‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 15Chapitre 67 sur 145 · MALO · texte numérisé non relu

MALO

toire df! la république Crançaise. La circonspection extrême dont il usa durant les né* gociations fut le sujet de nombreuses plaisanteries : les conférences n'eurent pas de suite satisfaisante ; néanmoins les plus hautes dignités de la couronne récompensèrent la conduite du diplomate anglais. Lord Malmesburj est mort en 1820. Ou a de lui : /ntroduetion to thê Historjr qfihedutehrepU' blieforthe last unxtarsfrom V311 , in-8<», 1788; il a donné en outre une très-belle édition des OEuures de son père James Barris, 2 vol. in.4o. 1801.

" MALMIGNATI (Julks) , poète iUlien , né à Lendinara dans la Polésine de Rovigo ▼ers la fin du 16* siècle , n^est connu que d après ce qu'il dit de lui-même dans ses ouvrages d'ailleurs fort médiocres. On a de lui : il Clorindo , tragédie pastorale , Trévise, I604,in.8o, 1618, I630,in-125 VOr^ d'4ura , tragédie, ibid., lfô0,in-8«; Venue, 1630 , in- 12 ; VEnrico^ poème héroïque , Venise , 1623 , in-8« , très-rare. Il ne faut pas le confondre avec Barthélemi Malmi- GHATi , son parent , qui a fait imprimer les deux harangues suivantes : Orazione,,, neUa congratulatione del S. principe di f^enezia Mnrcantonio Treifisano , Venise , 1554 , in 8'; tt— perla creazione del doge Feniero^ ibid., 1554 , in-8o.

* MALOËT ( PiBRBB ) , médecin , né à Çlermont en Auvergne dans les dernières années du 17e siècle, fut reçu docteur de la faculté de Pans en 1720 , devint médecin de 1 hôtel royal des Invalides, membre de l'Académie des sciences en i 725, et mourut en 1 742. On a de lui un écrit intitulé : Ohirurgia non est medicind eertior^ Paris , 1736 , in-4o, et beaucoup d'observations intéressantes de médecine pratique , insérées dans les Mémoires de l'Académie des sciences. — Son fils Pierre- Louis-Marie Malobt, né à Paris en 1740, fut reçu docteur eu médecine de la faculté de Paris en 1752 , et deviut ensuite piç-ofesseur de physiologie et de matière médicale , médecin en chef de l'hùpital de la Charité , médecin de mesdames de France , filles de Louis XV, inspecteur-général des hôpitaux militaires du royaume et conseiller du roi.

Ayant a^ompagné ses illustres clientes dans leur émigration , il perdit tous ses biens qui furent vendus. A son retour en France il fut nommé , sur la présentation du premier médecin Ck>rvi8art, l'un des quatre médecins consultants de Napoléon , et continua de se * livrer ayeo succès à la pratique de son art ,

jusqu'à sa mort, arrivée en 1810, par smte d'une attaque d'apoplexie. On a de lui une dissertation assez curieuse , sous ce titre : Ergd homini sua vox peetUian's , 1757 , in 4© ; Éloge historique de Femage^ Paris ,

* MALOT (Fb^hçois) , théologien appelait, né dans le diocèse dé Langres es 1706, fut ordonné prêtre en 1751 , sans signer le formulaire et sans se livrer an ministère évaugélique. Ami de la retraite et de Tétude, il s'occupa de la composition de plonenrs

. écrits , où il professe la doctrine des appelants, nommés figuristes , auxquds ob re^ proche d'abuser de l'Écriture sainte pvur autoriser des conjectures arbitraires et inéiiie des illusions. Ses écrits sont : les Psaumes de Davidy traduiu en français selon Phébreni et distribués pourtous les jours de la semaine^ auec des antiennes , hymnes et oraisons , à Tusage des laïcs , 1754, 2 vol. in- 12; Dissertation sur t époque du rappel rfç» Jutyi et sur l'heureuse révolution qu'il doit opérer dans l'Eglise^ 1776, in- 12; deuxième édition augmentée, 1779, in- 12 ; .Suite et Défense deU Dissertation sur l'époque du rappel des Juifs, 1782, in- 12 ; Lettre de l'auteur de la Dissertation sur Vépoque du rappel^ etc., à Vmu* teur des NouveUes ecclésiastiques^ 1782, iu'l2] de la Nécessité d'une foi éclairée et de ses avantages, 1784, in- 16. F. Malot moamt à Paris en 1785.

