AAGÉ
RAGE
approchent, leur causent des conrulsions ou deê tremblements convulsifs des membres ; une céphalalgie intense se manifeste j ces symptômes deviennent tle plus en plus marquées , et la mort arrive dans un espace de temps très-court.
Dans ces sortes de cas , c*est surtout vers le moral que le médecin doit diriger le traitement; il doit mettre en pratique tous les mojens capables de détourner le malade de ridée Gxe qui le domine ; ceux dont les succès reposent sur la superstition sont ceux-là mêmes qui présentent le plus d'efficacité. On doit y joindre lemploi des saignées locales et diriger les antiplilogisliques vers le cerreaa , qui est le siège d'une congestion sanguine très -forte.
Hjrdmphohie virulente , rage. Dans nos climats , quelques animaux paraissent seuls tasceptibles de devenir spontanément enra> gés , et de transmettre aux autres le virus de celte maladie : ce sont les chiens, les loups, les renards et les chats. Tous les animaux enragés à la suite de morsure , ne paraissent pas propres à communiquer la rage ; les cocJions , les moutons , les vaches sont dans ce cas. L'homme est-il de ce nombre ? Plusieurs expériences tendent à le démontrer ; mais à cété de ces faits , il en existe deux dont la connaissance est due à MM. Mugendie et Brescbet, qui prouvent cette inoculation.
Deux chiens sont devenus enragés par suite du transport de la bave d'un homme qui venait de succomber h rtlôtel-Dieu , aux suites de cette maladie. Ces deux chiens ont communiqué la rage à des animaux de même espèce , qui Pont transmise à d'autres. Il n'en est pas de même à Tégard de l'hydrophobie développée spontanément chez 1 homme , à la suite de morsures faites par dos chiens qui n^étaient pas malades ; elle ne parait pas transmiss ibie. La rage ne se développe pas principalement dans les froids rigoureux de rhiver et dans les fortes rha leurs de 1 été , mais bien dans les mois de mars et d avril pour les loups, et de mai et septembre pour les rhiens. Dans les pays très-chauds et dans les climats très froids ,1a rage est «ssezrare; aussi, en Egypte , M. Larrey n en a pas observé d'exemple ; il en Oit de même de la Sibérie, où elle est peu répandue. On ne connait pas de cause particulière de la rage: c'^t à tort que 1 on a cité la privation totale di boissons et d'aliments ; un,grand nombre d'expériences , faites à ce sujet., ont démontré que les chiens et les chats deviennent
malades sous Tinfluence de ces causes , mais non pas hydrophobes.
Tout porte .i croire qu^il existe un virus rabique ; que ce virus jouit d'une plus grande énergie lorsqu'il provient des loups enragés que des chien-s ; car^ sur un nombre donné de personnes mordues par un loup et par un chien hydrophobes , il en périra beaucoup plus à la suite des morsures produites par le premier animal que par lé second.
L'inoculation de 1 hydrophobie virulente est la meilleure preuve de l'existence d'un virus, et elle ne peut être contestée ; ce virus ne parait pas avoir son siège dans les solides ou les liquides de Téconomie indistinctement :
la salive seo^ble en être le véhicule exclusif ; . cette maladie ne parait pas pouvoir être transmise par la peau saine. Nous avonssouvent touché à la bave des malades enragés ; ils nous en ont même jeté à la figure; nous leur avons fréquemment donné des soins k rHûtcl-Dieu, en 1812 ou 1813, sans que nous ayons éprouvé le moindre inconvénient, et nous n^avons jamais observé que d*autret personnes aient été incommodées par suitt de leurs rapports avec ces malades. 11 n'en est pas de même lorsque la peau est dépourvue d'épiderme ou qu'il y existe quelque plaie ; Tinoculation peut alors s'effectuer, La transmission du virus peut aussi avoir lieu par les membranes muqueuses.
lie développement des sympt<)mes hydrophobiques n'est presque jamais immédiat ; il a lieu du quarantième au soixantième jour, rarement plus tard. Il s'annonce par une douleur légère à la cicatrice de la morsure, quelquefois par un sentiment de froid; cette douleur se propage et gagne la base de la poitrine , si la morsure a eu lieu sur les membres inférieurs; et la gorge, si elle a été faite aux membres supérieurs. Le malade devient taciturne ; des rêves pénibles troublen| son sommeil; les yeux sont plus brillants; il survient des douleurs au cou, à la gorge; ces symptômes précèdent de trois , quatre ou cinq jours les phénomènes de la rage. II4 consistent dans un frisson que l'on a nommé hydrophobique , et qui saisit les malades à l'approche d'un liquide ou d'un corps poli offert à leur vue ; ce frisson général est accompagné d'oppression, de soupirs profonds; le maladie entre en convulsion , et jette loin de lui le vase qui lui est présenté ; dans cen frissons convulsifs ou accès de rage , les forces musculaires sont considérablement augmentées ; ainsi nous avons vu on hydrophoba
RAGH
«abir uu poêle en funie et le laDceràtraTcrt une salle , de manièi'e à lui faire parcourir un espace considérable ^ un autre bjrdropbobe est monté sur un toit, et en a arraché toutes les tuiles pour les jeter sur la tète des personnes qui passaient dan« la rue. Quelquefois, le bruit seul de la chute do Teau, ou le souvenir de l'approche du liquide, suffit pour faire renaître ces convulsions.
