‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 19 sur 135 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

éditions de la Magnm Charta do Blackstone, 1759 , in-4o* des Marmora OxonienstOy 176S , iu^fol. ) la Bible hibraïqu - de KennU kott , 1776 , 2 vol. in-fol. ^ Thomas Paivci*, ministre anglican , mort pasteur de la vieille église du Midi à Boston ( Amérique septen* trionale) , en 1758, à Tige de 72 ans , est auteur de quelques ouvrages , parmi lesquels on distingue plusieurs volumes de sermons et une Histoire chronologique de la Nou* velle-Angleterre , en forme d*annales , 1736 , itt-12. Cet ouvrage, qui devait former plu ^ sieurs volumes, ne va que jusqu'à Tannée 1633. — Nathan Pamci , son père > mort en 1748 , ministre à Ratlan , aux Indes occidentales , s'est fait connaître surtout par Tanimosité qu'il montra eontre la secte des épiscopaux.

* PRINCE (Ttt.-Nio. Li ) , né à Paris en 1750, mort en 1818, est auteur à%V£ssai historique sur la Bibliothèque du Roi , Paris ^ 1782 , petit in-12. Il a été éditeur , avec Bau^ drail , de la Petite Bibliothèque des théâtres, ( publiée avec des notices sur la vie et les ouvrages des auteurs ) , 1783, et années suivantes, environ 100 vol. petit in-12. {f^ojrex LapaiNca. )

* PRINGLE ( JOHN ) , TiAi des médecins les plus distingués du siècle .dernier , né à Stickel-House , dans le nord de TAnglcterrei) en 1707 , fut nommé successivement profes*> seur-adjoint de philosophie morale et de pneumatique à Edimbourg , médecin en chef des hôpitaux , et premier mcdcoin des armées , place où il rendit d'importants services par son zèle. et son habileté. Il vint ensuite s'établir à Londres avec le titre de médecin du duc de Cumberland , devint pre^ mier médecin du roi, qui le déeora du titre de baronnet , et mourut à Londres en 1782»

On lui éleva un mausolée dans Téglisc de Westminster. Il était membre de la Société royale de Londres et des principales aeadé*mies de l'Europe. Les ouvrages de Priogle sont encore la plupart fort estimés , et doi*vent être surtout consultés par les médecins militaires. Les principaux sont : Dissertatio inavguralis de MatHJore senili, Le/de , 1 730> grand in-^ ; several Accounts tfihe vitrum seratum antimoniij Obséf*vatiorts ofthe no*ture and cure ofhospitol and goal fevers , in a ietter to doct. Richard Mead , Londres ^ 1750 , 1755 , in-8®; Experiments upon sep* tié and antiseptic substance* , with remarhji relating to their use in the theorjr of nude^ eine , in several papers read before the royal

PRIO

PRIS

Societjr. Ces expérieDces , insérées dans les Tyansactions philoiophiques de 1751 , ont été publiées de noureaa avec Touvrage suiyant : Observations on thediseases ofthM army, Londres y m-8o. H en a paru depuis plasieurs éditions , la dernière en 1810. Les Ohseruations sur les maladies des armées ont été traduites en français par Larcher , Paris, 1755 et 1771 , in-12. On cite encore de Pringle : Discours sur quelques nouveaux procédés pour conseiver la santé des marins , Londres , 1776 , in-4o. $a vie a été écrite en anglais par Kippis. Vicq d*Azir et Condorcet ont écrit son éloge en français.

V * PRIOLO (Bbkjamiv), né en 1602, à Saiiit-Jean^l'Angeli , descendait d'une ancienne famille de Venise qui a donné des doges à la république. Il s'attacha au duc de Rohan , qui était alors au serrice des Vénitiens , et le servit de ses talents et de son épée. Après la mort de ce seigneur , Priolo yint en France , où. il fut employé dans diyerses négociations. S'étant rangé du parti des mécontents pendant les troubles de la Fronde , il fut déclaré rebelle par un arrêt du parlement, mais on le comprit ensuite dans Tamnistie, et il était chargé d'une mis- . sion secrète pour Venise, lorsqu'il mourut à Lyon en 1667. On a de lui une Histoire de France , en latin , depuis la mort de Louis XIII , jusqu'en 1664 , sous ce titre :

ab excessu Liidouici XIII , de rébus gaUicis historiarum Libri VU, Charleville ( Paris ) , 1665 , in-4o , qui a eu plusieurs éditions , parmi lesquelles on distingue celle d'Utrecht, 16Û9, Elzevicr; et celle de Leipsig, 1686.

U a laissé plusieurs autres ouvrages manuscrits. Sa vie a été écrite en latin par J. Rhodius , Padoue , 1662 , et Paris , même année, in-4« de six pages.

* PRIOR ( Matthibu ) , poèteet diplomate anglais, né en 1664, à Winbum dans le Middlesex , suivant Johnson , à Winborne dans le comté de Dorset , suivant d'autres écrivains , était fils d'un menuisier qui exerçait sa profession à Londres. Il dut sa fortune et son élévation au comte de Dorset , qui le plaça au collège de Saint-Jean dont il devint membre , et le présenta ensuite à la cour du roi Guillaume , où ses talents le firent bientôt remarquer. Nommé , en 1690, secrétaire d'ambassade à La Haye , il remplit saccessivemént le même emploi au congrès de Ryswick et près de la cour de France , où le roi Guillaume le chargea de plusieurs négociations secrètes. En octobre 1712,

Prior , qni avait accompagné lord Bolingbroke à Versailles , eut , après le départ de ce seigneur , le titre et les fonctions de ministre plénipotentiaire , et les conserva jusqu'en janvier 1715. Arrêté à son retour en Angleterre , il subit une détention ^e deux, années , se retira ensuite à sa terre de Dowenstal , et mourut en 1721. Les OEuvres complètes de Prior ont été publiées à Londres en 1733 ,5 vol. in-12. Ses poésies offrent en général pen d'imagination , mais une grande correction , de l'esprit , delà facilité et beaucoup d'art. Ses odes ont été traduites en français par l'abbé Yart.

* PRIORATO. f^ofez Gualdo.

* PRISCIEN, Priscianus, célèbre grammairien latin , né à Césarée vers la fin du 5* siècle de l'ère chrétienne , tenait en 525 , à Constantinople , une école fameuse par le grand nombre d'élèves qu'elle avait produits. On n'a d'ailleurs presque point de détails sur sa vie. Il a laissé plusieurs écrits dont le principal est un traité de grammaire en dixhuit livres. Cet ouvrage a servi de base à l'enseignement de la langue latine jusqu'à l'époque de la renaissance des lettres. On croit qu'il a été imprimé pour la première fois à Venise en 1470 , et au moins cinq fois jusqu'au 16* siècle. Les éditions postérieures ne sont point recherchées. Putschius a publié dans les Grammat, latinœ auctores antiqui ( Hanau , 1605 , in-4o ) la plupart des autres ouvrages de Priscien , au nombre de sept. On attribue au même grammairien :

Expçsitio in Theophrastum de sensu , phantasid et intellectu; il a traduit en vers latins hexamètres le poème de Denis-le-Periégète ( vojrez ce nom y. Une édition complète de Priscien, collationnéesur les manuscrits anciens , a été publiée par les soins de M. Krehl , sous le titre de Prisciani Cœsariensis opéra, Leipsig , 1819-20 , 2 vol. in-8<». — Théodore PaisciBN, médecin grec, vivait à la cour de Constantinople vers l'an 3,80. Il a laissé plusieurs ouvrages sur la diète , sur les maladies des femmes ) etc. ; traduits par lui-même en latin, et insérés dans les Medici antiqui des Aide , Venise, 1547 , in-fol. ; réimprimés par les soins de J.-M. Bernhoîd , Anspach , 1791 , in-8«. — On connaît encore plusieurs autres Pbiscibhs : un chef de révolte sous Antonin- le -Pieux; un jurisconsulte sons Héliogabale; un philosophe du temps de Symmaque l'orateur; Pbiscieh, dit le Lydien y que l'on croit être le véritable commentateur du traité de Théophraste de Sensu, etc. \

PRIS

PRIS

en6n deaz évèques , dont on assista au concile de Constantinople en 381.

