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ACIDES VÉGÉTAUX

Acide acétique. C'est de tous les acides végétaux celui qu'on rencontre le plus fréquemment dans la nature , et que l'art produit le plus facilement. Le vin aigri en contient une quantité notable, mais pendant long-temps on l'avait regardé comme un acide moins oxygéné : il portait le nom d'acide acéteux* Généralement on retire l'acide acétique des produits de la distillation du bois qui sert à faire le charbon. On met le bois dans un vaste cylindre de tôle , ou dans un trou pratiqué en terre. Un tube métallique adapté à ce cylindre est le seul canal par où puissent s'échapper

les produits gazeux ; on les condense par le froid , et l'on lait rentrer les gaz permanents sous le foyer même , pour mettre à profit la chaleur qu'ils ont conservée. Le liquide qui se dépose dans le tube est de l'acide acétique mélangé d'eau et de goudron. Celui-ci est séparé par décantation. En neutralisant l'acide par de la chaux , une nouvelle quantité de goudron apparaît à la surface du liquide. On décante de nouveau et on concentre la liqueur. En y versant du sulfate de soude , il se produit de l'acétate de soude, qui reste dissous , et un précipité de sulfate de chaux. L'acétate de soude se prend par la concentration en une masse cristalline très impure ; on lui fait éprouver la fusion ignée pour détruire les dernières traces de goudron. On le remet dans l'eau , où il cristallise. Sur ces cristaux, sensiblement purs, on verse de l'acide sulfurique; de là du sulfate de soude qui cristallise , et de l'acide acétique liquide; on décante et on distille cet acide pour lui donner le dernier degré de pureté. S'il y restait un peu d'acide sulfureux, il faudrait s'en empaftr au moyen de la baryte. En extrayant l'acide acétique de l'acétate de cuivre , on l'obtient encore plus concentré : il porte alors le nom de vinaigre radical. Cette opération se fait par la calcina lion dans des cornues degrés ;une portion de l'acide acétique se décompose ainsi qu'une portion de l'oxyde de cuivre, et de là résultent de l'acide carbonique , de l'eau , de l'hydrogène carboné, et un peu d'esprit pyro-acétique. Tout le reste de l'acide acétique , uni à l'eau , se dégage sous la forme de vapeurs épaisses , en entraînant avec lui quelques atomes d'acétate de cuivre qui le colorent en vert. Il faut pour l'en débarrasser le distiller de nouveau. L'acide acétique ne peut être obtenu sans eau, et c'est vraisemblablement la cause pour laquelle il est volatil. Le plus concentré en contient une quantité telle que l'oxygène de l'acide est égal à l'oxygène de l'eau. A l'état sec, tel qu'il existe en combinaison avec les bases , il est formé de trois volumes d'oxygène sur six d'hydrogène et quatre de

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vapeur carboaeuse ; et , dans les acétates qui en résultent , l'oxigène de Tacyde est encore égal à l'oxygène de la base. Si on calcine un acétate à base très alcaline , l'acide est presque complètement décomposé; il se ira ils forme en une nouvelle matière liquide, appelée esprit pyro-acétique, et qui brûle avec une flamme bleue.

Acide benzoïque. Se trouve dans quelques baumes , et principalement dans le benjoin (ou benzoin, d'où il lire son nom ) . Qu'on chauffe modérément cette dernière substance dans un vase surmonté d'un long cône de carton percé seulement à son sommet, l'acide benzoïque se volatilisera et s'attachera aux parois intérieures du cône en feuillets blancs d'une extrême minceur. On le purifie en séparant , par l'acide nitrique, la gomme qui lui donne son odeur. On se procure encore l'acide benzoïque en faisant bouillir dans l'eau quatre parties de benjoin avec une partie de chaux éteinte; on filtre la liqueur, et l'on obtient un benzoate calcaire qu'on décompose par l'acide muriatique. L'acide benzoïque, très peu solublfc dans l'eau , y cristallise. Ses dissolvants sont l'alcool et l'acide nitrique. Enfin il résulte de la combinaison d'un volume de vapeur carboneuse avec un volume d'oxygène et quatre volumes d'hydrogène.

