‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 100 sur 135 · R£ LI · texte numérisé non relu

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RELIEF ( Bas- ). ( Beaux-arts. \ Le bas relief est un ouvrage de sculptuitf^ adhôrent à un foDil , et formant un tableau dont les objets ressortent plus ou moiis sur ce fond en raison de leur saillie.

Dand son acception littcrile , ce mot semble ne devoir convenir qu'aux bas-reliefs peu saillants \ il s'applique cependant éi^a- Icment à ceux dont quelques parties ont autant de relief que lu ronde bosse , et sont même isolés du fond.

Dans le bas-relief, la sculpture se rapproche de la peinture , en cela qu'elle ne présente quune face des abjets, et que, sans leur donner autant At saillie qu'ils en ont dans la nature , Tariiste peut obtenir une imitation parfaite. Quelquefois même la •aillie esta peine sensible; mais alors Timitation n*est pas plus complète qu'elle ne Test dans un desHn au trait , rehaussé par quelques légères touches d'ombre et de lumière.

X Le bas-i-elief est peut-éire la production de la sculpture,* car, chez les peuples sauvages , les armes et les meubles sont ornés de ciselures qdi peuvent être coosidéréei comme des rudiments de bas-relief.

Dans rinde, TÉgjrpte et la Perse, les murs extéiîcurs et intérieurs des temples et des i^alais étaient couverts de bas-reliefs.

Ceui de l'Egypte, ainsi que les hiéroglyphes, sont entaillés dans la pierre, de façon qu'ils paraissent enfoncés dans le champ qui l^s entoure. Cette disposition présentait le double avantage d'assurer la conservation de Tobjet représente , et d'épargner lo travail long et pénible qu'il eût 'fallu exécuter pour enlever toute la portion de pierre en saillie , de manière à ce que les parties sculptées fussent en relief sur le fond. Si l'on observe que beaucoup de monuments égyptiens sont en granit', on pensera que cette considération dut entrer pour beaucoup dais les motifs du parti pris à cet égard.

On verra au mot Scolpturs comment, par une réunion de circonstances iavorables à son développement , cet -art parvint chez les Grecs au plus haut point de perfection , tandis que chez d'autres nations , où il fut également cultivé , chez les Égyptiens par exemple , il ne s'éleva jamais au-tielà d'une imitation assez fidèle de quelques parties de détail accesspires et de la difliculté vaincue dans le travail d^une matièi-e d'une extrême dureté.

Mais quelque paissante qu'ait été l'in-

fluence de ces circonstances , il ne fant pas croire que Tart soit arrivé de l'enfance à la perfection sans avoir passé par des degrés intermédiaires. Il n'est donc pas étonnant que les bas-reliefs, appartenant à la période qui précéda' le siècle de Phidias , offrent la raideur et la monotonie de ceux des monn ments de l'Egypte ou de la Perse. On conçoit que les commencements de l'art doivent avoir partout une grande ressemblance. Ce qui peut paraître plus étonnant , c'est que le bas relief n'ait été perfectionné qu'après la ronde bosse, quoiqu'il présente moins de difficulté.

En effet , l'art avait déjà produit des statues dans lesquelles on admirait la vérité de rimitation réunie an grand caractère et à la beauté des formes, et, dans le même temps , le style des bas-reliefs n'était pas amélioré : ils étaient encore formés d\in nombre plus ou moins considérable de figures placées à la file l'iine de Tautre sans mouvement et sans liaison entre elles.

A cette époque, la peinture, cultivée plus tard que la sculpture, n'était encore qu'à la première période de son développement^ mais plus tard , lorsqu'elle eut produit quelques tableaux dans lesquels tous les personnages concouraient à former une scène pleine de vie et de mouvement , les sculpteurs i-econnurent aussitôt le parti qu'ils pouvaient tirer de cette manière animée de représenter une action. Observant comment , à Taide d« quelques applications des lois de l'optique , le peintre parvenait à faire paraître les objets à divers degi*és d'éloignement , ils cherchbrcnt à approcher de cet effet, en employant divers degrés de relief; mais ils se renfermèrent dans les limites de leur art, et se contentèrent d'exprimei* de légères différences dans la distance relative desfigures , en opposant à un plein relief un demi't^Uef, et un relief très-aplati à un relief bat. C'est ainsi que ce geni*e de sculpture fut porté à la perfection , et que l'art put produire avec le ciseau des tableaux vraiment pittoresques.

