‹ Encyclopédie moderne, ou, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres et des artsChapitre 38 sur 62 · JE · texte numérisé non relu

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;£DES. (Antiquités.) C'était un édifice sacré, une chaelle ; tandis que par templum, temple , les Romains enendaient non seulement le temple proprement dit, c'est- -dire l'édifice consacré et ses dépendances , mais le lucus, u bois sacré qui l'environnait. On comptait un grand ombre d'œdes dans les différents quartiers ou régions de îome. Yoici les principaux monuments de ce nom ; ils n feront connaître le culte ancien. Aides aii locutii. — ipollinis. — Bellonœ : il y avait au devant une petite lace avec la colonne de. la guerre. C'était auprès de cette olonne que se plaçait le consul lorsqu'il lançait un javelot u côté du peuple ou du roi auquel il déclarait la guerre ar cette cérémonie :

Hinc solet hasta manu belli praenuntia mitti In regem et gentes , cùm placet arma capi.

Ovid., fast. vi, ao5.

C'est à cet usage que fait allusion le mot latin bellum,

la gnerrc , formé du grec KXoç, javelot, trait , flèche , ainsi que le nom de la déesse de la guerre , Bellone , qui en est dérivé, et celui dePallas, qui est évidemment formé du grec iraXAu), pello, vibro.

Aides bonœ Deœ était sur le sommet du mont Aventin, dans le môme emplacement où est aujourd'hui l'église de Sainte-Marie du mont Aventin: ainsi le culte de cette sainte a remplacé celui de la bonne déesse et lui a succédé; c'est sans doute pour cela qu'on appelle encore sainte Marie la bonne dame, la bonne vierge. \JjEda bonœ Deœ subsaxanœ était au bas du rocher, saxum , du mont Aventin, comme l'indique le surnom de subsaxanœ.

— Mdes boni eventûs. — Camenarum, hors de la porte Capena, qui en prit, dit-on, le nom de porte C amena.

JEdes Carmentœ , près du Tibre, au bas du Capitole, dans l'endroit où l'on croyait que Carmenta, mère d'Evandre , avait fixé son séjour.

JEdes Carnœ. — Castoris et Polluais. — Cereris. — Concordiœ in areâ V ulcani. — Cybelis. — Ditis Patris, dans le grand cirque , parce que Pluton est toujours représenté dans un char à quatre chevaux. Mdes Fauni. — Fidii divi. — Florœ. — Fortunœ. — Furiarum , au-delà du Tibre, dans la quatorzième région. — Mdes Herculis. — Honoris et virtutis. — Jovis. — Isidis. — Isidis Athenodoriœ. — Isidis et Serapidis. — Junonis. — Juturnœ.

Mdes Juventutis, dans l'enceinte du grand cirque : tous les enfants qui prenaient la toge ou la robe virile devaient y porter une pièce de monnaie ; de là son nom.

Mdes Larium. — Larium permarinum. — Libertatis. — Lunœ. — Martis. — Matutœ. — Mentis. — Mephitis. — Mercurii. — Minervœ. — Neptuni. — Nympharum.

Mdes Opis : César y déposa 1 57, 5oo,ooo livres de notre monnaie; ce qui prouve quOps était la déesse des richesses , opes.

Mdes Orci. — Penatium. — Pittatis. — Portumni.

— Rubiginis. — Salutis.

MD 295 sEdes Sangi, c'est-à-dire d'Hercule sangus , ou plutôt sauçais , de sancio , qui sanctionne les alliances , le même par conséquent que Dius fidius et / upiter lapis.

sE des Saturai, — Sera p (dis. — Solis . — S pei. — Telia ris . — Tempestatis. — Vejovis. — Veneris. — Vertumni. — Vestœ.— Victor iœ.

Aïdicûla, étant le diminutif d'œdes* était aussi un édifice sacré, mais plus petit. Voici ceux qui existaient à Rome : dSdicula Capraria. — Dianœ. — Fidei. — Isidis et Serapidis. — Martis. — Mercurii. — M inervœ. — Musa mm. — Nympharum. — Sireniœ ou Strenuœ. — V eueris placidœ. — Vertumni. — Victoriœ virginis in Pala- Itno. — Jovis], Junonis, M inervœ in Capitolio: c'étaient trois petits temples ou chapelles que Tarquin avait fait vœu d'élever sur le Capitole, et qui furent renfermés ensuite dans l'enceinte du grand temple qui était consacré à ces trois divinités.

jEdiùmus ou jEdituus, était le prêtre chargé du soin d'une œdes ou d'une œdicu/a. /£ dituus ou œdituenus f qu'on a dit aussi, vient d'œdituo ou œdituor , être chargé de la garde d'une œdes, composé A' œdes tueor. j£ditimus 9 qui vient d'œditimor ou œditumor, qu'on trouve dans Nonius, pour garder un temple, me paraît composé d'œdes et timeo: le contraire de timeo est temero, profaner; il vient du grec Tipaw, colo, honoro, rtfxr) , honor, reverentia, cultus. E. J.

/EDICULE. (Architecture.) Petit temple , du latin œdiculum, confondu souvent avec templum par Cicéron , Tite Live, Àurélius Victor.

Il différait de celui-ci en ce que! bien que dédié à une divinité, il n'était point consacré par les augures, tel que le temple du dieu Ridicule , monument construit en briques sur la voie Appia , près de la grotte Égérie.

On appelait encore ainsi la niche où une statue était placée, probablement parce que sa décoration lui donnait l'aspect d'un petit temple. ' D...T.

