SCÈNE IX
Les BIlmf.s, excepté GALOUBET.
DESROCHES
Imbécile! quel bruit il fait en fermant sa perle! Je complais avoir riionncîir, monsieur le baron, de ni'> présenior chez vous ce malin même...
ACTl' I, SChiNIi IX.
l-E BAROS.
levons ai prévenu .. et pour rr.ison... Ce n'est pasd'anjonrdhui que nous nous connaissons, cher monsieur Desrorhcs , nons nons soninies v;is d'abord, il y a quelques années, en Afrique, vous lieutenant, moi colonel... Plus lard, desdéniarrhes que vous files au ministère ont renouvelé entre nous des relations que j'ai toujours regardées comme flatteuses et honorables pour moi.
DESROCHES, à (Ort.
Il méfait bien des coniplirnens... il a quelque chose de fâcheux à me dire.
LE BARON
Enfin, l'année dernière . vous éies venu passer quelques semaines à Paris, et vous m'avez fait l'honneur de me demander la main de ma fille pour votre neveu. Jenny sortait alors du couvent où elle avait été élevée; elle venait à peine de revoir sa famille; vous comprenez que pour se décider à entrer dans une autre, il lui fallait un peu de temps et de réflexivjn... Je n'ai pas du prendre d'engagement formel à cette époque... Vous savez d'ailleurs que je songeais moi-même à me remarier, et tout occupé à faire la cour à ma belle future...
(Ici la l)aronne cntr'onvre doucement la porte du salon.)
DESUOCHES.
Aujourd'hui madame la baronne, que je n'ai jamais eu l'avantage de voir, et à qui il me tarde d'offrir mes hommages.
LE BARON
C'est justement pour qu'elle ne fut pas présente à cette entrevue que je suis venu vous trouver, au lieu d'attendre votre visite.
UESROCHES.
Comment?
LA B A RO>">E, à elle-même.
Que dit-il? Elle disparaît do nouveau.)
LE BARON
Oui, les intérêts de la belle-mére, et ceux de la bcUe-fillc ne sont pas tout à fait les mêmes... Aussi, est-ce avec Jenny seule, et devant vous, mon ami, que j'ai voulu causer sérieusement de notre projet d'alliance.
DESROCHES
Je vous écoute.
LE BARON
Je vous avouerai que madame la baroime élève quelques obstacles à ce projet , qti'elle y paraît même tout à fait opposée.
nESROCIIES et JENNV.
Opposée!...
JENNY, i p,irl.
Ma belle-mère... Ah ! tant mieux !
LE BARON
Et... je ne le dirais pas devant elle, je n'o.se pas trop la déi^approuver.
I VFANT CHÉltl.
nESROCUES.
Comment ! vous n'êtes pas décidé.,.
LE BARON
Pas encore.
UESROCUES et JENNV,àt)ari, ctavec un mouvtmeiii <le joie, chacun de son côté.
Pas encore !
LE BARON
Elle m'a donné de si bonnes raisons !
JENNY, ;"i plIe-mémc.
Et je me défiais d'elle! Que j'étais injuste !
desuoches, de mémo.
Allons ! pas d'égoïsme... et soyons bon oncle. .
LE BARON
Vous dites, cher monsieur Desroches...
ISESROCUES.
Je dis que si je connaissais vos motifs...
Un seul... très grave... Nous avons des mœiirs au ministère...
nESROCHES.
Des moeurs ! est-ce qu'on reprocherait à mon neveu ..
LE BARON
IV'on, non... Ce pauvre jeune homme! au contraire... tna femme en pense beaucoup de bien.,.. El moi, j'ai pour lui la plus parfaite estime. nESROCHES, ;i lui-même.
Ce que c'est que les réputations!
LE BARON
Vous parlez de réputation... Eh bien! mon ami, c'est la vôtre qui fait du tort à votre neveu.
DESROCHES
La mienne !
JENNY, à part, avec diagrin.
Qu'entends-je ?
LE BARON
Oui, mon ami, ma femme... ma femme lit les journaux.
DESROCHES et JENNT,
Les journaux!
LE BARON
Et elle y croit,., elle a la faiblesse d'y croire... aussi dit-elle qu'il faut faire de longues et mUres réflexions avant de donner ma fille au neveu de M. Paul Desroches.
Comment ?
JENNY, à elle-même.
Pourquoi donc ?
LE BARON
M. Paul Desroches de Carcassonne.
DESROCHES
Allons, bon ! nous y voilà !
JENNY, à pan Que signifie: .,. Je suis toute Iretnblanle.,,
ENFANT CHÉRI DKS DAMKS,
LK BAnON.
Je nVn dirai pas davantage devant Jenny... Mais cel article... (Il lire un journal, utlelulmontre.) Les Mystères de...
DESROCHES
Assez ! assez !. .Je connais ça.
LE BARON, bas.
Oui, silence .. nous avons des mœurs au ministère.
DESnOCHKS.
Comment! vous pouvez croire?...
Tiens! si je le crois... c'est imprimé, c'est ofliciei... et c'est votre neveu, cet excellent jeune homme, qui va payer pour vous.
UeSROCilES.
Pour moi !... Lui !...
LE BARON
Ce sont vos folies, vos aventures, qui vont faire manquer son mariage.
(Ici les deux personnages se lèvent.)
DESROCHES
Oh I c'est trop fort!... mes folies! mes aventures!... (A lui-même. j Ah! ma foi, tant pis pour mon neveu... (Haut.) Je tiens à me disculper au moins devant vous, mademoiselle... (Elle .se lève aussi , et Desroclies se trouve placé entre elle et le baron. ) à vous prouver que vous n'auriez pas à rougir de votre oncle, que je n'ni sur la conscience ni aventures , ni folies , et qu'enfin l'histoire consignée dans le Courrier de mon département est vraie... comme la notice placée au bas du feuilleton : <' Cette nouvelle ne peut être reproduite. »
LE BARON
Très bien, vous niez... C'est agir en bon parent, dans l'intérêt de votre neveu !
DESROCIIES.
Mon neveu! encore.
JENNY
Mon père... Eh! pourquoi supposer que monsieur ne soit pas sincère... Moi, j'aime à croire... oh ! oui, je crois qu'on le calomnie...
Ah!... vous me rendez justice, mademoiselle...
LE BARON
Oui, elle croit ce qu'elle désire... par amour pour votre neveu.
DESROCUES, ù pnri.
Monneveul... toujours!... Est-il heureux, lui!
000000000000 oogoooooooooooooooooooooooocoooeo;>ooooo
s(:ém<. X.
Les Mêmes, GALOUBET.
GALOUBET, rentrant vivement, par la première porte à droite.
Monsieur!... monsieur!...
DESROCHES
Eh bien! après?... que me veux-tu?
GALOUBET, s'approcliant de lui, parlant tout bas.
Par là... dans votre chambre... un escalier dérobé que je ne connaissais pas... j'ai été tout surpris de voir apparaître...
DESItOCHES.
Je n'entends pas... Tu peux parler haut... Il n'y a pas de mystère dans ma conduite.
GALOUBET
Eh bien! monsieur, c'est...
DESROCUES.
Enfin ?
GALOUBET, parlant très fort.
Vous le voulez , c'est une demoiselle...
LES TROIS l'ERSONNAGES.
Une demoiselle !
GALOUBET
Une demoiselle de l'Opéra...