Chapitre royal qe St -Denis
Dépenses relatives à la maison des hautes études ecclésiastiaues
Dépenses (les Sémivaires.. .
Secours au Clergé. ........
Constructions , acquisitions et travaux extraordinaires des édifices diocésains . . .
Dépenses ordinaires diocésaines
Dépenses diverses accidentelles ou imprévues
Totaux.
DÉPENSES de i8s6.
23,355,000 2po,0O0
2,i3o,ooo
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SOM>iES
allodIu pour 1817.
^mamiTATiai
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3o,oo« 2,480,000
PRÉFACE. xiu
On voit que de jour en jour le Clergé devient redoutable par son accroissement, et cherche à récupérer cette ancienne richesse source de tant de malheurs.
Le Cardinal -Duc de Rohan disait i|u'il ne concevait pas comment un honnête homme pouvait vivre sans avoir quinze cent mille lî- Tres de rente. S'il s'échappait pour quelques momens du séjour céleste , l'anecdote suivante lui prouverait combien était grande son erreur.
Un Évéque ^ faisant la * visite de son diocèse, alla demander à diner à un Curé à portion conlut recommanda d'épargner la dépense, promit, mais ne tint pas sa promesse , lonna un repas splendide à Monseigneur.
Sa Grandeur ne put revenir de sa surprise, et fit des reproches au Curé, lui représentant qu'il étai fou de se constituer en frais , que sa portllRb congrue ne lui permettait pas, et qu'il allait la manger en un jour. — Monseigneur, que Votre Grandeur veuille bien ne pas en être inquiète ; tout ce qu'elle voit ne prend rien sur le revenu de ma cure, que je donne tout entier aux pauvres. ' — Mais vous avei donc du bien, du patrimoine? — Non , Monseigneur. — Cest incondevable :
cqmment faites-vous donc? *— J'ai ici un couvent
xiv PRÉFAC£*
de jeunes vierges qui ont soin de moi , et ne me laissent manquer de rien. — Quoi ! vous av^z un couvent ! je n'en connais point en ce lieu. Tout cela est très-singulier et même suspect ^ M on-» iîeur'le,,Curé; — Monseigneur, vous voulez rire- — Je ^ux voir ce couvent. — Après dîner ^ Votre Grandeur le verra^et elle en sera contente.
Effectivement , après le diner , le Curé conduisit le Prélat dans un vaste enclos couvert de paniers de mouches à miel , et lui dit ; « Mon- ')y seigneur, voilà Jq, petit couvent qui vous a )) donné à diner ; il me^ocure tous les ans dix- )) huit cents livres, avec lesquelles je vis et reçois » bien les honnêtes gens qui me vien^i^t ^^|^» Qu'on juge de l'étonnement et de la satii de l'Évéque 1 Quelque temps après, de dans son palais, plusieurs Curés à portion congrue allèrent lui faine la cour pour obtenir de meilleures Cures ; il leur cita l'exemple du QiCé, en s'écriant i jijre^ des mouches I ajrez'^i^ tnouches !
En me livrant à de nombreiises recherches sur V Histoire monastique , je n'ai eu en vue que le bien général. Les directeurs de communautés trouveront dans mon Encyclopédie plusieurs petites pratiques qu'ils s'empresseront de remettre en vigueur. Les personnea ique leur
PRÉFACE. .XT
vocation appelle dans le cloitre la consulteront pour* le choix d'un couvent , et les gens du inonde rechercheront une foule d'anecdotes piquantes et nouvelles pour eux.
Mais pouvais-je m'imposer un travailqui eût effrayé une Académie, moins par sa nature que par son étendue? J'ai préféré réduire mon plan^ et ne parler que des Ordres les plus célèbres; et si j'en ai restreint le nombre , c'est que je me suis rappelé ces paroles d'un saint Evéque (i) : a II est à craindre que comme souvent j entre » nouveaux mariés, le trop âpre et ardent désir » d'avoir des enfans lesempèche d'avoir lignée (a), » ^ssi le grand soin de conserver la régularité » n'y apporte confusion. »
.Les seules annales des Frères Mineurs forment dix%uit volumes infolio; celles des Bénédiotins au moins dix volumes de la même taille.
Plus de mille volumes de tous formats contiennent à peine les hauts faits des Jésuites , et aucunHpiÉin n'a encore retracé leur conduite après l^Hutte avec les Parlemens. Personne n'a parlHIi leur belle retraite, que je ne puis
(i) BeUey, Variétés historiques. , (a) Dieu promit à Abraham une lignée aussi nombreuse que les étoiles.
XVJ PBÉVACE.
comparer qu'à celle des Dix-Mille , ni de leur existence ^uterraine et nnraculeiise pendaxif un demi-siècle , ni de leurs savantes nianœuvres sous le règne du conquérant , ni du grand rôlç qu'ils ont joué depuis la restauration*
On remarquera sans peine que , faisant taire mon indiination pour tout ce qui tieàt au mo^ nachbme , j'ai parlé des religieux avec toute la liberté d'un historien consciencieux* C'est aux sources primitives , c'est dans les Annales et les Chroniques des Ordres que j'ai puisé mes faits ; mais que de difficultés offrait ce système cFin* vestigations ! Les auteiirsmonastiq^es, dans leur admiration pour les grands hommes qui les ont précédés dans le cloître, en ont transmis les actions les plus indifférentes en apparence, mais précieuses par leur sens mystique et caché. Sou^ vent même on est obligé de se demander si tel fait |doit être pris à la lettre, ou envisagé comme un symbole. Par exemple, Barthélémy de Pises, dans son livre des dmformités de SflË^UPrarm çois avec Jésus-CIàrist (i ) , en parlaxs^^s pre^. nn«rs Francii};;alns, dont il fut presque Ibntemporain, avance que le Frère Junipère,*à qui on ^vait fait un jouç préparer ypp beau lit, ne le
(i) Frucius.ô, fol. 55. .
