‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 171 sur 482 · PLAIES PAR INCISION · texte numérisé non relu

PLAIES PAR INCISION

Elles sont produites par des couteaux, des rasoirs, des haches, des sabres, des morceaux d'élain, de verre ou tout autre corps à bords coupants.

Symptômes.

Elles laissent toujours les tissus plus ou moins béantSfSelon qu'ils sont plus ou moins élastiques, et les parois plus ou moins tendues au moment de la blessure ou immédiatement après, et selon que la plaie est transversale ou parallèle aux fibres musculaires. La quantité de sang dépendra du volume et du nombre des vaisseaux blessés, mais habituellement elle n'est pas abondante. La douleur qui est ressentie tout d'abord est due à la blessure des filets nerveux qui sont mis à nu, puis plus tard à la compression produite par l'épanchementinflammatoire.Lesplaies superficielles ou tégumentaires sont moins graves dans leurs symptômes et dans leurs chances de complications, que les plaies profondes ou musculo-tégumentaires. 11 y a à peine un peu de sang et peu ou pas de difficulté à maintenir les bords réunis, dans les plaies superficielles ; mais quand elles siègent aux reins ou à l'épigastre, il faut presque toujours faire des sutures en raison de la grande épaisseur des téguments à la région lombaire et de la saillie des côtes à l'épigastre. Les sutures sont aussi très utiles, sinon nécessaires, dans d'autres régions : àl'hypochondre et à l'épigastre, la mobilité des côtes oblige à mettre un appareil de contention afin d'empêcher les sutures d'être tiraillées. Quand les téguments sont très épais^ une plaie peut s'étendre à quelque profondeur sans atteindre les muscles. Dans les plaies profondes tout dépend de la division des muscles.

Dans les régions épigastrique, ombilicale et hypogastrique,une plaie transversale reste béante et une hémorrhagie est possible par blessure de

DENRY MORRIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN

l'artère mammaire interne ou des vaisseaux épigastriques profonds ou de quelques grosses veines. A l'hypochondre, si les espaces intercostaux sont perforés, il peut survenir une hémorrhagie inquiétante par blessure des vaisseaux interscostaux. Aux lombes, le muscle carré des lombes, la face postérieure des muscles spinaux, les artères et veines lombaires ainsi que les branches des nerfs spinaux peuvent être divisés. Roland a fait remarquer que si le muscle oblique externe est blessé parallèlement à ses fibres et que Toblique interne et le transverse soient aussi divisés, le sang et d'autres liquides peuvent se collecter au lieu de s'écouler, par suite de la fermeture de l'incision, dans l'oblique externe. Dans la région iliaque, les plaies longitudinales sont béantes plutôt que les transversales ; mais il est possible que le cordon spermatique ou l'artère épigastrique profonde soit blessée.

Traitement.

Dans les plaies par incision, comme du reste pour toutes les autres, il est nécessaire d'arrêter rhémorrhajîie, d'enlever les morceaux de vêtement ou tout autre corps étranger, d'établir un drainage et de réunir les bords divisés.

!• Si l'hémorrhagie est fournie par des petits vaisseaux ou des capillaires et qu'elle ait le caractère d'un suintement, l'exposition à Fair pendant quelque temps suffira. Si elle provient d'un gros vaisseau tel que l'artère circonflexe iliaque, l'artère épigaslrique ou un gros rameau musculaire, il suffira de le tordre avec la pince ou d'en faire la ligature. Si Théniorrhagie est profuse et persistante et qu'elle soit fournie par un vaisseau profond, il faut, si cela est nécessaire, élargir la plaie pour saisir le bout du vaisseau. Dans l'hémorrhagie provenant des artères épigastrique profonde, circonilfxe iliaque, manïmaire, lombaire, il est dangereux de se borner à des moyens palliatifs. Ou pourrait citer bien des cas où lu mort a été la conséquence de temps perdu en applications de compresses, de bandes, de styptiques. La ligature ou la torsion est nécessaire et, dans ces cas, le meilleur anatomiste sera le plus habile chirurgien. Tue hémorrhagie secondaire peut survenir à la suite d'accès de toux, de vomissement ou de tout autre effort quand le sang a été provisoirement arrêté par un caillot. Des compresses, graduées ou autres, constituent de mauvais pansements; le malade ne peut les supporter, elles sont souvent inutiles parce qu'elles ne présentent pas de résistance ', elles peuvent être cause que le sang forme

des clapiers au milieu des tissus, et dans les Uessures profondes elles peuvent amener le dèool* lement du péritoine par la pression qu'elles exercent.

2® Dans les lombes, en raison de la grande épaisseur des parois, un corps étranger peut être caché au milieu de la plaie, ce qui fait qu'on ne peut Fapercevoir, tandis qu'ailleurs il est rare qu'il échappe à une investigation sérieuse. A moins qu'il n'y ait heu de soupçonner la présenoe d'un corps étranger, on ne doit pas se servir d'un stylet pour les plaies abdominales. On observera la plus grande propreté dans les pansements, et l'on fera bien de commencer par un lavage antiseptique de la plaie.

3* Quand il y a du sang dans la plaie onqn*on suppose qu'il se fera un suintement, on introdaîra dans l'incision un tube h, drainage, un fil de catgut, un crin de cheval ou de la soie huilée.

i^ Pour amener les bords en contact et les y maintenir sans tension, mobilité ou irritation, il est bon, en dehors des sutures, de soutenir les parties avec de longues bandes de diachylon bien appliquées, de façon à bien soutenir les tissus et à les empêcher de bouger lorsque le malade respire ou change de position. Aussi It posture aide beaucoup à assurer le contact des bords en relftchant les muscles. Ainsi dans les plaies transversales, en avant de l'abdomen, le tronc et les cuisses devront rester fléchis; dans les plaies transversales de la partie latérale du ventre, il faut incliner le tronc du côté blessé; dans les plaies situées en arrière ou ailleurs, il faut rester couché tout droit sur le dos. Quel que soit le pansement employé, il est totqours bon de soutenir la partie blessée en exerçantsur elle une douce compression élastique,- en plaçant un tampon d'ouate sous le bandage.

11 a existé de grandes divergences d'opinion relativement aux sutures; mais pour moi je crois bien que sinon toujours nécessaires dans les plaies superficielles, elles sont avantageuses dans les profondes. I^s sutures interrompues constîtuenl la meilleure forme, et les meilleures substances sont l'intestin de poisson, le catgut, la soie convenablement préparée dans une solution de cire blanche fondue, d'acide pbénique et de chloroforme. Les sutures doivent traverser tons les tissus divisés, les muscles, les aponévroses cl la peau, et assez loin des bords de la plais pour en éviter l'ulcération ou le tiraillement avant qu'une couche de matière plastique ne se soit formée.

On prescrira un régime modéré, des laxatifs

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