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RANN
né 3i Paris en 1626, eut pour parrain le cardinal de Richelieu , fit des études très-brillantes , acquit des connaissances variées , embrassa Tétat ecclésiastique , prit ses degrés en Sorbonne avec une grande distinction , et débuta avec succès dans la carrière de la prédication. Devenu, à vingt-cinq ans, maître d'une fortune considérable , doué d'une figure aimable , de beaucoup d'agréments et de qualités , Tabbé de Rancé se vit bientôt recherché dans le monde, et se livra sans réserve à toutes les séductions du plaisir. Ses liaisons avec le cardinal de Retz l'ayant perdu dans Tesprit^du cardinal Mazarin , il quitta la cour et Paris pour se retirer dans sa terre de Véret , sans interrompre le cours de ses divertissements, qu'il savait toutefois fort bien concilier avec l'étude et l'esprit des affaires. La mort de la duchesse de Montbazon qu'il aimait tendrement , opéra en lui une révolution soudaine et commença l'œuvre de sa conversion. Re»
tenu encore dans le monde par d'anciens et de nouveaux engagements, il finit par se retirer chez un ami pour réfléchir au parti qu'il devait prendre ; et, après un séjour de six semaines dans cette retraite , il revint à Véret, congédia le plus grand nombre de ses domestiques , vendit s» vaisselle et ses meubles pour en distribuer le prix aux pauvres , s'interdit jusqu'aux récréations les plus innocentes pour ne s'occuper que de la prière et de l'étude des choses saintes, se démit de tous ses bénéfices, à l'exception de l'abbaye de la Trappe où il se retira en 1662, pour y vivre en abbé régulier. Son premier soin fut de chercher à rétablir l'ancienne d'iscipline de cette maison, hà plupart des religieux ayant refusé de se soumettre à la réforme , il ne voulut point les y contraindre, et leur permit d'habiter un quartier séparé ou d'aller dans d'autres convenu. Pour lui il alla s'enfermer dans le monastère de Notre-Dame de Perseigne , et y prit en 1663 1 habit de l'étroite observance de Citcaux. Il revint ensuite à l'abbaye de la Trappe où il jeU les fondements de cette réforme fameuse qui a illustré son nom. On vit renaître dans cette maison les pratiques les plus austères. La prière, la lecture , le travail des mains , partagèrent tous les moments des religieux , auxquels l'étude même fut interdite comme une source de vaines disputes et de relâchement. L'abbé de Raucé voulut étendre sa réforme à quelques autres maisons, et fit, à cet effet, plusieurs voya-
ges à Paris ; mais ses défluarckeft forent i tiles. Il se i^ferma dans son monmsttre | pour n'en plus sortir , et mourut sur la paille et sur la cendre , ^ 1700 , après une réclusion de trente-trois ans. On a délai un grand nombre d'ouvrages dont on tronverm le catalogue dans Moréri , édition de 1759.
* RANDOLPH (Thomas ), poète anglais, né en 1605 dans le comté de Northampton , composa dès l'&ge de dix ans une histoire en vers sur l'Incarnation de Nôtre-Seigneur , mais un amour désordonné du plaisir le conduisit au tombeau avant l'âge de trente ans. Il a laissé diverses pièces de théâtre parmi lesquelles on distingue le Miroir des Muses ; elles ont éU recueillies par son frère Robert Randolph , qui est lui-même auteur de quatre pièces de théâtre, et qni DDOomt vicaire de Doonington* en 1671. — Un antre Thomas Randolph , ministre anglican, né k Oxford, mort en 1788,, a laissé un recaeil de sermons , 2 vol. in-8o \ un ^ssai sur l'esprit; et on Discours sur le vœu de Jephté.
* RANFAING ( Mabie-Éusabbtb db), connue sons le nom de vénérable mère ÉUzabeth-de'la-Croix-de Jésus , née à Remiremont en 1592, fonda en 1631 l'institut de Notre-Dame -do -Refuge en Lorraine, et mourut à Nancy , le 14 janvier Î649, «n odeur de sainteté. Sa vie a été publiée par Boudon , Bruxelles , 1686, in-12 : elle a été abrégée par le père Frison et par Collet.
* RANGO(CoiiMD-TiBi7iTius), recteor d'un des gymnases de Berlin dans le 17e siècle, est auteur d'un ouvrage ayant pour titre : de Capillanuntis , vulgo Perruques , Liber singuiaris, Magdebourg, 1663, iu-12.
* RANNEQUIN , RENNEQUIN , dont le véritable nom est SWALM-RENKIN , célèbre mécanicien , naquit à Liège en 1644 , et non en 1648, d'un père charpentier, et qui ne lui donna pour toute éducation que l'exercice pratique de sa pi*ofession. Quoique Ueukin sût à peine lire , il avait dès sa jeunesse montré une si grande intelligence, qu'on l'avait constamment employé aux charpentes des machines en usage pour les épuisements des eauxsouterraines. Louis XIV ayant fait bâtir le château de Versailles , et voulant pourvoir d'eau potable cette royale demeure, Colberl, après d'amples renseignements, s'adressa au chevalier Deville, propriétaii'C liégeois , dans le château duquel Rcnkio avait construit une machine à élever l'eau, du mfme genre que celle qu'il devait construire plus tard. Deville amena
R A N T ( Ml )
Benkin h Paris , et , après un essai sdthfai-^ sant fait au château de Saint Germain ^ en présence du roi , Renkin commença en 1675 la célèbre machine de Marli qu'il termina en 1682 sous le ministère de LouTois. Celle machine, merreilleuse pour l'époque, a été détruite depuis , et remplacée par une pompe k feu ; elle avait été décrite avec le plus grand soin dan» un Mémioire publié eit 1801, - - -