* MALOUET (Pixanv-ViCTOB ), ministre delà marine et ami de Louis XVI , né à Riom en 1740, mort à Paris en 1814, était entré au service de la marine en 1963,^ et était parvenu au grade d'intendant de la marine de Toulon , lorsqu'on 1789 le bailliage de Riom l'élut député aux états-généraux. Il y défendit constamment la cause de la monarchie , et son but était d'obtenir en France un gouvernement à peu près sonblable à celui d'Angleterre. Mais voyant les dangersoà se trouvait exposée la personne du roi, il ne pensa plus qu'au moyen de le sauver. Les événements prenant de jour en jour un caractère plus effrayant , Malouet fut appelé dacs le conseil intime du roi , et échappé aux massacres de septembre il se rerira en Angleterre , où il publia la Défense du roi Louis Xyi, et demanda le 8 novembre 1792 la permission de venir défendre ce prince an péril de sa vie. Le résultat de cette demande fut son inscription sur la liste des émigrés. Rentré en France en 1801 , il fut arrêté et reconduit à la frontière, mais rendu presque

MALP

MALT

«uMÎtôt à la liberté , et consulté même pour la restauration de la marine française par le premier consul Bonaparte ^il fut nommé en 1805 commiss&ire-général de la marine à Anrers , puis maître des requêtes en 1808 1 et conseiller d'état en 1810. Disgracié en 1812 et exilé de Paris, Malouet se retira dans une petite terre qu*il possédait en Touraine. Il revint à Paris le 2 avril 1814 , fat appefê , par le gouvernement provisoire, au département de la marine, et confirmé dans ce ministère par le roi Louis XVIII. Mais les travaux aoxqueb il se livra achevèrent . de miner sa santé , déjà fort affaiblie, et il moumtle 7 septembre suivant. M. Suart a publié une Notice sur la vie et les écrits de Malouet dams la Gazette de France . 14 septembre

* MALOXnN ( PAVL-JACQtBS ) , médecin et chimiste, né en 1701 à Caen , fut reçu docteur à la faculté de Paris , puis devint successivement membre de TAcadémie des sciences, recteur au collège rojal de France, professeur de chimie au Jardin du roi , et mourut en 1778. On a de lui : un 2>ait*{ de chimie^ Paris , 1734, in>l2; une Chimie médicale, ibid., 1750, 1755 , 2 vol. inl2 ; une Histoire des maladies épidémiques obseruées à Paris , insérée dans les Mémoires de TAcadémie des sciences ; lirois Dissertations latines : in Remctionis actionisçue œquaUlate £eonomia animalis ; an Nerniœ ingm'nali cum adhœsione y subligatum nocetl an ad Sanitatem musice? imprimé en 1737,^1 743 et 1750. On lui doit encore plusieurs articles de chimie dans V Encyclopédie^ et la description des arts du meunier , du boulanger et du vermicellier , dans -^a Collection des arts et métiers. — Charles Malouiv , parent du précédent, médecin de la faculté de Caen, mort dans cette même ville en 12 18 , est auteur d'un Traité des corps solide» et des

fluides^ Paris, 1718,in-12.

* MALP£IN£S (LiovABD des). Voftz

LéoKABD.