* PRISCILLIANISTES. rqyez rartidc snirant. •

* PRISCILLIEN , hérésiarque du 4« siècle , né en Espagne , d^une famille noble et riche , ayait de Vesprit , de Véloquence , des connaissances très-étendues , des mœurs austères. Séduit par quelques apôtres du manichéisme , il eut Tambition de derenir chef de secte , et de donner son nom & celle qui commençait à s^établir dans son pays. Il usa de tous ses moyens pour la propager , et j employa son crédit et ses richesses. Aux erreurs du manichéisme , la nouvelle doctrine réunissait celle des gnostiques, des sabeltiens , et de ^elques autres sectes récentes. £n Toici les principaux dogmes : rame humaine était de la même substance que la diirfnité ; chaque partie du corps , divisée en dôme portions , présidait à un des signes du zodiaque; il ne fallait point faire usage de la chair des animaux parce qu^elle n'est point TooTTage de Dieu , mais des auges ; le démon ii*aTait point été créé : principe du mal , il était sorti du chaos et des ténèbres ; Jésus- Christ n^ayait point pris la nature humaine ; il était né et n'avait souffert qu'en apparence, etc. , etc. Tout le midi de TEspagne fut infecté de cette hérésie ; et Idace , évéque de Vérida, la déféra au concile de Saragosse en 380. Priscillien , Elpidius et deux évéqiies , Instantius et Salvianus y furent cités et ne comparurent point ; mais un décret y comdamna leur doctrine , et excommunia Hygin , évéque de Cordoue , qui après avoir le premTer dénoncé Thérésie en .avait admis les sectateurs à sa communion. Cette condamnation , au lieu d'intimider les nouveaux hérétiques , les irrita et les rendit plus hardis. Priscillien résolut de se rendre à Rome près du pape Damase , pour essayer de se justifier j mais il ne put ^ ainsi que les deux évéques Instantius et Salvianus qui raccompagnaient , obtenir une audience du pontife.

Quelque temps après l'empereur Maxime ordonna que Priscillien et ses principaux adhérents se présentassent h Bordeaux , devant un concile qui se tint en 384. Priscillien en ayant appelé h l'epiipei'eur , fut cçnduit à Trêves , où Maxiine tenait sa cour. Les instances de Saint-Martin ^ qui se trouvait alors dans la même ville ^ ne purent empêcher que Priscillien et plusieurs de ses partisans ne fussent condamnés à mort , et la aCDtcnce fut exécutée. Le priscillianisme

domina encore long-temps en Espagne, malgré les nombreuses condamnations dont celle hérésie fut frappée , et ne disparut entièrement qu'à la fin du 6« siècle.

PRISES EN MER. {Droit manlime,) Avant de parler spécialement des prises maritimes, telles qu'on les voit se pratiquer en temps de guerre, il ne semble pas inutile de jeter un coup d'œil sur la nature des prises que Tétat hostile admet sur la terre ferme.

Sans doute, si les regards se portaient vers ces anciens temps de rudesse et de barbarie où la guerre , soit de horde à horde , soit de peuple à peuple , mettait hommes et biens à la disposition des vainqueurs , l'on trouverait plus d'un exemple de populations entières traînées en esclavage , et dépouillées de tout ce qu'elles possédaient.

Mais dans la marche progressive de la civilisation , la guerre même a reçu d'importantes modifications sur terre. Les personnes qui ne portent point les arm^s ne sont plus arrachées de leurs demeures pour devenir esclaves du vainqueur; et le terrible droit de la guerre a même été adouci envers les combattants pris les armes à la main : le guerrier vaincu n'est plus voué a un perpétuel esclavage , il n'est plus qu*un prisonnier de guerre traité jusqu'à échange avec les ménagements dus h l'humanité.

Ceci ne regarde que les personnes ; mais à l'égard des biens, il s'est aussi établi , dans les guerres sur terre , une rabonnable distinction entre les propriétés de tÉtat et celles du simple sujet : si le vainqueur pénètre sur' le territoire ennemi, et s'approprie ce qui est dans les .magasins de TEtat, il respecte ordinairement , ou tout au moins il ménage la boutique du simple particulier ; s'il s'empare de ce qu'il trouve dans les arsenaux ou autres établissements publics , il laisse au laboureur ses instruments aratoires , à Tartisan les outils de sa profession ; en un mot , il permet à la partie inerme de la nation vaincue de suivre ses affaires , et d'en disposer à peu près comme en paix , sauf certaines fournitures ou contributions réclamées par les besoins de l'armée victorieuse, et dont la répartition est ordinairement laissée aux magistrats du pays.

Que ces restrictions au droit du plus fort aient été dictées par les lois mieux connues de l'humanité, ou commandées parla crainte de pousser des populations entières au désespoir, c'est ce que nous n'examinerons pas :

PRIS

PRIS

noos feroDs seulement remarquer que , û de «emblablei restrictionf eusaeut été appliquées aux guerres maritimes , rappropria' lion hostile n'eût atteint que les vaisseaux 4e guerre et autres proprÙiéê de l'État ennemi dans les ports qu*on fût parvenu à occuper, mab non des propriété* perticuUères, telles que desimpies hdtimenude commerce , h la navigation desquels il eût suffi, pour, désintéresser les États belligérants , d'interdire tout transport de munitions de guerre ,et tout voyage dirigé vers un port réellement bloqué.

Voilà ce qu'aurait demandé et ce que ré^ clamerait encore aujourd'hui la philanthropie, si sa voix pouvait être entendue au milieu des armes ; mais c'est une utopie k laquelle il faut renoncer malgré ^oi , pour fixer son attention sur la triste réalité.

Loin que, par la législation européenne les sujetê des Étets belligéranU soient , pour leur commerce mmritime, placés hors des atteintes de la guerre , ce commerce a nonseulement à redouter la rencontre des vaîsseaux de guerre ennemis , mais aussi celle des b&timenta qu'il a été permis à de simples particuliers d'armer en coune.

Ceci présente encore une notable différence avec les usages àeh^ guerre eur terre:

dans celle-ci, c'est l'État ou le souverain qui retient le commandement direct des forces qu'il emploie et solde , tandis que, dans la course , c'est une partie de son droit que le souverain délègue à quelques-uns de ses sujets , sous certaines conditions qu'il leur impose : c'est une force auxiliaire que l'appAt du gain lui procure.

Courir sur V ennemi à leun Hsqueê et pro»

fit», Toilà la mission des corsaires; mais, bien qu'il soient armés , rarement ils le aont asses pour se mesurer avec des vaiueaux de guerre. C'est donc sur 'les bâtiments de commerce que se dirigent 'le plus souvent leurs efforts ; c'est le commerce ennemi que la course a pour objet d'inquiéter, de fati** guer et de détruire le plus qu'il est possible.

Mais de ces rigueurs autorisées par un long usage , et exercées contre le commerce ennemi, naissent une foule de mesures qui réfléchissent même sur les neutres. En effet , puisque les bâtiments qui sont la propriété de sujets ennemis ne sont pas moins que les bâtiments de guerre susceptibles de capture, il en résulte que tout navire rencontré en mer peut être interrogé et tenu de

justifier de sa nationalité, soit conformé- «ment aux traités spéciaux qui existeraient entre sa nation et celle du capteur, soit 7 en l'absence de semblables traités, selon des formes ou mesures qui , nées du trop commun désaccord des belligérants sur les privilèges de la neutralité , méritent moku le nom de règles que celui de représailles.

D'après de justes règles, ne devrait-il pas , eu effet, suffire au sujet neulre de justifier de cette qualité par son passeport et la comr position de son équipage, pour être admis à continuer son vojage? Si la raison exerçait en oette matière une juste influence « son arrêt serait bientôt prononcé ; car il est dé l'essence de la neutralité que l'État qui en jouit souffre le moins de restrictions qu'il est possible dans ses relations avec les nations belligérantes.

Ainsi , le sujet neutre, naviguant sous le pavillon de son souverain , devrait pouvoir commercer avec les sujets respectifs dea puissances en guerre, de même qu'avec ceux des autres puissances , sous deux limitations seulement : l'une ,'que la cargaison ne con* tint pas de munitions de guerre; l'iiutre, qu'il ne se dirigeât point vers un port réelle^ ment bloqué. Voilà , dans l'ordre rationnel , et dans la pureté des idées primitives se rattachant à la neutralité , ce qui devrait être ; mais qu'est'^e qui s*est pratiqué?

