TUMEURS BÉNIGNES
La trachée peut devenir le siège de toutes les | variétés de néoplasme bénins. Ainsi qu'on peut le voir dans le tableau (p. 1?2) où sont notés des cas de néoplasmes trachéaux, ces tumeurs sont plus fréquemment situées dans la portion membraneuse que dans la. portion cartilagineuse, et plus souvent en sa partie supérieure qu'en sa partie inférieure. On en trouve un certain nombre à la bifurcation (fig. 2167). Quelques-unes s'accompagnent de néopiasies analogues du larynx,des bronches ou de l'œsophage ; quelquesunes, surtout l'ecchondrome et Tostéome, sont associées à la tuberculose. Les adultes en sont plutôt atteints que les enfants, et les hommes plus que les femmes. L'étiologie en est obscure. Le peu de renseignements que l'on a sur la profession des malades ne fournit aucun indice dans cette direction. — (Voir les tableaux suivants, p. 122) :
FORMATIONS GRANULOMATEUSES.
Les végétations polypiformes pédiculées, dépassent rarement le volume d'un pois, surviennent quelquefois au niveau de la cicatrice intratrachéale, d'ordinaire deux mois après la fermeture de la pluie trachéotomique. Au microscope, elles sont analogues aux excroissances en chou-fleur, ou aux granulations exubérantes qui se montrent si souvent autour des lèvres ou le long du trajet de la plaie, pendant. que la canule est en position, et que la région n'est pas tenue et pansée assez proprement; elles ressemblent également à celles qui se forment sur les portions de muqueuses ulcérées, par la compression qu'exerce le tube, mais elles paraissent acquérir un revêtement épilhélial qui quelquefois même se recouvre de cils. 11 n'y a pas là de véritable néoplasme au point de vue histologique; mais ces granulations peuvent être, en clinique, considérées comme des tumeurs bénignes, d'autant plus qu'elles présentent les mêmes symptômes, les mêmes dangers et sont justiciables du même traitement, c'est-à-dire incision trachéale, évulsion. complète, cautérisulion des points d'inflammation. Elles peuvent
même se reproduire sur la seconde cicatrice e( nécessiter, d'après Koeh (2), une troisième tn* chéotomle. Ces tumeurs sont quelquefois décrites sous le nom de polypes. Elles ont été spécialement étudiées parPetel (3).
Krishaber, Saint-Germain, Vemeuil et autres croient que ces formations naissent de la moqueuse saisie, et précèdent ainsi la trachéotomie. Millard et Harvey et d'autres observateurs prétendent qu'elles sont dues à des caillots sanguios qui deviennent adhérents. Dans un cas qui m'i été communiqué par le D' A.-H. Smith, de New-York, une tumeur violet foncé, du volume d'une amande, apparut nettement fixée au côté gauche de la cicatrice, six semaines après U trachéotomie. L'expectoration était striée de sang; la respiration ne devint plus facile qu'après que le malade eut rejeté par la toux un caillot de sang noir ; l'examen laryngoscopique fut pratiqué, on ne trouva plus la tumeur. Petel parle d'une tumeur découverte sur la muqueuse trachéale, au niveau d'une cicatrice de trachéotomie sur le corps d'un homme, âgé de soixanteneuf ans, qui s'était suicidé. On ne putriensar voir concernant son histoire.
Les végétations granulomateuses, de beaucoup plus fréquentes, qui surviennent après 1» trachéotomie ont été étudiées avec le croup ella diphthérie, à propos des causes qui empècheol d'enlever de bonne heure la canule. Elles oot été soigneusement étudiées par Koch {'*).
(1) Do es exciiion of the larynx tend to tke prolongation of iife? {Transact. of Vie Collège ofp^r siciant of Philadelphia, 1883).
Consulter en outre les travaux suivants : BUfl^r ^ Cancer du larynx. Thèse, Paris, 1872.
Krishaber, Thèse, Paris, 1872. — Dict. des *^' méd,, art. Larynx.
Bœckel, Dict. de méd. et de chir. pratiques ^* Jaccoud. Paris, 1875, t. XX.
Poyet, Manuel de Inryngoscopie^ 1881.
(•:) Koch, Arch. fur klin. Chirurgie, Bd XX, S. S**'
(3) Petel, Des polypes de la trachée, Paris, l$19^
(4) Koch, loc, cit,, S. S40-5S8.
TUMEURS MAUGNES DE LA TRACÉE. — TJ^tnEHENT.
TUMEURS MAUGNES.