* MALPIGHI (Mabcbl), premier médecin du pape Innocent XII, né à Crémone en 1628 , mourut à Rome en 1694. Ses écrits sont encore consultés de nos jours \ le recueil en a été publié de son vivant sous le titre de Opéra omnia^ Londres , 1686 , 2 vol. in-fol.; Leyde, 1687, 2 vol. in-4«; et après la mort de Malpighi , le Père Régis a donné une édition de ses Opéra postkuma , Londres , 1697 , in-fol. ; réimprimée à Amsterdam , 1698, 1700, in-4o; et à Venise, 1698, 1743 ,

in-fol. On trouve V Éloge de Malpighi dans les Décades de Fabroni.

* MALTE ( les chevaliers de ) , ordre religieux, puis militaire , et ensuite souverain, furent désignés d'abord sous le nom d'Hospitaliers ou Frères de CHôpital de Saint'- Jean-^e' Jérusalem. De toutes les associations que vit naître Tépoque des croisades , celle de ces Hospitaliers est sans contredit la plus illustre, tant par la longueur et réclal de son existence qu'à cause de l'objet même de son institution. Fondé , h ce qu^on croit, vers Tan 1050 par le bienheureux Gérard , provençal , pour desservir un hospice sous rinvocatioop de saint Jean TAumônier ( ou saint Jean-Raptiste, que, peut-être seulement depuis rétablissement des Latins en Orient, Tordre honore comme son patron) à Jérusalem , alors que cette ville était encore au pouvoir des Sarasins , cet ordre devint militaire après la conquête du Saint- Sépulcre par les chrétiens , et le premier de ses chefs qui prit le titre de grand-maf tre fut Raymond du Puy. Après la ruine de Ptolémaïs ( voyez Tart. Croisades ) , ceux des hospitaliers de Saint-Jean qui survécurent se réfugièrent en Chypre auprès de Lusignan, roi de Jérusalem, et ensuite s'établirent dans Tile de Rhodes , enlevée par eux aux Sarasins. Sous le grand-maître Foulques de ViUaret ils y soutinrent contre ces derniers un siège fameux en 1309; et ce ne fut que pi us de deux siècles après que(Villiers de risle-Adam étant grand-maf tre) ils sévirent réduit» malgré des prodiges de valeur à évacuer cette ile , reconquise à Tempire othoman par Soliman II (1522). L*orclre se réfugia alternativement a Messine , aux lies d'Hières , h Viterbe , jusqu'à ce qu'il reçut de l'empereur Charles-Quint l'Ile de Malte pour domaine (1530) : le but politique de ce prince était d'élever ainsi un rempart à la Sicile contre les Turks. Ceux-ci attaquèrent en 1565 le nouvel établissemeut de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem j^ déjà aussi nommé ordre de Malte ) ; mais ils furent repoussés gr&ce à la bravoure et aux talents du grand-maitre et des chevaliers ; et nul événement ne troubla les successeurs de ce dernier dans la possession de leur souveraineté jusqu'aux approches de la révolution française. Rien qu'une stricte neutralité dût être la base de sa conduite , l'ordre ne s'était pas toujours montré inaccessible à Tinflnence au moins indirecte de la France , patrie de la grande majorité de ses membres : d'ail-

MALT

MALT

leurs , toit par la dircctton de ses vues politiques, soit par les privilèges dont jouissaient chez elle les chevaliers de Malte , cette puissance avait des droits particuliers à leur attachement ; et , de Tétat des choses il résultait pour elle une certaine prépondérance dans le commerce et la navigation de la Méditerranée. Cependant , lors de Texpédition d'Egypte (1798) , le général Bonaparte crut Tuccupatlou de Malte nécessaire à son vaste plan de conquête ; et celte Ue, qiie d immenses forliûcations rendent inexpugnable, lui fut soumise par trahison. Mais l'importance de cette possession , qu'il n*était guère possible à la France de conserver longtemps , donna Téveil aux Anglais , qui à leur tour s'en empai'èrent]par famine en 1800. Errants et dispersés les chevaliers de SaintJean se jetèrent alors sous la protec- 'tion de Tempereur de Russie Paul l«r, qui accepta le titre de grand maître de Tordre.

