SYPHILIS RÉNALE
Nous nous sommes déjà occupés des troubles précoces de l'appareil urinaire. Les affections rénales qui nous restent à décrire sont de date postérieure, et ont une signification plus sérieuse.
La syphilis des reins présente deux variétés, différentes au point de vue pathologique, mais impossibles à distinguer cliniquemenL L'une est caractérisée par des dépôts gommeux ; l'autre est une néphrite diffuse, assez semblable à la sclérose syphilitique diffuse des poumons et des testicules.
Dans ces deux formes de désordres rénaux syphilitiques l'aflection commence d'une manière insidieuse. Au bout d'un certain temps les effets de l'affection rénale déterminent des troubles généraux ; le malade devient pâle et faible, il souffre d'un malaise général avec troubles gastriques,nauséesetvomissements,céphalalgie,
(1) BumBtead et Taylor.
douleurs lombaires, en un mot les symptômes habituels du début d'une affection rénale. Plas tard apparaît l'œdème des malléoles, la bouffesure de la face, des extra va sations dans les cavités séreuses, des épistaxîs et des hémoptysies. A cette période la polyurie el l'albuminurie diminuent un peu ; le malade est dans le même état que les brightiques ordinaires, et, si le processus morbide n'est pas arrêté, il su^ vient de l'anasarque, del'ascite, del'hydrothorax, des lésions oculaires et cérébrales, et finalement un état cachectique, qui se termine par la mort Les symptômes sont les mêmes que ceux des désordres rénaux non syphilitiques, mais en ce qui concerne le pronostic la différence est trfcs marquée. Pris à temps, et traité d'une manière appropriée par le mercure et l'iodure de potassium donnés isolément ou simultanément, le
(1) Cités par Jullien, op. cit., p. 934.
(2) Jullien, op. ciU, p. 935.