^EGILOPS. (Histoire naturelle,) Genre de plante de la grande famille des graminées, sans utilité pour l'homme, sans élégance, et dont trois ou quatre espèces végètent éparses dans les champs des parties méridionales et chaudes de l'Europe. Dédaignée de tout le monde, si ce n'est du botaniste , aux yeux duquel il n'existe point de végétaux méprisables , l'histoire de l'œgilops présente cependant une étrange singularité. Un savant, qui inspira à notre enfance le goût des sciences naturelles, et qui avait été compagnon d'études de M. de Secondât, fils du grand Montesquieu , M. Latapie, ancien professeur de botanique à Bordeaux , nous a fait part d'une expérience qu'il a tentée sur t'aegilops; elle mérite toute l'attention des philosophes, des historiens et des agriculteurs. Il avait, dans un voyage en Sicile, recueilli des graines de l'espèce d'aegilops scientifiquement appelée ovata. De retour dans sa patrie, Al. Latapie sema sa graminée, qui réussit parfaitement; ayanl remarqué que la plante, dans un terrain substantiel, beaucoup plus gras que celui sur lequel il l'avait récoltée, avait pris un accroissement considérable, il en cultiva des graines prises sur ces pieds agrandis par la culture, une à une, et séparées dans des pots de fleurs remplis d'excellente terre. Il eut des individus plus grands encore; et continuant ainsi ses semis , il finit par obtenir de véritable froment de la plus belle qualité. Il se garda bien de conclure qu'une transmutation s'était opérée, mais il pensa que I'a?.gilops était la. plante dont le blé est provenu. En effet, les anciennes traditions placent l'origine des céréales dans la belle vallée d'Enna , située dans la Sicile, cette antique Trinacrîe , berceau de l'agriculture, empire de Cérès, où cette divinité initia Triptolème à ses secrets. Cette fable n'eut peut-être d'autre origine que la métamorphose de l'œgilops, et Ton verra au mot Céréales que la véritable patrie du blé n'est pas connue. Nous avions d'abord, dans nos Essais sur les îles Fortunées, traité un peu légèrement l'observation de M. Latapie; nous avons depuis

AËR 297 >pris à juger plus mûrement, et nous invitons les savants répéter une expérience dont les résultats peuvent être rt curieux. B. de St.-V.

AÉROLITHES. (Histoire naturelle.) Aussi appelées Aides y rnétéorolithcs, pierres tombées du ciel, et urailithes. C'est à ce dernier mot que sera traitée l'histoire î ces roches singulières, sur lesquelles on n'a guère d'idées istes que depuis le commencement de ce siècle.

B. de St.-V.

AÉROSTAT. (Physique. ) Tout corps plongé dans un uide perd une quantité de son poids égale à celle du uide qu'il déplace. D'après ce principe , un corps plus *ger qu'un égal volume d'air atmosphérique, doit s'élever ans celui-ci jusqu'à ce qu'il parvienne dans des couches ont la densité fasse équilibre à son poids, l'air devenant >u jours plus rare à mesure qu'on s'élève. (Voyez Atosph){RE. ) C'est sur ce principe qu'est fondée la construcon des ballons aérostatiques.

On renferme du gaz hydrogène dans une grande poche phérique de taffetas enduit de gomme élastique dissoute à haud dans l'huile de térébenthine. Ce gaz, qui, sousla même ression , pèse treize fois moins que l'air atmosphérique,

une force ascensionelle proportionnée au poids d'un vojme d'air égal au sien , et peut enlever , indépendamment te son enveloppe , une nacelle contenant des hommes et ['autres objets d'un certain poids , pourvu que le ballon it des dimensions suffisantes.

Lorsqu'on veut faire une ascension, il faut, i° s'assurer ue le taffetas est imperméable au gaz ; <2° emporter quel- □es sacs remplis de sable pour lester le ballon , et s'en éfaire peu à peu afin de pouvoir s'élever, avec la préaution néanmoins d'en conserver une partie, que l'on jette tix approches de la terre pour éviter le choc que l'ac- 6lération de la vitesse occasionerait ; on peut d'ailleurs î munir d'une ancre, la jeter quand on est assez à portée, t choisir le lieu où Ton veut mettre pied à terre; 5° ne

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pas enfler totalement le ballon, parce que , à mesure qu'on s'élève, l'hydrogène étant moins comprimé par l'air atmosphérique se dilate, et pourrait, par sa force expansée, déchirer le ballon si l'ascension était trop rapide; 4° enfin pratiquer une soupape au pôle supérieur du - ballon, que l'aéronaule puisse, à l'aide d'une corde , ou vrir et fermer à volonté, afin de faire sortir du gaz, soit qu'il veuille, par ce moyen, descendre ou modérer la force ascensionelle du ballon.

Le premier ballon lut lancé par Montgolfier, en 1 782; il l'avait enflé avec de l'air atmosphérique dilaté par la chaleur.

Pilâtre de Rosier fut le premier qui osa s'exposer à faire un voyage aérien à ballon perdu. Plusieurs aulres physiciens l'imitèrent , et l'on distingue parmi ceux-ci MM. Gay- Lussac et Biot, qui constatèrent l'état électrique de l'air et la permanence du pouvoir magnétique à de grande* hauteurs. M. Gay- Lussac , dans une ascension où il élait seul, s'éleva à environ 7,000 mètres, et y puisa de la» atmosphérique , qu'il trouva composé des mêmes élément? que celui que nous respirons. C'est la plus forte ascension connue depuis l'invention des ballons. L.

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