A lu mort de ce monarque le chapitre de Saint-Jean de Jérusalem (dont les biens autrefois immenses se réduisent aujourd'hui à quelques commanderies en Espagne et en Italie ) se tixa à Catane en Sicile , et tout récemment dans les états romains.

— L'ordre des Hospitaliers ae divisait en trois classes , les chevaliers Je justice, faisant preuve de noblesse et voaés au service militaire , les chapelains conuentuels ou clergé, et les servants d'armes , chevaliers bourgeois tenus comme ceux de justice au service militaire , jouissant de quelques-uns de leurs privilèges, mais exdus (sauf de rares exceptions) des principaux emplois.

L'ordre se partageait en huit langues ou nations : Provence , Auvergne , France , Italie, Aragon, Allemagne, Castille, Angloglo-Bavière : cette dernière remplaça, au 18* siècle , la langue d'Angleterre ( la sixième de l'ordre) qui n'existait plus que de nom depuis Tintroduction de la réforme religieuse chez cette nation. Les services que les chevaliers de Malte ont rendus à la chrétienté , la gloire dont ils se sont couverts pendant sept siècles de guerre contre les infidèles , l'aide et les secours que trouvaient auprès d'eux les pauvres et les ii|lirmcs , les rendaient dignes d'un sort plus heureux et d'un intérêt moins stérile que celui qu'on leur a témoigné. — Les principaux ouvrages rebiifs k l'histoire de Malte et à ses chevaliers sont : Ancient and mo^ tlern Malta, par L. de Boisgelin , Londres , 1804,3 vol. in-4o; Malta illustrata^ par

G.rF. Abela, Malte, 1647, contiaoé et augmenté par Ciantar, ibid. ^ 1 772-80, 2 toI. in-fol. \ Malta nntica Ultuirata , co ' «oaumenti e l'istoria par Hon. Brès, Rome, 1816, in-4o , fig. ; Statuta hospitalis Bierus^em , par Veltronio , Rome, 1588, in-fol. : Istoria délia santaMilizia di San^Giovanni*Gisroio- Hmitano, par J. Dosio, ibid., lâ94«16Û2, et 1622-32 , 3 voL in-fol. , continuée jusqu'à 1636, Vérone, 1703; Codice diplomaticodel santo ordine Gicrosolimitano , publié par Sébastien Paoli, Lucques, 1733, 2 vol.

in-foh ; Histoire des chevaliers de Malte , par Vertot , Paris , 1726, 4 vol. in-4» ; Memorte dé Gran- Mapstridel milit, ordine Giefxtsoltmit. , par P. Pacciaudi , Parme, 1780, 3 vol. in-4o.

MALTE. (Géographie!) Des pajs trèsvastes ont acquis moins de célébrité que n'en a obtenu la petite ile de Malte , dont la surface , en j comprenant ceUe des Ilots du Cumin et de Gozze qui en dépendent, n'est que de 21 lieues carrées. Malte est à 25 lieues du cap Pas.saro en Sicile , et sa capitale est située sous 35» 54' de Ut N. et 12olO'delong.£.

Malte n'est qu'un rocher calcaire : au nord , ses côtes sont escarpées et inaccessibles ; au sud , au contraire , elles sont abordables et découpées par des calanques et^ des ports. Le climat est très-beau; en été, le thermomètre se tient ordinairement entre 24 et 28'*; en hiver , il baisse rarement audessous de 8o, de cependant on souffre do froid. Les vents de nord- ouest sont les plus sains , celui du sud est d'une chaleur étouffante. Les brises de nuit rafraîchissent l'atmosphère. Les pluies sont rares , les rosées abondantes. Quoique le tuf cakaire ne soit couvert que d'une couche fort mince de terre végétale, tantôt naturelle, tantôt artificielle , le travail assidu des habitauts a sa rendre ce sol très-fécond; tous les ans, il donne de riches récoltes de coton , de Uê et d'orge ; cependant la quantité des grains est insuffisante pour nourrir la population. Les fruits sont d'une qualité excellente, 1«< oranges et les melons sont les plus reooBi' mes.

