OBSERVATIONS GÉNÉRALES
L'Encyclopédie moderne ne pouvait être qu'un dictionnaire abrégé des sciences , des lettres et des arts , puisque le plan adopté tendait à resserrer dans un cadre circonscrit l'immense amas des connaissances humaines ; toutefois on n'en a pas moins jugé , qu'à l'exemple d'Encyclopédies plus volumineuses , des planches devaient compléter l'ouvrage , mais en proportionnant le nombre de celles-ci à l'étendue de celui-là. On a, dès l'origine, annoncé qu'il en paraîtrait deux livraisons ; la première , après le 12^ volume; la seconde , après le 2l^. En effet j ce n'est (\Vi après la publication des douze premiers volumes , que M. Cour tin a pu réunir les dessins des-
Vj OIJSEKVATIONS (;i^:Ni^:nALEs.
liiics h composer la première livraison des planches, et préj)arcr les textes dont il fallait les accompagner. Ces ])lanclies sont maintenant sous les yeux des souscripteurs; ils ont la preuve du soin avec lecpiel elles ont été exécutées , et des sacrifices faits pour qu'elles fussent dignes de l'ouvrage.
Les gravures sur cuivre, contiées à un seul graveur, présentent la ménie touche. Le papier employé ne laisse rien à désirer pour la teinte et la force. Au lieu de se borner à la simple indication des mots auxquels les planches se rattachaient, on y a joint des textes explicatifs; ces textes, qui dans l'ancienne Encyclopédie, étaient tous réunis en tète des volumes de planches, sont plus utilement placés à côté de chacune d'elles; et c'est pour ne point s'écarter de cette marche que celles excédant le format in-8°. ont été reployées sur elles-mêmes. Les planches de chaque partie sont numérotées séparément , et ces séries de numéros seront continuées dans la seconde livraison, de manière à laisser aux souscripteurs la faculté de faire, plus tard, relier ces planches dans l'ordre qui leur conviendra ; il a dû en être ainsi du texte, pour lequel on a eu soin d'employer un papier en harmonie avec le format des planches; ces dernières sont, enfin, plus nombreuses qu'on ne devait fespérer. M. Courtin ne s'est point arrêté à la considération d'accroître les frais, au point d'égaler, peut-être même de dépasser, le modique prix auquel chiicunc de ces livraisons de planches a été
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cotée , lorsqu'il a conçu riicurcuse idée d'employer ce moyen , pour ajouter à l'intérêt de plusieurs articles 5 en olFrant aux yeux ce que le raisonnement avait démontré à l'intelligence des lecteurs ; c'est aussi ce qui l'a déterminé à rattacher de suite à d'autres articles qu'à ceux compris dans les 12 premiers volumes, notamment à l'article Homme, des planches dont il eût pu ajourner la dépense jusqu'à la fin de l'ouvrage ; mais cette anticipation n'empêchera pas que la seconde livraison , quant au nombre des planches, n'égale la première, peut-être même ne la surpasse.
On doit maintenant reconnaître qu'il fallait un délai moral pour livrer ces planches; peu importait que, pendant ce temps, un ou plusieurs volumes fussent publiés ; la marche de l'entreprise ne pouvait être arrêtée 5 rien n'ayant été payé d'avance, personne n'avait à se plaindre. Mais la seconde livraison étant le complément de V Encyclopédie moderne y on triomphera de tous les obstacles pour qu'elle soit préparée de manière à paraître immédiatement après le 24". volume.
Au point où l'ouvrage est parvenu , il est permis de rappeler le succès qu'il a obtenu; les annales de la librairie ont-elles jamais constaté , au l2^ volume, sur 24, l'épuisement total d'une édition, cependant tirée à L^^Soo exemplaires? L'Encyclopédie moderne se glorifie d'un si étonnant sucés ; il est dû sans doute à ce que l'ouvrage appartient à
Tiij OBSERVATIONS GÉNÉRALES.
la philosophie , source de luniiènîs , propaj^atrice ardente des vérités utiles , uni([uenient occupée d'éclairer les hommes pour les rendre meilleurs, en les rendant plus heureux. Ce succès tient aussi à ce qu'une Encyclopédie était devenue un besoin de l'épocpie 5 qui même n'est point satisfait par une première édition , puisqu'on est obligé d'en préparer une seconde, conforme à la première : il est dû encore aux savants, aux littérateurs, aux artistes qui ont bien voulu coopérer à l'érection d'un monument européen ; mais on a aussi tenu compte à M. Courtin de la fidélité avec laquelle il a rempli ses engagements ; car il est malheureusement devenu rare qu'un ouvrage publié par souscription soit renfermé dans le nombre de volumes annoncé. Le dictionnaire abrégé de M. Courtin n'a jamais dû en avoir et n'en aura que 24 ; il assure de nouveau que le 24". aura épuisé l'alphabet : c'était pour lui un devoir sacré ; il n'a jamais songé à s'y soustraire. C'est dans l'accomplissement de ce devoir qu'il donne la mesure d'un désintéressement peu commun ; chaque volume était indiqué comme renfermant de 32 à 36 feuilles , terme moyen , 34- M. Courtin avait pensé que ce serait sufîisant , pour offrir en quelque sorte le budjet de l'esprit humain ; mais s'apercevaut quïl était exposé à dépasser le nombre de volumes fixé , il a préféré , pour être fidèle à sa promesse , augmenter à ses frais le nombre des feuilles par volume. C'est ainsi que 34 feuilles ont été portées à 4© (terme moyen);
OBSERVATIONS GÉNKI'. A LKS. IX
que le i3'. volume en a contenu près de 44 '■> fj^'cnfin 72 feuilles (donc 2 volumes) ont été réellement données au-dessus de ce qui avait été promis. Il y a, dans une telle conduite, assurément plus d'honneur que de spéculation.
Quelques souscripteurs, disons-le franchement, ont reproche à M. Courtin de n'avoir pas mis, dans ses livraisons, autant de promptitude qu'il le leur avait fait espérer; mais l'immense majorité, loin de se plaindre de ces lenteurs , les a considérées comme inséparables d'une entreprise si difficile à diriger. M. Courtin compte déjà près de cent auteurs qui l'ont plus ou moins aidé de leurs talents; il s'adresse à toutes les célébrités pour en obtenir des moyens (l'ajouter au mérite de l'ouvrage. Quel homme éclairé et de bonne foi ne sentira pas , qu'avec une pareille marche, il y a impossibilité d'assigner le moment auquel un volume sera terminé ? Combien d'obstacles imprévus et imprévoyables , en peuvent retarder la publication? N'est-elle pas arrêtée par un seul article que son auteur a fait attendre , et qu'on doit cependant insérer à raison du prix qu'on sait que les souscripteurs y attacheront *? Sans nul doute, M. Courtin doit employer tous les moyens qui sont en son pouvoir pour activer les livraisons ; mais aussi on reconnaîtra qu'il est des circonstances /
* Le i4°- volume a éprouvé un retard de cette nature : il eût cependant déjà paru , si l'on n'eût pas jugé convenable qu'il fût précédé de la première livraison des planches.
X oiisi;nv AXIONS r.i^:Ni'' râles.
dans lesquelles la proiuptitmle doit être sacrifiée à la j^eiTeclion de l'ouvra i!;e.
Ces explications ont paru indispensables pour qu'on rendît à M. Courtin toute la justice (jui lui est due ; elles feront sentir aux souscripteurs qu'il n'a jamais cessé de considérer leur estime et leur confiance connue la plus douce, la plus honorable récompense de ses pénibles travaux.
ARCHITECTURE
PLANCHE I