‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 112 sur 482 · PLAIES ET RUPTURES DE L'OESOPHAGE · texte numérisé non relu

PLAIES ET RUPTURES DE L'OESOPHAGE

Les plaies de la portion thoracique de l'œsophage sont des plus rares. En général ce viscère est atteint en môme temps que d'autres de la cavité thoracique, et cela dans les grands fracas de la poitrine presque toujours incompatibles avec la vie.

L'histoire de ces plaies, strictement limitées à la portion thoracique de Tœsophage, est fort mal connue et seulement par quelques cas isolés dans la science. Partout on trouve rapporté le fait de Boyer. Un homme de vingtans, d'une vigoureuse constitution, fut atteint, d'un coup de baïonnette à la partie antérieure de la poitrine. Il flt en se sauvant une demilieue en courant. Bientôt il fut atteint de toux et de vomissements sanguinolents, puis d'un état d'angoisse inexprimable, se plaignant d'une vive douleur dans toute la partie droite de la poitrine et dans la hanche. Pendant l'inspiration l'air sortait de la poitrine avec une force suffisante pour éteindre une lumière à 8 pouces de distance. Vers le troisième jour, la plaie laissa échapper une grande quantité de liquide rougeàtre, puis on acquit la certitude que les liquides avalés sortaient par la môme voie. On mille malade à une diète sévère pendant plusieurs jours, le nourrissant avec des lavements nutritifs. La plaie se ferma lentement, mais le malade présenta les signes d'un vaste épanchement pleural, et rejeta par vomissement une grande quantité de pus vers le 30<* jour. Les signes de plaies de l'œsophage sont très

obscurs, car il n'en est pas de plus certain que l'écoulement des liquides et des aliments par l'ouverture. Tout ce que l'on remarque en plus, les vomissements de sang, la dyspnée, l'anxiété péricordiale, peuvent se voir dans les violentes contusions de l'abdomen et du thorax.

Le traitement est facile à comprendre : abstinence de toute boisson, de tout aliment, au moins pendant les premiers jours. On peut à la vérité alimenter le malade avec la sonde œsophagienne mise à demeure, ou môme les lavements nutritifs. Au début, il est utile de faire usage de la saignée générale et du chloral.

Nous ne savons que fort peu de choses sur les ruptures de l'œsophage. J. Charles en 1870 a cité le cas d'un homme très alcoolique, qui au milieu de vomissements eut une rupture. A l'autopsie on constata une ouverture de la largeur d'une pièce de cinquante centimes, retirée à 2 pouces au-dessus du diaphragme. Le malade présenta une douleur vive, de la dyspnée, une soif extrême. La mort eut lieu au bout de sept heures et demie. On suppose que la rupture avait eu lieu en un point ramolli par une affection antérieure, dont au reste il n'est pas dit quelque chose de précis.

Nous n'avons pas à entrer dans plus de détails au sujet des ruptures suites d'altérations cancéreuses ou autres, d'inflammation aiguës, de rétrécissements cicatriciels : ils relèvent de la pathologie interne.

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