Les Maltais parlent un dialecte arabe fort corrompu et mêlé de beaucoup de mots de langues étrangères ; dans les villes , l'italieD est eu usage. On a souvent découvert des monuments antiques appartenant aux ai' vers peuples qui ont été successivement maîtres de l'île. Sa position avantageuse

MALT

MALT

(ians des partges où la Méditerranée rétréeie se ^ûrtage en deux bavsins , en a toujours fait convoiter la possession :. Phéniciens , Grecs de Sicile , Carthaginois , Ro* mains, Vandales, Goths, Arabes, Grecs B/Eantim, Siciliens , dominèrent tour a tour sur Malle. En 1530, Cbarles-Quint , dont la vaste puissance comprenait aussi la Sicile , céda Malle aux cheraliers de Saint- /çan-de-Jérusalem , qui, après une défense glorieuse, avaient été obligés d'abandonner Tile de Rhodes aux armes othomanes.

Soos cetLe nouvelle domination ^ Malte , dont la décadenee était visible , reprit une Qoavelle rie : la cuUure et la population aigmeotèrent; Tile se couvrit d'habitations; son principal port, le plus beaa de la. Méditerranée, fut protégé par des fortifications imposantes. Les Otbomans , qui Tasuégérent pendant quatre mois avec des forces innombrables, furent eontraints de se retirer en 1565 , après avoir perdu l'élite Je leur armée. La défense de l'ile était dirigée par le grand^maltre Jeun de La Valette, Français de naissance.

ÉUbU à rtle de Malte , dont il avait pris le non, Tordre de Saint-Jeande-Jérusalem rendit de grands services h PEarope chrétienne, qai n arait pas encore de flottes as- «« fortes pour comprimer les efforts de celles des Othomans. Par leurs croisières dans la Méditerranée, les chevaliers de ^alte réprimèrent plus d'une fois l'audace «^Musulmans. « L'institution de Tordre, disait un grand-maitre , n'est pas de courir les mers pour faire des esclaves ; elle est de croiser avec ses vaisseaux, pour assurer Is navigation des navires chrétiens ; il n'att^e que les bâtiments qui troublent le <^OBunerce , et qui , voulant mettre les chrétiens en esclavage, méritent eux-mêmes d'y ^tre réduits, n

Indépendamment de l'/i vanta ge que le commerce maritine et les cdtes de l'Espagne et de l'Itaiie re^raient des croisières de 1 ordre de Malte , les ports de l'île éuient cohstamment ouverts à toutes les nations , et l'ordre conservait envers chacune d'elles Ia plus stricte neutralité ; en cas de guerre entre elles , la sienne était également respectée.

Toutefois , vers la dernière moitié du dix« huitièue siècle, divers symptômes firent croire que peut-être il n'en serait pas toujours ainsi. On eut sujet de soupçonner que telle on telle des grandes puissances de l'Eu'

rope pourrait songer à s'emparer de Malte ; on supposa ces vues à la Russie : mais ce n'était pas de là que devait venir l'orage.

On avait augmenté le nombre des vaisseaux et organisé des régiments qui jadis n'existaient pas. Vaines précautions : le 6 juin 1 798, l'escadre française qui allait en É^pte parut devant Malte j le 12, la place capitula; l'ile et ses dépendances furent cédées a la France.

Bientôt un soulèvement des Maltais éclata; la Grande-Bretagne envoya ses flottes contre Malte ; la capitale . étroitement bloquée par terre et par mer , ne se rendit qu'après deux ans de siège , en août 1800. 11 avait été stipulé par le traité d'Amiens que Malte serait rendu k Tordre; la Grande-Bretagne refusa d'exécuter cette clause ; la guerre se ralluma. A l'époque de la paix générale, en 1814, les puissances coalisées contre la France avaient de trop grandes obligations à U Grande-Bretagne pour refuser li colle ci la possession de Malte.

ilne garnison de 4,000 hommes occupe les fortifications ; les arsenaux sont bien garnis et approvisionnés en munitions de tout genre; des vaisseaux de ligne et d'autres b&timen(s de guerre sont mouillés dans le port, ou bien entrent et sortent sans cesse.