Si l'on essayait de rassembler ici les règles diverses et souvent opposées qui , deptds les lois romaines jusqu'aux usages au moyen âge , et depuis ceux-ci jusqu'à noa ^ours , ont été suivies par les nations européennes sur le fiit des prises maritimes , et si l'on tentait de retracer toutes les variations que cette matière a subies , non-seulement d'État à État , mais souvent chex le même peuple , ce ne serait qu'un long tableau d'incohérences et de confusion (1).

Que si , en ce qui regarde plus spécialement la France , on 'désire connaître la manière dont la neutralité y a été comprise et traitée depuis le dix-septième siècle jusqu'au commencement du dix-neuvième , les détails en sont chronologiquement rapportés dans un ouvrage auquel il nous suffira d'emprunter ce qui a trait à la jurisprudence suivie

(1) Ce tableau se Unuve avec toos ses détails daas le tom. 2 da Droit maritime de l'Europe , par Aaaat , qui a exploré ce sujet àjbnd. L*ou peut Toir aussi Yatel, Hnboer, d'Sabreu aveo les doIm de Bonotmai^ , ete., etc.

PRIS

PRIS

a flMdère de prises dans le cours de nos 4amère% guerres (1).

U était impossible que cette jurisprudence ic se ressentit point des circonstances diffiék» oà la France était placée envers les natioBs par la rcsistauce de son principal ensaai (TAngle terre) à reconnaître te pavillon neutre comme couvrant la marchandise.

Quelques pages, vu l'importance du sujet, se seront Traîsemblablement pas jugées de trop pour rhistoire et Texplication d'un syslène dont )e germe se montre dans un fort aacien traité ( celui de Weslphalie , de Tan- Bée 1646), mais dont Tapplication, alors Béconnue par plusieurs États , et plus tard abandonnée par tous , ne régissait point la France elle-même, lorsque, dans son ordon- BiBce de la marine de 1681 , et ensuite dans Ma règlement de 1744 , elle traçait des règles plus ou moins opposées aux priuilégeM ée la neutralité , tels que le règlement de I77S a plus récemment essayé de les faire admettre.

C'est donc seulement à cette époque de inS que la France s'appliqua à faire recon- ■dtre rîmmunité de la cargaison par le reipect dd au pavillon neutre, en consacrant dlê-méme ce principe dans son règlement & la même année.

U y avait sans doute de puissantes raisons pour que cette règle fût généralement adoptée. En rattachant la validité ou Tinvalidité de la prise , tant pour le navire que pour la orgaison, à la seule qualité ennemie o\ï memtre du pavillon , tout se simplifiait ; et si le sv^cl neture perdait la cargaison qu'il eût îaofMvdemment placée sur un navire ennemi, il jKWvaît fréter , quel qu'en fût le propriétaire, toute cargaison ou partie de cargaison, p u mvu qu'elle ne consistât point en munitiuu de guerre, ou ne fût pas destinée pour SB port hUxjué : la navigation purement commerciale eût été par là dégagée de beaucoup d'entraves 4 sans nuire aux belligérants dans les points qui appartenaient directement à leur situation boslile.

Mais le système que la France voulait kitrodoire comme le plus propre à maintenir les justes intérêts de tous les États , ne convîcBt point à TAngleterre , qui n'y répondit que par des mesures de plus en plus restrictives du droit des neutres.

Dès la même année 1778 , l'Angleterre

(1) fvjez le Code des prises , par Dofrich*-Foa- Um . fmprtaié en 1805, 2 rot. io-4».

étendit à ce qu^elle appelait contrebande de guerre , tous les objets propres à la construction des navires ; elle refusa aux neutres la faculté de naviguer d'un port ennemi à un autre port ennemi , même non bloqué ; elle éleva des doutes sur le droit appartenant aux puissances neutres de faire escorter par des vaisseaux de guerre les b&timents de commerce dé leurs sujets, et prélendit qu^en tout cas l'escorte n'affranchissait plus de la visite les bâtiments escortés.

De telles prétentions ne pouvaient être proclamées sans blesser les puissances neutres ; aussi vit-on. les souverains du Nord s'élever contre elles , et former, en l'année 1780, cette neutralité armée qui imposa à l'Angleterre, et se termina par la paix de 1783.

Rien toutefois n'avait été positivement réglé , lorsqu'une nouvelle guerre s'alluma , en 1793, entre la France et l'Angleterre , qui non-seulement reprit êes anciennes prétentions , mais les étendit encore , en soutenant qu'une place était censée bloquée , mémehors la présence d'une escadre , quand cette escadre s'était éloignée par l'efiet d'une tempête, par le besoin de faire de Teau , ou par d'autres circonstances aussi vagues.

Par une fâcheuse coïncidence , les États- Uuis d'Amérique , qui étaient alors en mésintelligence avec la France , et qui allaient bientôt entrer en guerre avec elle, voulurent bien reconnaître ces énormes prétentions de l'Angleterre.

.De son côté , la France , en haine de laquelle tant de restrictions étaient imposées aux neutres , crut devoir , comme par représailles, autoriser la capture de tout navire qui serait rencontré avec une cargaison an^ glaise en tout ou partie. C'était de la part du gouvernement français une dérogation bien formelle au privilège dont elle avait voulu précédemment investir le pavillon neutre; mais alors l'irritation était grande entre les deux pays , et cette irritation était parvenue à son plus haut point, quand la première magistrature de la république échut à Napoléon.

£n se rendant favorable aux vues et aux intérêts de l'Amérique , le nouveau cbef du gouvernement français ne tarda point à ramener les États-Unis à des sentiments pacifiques envers la France; et le traité du 8 vendémiaire an IX ( 30 septembre 1800 ) , qui rétablit la paix entre ces deui nations , reconnut en même temps le privilège du pavillon neutre.

PRIS

PRIS

Peu 4d temps après, les Nord , la Russie , le Danemorck , la Suède et la Prusse proclamèrent elles-mêmes ce principe , dans une convention du 16 décembre 1800, stipulant une neutralité armée , dont TAngleterre osa, contrairement au droit des gens , et sans explications préalables, se faire un prétexte pour attaquer inopinément et détruire la flotte danoise. La malheureuse bataille de Copenhague, du 2 avril 1801 , et l'assassinat de l'empereur Paul , opérèrent encore un changement de scène. Les puissances du Nord se désistèrent des principes de leur neutralité armée , et reconnurent, dans un traité du 1 7 juin 1801, les prétentions de TAngleterrc. L'Europe se trouva ainsi replacée, par Tissue d'une bataille , sous Tempire des restrictions dictées par le vainqueur.

Dans ces conjonctures , la France se vit entraînée à appliquer aux neutres avec lesquels elle n'avait pas de traités spéciaux, les mesures auxquelles les nations«maritimes de de TEurope s'étaient soumises envers l'ennemi , et qui par là même devenaient une sorte de droit commun.

Toutefois les choses furent encore poussées plus loin dans les hostilités qui suivirent la rupture de la paix éphémère d'Amiens.

La France s'étant emparée du territoire ha- Dovrien , le gouvernement anglais , au mois de juin 1803, déclara en état de blocus l'Elbe et ses côtés , et , peu de temps après , le Weser et l'Ems , puis le port de Gênes %t la Spézia ; enfin , et dans le cours de deux à trois ans , toute l'étendue des côtes appertenant à la France, ou occupées par de?

troupes françaises ou alliées.

La France se vit donc contrainte k user de représailles ; et de là , les fameux décrets datés, l'un de Berlin, 21 novembre 1806, et l'autre de Milan , 23 novembre 1807, soumettant à la confiscation tous navires destinés pour l'Angleterre ou ses colonies , ainsi que tous vaisseaux ayant touché le sol britannique.

