainsi que celles du cou-de-pied, sont ordinairement des bourses synoviales (gaines synoviales des tendons) et l'étude de leurs maladies appartient à un autre article. Celles que l'on peut véritablement décrire comme des bourses séreuses plutôt que comme des gaines synoviales ne sont qu'au nombre de deux, savoir : une sur l'apophyse styloïde du radius ; une autre sur celle du cubitus. A la main, des bourses séreuses constantes existent à la face dorsale, ainsi qu'à la face palmaire des articulations métacarpo-phalangiennes, àla face dorsale des articulations des phalanges entre elles ; quelquefois sur le bord radial de la première phalange de l'index de la main droite chez les menuisiers; à la face postérieure des second et cinquième métacarpiens de la main droite chez les ouvriers en papiers peints (2), et

gement de la synoviale de rarticulatiou. (Barwell, Diseases of Joints ^ 1881, p. 448.)

(1) Le D^ D.-H. Âgnew, rapporte un cas d'hypertrophie chronique de cette bourse séreuse, qui, par la compression qu'elle exerçait sur les nerfs médian et interosseux postérieur, avait amené la perte du mouvement des muscles de Tavant-bras {Tram, ofihe Patholog. Soc. of Philadelphia, vol. II, p. 139).

(2) Ce renseignement est fourni par les auteurs

sur la première articulation phalangienne de l'index droit chez les écrivains. ,

Il n'y a rien de spécial à ajouter au sujet des bourses séreuses du poignet, qui ont été suffisamment étudiées à propos des hernies synoviales. Celles de la main ne sauraient être traitées aussi sommairement, parce que les bourses séreuses de la face dorsale des articulations phalangiennes, surtout celles de l'index, ainsi que celles des faces dorsales et palmaires des articulations métarcarpo-phalangiennes, sont sujettes à une forme douloureuse de dilatation. Les rhumatisants et les goutteux sont, sinon les seuls, du moins ceux qui en ont le plus à souffrir, à moins que le traumatisme n'en soit la cause déterminante. Ordinairement, ces dilatations semblent ne pas avoir d'autres causes que l'action normale de la partie. Les écritures prolongées ou quelque autre travail manuel léger peuvent en être le point de déparL Chez tout autre qu'un rhumatisant ou un goutteux le

français. — Voyez Tardleu, Mémoire sur VHentiti {Ann. d'Htjg., 1849-1850, t. XLII et XLIII). — Vernois, De la main des ouvriers et des artisans au poijit de vue de V hygiène et de la médecine légale (Ann. d'Hyg., 1862, 2* série, t. XVÏI, p. 101). %

(1) Barwell, op. cit.

TRAITEMENT

même genre et la même quantité de travail ne produiraient rien de plus qu'une fatigue passagère. Les parties affectées se gonflent, deviennent douloureuses, roides et sensibles. Tous les symptômes sont surtout prononcés le matin, au lever, et s'atténuent dans la journée. Le repos amène d'abord du soulagement, mais le moindre exercice rappelle le mal; les tissus péri-arliculaires font percevoir, quand on les comprime, une certaine crépitation, le gonflement survient et le membre devient à peu près inutile. L'état du temps a évidemment de l'influence sur les parties malades et les accès intercurrents, intéressant d'autres bourses séreuses ou peut-être même des articulations, ne sont pas rares. Il existe d'ordinaire en même temps de la synovite tendineuse ou du moins,' il y a toutes les apparences. Le diagnostic est trop facile pour qu'il soit nécessaire d'ajouter d'autres détails.

Traitement.

Le succès dépend de la constatation du vice constitutionnel. La région doit être tenue dans le repos le plus complet jusqu'à ce que la chaleur et la sensibilité locales aient disparu. On tiendra le doigt dans la demi-flexion au moyen d'une attelle légère de gutta-percha moulée sur la partie, ou de tout autre dispositif analogue. On y maintiendra une couche de coton hydrophile imbibé d'une solution d'acide lactique à 5 p. iOO, tant que la peau ne présentera pas d'irritation; dans ce dernier cas on pourrait avoir recours à quelque astringent sédatif tel que l'hammamelis. Des lotions alcoolisées additionnées d'une solution d'iodure de potassium en diverses proportions et appliquées de la même manière se montreront également utiles. Quand l'affection est devenue chronique, il faut que le chirurgien se souvienne que l'articulation ne saurait rester trop longtemps au repos, sans crainte d'ankylose, on imprimera alors des mouvements actifs et passifs, exécutés avec beaucoup de précaution, et Ton y joindra des bains alcalins ou des douches chaudes. Parfois l'application du thermo-cautère chauffé dans l'eau booillaote, se montrera fort utile. D'ordinaire, il suffit de faire rougir la peau, mais, parfois, il tautaUer jusqu'à produire la vésication, pour obtenir un résultat vraiment utile. L'application (l'une bande de caoutchouc agit d'une manière admirable quand il faut faire disparaître un

reste de raideur et de gonflement des articulations phalangiennes. Cette bande sera taillée dans un condom de caoutchouc un peu fort, car tout autre tissu de caoutchouc serait trop épais, et on la fixera au moyen d'une ganse attachée à Tune de ses extrémités.

Un traitement général et un régime sévère sont de la plus haute importance. L'iodure de potassium, à petites doses, secondé par le chlorhydrate d'ammoniaque avec ou sans colchique; les eaux alcalines naturelles et, par dessus tout, le séjour près d'une source minérale convenablement choisie, feront beaucoup plus d'effet que tous les traitements locaux. Les eaux thermales sulfureuses, les eaux lithinées sont ce qu'il y a de meilleur. Les seules eaux naturellesà prendre à domicile,dont j'aie quelque expérience, sont les eaux lithinées de Buffalo que j'ai employées avec avantage pour moi-même. 11 faut les prendre en grande quantité et pendant un temps assez long. N'ayant aucune expérience personnelle des effets des eaux minérales anglaises et européennes, je préfère renvoyer le lecteur aux auteurs qui, comme Barwell et autres, ont eu beaucoup d'occasions de se familiariser avec le traitement thermo-minéral des affections goutteuses et rhumatismales {{). Pour tout chirurgien qui lira ce travail et qui aura eu à traiter quelques-uns de ces cas si difficiles, il n'est pas besoin d'excuse pour la longueur de cet article. La maladie entraine une telle incapacité et la guérison en est si difficile à obtenir, qu'ayant eu quelque expérience personnelle et quelques succès dans son traitement, je suis heureux de pouvoir apporter ma faible contribution aux progrès de sa thérapeutique. C'est une affection essentiellement chronique; le traitement doit être continué pendant des mois et même des années; je pense, toutefois, que beaucoup de malades peuvent guérir ou que tout au moins la maladie peut être maintenue à un tel degré d'atténuation que les malades puissent se considérer comme pratiquement guéris (l).

(1) Barwell, op. cit.^ p. 398.

(l) 11 faut évidemment, au point de vue du traitement, distinguer entre la goutte « tonique » et la goutte « atonique ». Le lecteur est prié de se reporter à l'ouvrage de Barwell {Diseases of the Joints, London, 1881, pp. 220, 245), il y trouvera d'excellents conseils pour le traitement de Tarthrite goutteuse ou rhumatismale, et dont beaucoup sont applicables au traitement de la variété que je viens de décrire.

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