Tout prouve la haute importance que la Grande-Bretagne attache à cette lie, qui, par sa force naturelle et sa position, est d'un si grand intérêt pour une puissance maritime.

Lorsque Charles Quint céda Malte aux chevaliers , il fut stipulé que les habitants de l'ile conserveraient leurs franchises et leurs privilèges , et que le grand-mattre ne pourrait changer, ni la forme du gouvernement ni leurs lois. Néanmoins , le conseil populaire , composé des notables du pays , cessa peu h peu de représenter véritablement la nation; car les grands-maiti*es y faisaient entrer leurs créatures et les déplaçaient suivant leur volonté. U n'est donc pas surprenant que les Maltais , quand l'Angleterre devint maîtresse de leur lie, aient exprimé le vœu de vivre stius les lois de cette puissance, sous une constitution représentative ; ils ont obtenu diverses facilités pour leur comoierce. Ils fabriquent des couvertures et des tissus de coton * ils font de la soude. On évalue la population des trois Iles à 88,000 âmes ; on y compte cinq villes , six bourgs et trente-trois hameaux.

Lès Maltais sont de taille moyenne, très-

MAtT

MÂLU

robastes , vifs , actifs , sobret , courageux « excellents marins; les femmes sont généralement folies , quoiqu'un peu brunes. Dans rintérieur de Hle, les hommes ont toute la jalousie africaine, et font mener à leurs femmes uue vie fort retirée.

Tableau de Malte t par C d'Àralos; Jl«/te ancienne et moderne, par L. d« Boisgelia. Ce Krrs contieol une notice U^t-étendae d'oarrages relallls â Malte. Eraiis.

♦ MALTE-BRUN (Cobhad) , poète , écrivain politique et philosophe , Tnn des plus savants géographes modernes, né en I77ô à Thve dans le Jutland , mort le 16 décembre 1826 à Paris, où il résidait depuis 1800, avait d'abord été destiné au ministère du Saint -Evangile, mais j renonça bientôt pour suivre le penchant décidé qui Tentratnait vers les sciences politiques. Un article publié dans la SkUdone (journal de Copenhague) en janvier 1827 , nous apprend que le véritable nom de ce savant était Malte- Conrad Brunn: il était fils d'Adolphe Brunn, conseiller de justice de sa ville natale. Le jeune Conrad s'était déjà fait connaître dans sa patrie comme poète et comme savant, lorsqu'en 1796 il fut contraint de se réfugier en Suède , pour se soustraire aux persécutions qu'il avait encourues par la publication de quelques écrits, pleins d'énergie et de verve , en faveur de la libellé de la presse et pour l'affranchissement des paysans de sa patrie. Pendant son séjour à Stockholm il publia un recueil de poésies qui lui valut les encouragements et les suffrages de l'Académie de cette ville. Mais c'est surtl>ut aux travaux auxqueb il s'est livré depub son arrivée en France que le savant Danois dut sa réputation européenne. Outre son importante coopération au Journal des Débats, dont il rédigea presque sans interruption , depuis 1866 jusqu'à sa mort , les articles de politique étrangère (un grand nombre sont anonymes, d'autres ne sont signés que de ses initiales), il a publié les ouvrages suivants : Géographie mathématique physique et politique (en société avec Mentelle), Paris, 1804-7, 16 vol. in -8* et 9tlas infol. ; Tableau de la Pologne ancienne et moderne^ ibid. , in-8o avec atlas in-d-j Précis de la géographie universelle , ibid. , 1820-27 , 7 vol. in-S» j Apologie de Louis XFIlIs 1815 , brochure in-8o; Traité de la légitimité, 1825, in-9*.

Page 1