Telle était alors la position des deux pays, que , si l'Angleterre dominait sur les mers , de son côté , la France était parvenue à exercer sur le continent une influence sans bornes, et que, dans la lutte élevée entre ces deux colosses directement inaccessibles l'un à l'autre , le succès semblait définitive^ ment réservé à celui des deux qui pourrait se maintenir le plus long-temps sur l'élément qui lui était propre.

n j'anissait pour la France d'isoler l'Angleterre du T^mtinent, et Napoléon, jusqu'alors étranger aux revers, s'était sans doute flatté de réussir ; mais pour obtenir ce résultat , il fallait être aidé par la patience des gouvernements amis ou neutres ; et avant qu'on eût pu recueillir le fruit d'une si vaste entreprise ( que la concession de lettres appelées licences, et surtout l'extrême difficulté d'empêcher la contrebande avaient déjà fort altérée ), de fâcheuses défections et de nouvelles guerres vinrent déranger et définitivement détruire les moyens que la France s'était vue forcée d'opposer à l'Angleterre comme représailles de la conduite insolite que le cabinet britannique avait tenue envers les neutres.

Ainsi se termina , après de longues souffrances endurées par toutes les nations ennemies , amies ou neutres , une lutte cpii n'obtint pas l'efiet d'obliger l'Angleterre à reconnaître le pauillon neutre comme couf^rant la marchandise (\), et à adopter des principes plus purs sur la neutralité en général.

Telle est , au surplus , la connexion des mesures dictées par l'état de guerre , ou , plus exactement peut-être , la réflexion des unes sur les autres , qu'on peut se voir contraint quelquefois à appliquer le système même que l'on regarde comme vicieux ; et c'est ce qui est arrivé à /a France dans la dernière guerre : roilà vos droits, disaitelle aux neutres ; je les reconnais et suis prête à les observer; mais réunissez-vous et agissez pour les faire respecter aussi de l'ennemi, sinon Je serai forcée de vous traîter comme vous souffrirez qu'il vous traite.

C'est ainsi que , durant le cours de la det*'* nière guerre , d'une guerre qui a duré près de vingt-quatre ans , les droits* du pavillon neutre n méconnus et repoussés par l'Angleterre , sont restés sans application en France , et n'offrent aujourd'hui qu'une théorie malheureusement dénuée de toute sanction légale.

Jusqu'ici l'on a négligé de parler des bâtiments naviguant sous pavillon ennemi (2),

(1) y oyez vHx le droit des neutres nne fort belle dituerUlioif. loséréeUans les Mémoires de NepoléoD, dictés 4 Satnte-Hâéne, et publia par le génial Gonrgaud, (om. 2, pag. 91 et saiTaotes.

(2) Ces prises sons pavillon ennemi étaient ordinairemeot adjugées par radminlstratioa des ports oà elles étalent conduites . et Tautorité supérieure n'om prenait connaissance juridictionnelle ifu'eo cas de rédanaations ; ee qui arrirait trés-rartmeat.

PRIS

in)

PRIS

^rce que , par sa propre essence , le pavilloo ennemi entraînait la confiscation du waim, et même accessoirement celle de la (Èrgaison , à moins que, par des traités ipédaux , tels qn*il en a existé avec quelques pssances , et notamment avec plusieurs Èats barbaresques , la cargaison ne fût affranchie, même sous pavillon ennemi, ce fB ne pouvait être qu'une exception.

En rédoisant à ce peu de mots ce qui refarde le panllon ennemi, et eu revenant pmr on moment encore sur le pavillon neutre ( yrai fojer des difficultés qu'of&e celte ■stière) , il parait convenable de rappeler fK raflranchissement de la cargaison par k pavillon n^est pas le seul attribut dont les neutres aient été privés, lors même j ^H n'jr avait ni contrebande de guerre , ni I 4ertination pour un port bloqué réellement. L*OD a va plus haut qu*à diverses époques h navigation des neutres avait été frappée k restrictions d*un autre genre, et sounse à des investigations qui ne regardaient fu seulement la question de propriété au ■Mient de la capture , mais Vorigine même et certaines marchandises, et jusqu'à la ro«te tenue par les neutres : c'étaient de seavdles entraves introduites par les lois et décrets qui avaient autorisé la capture des Bucfaandises d'origine anglaise , quel qu'en fôt le propriétaire, ou prononcé la confisoatioo des navires qui auraient touché le sol britanniqae, ou se seraient dirigés vers ce pays.

Daas on tel état de choses , et pour statoer,eii cas de confiscation, sur des intérêts â graves et souvent si compliqués , il ctnt nécessaire que Tautorité publique intcrvtnt en donnant des juges aux parties.

Dk le principe des hostilités , il n'existait plu d'amirauté en France, et le jugement dei prises fut d'abord déféré au conseil exécotif on aux ministres de cette époque {tyS9), qui prononçaient à vue des pièces de bord , et diaprés une instruction faite , soit par les administrateurs -de la marine dans les ports français , soit par les consuls de France, si les prises avaient été conduites eides ports étrangers. '

Un peu plus tard , le comité de salut puiJic s'établit lui-même juge des prises mari- , tioies; et lorsque la constitution de Tan 3 Ua mise en activité , la connaissance de ces aSnres passa aux tribunaux de l'ordre corn* aan dans divers ressorts maritimes. Mais cttte attribution à la justice oitlinaire ne

dura que peu d'années , et déjà le directoire exécutif de la république française avait, par un message au conseil des Cinq-Cents , provoqué le rétablissement d'une juridiction spéciale, cqpme étant plus en harmonie avec les besoins de la politique et avec les usages de toutes les nations maritimes , quand , le ^ ventôse an VIII , le nouveau gouvernement, établi par la constitution de cette année, obtint la loi en vertu de laquelle fut institué , peu de jours après ( le 6 germinal ) , un conseil chargé de juger les contestations relatives à la validité des prises maritimes (1).

A cette attribution principale se joignit explicitement celle de connaître des échoue" ments sur les côtes du territoire français , lorsque la qualité neutre ou ennemie des objets naufragés serait mise en débat : la même compétence s'étendait sur les recousses ou reprbes faites sur l'ennemi, et sur les rançons ou transactions faites à la mer, transactions très-susceptibles d'abus , et admissibles seulement lorsqu'elles étaient justifiées par de graves circonstances.

L'examen des pièces de bord, c'est-à-dire des pièces trouvées sur le navire saisi ; Finstruction préliminaire faite sur les lieux où la prise avait été conduite , ou sur les côtes où le navire avait échoué ; enfin l'instruction déiinitive faite devant le conseil, et le développement des demandes et exceptions respectives des parties dans des mémoires communiqués et produits par leurs avocats :

tels étaient les éléments préparatoires de la décision après laquelle les parties étaient renvoyées devant d'autres autorités , soit pour la vente ou, le partage des prises quand la capture avait été jugée valide, soit pour le règlement des dommages-intérêts quand il en avait été alloué au capturé , soit pour toutes autres liquidations accessoires à la prise.

Il serait superflu d'entrer ici dans de plus amples détails , et de diercher , même dans un simple aperçu , à donner une idée de la jurisprudence suivie en cette matière durant la dernière guerre : cette jurisprudence ne pouvait être que conforme aux règles alors tracées; et Ton a vu plus haut que

(1) Ce conseil était composé d'un président nommé parmi les conseillers ordinaires, d'un procureur* général, d'un substitut et d'un secrétaire-général. Cinq membres an moins deralent concourir an jugement.

PRIS

PRIS

ces règles étaient bien peu favorables à la neutralité.

Cependant , et par la raison même qu*il était offert tant de latitude aux capteurs, il devenait d'autant plus juste de les obligera se renfermer dans les limites qui leur étaient imposées : ce devoir a été rempli , et il a été relâché plusieurs prises , même aux époques les plus rigoureuses envers les neutres (1) , qui, il faut le dire, se prêtaient à bien des simulations.

Bien plus :, un bùteau pécheur ennemi fit naufrage sur la côte de France. Le conseil, dans des vues philanthropiques , crut ne pas devoir user des rigueurs de la guerre, et relâcha le bâtiment et Téquipage. Les étrangers , et {surtout le Transport-Office, applaudirent à cet acte d'humanité qui n'a pas , que l'on sache , été imité de l'autre cdt^é de la Manche.

Terminons, au reste, cette notice par un coup d'œil général sur l'état de la course durant la dernière guerre.