Acide camphorique. N'existe point dans la nature , et se forme lorsqu'on traite à chaud le camphre par une grande quantité d'acide nitrique.

Acide citrique. Se rencontre dans les citrons , les oranges et la plupart des fruits acides. On exprime le jus du citron , et on y jette de la craie; on décompose ensuite par l'acide sulfurique le citrate de chaux insoluble qui s'est formé. L'acide citrique cristallise. On l'emploie pour faire les limonades. Sa composition est la suivante : un volume d'oxygène, un d'hydrogène, et deux de vapeur carboneuse.

Acide ellagique. S'extrait de la solution de noix de galle ( d'où il tire son nom par le renversement des lettres ,

et la terminaison ique) , ou plutôt du dépôt qui s'y forme. Cet acide est insoluble dans la plupart des liquides , tels que l'eau , l'alcool, etc. Sans usages.

Acide fungique. Se trouve dans la plupart des champignons. Son nom vient de fungus. Sans usages.

Acide gallique. Il provient de la noix de galle. Il est très difficile de le séparer du tannin , avec lequel il entre toujours en combinaison. Pour l'obtenir à l'état de pureté , on renferme une dissolution de noix de galle pendant deux mois; on lave le précipité qui se forme , on le dissout dans l'alcool, et on le décolore par le charbon : après avoir filtré, puis évaporé, l'acide gallique cristallise en lames blanches et soyeuses. Sa dissolution dans l'eau se colore promptement à l'air; ses combinaisons avec les bases sali fiables changent de couleur, même «pendant l'opération, parce que son hydrogène est brûlé en partie par l'oxygène de l'air. Sa composition est un volume d'oxygène , deux d'hydrogène , et quatre de vapeur carboneuse.

Acide igasurique. Dans quelques plantes du genre strychnos , comme la fève de Saint-Ignace , la noix vomique et le bois de couleuvre , en combinaison avec la strychnine. Son nom est tiré du mot malais qui désigne la fève de Saint- Ignace.

Acide kinique. Uni à la chaux dans le quinquina.

Acide laccique. Dans la gomme-laque.

Acide malique. Se renconlre dans presque tous les fruits, surtout dans les pommes, les groseilles, les framboises, etc. On l'extrait ordinairement de la joufc arbe, dont on exprime le jus : celui-ci est un malate acide de chaux, dont on neutralise l'excès d'acide par une nouvelle quantité de chaux ; on lave le précipité qui se forme , et on le fait cristalliser dans de l'alcool faible. On verse sur ces cristaux du nitrate de plomb ; de là un malate de plomb , qu'il est facile de décomposer par un courant d'hydrogène sulfuré. L'acide malique cristallise assez difficilement.

Acide méconique. Ne se Irouve que dans l'opium ( de meconium , suc de pavot ) .

Acide meltitique. Combiné avec l'alumine dans la pierre de miel ou mellite.

Acide mènispermique. Dans le menispernum cocculus.

Acide morique* Combiné avec la chaux en petits grains , sur l'écorce du mûrier blanc (de morus , mûrier).

Acide mucique ou saccho - lactique ou sachlactique. S'obtient en traitant par l'acide nitrique quelques substances , telles que la gomme , la manne grasse et le sucre de lait; sous forme de poudre blanche , croquant sous les dents; peu soluble dans l'eau , insoluble dans l'alcool. (Mucique vient de mucus, et sachlactique de sacckarum lactis, sucre de lait. )

Acide nancéique. Se développe dans les substances acescentes; on le retire particulièrement du jus de betterave aigri. (De Nanceium, Nancy, ville où M. Braconnot en a fait la découverte).