Au lieu de sculpter sur place les bas-relieft qui devaient décorer le fronton de leurs temple^ d'oixlre dorique , les Grecs en produisirent l'effet et avec plus de puissance , en an*augeant At\ figures de ronde bosse devant le tympan de ces frontons. En outre des idées religieuses qui peut-être firent adopter cette disposition, il est assez probable qu'où employa ce moyen non-eeulement

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pour produire plus d*effet par l*emploi d*une plus forte saillie , mais encore pour obtenir plus promptement et plus économiquement la décoration de cette partie de Tédifice. En eflet, il était bien plus commode pour le sculpteur de travailler ces figures dans son atelier. Toutes pouvaient être achevées en même temps , en y employant plusieurs artistes ; enGn, en les exécutant isolément , elles étaient d*un seul bloc de marbre, et leur conservation en était plus assurée.

Le fronton du parthénon à Alhènes était ainsi décoré. Les figures , qui en ont été enlevées par lord Elgiu , ornent maintenant le musée britannique. On a dû voir avec surprise que la face postérieure est sculptée avec le même soin que la partie visible , comme si ces figures avaient dû être isolées.

Les statues de Niobé et de ses enfants sont regardées par M. Coquerel , comme ayant eu une destination semblable, et tout annonce qu'elles devaient orner le fronton de quelque temple d'Apollon.

Cbei les anciens, le bas-relief, toujours subordonné à Tarchitectui^, et approprié à la forme qu'il devait décorer , conserva une simplicité de composition qui était en harmonie avec la régularité et la symétrie , regardées Tune et l'autre comme condition du beau.

Cbez les modernes, les sculpteurs , croyant sans doute agrandir le domaine de leur art , sortirent souvent , en traitant le bas-relief, des limites dans lesquelles les anciens se sont renfermés. Dans les bas-reliefs qui décorent les portes de bronze du baptistère à Florence , ouvrage qui^était admiré par Michel- Ange, Tartiste a ciselé des lointains dans lesquels on voit des édifices dont la perspective est rigoureusement observée. Cette innovation s'explique naturellement, si Ton considère qu'à l'époque de la renaissance des arts, la peinture, qui chez les Grecs n'occupait que le second rang, avait en Italie la priorité sur sa sœur aînée , et pai; cette raison exerçait sur elle de l'influeuce. Il est donc probable que c'est dans l'intention de faire voir qu'il possédait les tfilents d'un peintre , que Laurent Ghiberti imagina d'introduire dans ses bas-reliefs des objets éloignés que la peinture peut seule représenter.

Quoique la peinture et la sculpture aient une origine commune, leurs moyens sont tellement difiérents , que chacune d'elles perd une partie de ses avantages , lorsqu'elle vent entrer dans le domaine de l'autre.

Les trois arts du dessin ont entre eux àes rapports tr»p intimes pour que leur destinée ne soit pas temblable. Le même genre de corruption qU se fait remarquer dans ran d'eux, à certaiaes époques, se retrouve coU' stamment dans les autres. Ainsi , quand Boromini et tes imitateurs substituaient des formes bizarrement contournées aux formes simples et toujours motivées des anciens architectes , le style de la sculpture était corrompu dans le même sens ; alors les basreliefs d'Attila (1), dans lequel Algardi s^est eflforcc de rivallseï avec la peinture , était regardé comme ce qie l'art avait jamais produit de plus parfait. Il faut en convenir, avec le goût de décoiation qui était en vogue, c'eût été une ditcordance choquante de placer dans un monument des bas-reliels composés dans le style dm pie et noble des Gre^ , dans celui de Jean Goujon et des habiles sculpteurs de notre école.

Quoique le bas-relief soit , en général , un accessoire consacré à la décoration , cependant, dans quelques circonstances, il est monument, et on peut le considérer comme tel dans les pierres gravées , ain» que dans les produits de l'art numismatique. La destination des monnaies , comme moyen d'échange le plus général, exige que l'empreinte en soit trés-peu saillante , afin que les pièces puissent s'empiler facilement. Les monnaies ofi'rent l'exemple de la moindre saillie que puisse avoir un bas-relief. ( f^ojrez Gaavcbs,

MéoÀlLLBS, PkIHTUXB BT SCULPTUAI.)

Miamia.

RELIEUR. {Technologie.) L'art du fie- Iteuresi d'une très- grande importance pour les sciences, les arts, la littérature, etc.

C'est par lui que toutes les productions de l'esprit humain sont conservées et transmises intactes à la postérité la plus reculée.

L'on voit dans les bibliothèques des manuscrits précieux très -anciens , parfaitement conservés par la reliure solide qui les renferme. C'est donc de la solidité de la reliure , et non des ornements de luxe que Ton applique sur les couvertures, que l'on peut espérer la conservation des ouvrages.

herehiur débroche le volume, c'est à-dire qu'il enlèk'e d'abord la couverture entière, et principalement sur le dos; il le prend d*une main parla tranche, fait en sorte de lui faire faire le dos rond , et avec un couteau bien tranchant il coupe une chaînée de la cou-

(I) DanilVglise He Saiul-Pierrt, à Aome.

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