Si la législation qui l'a régie n'a été , en quelque sorte, que l'ouvrage des circonstances ou le produit de fâcheuses représailles, il n'en serait pas moius injuste de méconnaître les services que la course a rendus au pays in statu quo.

En effet , tandis que la marine de TÉtat était , par sa faiblesse et ses revers , retenue dans les ports ^ les corsaires français couvraient les mers et faisaient une multitude de prises légales , parmi lesquelles il y en avait d'une valeur immanse.

' Il .est remarquable aussi que jamais la police intérieure de la course n'avait été mieux observée, ni les actes de pii-aterie plus rares , et que si certaines captures invalidées ont donné lieu quelquefois à des condamnations en dommages -intérêts, du moins elles ne présentaient pas de délits à punir.

Aux pertes éprouvées par le commerce

(I) L'aoUor d« etU« noik* » qui pMdanl prés d« ^natoru ans a présida 1« conseil des prisas, pourrait citer â l'appai de ceUe asserlioo plusieurs décisions rendues par ce conseil ; mais de tels détails sembleraient liors de place. Au surplus, un fort grand nombre de décisions, i la rédaction desquelles un secrétaire-général très-instruit ( M. Calnelet) a en la plus grande part , ont été imprimées , et forjnent nn recueil où se font aussi remarquer les con- 4usioas données par MM. Portails pire et Deseotib, en qualité de procureurs*Kénéraux, sur plusieurs questions de droit public»

ennemi (1), il s'est joint d'autres résultats qui méritent aussi d'être appréciés : des milliers de matelots qui seraient restés inactifs dans nos ports ont été emplo jés parla course , et plusieurs capitaines ont mérité , par des actes d'une rare intrépidité et par d'honorables combats, que leurs noms fussent signalés parmi ceux des braves ; tels ont été les Surcoff, les Bavasiro, les Gamier, les PoUet, les Mordeille y etc.

De ce qui précède y a-t-il lieu de conclure qu'en soi-même la course soit un bien t L'auteur anonjrme d'un très-intéressant article inséré dans le présent Dictionnaire (2) a exprimé le désir que les lettres de marque fussent abolies et la course interdite.

L'accomplissement de ce vœu serait sani doute un grand bienfait pour le commerce de toutes les nations , et la guerre maritime deviendrait un bien moindre fléau , si son exercice ( circonscrit de telle sorte qu'il n'eûl lieu f\\C entre vaisseaux de guerre ) laissait l tous les bâtiments de commerce, sans distinction d'amis , ennemis ou neutres , la faculté de naviguer librement , sous les seules restrictions relatives à la contrebande di guerre et au cas de hlocus : mais esVil per< mis d'espérer une telle concession 7

Ce serait, en cette matière, beaucoup obtenir qu'au moins le commerce neutre fûl protégé par de sages principes : telle serait entre autres, la règle jusqu'à ce jour tani controversée , et qui, admise enfin, établi rait que le pavillon neutre couvre la mar chandise ; telle serait aussi la reconnaissance

(1) Le Porcher , bitiment de la compagnie an glaise des Indes , arait une cargaison de plus de tro! millions ; ie Caninolm avec sa cargaison éuit ettim plus de quatre millions; plusieurs autres prises approchaient de cette importance ; celles de 100,000 200,000 Trancs ne tenaient» qu'un rang médiocre; le prises d'une valeur inférieure i 50,000 francs éulen en tr^S'petit nombre. Or , pendant l'exerdcn seule ment du conseil des prises (espace de plus de qua torse ans ) , tt a été prononcé plus de trois mill eonSseations. Qu'on applique maintenant â ce nom bre de captures eli chacune d'elles la valeur mojeon de 200,000 francs , ce calcul donnera plus de slxcenl millions , et cependant il p'embrasse point les prise des huit années qui avalent précédé le consulat < rétablissement du conseil ; ni plus de dix^alt eenl prises sons pavillon ennemi , conduites dans ks port franf als , alDés on neutres ; ni quiOre mille deui cents saisies faites par les douanes, de marchandise anglaises, et jugébs par le conseil; ni enfin las prise conduites dans les colonies. >

(2) Foyes le mot Haritime (Code).

PRIS

PRIS

do priniiipe qu'il nt peat eiister de blocus en rabseacc de forces propres à le constituer réellement. Mais, dam la diversité des in té* rlts ou des rues t est-il crojable que tontes les puissances s^acoordent franchement sur ces points capitaux? Et quand ils seraient reconnus dans un congrès , qu'est-ce qui en garantirait rexécution , le cas de guerre oâ^enant f

Dans les grands confliU d'État à ÉUt, U est peu de règles qui puissent résister à la volonté contraire de celui qui est le plus fort , et la raison publique a bien des pas à faire dans lesxrabinets des souverains pour y trou* ▼er un remède efficace à un tel mal. (f^ojnsx Bi4Kn7s , CoMiiBice , Cioisiinas , Makitii»

( Code ) et Prohibition. BaiLisa.

PRISEUR ( CoMMissAiBi ). yoje% Huissmms.

PRISME. ( Phy-iique.) Ce motest emplojé par les géomètres pour désigner les polyèdres dont la surface est formée par des plans parallélogrammes , et qui supérieurement et intérieurement sont terminés par des polj* goAies égaux et parallèles que Ton nomme hase. Un prisme est iiroit ou oblique , sui- Tant que les arêtes produites par la rencontre des faces latérales sont perpendiculaires • aox basea, ou forment avec elles des angles plus ou moius aigus. Au surplus , pour caractériser les diverses espèces de prismes^ on dit qu^ils sont triangulaires y quadrangu^ laires , etc. , suivant le nombre des côtés que présentent les poljfgoues qui leur ser- Tenl de bases.

Pour obtenir la surface d'un prisme , il suffit d'ajouter à celle des deux bases le produit du contour de l'une d'elles par une des arêtes du solide , de même que l'on en détermine led^olume en multipliant la surlace d'une des bases par la hauteur du prisme , c'est^2i-dire par la perpendiculaire abaissée de l'un des points de la base supérieore sur la base inférieure. .

Les physiciens emploient encore d'une manière spéciale le mot prisme pour désigoer ane masse de verre on de tout autre substance diaphane » servant à. décomposer la lumière ; sa forme est le plus ordinairement triangulaire , parce que l'angle compris entre les deux faces qui livrent passage aux rayons lumineux ne peut aller au-delà d^one certaine limile facile à déterminer lorsque l'on connaît la (acuité refiringente de la matière. Dans un prisme de verre , qui de tous les corps solides est celui qui réfracte Tome 19.

le moins puissamment, l'angle réfringent ne saurait avoir plus de dl« : dès lors si un tel prisme était qusdrangulaire , il y aurait au moins deux des angles qui ne pourraient être d'aucun usage, et ce nombre augmenterait à mesure que les faces latérales seraient plus multipliées.

Indépendamment des prismes dioptriqnet qui servent k disperser la lumière, il en est d*autres que l'on nomme achromatiques, et qui, formés de substances dont la faculté dispersive est variable, réfractent la lumière sans la décomposer , ou plutôt la recomposent en lui faisant éprouver des déviations en sens contraire. ( f^ojrez le mot Dispbx-

SIOH. )

Quelquefois enfin à la suite du mot prisme on ajoute le nom de la substance réfringente dont il est composé : ainsi Fon dit prieme de verre, prisme deflint , prisme d'eau, prisme d'air, etc. On conçoit que lorsqu^il s'agit d'un liquide ou d'un fluide élastique, ces matières doivent être renfermées dans une capacité formée de lames diaphanes , dont chacune d'elles a ses faces opposées parallèles , afin de rendre nulle l'influence spéciale qu'elles pourraient exercer sur la lumière. Thillati .

PRISONS. (Politique et Ugislaiion, ) On donne le nom de prison à tous les lieux destinés à renfermer des coupables, et ceux qui sont prévenus d'un crime , d'un délit on d'une infraction quelconque au pacte social.

Il est probable qu'en se réunissant en société , les hommes songèrent à s'assiwer de ceux qui voudraient en troubler Pordre , et qu'en fondant des villes ils y construisirent des bâtiments particuliers qui ne devaient servir qu'à renfermer des criminels « soit pour les punir , soit pour les mettre seulement dans l'heureuse impuissance de nuire.

