ARTHUR VAN IIARLINGEN. - PERIODE DES LESIONS SYPHILITIQUES
toujours d'un rouge vïî, et sa surface lisse et polie: elle peut atteindre les dimensions d'une cerise ou d'une amande, en donnant ainsi à la surface de la langue un aspect difforme.
Les plaques syphilitiques de la langue peuTent être distinguées des autres lésions de cet organe par les signes suîTants :
Chancre. — Lésion solitaire ; induration ; bords d'une coloration rougo franchement inflammatoire; ulcération profonde, à fond couvert souvent d'une fausse membrane, et plus tard, de granulations exubérantes : adénite sous-raaxillaire.
Aphthes. — Légères ulcérations à bords irréguliers, sans induration, souvent couvertes d'épithélium détaché, sur lequel on peut observer un liquide lactescent jaunâtre ; lésion rarement isolée; ordinairement douloureuse quand elle est ulcérée.
Stomatite ulcéro-membraneuse. — Affection rare, particulièrement sur la langue; coincidoncc d'ulcérations sur les gencives, la face interne des joues et les lèvres ; état fongueux et pultacé de la base de l'ulcère, gonflement des parties voisines; localisée fréquemment dans un des eûtes do la bouche; développement fréquent et considérable de ganglions douloureux correspondant à la lésion.
Une autre variété, assez souvent observée sur la langue, est connue sous le nom depsoriasis buecal(\). Elle se rencontre de préférence sur la partie latérale de la langue. A son début, cette variété de plaque muqueuse peut donner naissance à un gonflement et à un œdème consiilorahle ; plus tard elle devient dure, de consistance cartilagineuse, est extrêmement rebelle et dure quelquefois très longtemps sans changements (2).
Les accidents syphilitiques de la langue plus tardîts appartiennent à deux variétés distinctes, désignées par Alfred Fournier (3) sous le nom de ylossitc scléreuse et de glossite gommeuse. Ces deux variétés sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes, belles apparaissent généralement entre la cinquième ot la douzième année de la syphilis, quoique de temps en temps elles se montrent dès la seconde ou trèstard vers la quinzième ou même la seizième année. Elles affectent ordinairement la surface dorsale de la langue.
La glossite scléreuse peut être superficielle, ca-
(l) On donne également ce nom à des lésions non byphilitiqucs de la langue. C'est une source de confusion et il doit être abandonné.
(.2) Voir Dcbove, Psoriasis buccal. Thèse de Paris, 1873 ; et Mauriac, Du psoriasis de la tangue et de la muqueuse buccale^ Paris, 1875, pour une description plus complète de ces lésions^ surtout au point de vue du diagnostic.
(a) Alf. Fournier, Lfes fflosxites tertinircs^Vàns, 1877 : excellente monographie.
ractériséc par de petites ou de larges plaques indurées, nlntéressant que la couche supérieure de la muqueuse, et ayant une teinte rouge sombre, et une surface lisse dépouillée de ptpilles ; ou bien elle peut être profonde (sdérôse linguale, glossite lobulée), être caractérisée po une hyperplasie cellulaire s'étendant au pamh chyme de la langue, et par de la tuméfadioa, la mammillation et la lobulation de la suriîice dorsale de Torgane, l'induration profonde des parties atteintes^ des fissures, ainsi que par diverses altérations de la muqueuse.
La glossite gommeuse présente deux Tarîélés, selon que la muqueuse ou les couches sonsmuqueuse et musculaire sont atteintes. La première commence par des indurations de la grosseur d'une tête d'épingle ou d'un pois, situées superficiellement dans la muqueuse linguale, difficiles à voir, mais fermes au toucher. Au bout d'un certain temps ces petits nodules s'ulcèrent lentement ; ces ulcères sont profoods et taillés à pic comme par un poinçon. La gomme profonde ou musculaire de la langue se distingue principalement de la première variété par ses dimensions variant de celles d*UQ pois à celles d'une amande ou même à celles d*aae datte, et aussi parce qu'elle intéresse le tissa musculaire de la langue. Quand elle s'ouvre, cette gomme produit une large ulcération profonde, située ordinairement sur le dos de la langue.
Diagnostic
Le diagnostic de la glossite syphilitique tardive, de quelque espèce qu'elle soit, n'offre pas habituellement de grandes difficultés. Le chancre,iê psoriasis buccal ou lingual, la glossite des fameurs, la glossite dentaire et la glossite tuberculeuse s'en distinguent sans beaucoup dedifficolté. Mais le cancer de la langue peut présenter quelques difficultés. Les commémoratifs, s'ils sont exacts, ont dans ce cas une valeur considérable.
Le tableau suivant est emprunté à Alfred Fooroier; il établit le diagnostic différentiel du cancer ulcéré et de la gomme ulcérée de la langue :
Cancer ulcéré de la langue.
1 . Affection de Tàge mûr; maximum de fréquence entre 60 et 70 ans.