‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 35 sur 120 · CISTERCIENS · texte numérisé non relu

CISTERCIENS

CISTERCIENS. Les moines Bénédictins s'étaient relâcJiés , ils négligeaient le travail des

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mains j et leur iniquité ^ pour me servir de Texpression d'un écrivain monastique 9 aç^a^f germé de leur graissa et de leur embonpoint. Robert y abbé de M olesme, d'mie famille distinguée de Normandie, conçut le hardi projet d'opposer une digue à ce débordement , et de faire revivre l'étroite observance de Saint Benoît. Il obtint d'^dpn , roi de Bourgogne, un lieu désert, couvert de buissons et d'épines , et presque inaccessible aux hommes. C'est à Gîteaux qu'il se retira avec vingt compagnons , et jjeta en 1 098 les foudemens d'un ordre qui en tire son nom. Le Pape Pascal confi;*ma cet institut en 11 00 , deux ans après.

Dans les commencemens , les Frères ne dormaienl; qi;ie quatre heures la nuit, psalmodiant quatre autres heures ; ensuite ils li|ai^n{ jusqu'à nones, travaillaient à des feuilles de palmier qui leur servaient d'habit, ou allaient dans la campagne cueillir des hçrbes pov^r leur nourriture. Ils ^e portaient ni fémoraux ni culottes; et leur habit, qij|i JM&qi^L'aloi^s avail été noir, fut changé en blapc , ppur les distinguer des autres Bénédictins. La nourritnre des poiiiffs était u^e espace de bonillie qu'ils fai^ient de feuilles de hétpe ; , leur pain était d'orge 9 de miUbt et de yesce. fin un mat , leur pauvreté et

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leur austérité étaient telles , que les Supérieurs craignirent un instant que le nouvel institut ne pérît dès son berceau. Ils furent bientôt rassurés par Tarrivée d'une nombreuse colonie, à la téta de laquelle était Bernard , âgé pour lors de dix* sept ans.

Sous Bernard, en qui Dieu, dit Fleury, semblait avoir pris plaisir à rassembler tous les avantages de la nature et de la grâce , Tordre prit un grand degré d'accroissement. Les gens les plus distingués voulaient l'illustrer par leur présence , et renricbir par leurs donations. Les Princes, les Rois et les Papes demandaient avec instance des lettres d'affiliation , et nous avons celles qui furent données en 1 121 au Roi Louisle-Gros. Saint Bernard passait avec les bienfait teurs de l'ordre des contrats en vertu desquels il leur promettait let accordait autant de terrain en paradis qu'il en avait reçu ici-bas. Il ne faut pas s'étonner si ce Saint fit pendant sa vie un nombre si considérable d'établissemens.

Mais leur prospérité enflamma bientôt la jalousie des autres religieux. Il s'éleva une dispute fort aigre entre les moines blancs et les moines noirs ^ c'est-à-dire entre ceux de Giteaux, et ceux de Gluny. Le sujet en fut la différence dajQfi la couleur des habits et dans les obser*

Tances régulières. Pierre, le vénérable, Abbé de Quny, et Bernard, écrivirent de part et d^'autre plusieurs livres qui ne servirent qu'à échauffer les esprits. Ce qui les aigrissait encore davantage , c'est que les religieux qixi n'étaient pas contens dans l'un des ordres, passaient dans l'autre, et y étaient reçus à bras ouverts. Enfin la victoire parut rester aux Cisterciens , ou plutôt cette guerre finit comme toutes les guerres monastiques. Les Papes et les Roîs entreprenaient de concilier les deux partis à force de concessions et de privilèges , et après le combat les deux puissances ennemies se trouvaient plus riches en territoire, en sujets et en renommée. Après la paix , on fit des lois qu'on appela Chartes de la Charité^ parce qu'elles ne respirent que la charité et le salut des âmes. H fut statué qu'on ne bâtirait aucun monastère dans les villes , dans les villages , dans les châteaux , mais seulement dans les déserts éloignés de la société des hommes , qu'on n'en sortirait point, qu'on n'aurait aucun commerce avec le sexe , que l'habit serait vil et simple*, que les moines se nourriraient du travail de leurs mains , de la culture de leurs terres et du revenu de leurs troupeaux. Il y fut défendu de posséder des églises^ des autels, des sépultures, des décimes.

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des villages ^ des fiefs y des «eus de lerre , des revenus de fours et de moulins^ et g^nëçalement toutes cbpses contraires à la pauvreté monastique. On y renouvelait la défense d'avoir aucun ornement procieus: pour l'église : il était ordonné de ne faire usage que de pain bis et des herl)es communes qui croissaient chez ^ix. Le dbâtiment des prévaricateurs était moins pénible que mortifiant : on leur retranchait une partie de la nourriture , et on brisait les vases dont ils s'étaient servis.

Pourquoi faut-il que les Cisterciens n'aient pas toujours conservé ce premier esprit , et que le temps ait refroidi cette ferveur exemplaire ! C'est pour la rétablir qu'il s'en est fait différentes réformes. Les plus célèbres en France sont celles de la Trappe , par l'abbé de Rancé , celle de Sept-Fodods par l'abbé de Beaufort ^ fgt cdle des FeuiUaus par dom Jean de la fianière. Cette dernière était si sévé^re^ que, dans les premiers temps, quatorze religieux moururent en une ^emaine , épiuisés d'austérités. Ellea reçu qudquesiadoucissçmens par la suite.

Les Trappistes et ks moines de GteauXi$QUt ré-

tablis aujourd'hui. Un de ces derniers qui , avant la révolution, vivait dans une heureuse .abondance, me disait dernièrement qii^e sa com-

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manautë était dans le plus grand dënuement.

Le temps réparera tout, lui ai*je répondu.

Le Cistercien sera sans barbe ^ la tête rasée avec un sillon linéaire, interrompu sur le devant de la tête , où s'éleyera une petite touffe de cheveux ; il aura sandales en bois, culotte , capu^n noir mobile , court et pointu ; scapulaire noir, étroit , fixé par une ceinture de laine noire ; robe de drap blanc , à manches étroites , et doublée de laine. Pour sortir, il prendra des souliers et s'enveloppera d'une robe blanche trés*ample, avec de grandes manches, et surmontée d'un eapuçon linguiforme.

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