L'Egypte, la Grèce et Rome nous oflVvnt les premières traces de ces lieux de réclu^ sion , dont rétablissement était sans doute nécessairef à la sûreté des peuples, oui ta dont on a tant abusé « où le despotisme a creusé tant de cachots » où la superstition a précipité tant de victimes , où l'acousé a été souvent mille fois moins criminel que Taccusateur.

Il parait, d'après les historiens de l'anti^ quité , que les prisons de ces temps éloignés étaient composées de pièces ou d'appartements séparés, plus ou moins commodes, dont le séjour était piqs ou moins afi'reux.

Souvent les prisonniers étaient gardés dans

PRIS

PRIS

un «impie vestibule , où ils avaient la liberté de voir leurs parents et leurs amis. Socrate , condamné à boire la ciguë , put , avant d'avaler le fatal breuvage , s'entourer des personnes qu'il aimait et qu'il estimait le plus. Quelquefois aussi les détenus étaient renfermes dans d'obscurs souterrains. Cela tenait à la gravité ou à la qualité des crimes qui motivaient l'arrestation. Les Romains avaient des fosses humides et infectes pour cachots : Jugurtha fut jeté dans un de ces cloaques. La plupart des exécutions se faisaient dans les prisons , surtout pour ceuK qui étaient condamnés à être étranglés ou au supplice du philosophe d'Athènes.

On lit, dans V Abrégé de l'histoire romaine d'Eutrope que ce fut sous le règne de Tarquin-le-Superbe que Ton vit les premières prisons dans la ville de Romulus ; mais les écrivains ne sont pas d'accord à cet égard , et la plupart rapportent ces établissements de sûreté publique à Ancus Martius. Ce monarque, disent-ils, fonda la première maison d'arrêt, et, après lui , Servius-Tullius y ajouta un cachot, que Ton désigna long-temps sous le nom de tulfianum. Juvénal , qui n'est peutêtre pas une grande autorité en histoire , assure que Rome n'eut qu'une seule prison sous ses rois et èous sa république , depuis sa fondation jusqu'à la bataille d'Aclium , qui lui assura l'empire du monde, et qui l'asservit en même temps à la domination de ses empereurs. A cette maison de réclusion , qui suffit pendant sept siècles à prévenir, réprimer ou punir les désordres , Tibère , le successeur d'Auguste , en fit construire une nouvelle que Ton nomma prison de mamertin.

Les prisons, si rares sur le Tibre sous les monarques et les consuls , se multiplièrent bientôt à l'infini sous Tempire , et l'on voit par les actes des apôtres et ceux des martyrs, par les historiens ecclésiastiques des premiers siècles, par les jurisconsultes et les interprètes des lois de la même époque , qu'il y avait peu de villes dans les vastes États des ' Romains qui n'eussent une prison. Les Césars avaient aussi fait construire des maisons parfaitement distinctes de ces lieux de réclusion . que Ton appelait mala mansio, où l'on faisait subir la torture ou quelque autre supplice de ce genre aux accusés , pour l«;s forcer à l'aveu de leurs crimes , et les obliger à faire connaître leurs complices.

A des prisons où Ton respectait d'abord les droits sacrés de l'humanité ,où Ton trou*

vait les égards qae l'on doit an malheur , la barbarie substitua d'aflreux souterrains creusés dans le roc , et de vastes carrières , dont on ferma exactement toutes les issues. On les désignait sous le nom de lantumim et de lapicUcinœ, On les confondit souvent avec des mines où l'on incarcérait certains crimittels ; mais c'étaient des prisons très-distinctes , qui difi'éraient par les tourments qu'on faisait subira ceux qui j étaient plongés.

Dans les unes , le détenu pouvait au moins disposer de lui-même dans l'étroite enceinte qui lui était tracée ; dans les autres , chargé de fer, on le destinait à mourir lentement sur le roc auquel on l'attachait.

Les lois romaines font mention de diffé- , rents employés à qui l'on confiait l'administration et l'inspection des prisons , et de ceux que l'on chargeait de la garde des détenus. Toutes les dépenses qu'exigeaient les maisons d'arrêt s'inscrivaient sur des registres, et l'on en avait un pailiculier où Ton constatait le nombre des prisonniers , leur nom , leur état , et le crime dont ils étaient accusés. Des hommes , que l'on appelait cornmentarii , tenaient ces registres.

Outre les maisons de force , il y en avait que l'on pourt'ait regarder comme des prisons libres : on y était sous'la simple surveillance d'un magistrat et confié h sa garde. On avait aussi quelquefois son propre domicile pour arrêt. Ces prisons domestiques , ces char^ • très pritfées , furent supprimées par les lois de Trajan et d'Antonin , mais permises cependant encore dans de certains cas. Ainsi , par exemple , un père renfermait souvent chez lui un fils dont la conduite était peu régulière ; un mari pouvait donner sa maison pour prison à une femme qui avait manqué k ses devoirs; un maître avak la faculté d'exercer le même droit sur son esclave.

Les ecclésiastiques , dès les premiers siècles du christianisme , eurent comme les pères , les époux et les maîtres , leur police particulière : chaque ordre , chaque monastère , chaque évêché eut sa prison. Mais dans ces temps de ferveur , où la charité ne faisait de tous les fidèles qu'une seule famille , où les ministres ^i autels aimaient leur prochain comme eux-mêmes , où ils étaient les parfaits modèles de toutes les vertus évangéliques , la sévérité que l'on exerçait envers un moine , un religieux ou un membre du clergé , était moins une punition qu*on lui infligeait qu'un moyen qu'on lui oflrait de réparer one faute et de devenir meilleur.

PRIS

PRIS

lei ISetiz oà Ton reufermait eet prêtres et ces cénobites qui avaient à se reprocher quelques faiblesses humaines, s^appelaient decanina ; et si Ton usait quelquefois de ri- (peor envers les membres du clergé séculier ou régulier qui avaient violé les canons dans des points essentiels, cette rigueur était tempérée par les consolations d*one charité sans bornes. Les supplices n'approchaient jamais des decanina , c'était le repentir que Ton demandait aux coupables; on était loin de croire que les tourments pussent ramener à la vertu , que les éohafands pussent opérer la conversion du pécheur.

Mais lorsque la superstition égara des âmes plus honnêtes qu'éclairées , lorsqu'un fanatisme aveugle arma les chrétiens les uns contre les autres , la simplicité évangélique fit place aux fureurs de l'intolérance; les moin^ partagèrent la démence générale ; ils derinrent plus féroces et plus barbares que les juges mêmes , que Tintérét de la société force à s'armer de toute la rigueur des lois contre le crime. Leurs decanina devinrent d^afireux tombeaux , où ils plongèrent leurs malheureuses victimes , sans égard pour rage , rignorance ou la faiblesse; les prisons monastiques ne furent plus que d'horribles charniers ou les bourreaux sacrés, couverts du saint habit d'un Dieu de paix , clément et bon , inventèrent et organisèrent .pieusement tous les supplices. Des abbés 9 dont la charité n'était que du 6el , la piété que de la fureur , la religion que du fanatisme et de l'intolérance , ne se bornèrent pas à renfermer leurs religieux \lans la nuit profonde des cachots; ils les mutilèrent sans pitié , leur arrachèrent la langue , leur crevèrent les yeux , et leur firent subir dans les horreurs des prisons toutes les angoisses de la plus lente et de la plus douloureuse agonie. Ces atrocités sont consignées dans les capitubires de Charlemagne, et les canons du concile de Francfort , qui s'élevèrent avec indignation , en 785 , contre ces attentats , dont l'abbaye de Fulde et d'autres monastères offraient l'horrible et dégoûtant tableau.

