PANSEMENTS CONSÉCUTIFS
Les pansements consécutifs sont ceux qui sont employés d'une manière continue dan^ l'intervalle des cautérisations. Les pansements secs sont infiniment préférables aux pansements humides. L'iodoforme est l'agent le plus recommandable sous ce rapport; la seule objection à son usage est son odeur acre et pénétrante. On a proposé beaucoup de substanc<;s pour pallier ce défaut, la dernière est l'hydrate de chloral; mais aucune d'elles na une grande efficacité. La meilleure manière de corriger cette odeur serait peut-être d'avertir le malade de ne pas répandre de la poudre d'iodoforme sur ses mains et sur ses vêtements ; avec une attention suffisante, on peut ainsi amoindrir le désagrément d'un excellent médicament. Outre l'iodoforme, l'oxyde de zinc impur, le tannin en poudre mêlé à quelque autre poudre inerte comme le bismuth ou le ly* copode, dans la proportion d'une partie du médicament actif pour trois parties du médicament inerte, sont souvent utiles. Ces pansements doivent être faits plusieurs fois par jonr, l'ulcération lavée avec soin à l'eau chaude araiit chaque pansement. Après avoir saupoudré les parties, on les protège avec de la charpie ou du
PATHOLOGIE
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coton absorbable de Oavison, lequel constitue un excellent pansement. Des pansements humides les solutions d'acidephénique sont les meilleurs, mais l'inconvénient de l'usage prolongé de ces solutions est qu'elles macèrent Tépithélium des tissus voisins sains, qu'elles font durcir les parties environnantes et qu'elles rendent Tulcère Indolent et flasque. Un autre excellent pansement et préférable peut-être, en somme, à l'acide phénique, est ce qu'on appelle à l'hôpital de la Charité de Black well's Island la lotion à l'acide nitrique, qui est faite simplement avec ime solution de 4 grammes environ d'acide nitrique chimiquement pur dissous dans un demilitre d'eau. Si cette solution produit une sensation de brûlure et de douleur au niveau de l'ulcère pendant plus de trois à quatre minutes après son application, elle doit être diluée ; autrement il faut s'en servir telle quelle. Sous l'in- (laenc^ de cette solution, la surface de l'ulcère perd son aspect grisâtre, et se couvre de granulations de bonne nature ; l'écoulement purulent cesse et les bords de la plaie se recollent. Alors il faut cesser ce pansement et y substituer un
pansement sec. Dans le traitement de cette variété d'ulcère, il faut avoir soin de persévérer dans l'usage des médicaments jusqu'à cicatrisation complète, car un certain nombre de chancroïdes s'enflamment et s'étendent de nouveau, alors même qu'ils paraissent tout près de la guérison.
L'usage des bains d'eau chaude, généraux et locaux, a été recommandé, et il est certain que dans les cas d'inflammation intense, ils sont très utiles. Mais au point de vue de la guérison des chancroïdes, je ne puis me servir de termes d'approbation de quelques auteurs parlant du traitement par l'eau chaude; le plus que j'ai obtenu a été une diminution de l'inflammation, surtout dans les ulcères phagédéniques, dans lesquels, après la disparition des symptômes aigus (gonflement, rougeur et douleur), l'ulcère reste stationnaire, et réclame pour guérir des mesures plus actives. 11 peut rester dans cet état stationnaire alors môme que le traitement par les bains a été suivi avec soin et persévérance.