Ainsi qu'on le verra dans la première des tables qni sulvenl, toute courte qu'elle est, le inrcome [Sg. 3IG8] semble se produire dans la trachée aiec une fréquence relativemenl plus grande que dsnsle lary nx ; sur les mille cas de tufnearsdelarjnx qui onlélé relevés, on ne compte que peu de sarcomes. Ce fait est dû sans doute iceqne Jes tumeurs du larynx, étant plus com- ■nonea, sont moins souvent notées et soumises à tuiexaineD moins soigneux et qu'ainsi blendes sarcoRies du larynx passent inaperçus. Les cas
Kg. IIM. — Sirconio de la tracliéo (Schrœlter).
de flbro-Mrcomes observés, au nombre de deux, ayant été guéris, sans qu'il Tût nécessaire de recourir à un traitement radical, ont été classés psnni ceux de tumeurs bénignes.
CAIICI.^O)IE.
■^ eareinomt de la trachée est rare comme lésion primitive ; les cas qui sont cités dans la seconde de mes tables [p. 128) sont tous ceuxque j'ai présents à l'esprit. On y verra qu'il est plus fréquent à la partie supérieure de la trachée, qu'il ■iâge surtout sur la paroi membraneuse et qu'il t'accompagne parfois de carcinome primitif des bronches. Les observations sont trop rares pour permettre dV^lablir des comparaisons de fréquence entre les différentes variélés. Les hommes et les femmes y semblent sujets dans des proporlions égales ; tous les cas connus ont éie obxrvéscheijes adultes. Voirie tableau suivant. Le carcinome secondaire parait être encore (lui rare ; la seule observation que je connaisse lirait à un carcinome primilif du tiers supérwor de l'œsophage rapporté par Eppinger (1); uundairement, un nodule arrondi, métasta- B^M, du volume d'une noisette, s'était développé k la bifurcation de la trachée, il tombait "> putie sur le calibre de la trachée, el était d'utie part enclavé entre la trachée el l'oeso-
W) lut», op. cit., Bd U, Abth. 1, S. 301.
phage. Eppinger dit également avoir vu des taches mélaniques apparaître sur la muqueuse trachéale comme phénomène métastatique, consécutif à un carcinome mèlanique de la
Le carcinome delà trachée développé par propagation d'une semblable lésion d'organes contigus n'est nullement rare. Ces propagations se font de l'œsophage, du larynx, du corps thyroïde, des ganglions bronchiques et des glandes. L'ulcération est surtout fréquente dans les carci- •nomes venus de l'œsophage et du larynx, et entraîne plus d'une fois une communication âstuleuse entre la trachée et l'œsophage. Le carcinome de ces deux conduits peut atteindre de grandes dimensions, el comprendre dans sa masse l'artère carotide primitive, la veine JU' gulaire, le pneumogastrique et la plèvre (<J.
Symptftmes des tameurs trachéales.
Il n'y a aucun aymptOme absolument palhognomonique de la présence d'une tumeur dans la trachée, à moins qu'elle ne devienne asseï volumineuse pour interrompre mécaniquement la respiration et provoquer une toux intense, de la dyspnée et même du stridor. La toux dure, sèche, persistante, a dansccrtains cas précédé la respiration laborieuse et le stridor, et très probablement les râles secs el sonores font partie des symplOmes les plus précoces. La voix est quelquefois très altérée au point de vue de sa force, par la diminution du volume du courant expiratoire. On atténue souvcntrintensité decea symptômes en faisant incliner la tète du sujet en avant; la position couchée est au contraire intolérable. La dyspnée varie suivant la mobilité, lagrosseur et le siège de lit tumeur-, elle peut aller jusqu'à la sufl'ucation. Dans le cas du D' Fifield(3),une tumcurpédiculée primitive, du volume d'une graine de raisin, s'insérait à la trachée au niveau de l'ouverture de la bronche ^-auche et, au jiiomenl de l'inspiration, jouait le rôle de valvule et obmrait la bronche. Mackenzie (3] rapporte un casdansicquelles quatrième, cinquième et sixième anneaux de la trachée étaient recouverts en avant par une tumeur semblable; la mort fut soudaine. Slallard (4J
(!) Wood, Bnt. med. Joum., teb. 25, 1«7I, y. 196.
P) tifleld, Botlon med. et surg. Joum.. nov. U, 1861. at« par Glbb.
(3) MKkeniie, op. cit., vol. I, p- Sîâ.
(4) Sullïrd, loc. cil.
J. SOLIS-GOHEN. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES
Cas de tnmeiirs Md