Cependant il s'opéra bientôt une ligne sacré» entre la pui«sance spirituelle et Tautorité temporelle pour rappeler des moines barbares à l'humanité, la première vertu du chrétien et la base de toutes les autres. En 8l7yra8semblée d'Aix-la-Chapelle avaitfermé les prisons monastiques ; mais cette sage mesure , cette modération si propre à ramener au devoir les cceors égarés, ne fut pas de

longue durée : vingt-sept ans après , en 844, le concile de Verneuil ouvrit de nouveau les prisons , et ordonna que les religieux prévaricateurs ou apostats seraient punis par une détention indéfinie. On imagina une prison où la lumière du jour ne pénétrait jamais, et où le captif devait terminer sa malheureuse carrière. Ces antres ténébreux furent connus sous le nom de vatU inpace. Pierre-le- Vénérable nous apprend qu'un Matthieu , d'exécrable mémoire , prieur de Saint-Martindes-Chanips , à Paris , fit construire dans cette abbaye un souterrain en forme de tombeau , et y enferma à perpétuité un de ses moines , dont la mauvaise conduite avait résisté à tous les châtiments. Saint Benoit rendait au monde les moines qui refusaient d'obéir à la règle, il ne les assassinait pas. ( f^ojre* Oanass xz-

UGIEUX.)

Le bourreau de Saint- Martin-des-Champs trouva bientôt des imitateurs. Sa férocité devint la vertu d'un grand nombre de ses confrères, et une infinité de monastères ne tardèrent pas à avoir leurs souterrains et leurs victimes. Dans ces sépulcres vivants , l'infortuné qu'on y enchaînait, n'avait, pour prolonger sa longue agonie , qu'un pain noir et une eau sale et dégoûtante. Privé de de toutes consolations, de tout commerce avec les vivants , plongé dans une épaisse nuit , dans une atmosphère infecte et pestilentielle , sa vie n'était plus qu'on long supplice. Le silence de son tombeau n'était interrompu que par les accents plaintifs de sa douleur ; et s'il résistait à l'activité du mal , il succombait à sa durée. 11 exhalait son der-^ nier soupir dans les accès du désespoir et de la rage.

I^ secret de tant d'horreurs fut enfin révélé. En 1351 , le 27 janvier , nous ditFleury dans son Histoire ecclésiastique , tome 21, livre 35 , § 56 , le vicaire-général de l'archevêque de Toulouse , Etienne Toldebrand vint, de la part de ce prélat , le dévoiler au roi Jean , pendant le séjour que faisait ce prince à Villeneuve , près d'Avignon , sur le Rhône. Le monarque français , épouvanté de cette fureur sacerdotale , ne balança pas à pénétrer dans ces infernales prisons , et k en arracher les victimes. Il eut besoin de toute son autorité pour forcer à l'obéissance les mineuts et les Jrères prêcheurs , qui devaient leur institution à la politique ambitieuse de Grégoire VII. Celte milice grossière et vagabonde de l'évéque de Rome , outrée de voir s*échapper de ses mains le

PR IS

PRIS

gbire sanglant des bourreaux ^ osa porter •es plaintes a« pied du trône pontifical; mais le roi Jean, indigné de Taudace et de la barbarie de cette horde mendiante , et fatigné de leur résistance ^ ne leur laissa que raltematiye de purger tes Étals de leur présence , ou d'obéir et d'être au moins hommes , s'ib ne pouvaient pys être chrétiens.

Les féroces Dominicains feignirent de se soumettre ; mais leurs souterrains ne cessèrent pas de s*ott?rir , et les vade ùtpace engloutirent de nombreuses victimes , jusqu'à ce qu'enfin un siècle de lumières vint émousser les poignards de Fin tolérance.

Pendant que les moines et les religieux se creusaient ainsi des tombeaux , les évéques se formaient une juridiction contentieuse , s'attribuaient une justice particulière, construisaient des prisons , leur donnaient le nom d'qffioialiùê, et les remplissaient du petit nombre des ecclésiastiques qui ne aecondaient pas leur ambition, ne partageaient pas leurs désordres , ou qui , ne joignant pas rhypocrisie à Taudace , devenaient l'objet de quelques scandales publies.

Quand la faiblesse , l'ignorance et le malheur ne trouvèrent plus d'appui, plus de consolations dans les ministres de la religion; quand les successeurs des apôtres ne furent plus que des prescripteurs et des bourreaux, quand ils se mirent au^essus de toutes les lois divines et humaines , comment les maîtres de la terre auraient-ils résisté aux douceurs du pouvoir absolu, aux trompeufv attraits du despotisme, à l'orgueil de commander à des peuples d'esclaves. 4 côté des cachots de rintoléradce religieuse , s'élevèrent les bastilles de l'intolérance politique. L'exercice du droit arbitraire d'emprisonnement ne put être que le résultat d'une tyrannie que rien ne contredit , et qui se permit impunément tout ce qu'il y avait de plus Àubversible de l'ordre et de la liberté publique et particulière des nations. Ce ne fut cependant qu'avec la marche lente et progressive du temps que l'on arriva aux abus du pouvoir. On n'osa pas d'abord violer auilaciensement les formes judiciaires , et asservir la liberté des hommes aux caprices des rois. Mais lorsque ces chefs des États se furent déclarés les arbitres du monde, lorsqu'ils purent mettre l'arbitraire à la place des lois , et verser le sang de leurs esclaves pour les faire obéir, ils élevèrent ces châteaux-forls et ces bastilles, où furent plongés tant d'infortunés , et qui d^vorèreattaut

de ricHmea. Conataatinople eut «on chfttoau des Sept-Tours ; Rome , son château Sainte Ange ; la tour de Londres domina la Tamise; la prison perpétuelle des lies Sainle-Marguérite devint une des succursales de la tyrannie; Bicétre, Charenton, Saint-Lazare entendirent d'autres gémissements que ceux des criminels. Ces asiles du désespoir et de la éou. leur furent souvent le théétie des attentats qu'ils étaient primitivement destinés à ponir ! Ce n'est qu'avec le sentiment de la plus profonde amertume que l'on voit les passions vindicatives agiter tour à tour les rois , les princes de l'Église, les peuples , etàet troa pes de brigands , armés du poignard des assassins ou . du couteau sacré de la leligioa , assiéger les prisons , en briser les portes , y organiser le carnage , et porter la mort jusqu'au fond des cachots , au nom d'un prince factieux , d'un pontife fanatique ou d'une liberté sans frein. On ose à' peine mettre ea lumière ces sombres atrocités qui ont si sofi* vent déshonoré les pages de l'histoire; ces oubliettes, ces cages de fer de la tyrannie; et d'un autre cdté , ces nuits sanglantes du 14 au 29 mai 1418, ou le sang coula , dans toutes les maisons de détention de Paris , sous le far d'un peuple mâtiné ; ces journées du 3 au 5 septembre , où les prisons révolutionnaires furent le théâtre des plus hombles assassinats 9 où la capitale au désespoir et la France en deuil eurent à compter panni les victimes les citoyens les plus purs, les hommes les plus vertueux et les

femmes les plus illustres

Mais loin de nous un passé qm ne rappelle que des souvenirs douloureux et pénibles ! Tous oes anciens vestiges d'une licence sans (rein et d'un despotisme sans bornes sont effacés. Les sociétés prennent une direction dans laquelle il semble que leur masse les entraîne et les emporte , et où l'esprit d'indépendance se coaabine avec l'exercioe du pouvoir. I^es vnde im pao€ des moines et des évéques sont comblés , les cachots de l'inquisition ne déshonorent plas la religion , les fossés des prisons légales ont disparu , les châteaux-forts , les tours et les donjons des bastilles sont abattus , les prisons révolutionnaires ne se r'ouvrirontjamai> 9 et s'il reste quelques points tw le despotisme ait encore ses secrets, ses tortures et Mes abîmes , le temps n'est pas éloigné où les peuples, réveillés d'une longue et honteuse léthargie, se lèveront pour reconquérir leurs droits , et mettre diês bocnes au pou-

Pais

PRIS

veir aImoIo. Dans Us monarchies coniUtu- (îoniSelles , la liberté du cito/en est sacrée ; nul n'y porte impanément atteinte ; on ne «ounaii de prisons que celles qui sont institnées par les lois , et elles ne s'ouvrent qvCk Ja Toix du ma^strat, pour s^assurer de la personne de Thomnie prévenu d*un délit ou d*an crime, le soumettre à un jugement, Tabsoudre ou le punir.