PRÉFACE. XVij
quitta qu'après y avoir fait ce qu'On a'aurait par« ^onné qu'à un malade ou à ua enfant mal appris^ en un mot qu'il partit deturpato lecto (i). Or, quand on pense qtie les religieux doivent dormir enûèreqient vêtus, et que<^ dans cette hypothèse^ les piéoes du délit auraient été déposées dans la tunique du Bienheureux, sinon dans ses mutandes^ ^'est-on pas en droit de se demander si Barthélémy de Pises n?a pas voulu, par un dernier coup de pinceau y tracer le caractère déjà bien connu de Junipère , si fidèle à ce ipvècepte^ qu'il faut redevenir enfant PTfour
croirais volontiers que ce trait est plus ^horique qu'historique.
autre coté , un homme jplus versé que moi dans la critique , sans se Laisser éblouir par mon objee^icm^ ne jpburraitnii pas dire que les |H*emiers Frères Minei^rs , pour cpnvaincre le peuple de leur dénuemjbnt ', se promenaient nus dans les f^l^s publiques ?
Oa ppâlJlait citer' de nombreux exemples d'un^ tellâ abnégation^ et il seraîl bien possible que Junipère, tme sei;flé fois, eût oublié de s'habiljer avant de se coucher.
Étai£41 donc si facile de préciser la forme des
(i) Expression dé VAuteur.
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habits de religieux ? Cette prétention était-elle naiéme sans danger 7 Et pour ne citer qu'un exem« pie, les discussions sous la forme canonique du capuçon , n'ont-elles pas divisé pendant près de cinq siècles la république Franciscaine ? Et si la guerre était comprimée plutôt qu'éteinte ! et si bientôt nous devions voir les Cordeliers de Lyon jeterle gant aux Capucins de Paris !Âh! mesFrères, avant d'en venir aux mains ^ relisez l'article que j'ai consacré à ce vénérable Capuçon ; étudiee-le sans prévention. Ce n'est pas mon opinion que j'invoque , mais les décisions des Pontifes , les bulles de cinq Papes parlant cathedra , et surtout les lumières du grand^ venus, qui^ dans les démonstrations géom< ques qu'il a composées sur le capuçon de Saint Ffançois, et qui ont mérité la sanction du Pape Urbain VIII, a montré tant de sagacité dans ses vues., tant de justesse dans ses raisonnemens , que si l'on commettait la moindre déviation, ses adversaires eux-mêmes .ne pourraient que s'écrier : Quandaquè bonus dormitat Homerusl ' n n'était pas sans intérêt de faire connaître la ju^t^ice criminelle des cloîtres. Les gens du siècle se représentent les moines comme de pieux fainéans, qui ne s'entourent de quatre murailles que pour mieux dérober au public leurs bon-
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teuses débauches. Mais on reviendra, je l'es] de cette pernicieuse erreur , en voyant les rcli* gieux oublier leur douceur naturelle pour punir avec une pieuse cruauté jusqu'aux moindres délits (i) ; nous les verrons mettre de côté l'indulgence , pour devenir juges et bourreaux ; nous les verrons déchirer de leurs propres mains leurs Frères prévaricateurs, les conduire au bûcher, creuser leur toipbeau: tant le crime est horrible à leurs yeux !
Il n'est pas nécessaire de faire l'éloge des Ordres monastiques; les gens de bien en ont assez^eenti Futilité. Quant aux esprits forts, ils repousseront lés moines avec moins d'aigreur^ quand ils auront lu l'artide consacré aux Franciscains, dont le Général voulait envoyer trente mille hommes contre les Turcs.
O vous qui demandez à grands cris l'affranchissement de la Grèce ! si vous n'aviez pas opéré la ruine du monachisme, les nations des moines
(i) Les anciennes constitutions des Frères de Saint-Jeande-Dîeu ( je cite cet ordre parce qu'il est ou sera bientôt réta)>li ) , prononcent, suivant la grayité du délit, les peines suivantes : Prison , les fers , menottes , prison perpétueUe , galères à temps ou pour toujours , et peine de mort. Le Gonseil-d'Etat, à qui est déférée la révision des constitutions monastiques , modifiera sans doute ces dispositions*
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ian$, qui comptaient plus de trois cents sujets^ en auraient au mcÂns sacrifié le tiers pour une cause aussi sainte. L' Augustin belliqueux, l'impétueux Cordelier, leXarme tenace , le nerveux Capucin ^ le Dominicain ^ la terreur des Infidèles , auraient composé notre armée de terre ; nous aurions confié les brûlots aux Jésuites; plus de cent mille Bénédictins se seraient joints aux martyrs de Missolonghi; et si leur corps, affaibli par le jeûne et Fétude , n'a* vait pu soutenir la fatigue des camps ; si leur main n'avait pu manier le sabre aussi agilement que la plum^ , nous en eussions fistit des aumôniers , des prédicateurs , car il faut des prédicateurs dans les régimens !
INCICILOIFÉI]!
MONASTIQDE.
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• ABIME (L') ou LE Gouffre.
ABIME ( L*) ou LE Gouffre, l'une des douze pocheis des Capucins (ainsi nommée parce^qu'ellc engloutit tout ce qui y entre) , est de deux sortes : la première a la forme d'un sac de drap y dont rouveriure est fort large ; Tautre est une espèce de panier de jonc fort creux* Les quêteurs se servaient de l'Abîme pour y mettre des pâtés froids, des cervelas, des saucisses, des ëchaudés , des confitures et des fruits secs. Le frère Boniface, de Bouen, adroit cuisinier, s*en est , dit-on , servi le premier.