ULCÉRATION
Vulcération de la surface de l'abdomen survient comme le résultat d'écorchures, d'égrati-
HE!mT MORRIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ATOOlfEN.
gnnres de U pemu irritées on non soignées, ainsi que d'excorations dans le Toisioage de Tombilic et dans les aines chex les gens malpropres on d'une mauraise constitution. L'ombilic, cbex les nouTeau-nés ainsi que chex les indiridus gras s'enflamme et s'ulcère, faute de soins de propreté. Qiex les premiers, après la chute du cordon, il sunrient parfois une suppuration profuse ou une ulcération grare suine quelquefois d'bémorrhagie mortelle ; j'ai obserré une ulcération de cette nature qui s'est compliquée d'un érjsipèle ombilical mortel.
Traitement.
Si l'ulcération est légère, les soins de propreté, des lotions à l'eau blanche, des onctions au benxoate de xinc suffiront; si eDe denent atone, il faudra y appl iquer quelque lotion ou quelque liminent stimulant. S'il y a beaucoup d'inflammation, ou s'fly'a une hémorrhagie, il faut instituer un traitement rapide et énergique pour arrêter l'une ou l'autre, car llnflammation peut s'étendre et l'hémorrhagie se reproduire ; et ces deux états peuvent se terminer par la mort en quelques jours.
J'ai encore obserré des ulcérations proTenant d'un simple bouton. Gela est arrivé dans le cas suivant :
One femme de 48 int, forte et d apparence roboste avait en, pendant quelque temps, un petit l>outon dur situé à 5 centimètres au-dessus du ligament de Poupart, à la longue il devint rouge, irritable et dans Tespace de six jours prit le volume d*une noisette ; quatre ou cinq jours plus tard, il se faisait une ulcération ovoide de 30 centimètres de long sur 17 de large avec des bords indurés et laissant écouler un pus de mauvaise nature. Pendant la cicatrisation, la malade éprouva de riolentes douleurs s*irradiant du dos à l'aine, que l'on calma par des onctions l>elladouées faites sur les bords de Tnlcère. La cicatrisation fut très lente et ne fut achevée qu'au bout de quatre mois, la patiente gardant le lit continuellement. L'iodure de potassium, le mercure n*eurent aucun effet sur|l*ulcération, qui ne se cicatrisa qu'avec des applications de vaseline et d'huile phéniquée à 1 p. 40 jointe à l'administration interne de quinine et de fer.
11 est possible qu'un ulcère comme celui dont nous venons de parler ait une origine vénérienne sans être de nature syphilitique. Si un follicule enflammé ou un bouton écorché, dans une ré-
gion quelconque, est inoculé par un écoulement impur, fl est très probable qu'il prendra un caractère chancreUeux .
Tai observé an akère de cette natore, aitoé deatas du pa1>i8, qui devint aassi large qae la pawae de la main avec des bords âevés et un fond grisâtre irrégalier. n guérit av boat de qaelques semaines par TappUcation locale d*eaa phagédénlqae, remploi de Tepiam à doses faibles et répétées et le repes complet au fit.
Un chancre mou ou un bubon abcédé prat doTenir phagédénique [et s'étendre sur toute la partie inférieure de l'abdomen, au-dessus des fesses, le long des cuisses, près du Tigin, et s'accompagner de douleurs très vives. En raison de la laxité des tissus situés dans le Toisinage de l'aine et des parties inférieures de Tabdomen, ceux-ci s'infiltrent très vite des liquides morbides et leur désorganisation se fait très rapidement si on ne l'arrête par un traitement éne^lqne. Ces ulcères, quoique d'ofigine vénérienne, ne sont jamais produits par la' syphilis . En généraL ils affectent les hommes et surtout les jeunes femmes affaiblies, débauchées. Heureusement on les observe rarement aujourd'hui, dans les hôpitaux ; mais j'ai vu un ou deux cas horribles d'ulcères de cette nature, où les muscles des parois abdominales de la région fessière el ceux de la partie interne de la cuisse avaient été disséqués par le processus phagédénique, ce qui joint à la face émaciée, à l'aspect hectique et épuisé du malade, trahissait la soufllrance qu'il éprouvait et formait un tableau que je n'ai jamais oublié.
Traitement.
Le traUement de cette nature d'ulcères constrte, au débuts dans l'application d'adde nitrique fort ou de nitrate acide de mercure, répétée une ou deux fois s'il le faut ; dans quelques cas le phagédénisme a pu être détruit et l'ulcère derient de bonne nature ; en viême temps on calme les douleurs du patient. SI l'on ne soigne pas le malade au début, on donnera l'opium et les toniques à l'intérieur, une bonne nourriture, des stimu* lants en quantité modérée; on fera des applications locales d'opium mélangé à des solutions boriquées ou phéniquées, et Ton entretiendra un état de propreté des plus parfaits. Cependant le pronostic sera toujours sombre.