Tout tend h de nombreuses améliorations dans la construction , la surveillance , le régime et Tadministration des maisons de détention , destinées à la prévention , à la mise en jugement , et à la correction. Bientôt on n*jr verra plus des fièvres pestilentielles naître de Tatmosphère mortelle dont elles étaient infectées. La lumière pénétrera dans les cachots , dont on ne fera plus des tombeaux ; les victimes ne seront plus entassées les unes sur les autres ; Teau , Tair et une grande propreté assaioiront ces séjours de douleur et de larmes ; les pieds et les mains des détenus n'y tomberont plus çn putréfaction , sous les fers qui les meurtrissaient ; enfin , les malheureux qui y gémissent n'appelleront plus à grands cris la mort , comme le seol bienfait qui puisse les affranchir des tourments qu'ils y éprouvaient.

La prison ne doit être qu'on lieu de sûreté «leatiné à garder tm accusé jusqu'à ce qu'il soit jugé , oii de détention pour le temps qo'il est condamné ii y séjourner. Que d'égarUa ne lui doit on pas , s'il est innocent ! Et si cette même maison lui est enGn imposée, oomme un mojen d j expier une faute , ne doit41 pas y être traité avec cette consolante boawnité , que Ton ne peut refuser même aux grands coupables?

Les améliorations que Ton doit à Paris , à l'établissement du conseil royal des prisons, tout ce qu'on a tant de raisons d'en attendre encore, les travaux que Ton a introduits dans los maisons de correction et de détention, le zèle avec lequel on s'occupe de ces institutions nouvelles , en perfectionnant les ateliers , en y attachant les ouvriers par l'espoir d'une situation moins pénible, et le désir si naturel de diminuer le nombre des privations ; Tair plus pur que l'on respirera dans ces maisons en en bannissant la misère; les déchirements de l'âme que l'on préviendra, en abrégeant les jours si longs et si cruels du secret , en murant dinfects et d'affreux cachots 'j la séparation et la distinction , si long-temps et si vainement attendues , que Ton fera des hommes , soit prévenus , soit

coupables , qui diffèrent souvent d'une manière si frappante par l'âge, l'état, la moralité , l'éducation et la nature des crimes ou des délits ; la distribation d'un travail que Ton choisira et que l'on réglera en consultant les forces^ les facultés , les dispositions et les habitudes de chaque individu ; un régime plus doux enfin , des concierges moins avares qui ne s'enrichiront plus des dons que la bienfaisance prodigue au malhear , des guichetiers moins avides , moins grossiers, qui sauront adoucir et respecter l'infortune; le concours de la religibn, si consolante dans la bouche d'un ministre éclairé; celui de l'humanité qui verse un baume salutaire sur les plus profondes douleurs : tout promet que les punitions , quoique justes et sévères encore , seront cependant plus en rapport avec nos moeurs , plus conformes à l'intérêt général de la société.

Et que Ton ne dise pas qu'en rendant les prisons moins horribles, et }fi sort des détenus moins aAreux , on enlèvera aux hommes, impérieusement entraînés versle crhne, la crainte salutaire d'une longue détention ou de la privation momentanée de leur liberté; qu'on ne dise pas que les demi^^ classes de la société trouvent le séjour d'une maison de correction sans tortures , moins insupportable que leur misère , que b paille qui meuble leur réduit. Non , sans doute !

qui ne sait qu'un palais , dont on ne pourrait franchir les murs , serait mille fois plus odieux que l'antre où l'on aurait la faculté d'entrer et de sortir au gré de ses désirs ?

Et d'ailleurs fautil douo, pour que les lieux de détention remplissent le but de la loi , pour 'qu'ils soient de suffisantes garanties contre les infractions du pacte social , qu'on les transforme en uu repaire infect ; qu'on en fasse le fejrer de l'épidémie , de la peste et de la mort ; que les vices qu'ils sont chargés de réprimer y acquièrent de nouveaux dév«ïloppemenU , ^'y communiquent , s'y répandent , et parcourent tous les degrés qui conduisent à la corruption la plus piofonde?

Est-ce donc faire de la prbon un séjour de plaisirs et de jouissances, ^que de mettre ceux qui l'habitent à l'abri des maladies contagieuses , de les nourrir d'un pain moins noir ^ de les arracher à la pourriture et à l'infection des cachots , de se souvenir que , s'ils sont coupables, ils n'en sont pas moins homme^ ? T a-t-il à balancer entre une rigueur sans mesure , une barbarie sans bornes , que condamnent également l'humanité

PRIS

PRIS

et la religion, et qui De produisent que Timmoralité , le libertinage ou le désespoir , et une juste sévérité qui astreint à une vie austère et laborieuse , qui impose toutes les privations , qui frappe ceux qui manquent à la règle, et qui les rend meilleurs en les punissant? Non, sans doute; et lorsque nous verrons Theureuse époque où la prison cessera d^étre le dangereux écueil où vont se briser la vertu prête à se relever^ le repentir qui veut effacer une faute , et le remords qui effraie et qui soutient encore celui qui a fait un faux pas ; la détention corrigera le détenu , et ne sera pas moins une peine , que chercheront également à éviter les ennemis nés du travail, et ceux qu'arrêteront toujours sur le bord de Tabtme la honte d*un jugement flétrissant et le sentiment de leur propre estime.

Que la malveillance soit enchaînée , que la perversité soit dans Timpuissance de nuire, et que tout te^^de, par une sévérité relative , et une modération sans faiblesse , dans les lieux d^espiation , à ramener le coupable à l'honneur, à Tordre , k la vertu : voilà ce que doit désirer le corps social , et ce qu'il a le droit d'exiger. C'est aux lumières du 19" siècle , à nos institutions nouvelles , et à la tendance des esprits vers tous les genres d'améliorations , que nous devons l'heureux changement qui se prépare dans l'administration et dans le régime des prisons; et si nous n'avons pas prévenu nos voisins en repoussant ces législations barbares , qui ont s fait pendant tant de siècles des plaies si profondes à Tespèce-iiumaine , nous les imiterons au moins pour effacer tant de pénibles souvenirs ( f^oj^ez ÀBarrRAïai, LiBEsii, PiijiEs et PoLicB. ) Le comte Làbordb.

PRISONS MILITAIRES. Les vieux recueils administratifs de Chennevières et de Briquet ne contiennent aucun renseignement sur les prisons militaires. Comme de leur .temps un code de fer régissait l'armée, il parait que l'administration s'inquiétait peu du local où se déposaient des hommes destinés , pour la moindre faute , au gibet ou aux galères.

V Encyclopédie méthodique y rédigée trente ans plus tard, lorsque, les mœurs s'adoucissant , le soldat commençait à être compté pour quelque chose, ne consacre qu'un petit nombre de ligues à cette partie du service.

h* Histoire de l'administration de la guerre, par M. Xavier Audouin , ouvrage né avec la révolution, et qui abonde en vues de per-, fectionnement , parait n'avoir pas même aperçu l'homme de guerre dans son état de prisonnier pour délits.

A une époque plus voisine encore de nous , un écrivain dun mérite distingué, M. Odier, qui a publié sept volumes sur la science administrative , a entièrement négligé de parler des prisons : oubli d'autant plus difficile h expliquer, que la partie de son estimable travail la plus neuve et la plus achevée est certainement celle où il est traité de la justice militaire.

Enfin , il faut arriver à l'an de grâce 1829 pour rencontrer , dans les Cours d'administration de M. Vauchelles , quelques pages où cet écrivain exact rassemblé méthodiquement tout ce qu'il y a de prescrit et de créé sur cette matière.

Toutefois , il reste an livre intéressant à faire ; c'est celui des améliorations que comporte le régime des prisons de l'armée.

Le Français est un mauvais soldat de garnison. L'activité de son esprit , qui s'accommode des travaux et des périb de la guerre , ne sait h quoi dépenser les loisirs de la paix. Le dégoût pour les armes , qu'il manifeste toujours dans les temps où elles sont oisives , doit principalement être imputé à nos institutions, qui le condamnent, hors les campa, tantôt à un désolant rien à-f aire, tantôt à des occupations stériles. Quoi qu'il en soit , le désœuvrement et l'ennui portent leurs fruits accoutumés. De Ih., les manques fréquents au devoir, les atteintes multipliées à la discipline , dont on peut juger par le tableau ci-dessous, relevé sur les chiffres officiels de dix années.

Page 1