Immédiatement après Taccès , les malades peuvent étancber la soif qui les dévore.
L'envie de mordre ne parait pas être lesymptdrae de Thydrophobie rabique de Tbomme, mais bien des animaux , dont la défente est dans les mâchoires ; les moutons enragés donnent des coups de tête et ne mordent pas.
Zl existe h lu bouche une bave êcumeuse , gluante , que le malade rend par ezpuition ; la dé(;lutition des matières solides est trèsdifficile; la respiration est très -gênée ; la peau chaude^ brûlante, et < par suite couverte de sueur ; le pouls est développé ; immédiatement après les accès , survient fréquemment une syncope ; les accès se répètent d'abord à plusieurs heures d'intervalle , puis a des distances plus rapprochées , et la mort arrive dans un intervalle de temps variable entre deux à cinq jours ; mais le plus souvent du deuxième au troisième, jour.
Une foule de moyens ont été conseillés et employés contre Thydrophobie virulente , et malheureusement sans succès. Le traitement de cette maladie est de deux sortes :
Tune consiste* à préserver l'individu du développement de raffedion , Tautre à arrêter ses progrès. Le premier consiste à cautériser la plaie avec un fer chauflë jusqu'au blanc ; il ne faut pas craindre d'agir trop profondément; il est important de savoir que plus le £cr est chaud, plus il brûle facilement dans un espace de temps plus court , et moins il cause de douleurs. Ce moyen doit être préféré aux liniments , lotions, ventouses et caustiques ; mais il est nécessaire qu'il soit employé dans les douzes premières heures où la morsure a eu lieu ; un espace de temps plus considérable , écoulé depuis la morsure, n'exclut pas pour cela la cautérisation. Un cautère olivaire est préférable à tout autre, en ce qu'il permet d'en enfoncer l'extrémité plus profondément. On doit aussi s efibi-cer d'éloigner l'individu blessé du lieu où Taccidonl est arrivé , et loi ôter toute espèce de relations qui pourraient lui fiiire connaître les suites des blessures faites h d'autres
personnes par le même animal. Quant ^ tous les remèdes intérieurs conseillés comme préservatifs, ils sont sans efficacité bien conat«tée. Quelques personnes ont avancé que les individus qui devaient être afifectés de la l'âge , portaient , sous le frein de la langue , une ou plusieurs petites pustules remplies de sérosité , qu'il suffisait «rouvrir pour les préserver de cette maladie. Cette observation n'a pas été confirmée.
Une foule de moyens ont été anssi employés pour obtenir la guérison de Thydrophobie déclarée. La saignée jusqu''a la syncope parait être celui qui a produit le plus d'amélioration, mais sans succès complet. En vain on a mis en usage les préparations opiacées , administrées à haute dose, soit à nntérienr, par la bouche ou l'anus, ou en injections dans les veines, soit h Texténear ; le calomélas , les frictions mercurielles , la belladone , les émétiques , les sudorifiqnes et les purgatifs ; on a essayé de plonger subitement les malades dans une rivière, de leur faire prendre des bains , des aflusions, etc., etc. M. Magendie a, dansées derniers temps, voulu faire un nouvel effort pour apporter quelques soulagements à ces malheureux : il a pratiqué des injections aqueuses dans les veines , elles n'ont pat en de résultats plus heureux.
Aussi peu de succès ne doit pas faire rester le médecin dans l'inaction ; tel moyen qui ne réussit pas dans un cas , peut devenir utile dans un autre. 11 est important de maintenir le malade dans son ht h l'aide d'une camisole de ibrce; mais il faut éloigner ces moyens barbares , qui peuvent augmenter les souffrances auxquelles il est en proie ; ne jamais craindre de lui prodiguer des soins , et avoir toujours présent à la pensée qu'on ne connaît pas d'exemple éû rage communiquée d'homme en homme.
OsFiLA et DiVBaoïB.
* RAGGI ( Ahtoihb ) , sculpteur , surnommé le Lombard , né à Vicomorto en t624, étudia sous l'Ai garde à Rome, où il fut nommé académicien. Il y avait de lui k Pans, aux Carmes-Déchaux , une yierge tenant sur ses genoux tenjant Jésus. Baggi mourut k Rome, en 166C, dans une grande opulence.
* RAGHIB-PACHA ( Mohamheo), grand- Tézjr de l'empire othoman, mourut en 12^- L'Anglais Porter et le baron de Tott obt parlé avec éloge des talents , de l*habileté et du caractère de ce ministre ; mais ils Tacco-
RAGU