‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 161 sur 482 · BRULURES DES PAROIS ABDOMINALES · texte numérisé non relu

BRULURES DES PAROIS ABDOMINALES

Les brûlures des parois abdominales présen tant on caractère de gravité extrême, mais, dans la pratiqué civile, on les trouve rarement limitées à cette partie du corps, elle s'accompagnent, en général, de brûlures du thorax, du dos, des fesses et des cuisses. Dans la pratique militaire, on les observe comme le résultat d'explosions, d'éclatement d'armes à feu, d'obus, de cartouches contenues dans la giberne, etc. ; elles sont par conséqneotsouvent associées à des plaies contnses qai sont plus graves que les brûlures ellesmtoies. Sur les narines, on constate de temps en temps des cas très graves produits par l'éclatement des machines, des chaudières, etc.

La classification habituelle des brûlures peut s'appliquer aux parois abdominales, aussi n'estil pas nécessaire de la rapporter ici (i).yelpeau a comparé les brûlures aux contusions causées par les projectiles d'armes à feu, et il considère comme impossible de les distinguer l'une de l'autre, c'est-à-dire d'établir comment l'eschare a été produite. Dans les deux cas, il y a sphacèle des parties atteintes avec rougeur de la peau tout autour, et le processus de séparation de l'eschare ainsi qae celui de guérison de la plaie sont les mêmes. Les symptômes généraux, le pronostic, le traitement, les lésions constatées à l'autopsie, senties mêmes que pour les brûlures des autres régions. Même tendance aux épanchementsintraalktominaux que pour ceux du cerveau ou de la poitrine ; cependant si la destruction des tissus est profonde et étendue, il y a danger de péritonite, par extension pendant la période inflammatoire.

J'ai souvent observé, pendant celle-ci, de la douleur abdominale très vive et très étendue et quand elle s'accompagnait de vomissements ou

(1) Voy. G. Morton, BHUwreB^ in Sneyclopédie de chirurgie. Paris, 1888, t. Il, p. 707.

de diarrhées le pronostic restait douteux pendant quelques jours, parce qu'on ne pouvait savoir d'une façon exacte jusqu'à quel point la muqueuse de l'estomac ou celle de l'intestin pouvait être atteinte par l'inflammation. Quand il y a des ulcérations, la mort est généralement due aune hémorrhagie intestinale ou à une péritonite par perforation. Holmes (1) rapporte une observation dans laquelle l'artère pancréaticoduodénaleavaitétéouverteparuneulcération. Cependant les ulcérations intestinales consécutives aux brûlures ne sont pas nécessairement fatales. 11 n'est pas douteux que des brûlures étendues dans toutes les parties du corps peuvent être suivies de l'ulcération du duodénum. Holmes montre que 16 fois sur 125 cas de brûlures graves, il y a des ulcérations duodénales, et 2 fois des ulcérations sur les autres parties de l'intestin. Stokes a trouvé des ulcérations de l'estomac et du duodénum dans un cas de brûlure grave* Mayer dit que l'ulcération survient de sept à quatorze jours après la brûlure et est deux fois plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Holmes assigne la date de début la plus rapprochée à quatre jours et dit que d'habtiude on doit la reculer jusqu'à quinze jours. Choostels dit que dans huit cas, l'ulcération s'est manifestée le plus tôt au bout de deux jours elle plus tard au bout de dix-sept (2). Nous devons ajouter que beaucoup d'autres états morbides s'accompagnent d'ulcérations duodénales et stomacales, tels que l'érysipèle, le pemphigus et la pellagre. 11 est clair que les corps étrangers introduits dans le tube gastrointestinal peuvent produire des ulcérations (3).

(1) Holmes, Principies and practice of surgery, 3« édit., p. 107.

(2) Choostels, Americ. Journal of med. sciences, octob. 1888.

(3) Voir Corps étrangers de F estomac et de tintestint p. 399.

HENRY MORRIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN

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