Acide oxalique. Il se trouve combiné avec la potasse dans plusieurs plantes et principalement dans les genres rumex et oxalis. On exprime le jus de la plante pour avoir le sel d'oseille ou oxalate de potasse. En y versant de Pacétate de plomb , il se précipite un oxalate de plomb que Ton décompose par l'hydrogène sulfuré. L'acide oxalique se dégage et cristallise. Traitées par l'acide nitrique , les matières végétales , et surtout l'anlidon , le donnent aussi. On chauffe l'amidon avec l'acide nitrique jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de deutoxyde d'azote ; on laisse cristalliser l'acide oxalique qui s'est formé , et on le retire. On chauffe de nouveau , après avoir ajouté de l'acide nitrique. En fractionnant ainsi les produits on soustrait l'acide oxalique à l'action décomposante de l'acide nitrique.

On peut considérer l'acide oxalique comme un composé d'acide carbonique et d'hydrogène. Car les oxalates d'argent , de cuivre et de mercure , dont le poids égale celui de l'acide et de l'oxyde employés à leur formation , donnent

AGI 2o3 par la calcination de l'acide carbonique, de l'eau, et un résidu métallique. L'eau proviendrait de l'hydrogène de l'acide combiné avec l'oxygène de l'oxyde. Les oxalates de plomb et de zinc desséchés perdent l'eau 'dont on vient de parler, et leur poids ne représente plus celui de l'acide et de l'oxyde employés ; par la calcination ils donnent de l'acide carbonique, de l'oxyde de carbone, et un oxyde mé tallique moins oxygéné que celui de l'oxalate. Par conséquent , une partie de l'oxygène de l'oxyde métallique, et ce qui manque à l'oxyde de carbone pour former de l'acide carbonique, a été employé pour faire avec l'hydrogène de l'acide l'eau qui a disparu pendant la dessiccation du sel.

Tous ces phénomènes pourraient encore s'expliquer dans l'hypolhèse où l'acide oxalique serait un acide carboneux (qui a plus d'oxygène que l'oxyde de carbone, et moins que l'acide carbonique) inséparable d'une certaine quantité d'eau. La première hypothèse est la plus probable ; et , d'après M. Dulong , l'acide oxalique , composé d'acide carbonique et d'hydrogène, serait un hydracide qui formerait de l'eau avec l'oxygène des bases salifiables, et laisserait son radical acide carbonique combiné avec un métal à l'état naturel. De pareils composés, tout-à-fait extraordinaires , qui cependant ont leur analogue dans les cyanures, devraient porter le nom de carbonides , pour les distinguer des carbonates qui réveillent l'idée d'un acide combiné avec un oxyde. ( Voyez la fin de cet article.)

Acide subèrique. S'obtient par l'action de l'acide nitrique sur le liège. ( De suber 9 liège. )

Acide succinique. Se retire du succin par la distillation. Pour le purifier on le combine avec la potasse, puis on traite ce sel par le charbon et par l'alcool. On peut iormer aussi directement le succinatc d'ammoniaque. Ces deux sels sont utiles pour séparer l'un de l'autre les oxydes de fer et de manganèse.

Acide tartrique ou tartarique. Pendant la fermentation du vin, il se dépose une substance solide qu'on ap-

pelle crème de tartre , et qui est du tartrate acide de potasse. Pour en extraire l'acide tartrique , on dissout le tartre dans l'eau bouillante ; on y verse de la chaux pour précipiter l'excès d'acide , puis du muriate de chaux qui décompose le tartrate de potasse. On lave à grande eau le tartrate de chaux qui s'est formé. On déplace l'acide tartrique de ce sel par l'acide sulfurique faible , et on le fait cristalliser. Il se compose de cinq volumes d'oxygène , cinq d'hydrogène , et huit de vapeur de carbone. L'acide nitrique, aidé de la chaleur, le transforme aisément en acide oxalique.

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